Conflits et guerres actuelles

Intensification De La Guerre Clandestine US/AFRICOM Au Soudan : Obama Prend Le Relais De Clinton Et Bush, Complicité des ONG


Le 4 Mars 2009, les procureurs de la CPI ont annoncé qu'ils lançaient finalement, après avoir longtemps menacé de le faire, le premier mandat contre un chef d'état en exercice, Omar al-Bashir, le Président Arabe du Soudan. Pendant ce temps, des "pirates" somaliens au large de la côte africaine ont depuis peu libéré un navire ukrainien battant pavillon de Belize, enregistré au Panama, et ayant un équipage ukrainien. Le navire affrété transportait des tanks, des roquettes et munitions destinés au Darfour, et appartient à un "homme d'affaires" israélien, réputé être un agent du MOSSAD, un dénommé Vadim Alperin.

Difficile de donner un sens à la guerre du Darfour - spécialement quand on la présente de façon partiale comme un "génocide" contre des Noirs commis par le "régime" de Bashir - mais c'est la propagande diffusée par l'Establishment. La véritable histoire est beaucoup plus englobante, complexe et se concentre autour d'hommes de l'ombre peu connus. Ce qui suit est un court résumé imparfait de certaines des réalités géopolitiques plus profondes derrière le combat pour le Soudan.


Mercredi 11 Mars 2009

Intensification De La Guerre Clandestine US/AFRICOM Au Soudan : Obama Prend Le Relais De Clinton Et Bush, Complicité des ONG
La politique des crimes de guerre

Notez d'abord que la CPI peut dorénavant être considérée comme un outil de la politique étrangère hégémonique US, où les armes qui y sont déployées par les US et leurs alliés comprennent les accusations de, et poursuites pour violations des droits de l'homme, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Pour comprendre cela, on peut se demander pourquoi aucun homme blanc n'a jamais été inculpé pour ces mêmes crimes ou d'autres à la CPI qui actuellement détient 5 "chefs de guerre" africains et cherche à emprisonner et amener devant un tribunal un autre homme noir, qui est aussi un Arabe, Omar al - Bashir. Pourquoi G.W Bush n'a-t-il pas été poursuivi ? Ou qu'en est-il de Donald Rumsfeld ? Dick Cheney ? Henry Kssinger ? Ehud Olmert ? Tony Blair ? Vadim Valperin ? John Bredenkamp ?

L'annonce que la CPI avait émis 7 chefs d'accusation pour crimes de guerre contre al -Bashir, a fait le tour de tous les médias occidentaux et la nouvelle est apparue dans tous les salons américains en fin de journée que le Président al-Bashir avait ordonné l'expulsion de 10 ONG internationales qui agissent au Darfour en prétendant n'être que de simples organisations "humanitaires".

Ce qui n'a été rapporté nulle part dans la presse anglaise c'est que les USA viennent juste de renforcer leur guerre pour le contrôle du Soudan et de ses ressources : pétrole, cuivre, or, uranium, terres agricoles fertiles pour le sucre, et la gomme arabique (élément essentiel pour le Coca, Pepsi et les glaces Ben & Jerry). Cette guerre se joue sur le terrain au Darfour par le biais de soi disantes ONG "humanitaires", de sociétés militaires privées, et d'opérations de maintien de la paix soutenues par les US, et leurs alliés les plus proches.

Cependant, la guerre US au Soudan a toujours tourné autour d'opérations "humanitaires" - dont l'objectif est soit disant neutre et supposé porter seulement sur la protection de vies civiles innocentes - qui fournissent souvent une couverture pour des activités clandestines de déstabilisation et d'intervention.

Les Américains doivent reconnaître que l'Administration du Président Barack Obama a commencé à intensifier la guerre pour le contrôle du Soudan respectant l'agenda permanent guerrier à la fois des Républicains et des Démocrates. L'actuelle déstabilisation du Soudan rappelle la guérilla clandestine illégale menée au Rwanda - également lancée et alimentée par l'Ouganda - d'Octobre 1990 à Juillet 1994. Les Forces de Défense Rwandaises ( alors appelées Armée Patriotique Rwandaise) dirigées par le général en chef Paul Kagame ont menée cette campagne, ont réussi le coup d'état voulu par les US au Rwanda, et le Président Kagame est le principal interlocuteur dans la guerre clandestine en cours au Darfour, au Soudan.

Pendant la Présidence de G.W Bush, le gouvernement US a été impliqué avec l'appareil de renseignement du gouvernement du Soudan ( GoS). En même temps, d'autres factions politiques et groupes d'entreprises US faisaient pression pour qu'il y ait une déclaration de génocide contre le GoS. Actuellement, étant donné le changement de pouvoir et la nomination de hauts fonctionnaires de l'Administration Clinton qui a été impliquée dans des opérations clandestines au Rwanda, en Ouganda, au Congo, et au Soudan pendant les années Clinton, on a fait pression pour accroître la campagne de déstabilisation du GoS, décrit comme un régime " terroriste" arabe, une entité opérant en dehors du système bancaire contrôlée par les US. Lors de l'ancienne campagne il y a eu des actions menées ouvertement par l'armée US telles des attaques de missiles contre l'usine de produits pharmaceutiques Al-Shifa au Soudan (1998). C'était un crime de guerre international commis par l'Administration Clinton et des fonctionnaires actuellement au pouvoir étaient impliqués.

La lutte géopolitique complexe pour le contrôle du Soudan se manifeste à travers le point de friction qu'est la guerre au Darfour et inclut diverses factions comme la Lord Resistance Army soutenue par Khartoum, qui est aussi liée aux guerres du Congo et dans le Nord de l'Ouganda. Le Tchad est impliqué, de même que l'Eritrée et l'Ethiopie, l'Allemagne, la République Centre Africaine, la Libye, Israël, Taiwan, l'Afrique du Sud et le Rwanda. Il y a des forces spéciales US sur le terrain dans les états en ligne de front : Tchad, Ouganda, Ethiopie, Kenya et les principales questions sont : (1) combien de massacres sont commis par les proxys des US et dont on accuse al-Bashir et le GoS ? (2) Qui finance, arme et entraîne ces rebelles insurgés ?

Agences De Destruction Internationale des Etats Unis

Rebelles ? Insurgés ? La propagande occidentale décrit le conflit sous un angle partial : une contre insurrection "génocidaire" menée par le GoS - selon les termes d'Eric Reeves - versus les bons samaritains de la communauté des ONG... et y ajoute quelques rebelles (non décrits).

"Le Soudan a émis un ordre d'expulsion pour au moins 10 organisations humanitaires après le mandat d'arrêt de la CPI lancé contre le Président du pays," a écrit la reporter de l'AP, Ellen .M. Lederer. "Le Secrétaire Général Ban Ki Moon a dit que cette action représente un sérieux revers pour les opérations visant à sauver des vies au Darfour, et a exhorté le Soudan à revenir sur sa décision", a dit la porte parole de l'ONU, Marie Okabe.

Cependant, quand Ben Ki Moon a rencontré récemment l'homme fort d'Ouganda, Paul Kagame, il n'a jamais appelé à l'arrestation de Kagame, malgré les deux décisions de la Cour Internationale pour traduire en justice des responsables du RPA. Au lieu de cela, Ban Ki Moon a fait l'éloge de Kagame et a appelé les pays africains à poursuivre et arrêter les Hutus supposés impliqués dans le "génocide " spécial commis au Rwanda en 1994.

Les organisations d'aide non gouvernementales qui ont été sommées de quitter le Darfour par le Président al-Bashir le 4 Mars sont : Oxfam, CARE, MSF -Hollande, Mercy Corps, Save The Children, le Norwegain Refugee Council, l'International Rescue Committee, Action Contre La Faim, Solidarities et CHF International.

Bien sûr, les médias occidentaux ne parlent que de l'expulsion de ces profiteurs " humanitaires" du Darfour - le choc moral est si épais qu'on peut presque le balayer. Les ONG et la presse qui transmet leurs images de bébés souffrant se plaignent que des centaines de milliers de réfugiés innocents seront désormais sujet à une souffrance non assistée - par opposition à une souffrance assistée à laquelle auparavant ils étaient confrontée - mais ne se posent jamais en premier lieu honnêtement et sérieusement la question de savoir pourquoi et comment les personnes déplacées et les réfugiés se sont retrouvés déplacés et sans abris. Ils ne posent pas non plus de question sur tout l'argent, le partage de renseignements, les arrangements passés, et la collaboration avec des agences militaires privées ou gouvernementales.

Les grandes ONG "humanitaires" (et les ONG de " maintien") agissent de facto comme des multinationales dont les activités gravitent autour de vastes profits privés et la souffrance humaine. Dans des endroits comme la République Démocratique du Congo, l'Ouganda, et le Darfour, ces ONG fournissent également une collaboration en matière d'infrastructure, de logistique et de renseignements en soutien aux agendas militaires US et gouvernemental dans la région. La plupart d'entre elles sont affiliées à des grandes fondations, des multinationales qui les sponsorisent, et USAID- elle même proche et partenaire depuis longtemps des interventions d'AFRICOM et du Pentagon.

Les réfugiés et personnes déplacées sont des outils stratégiques d'une politique étatique et étrangère, de même que les ONG "humanitaires" utilisent constamment la nourriture comme une arme et les populations comme des boucliers humains. L'histoire de la guerre clandestine US au Sud Soudan est riche d'exemples d'intervention du SPLA et de ses partenaires "humanitaires", spécialement les oeuvres de "charité" chrétiennes, commettant des crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Voir : www.dissidentvoice.org/2009/03/africoms-covert-war-in-sudan/
#footnote_0_7102" id="identifier_0_7102" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="See: keith harmon snow, "Oil in Darfur? Special Ops in Somalia?" Global Research, 7 February 2007.">1

CARE International a reçu des financements de la multinationale Lockheed Martin, le plus grand et le plus secret fabriquant d'armes de destruction massive, et CARE et Save the Children sont toutes deux liées aux armes et aux industries d'extraction d'autres manières. La raison pour laquelle les médias US sont aussi peu enclins à la vérité sur le Darfour est claire quand on jette un coup d'oeil rapide sur le conseil des directeurs de Save the Children. De même, l'International Rescue Committee ne travaille pas avec des réfugiés per se, mais sert comme groupe de pression politique impliqué dans le transfert de profits privés d'Ouest vers Ouest. L'IRC a aussi été cité comme étant impliqué dans des opérations militaires en République Démocratique du Congo, et il a des liens profonds avec des gens comme Henry Kissinger.

L'industrie d'AID ( lisez : misérable) au Soudan était au milieu des années 90 l'entreprise soit disant "humanitaire" la plus grande sur la planète, l'Operation Life Soudan ( OLS) - une forme de gestion de l'inégalité et d'économie temporaire et mobile de privilège blanc, d'aventurisme et, bien sûr, de bonne volonté ( sic). L'industrie de la misère s'est déplacée du Sud Soudan au Darfour après qu'un pseudo "traité" de paix ait été organisé pour mettre fin à une vieille guerre ayant duré des décennies entre le SPLA et le GoS; les US et Israël ont soutenu le SPLA à partir de 1990 et au delà, et continue de le faire jusqu'à maintenant. Le résultat c'est plus de 12 ans de guerre clandestine US de basse intensité au Soudan avec la création d'un état indépendant et souverain du Sud Soudan à circa en 2005 - un état sous domination des intérêts basés sur les croyances juives et chrétiennes et des multinationales occidentales.

Une grande partie de la base d'AID au Soudan a à un moment ou un autre été utilisée comme arme via l'utilisation de boucliers humains, d'approvisionnement en nourriture des populations de réfugiés inséparables des insurgés, et de fournitures d'armes par des ONG "humanitaires". C'est à la fois une politique délibérée et accidentelle. Les ONG d'aide chrétiennes ont joué un rôle énorme dans le soutien clandestin à l'insurrection occidentale au Sud Soudan. La Norvegian People's Aid ( connue affectueusement sour le terrain comme la Norvegian People's Army) est une ONG "humanitaire" réputée pour son implication dans des livraisons d'armes.

Au Darfour, Soudan, l'agenda gouvernemental US c'est de s'emparer du contrôle des ressources naturelles et de coincer le gouvernement arabe et, finalement, de mettre en place un gouvernement plus "amical" qui servira les intérêts des US, du Canada, de l'Europe, de l'Australie et d'Israël.

Parmi plusieurs boîtes à penser - lisez propagande, lobbying et pression - derrière la déstabilisation du Soudan on trouve : Foundation for the Defense of Democracy, Center for American Progress, Center for Security Policy, International Rescue Committee, International Crises Group. Des individus occupant des positions diverses sur l'éventail politique et idéologique dirigent ces organisations qui sont des organisations ultra nationalistes, capitalistes soutenant la domination mondiale militaro- économique.

Parmi les anciens responsables de l'Administration Clinton qui se sont surtout concentrés de tout leur poids sur la déstabilisation du Soudan, on trouve : Susan Rice (actuellement ambassadrice US à l'ONU ndlt) , Madeleine Albright, Roger Winter, Prudence Bushnell, Hillary Clinton, John Podesta, Anthony Lake, John Prendergast. Samantha Power Carr, co-foundatrice de Center for Human Rights , fait maintenant partie du National Security Council d'Obama et a aidé à blanchir l'implication clandestine US au Soudan.

John Prendergast a continué à diffuser de la désinformation sous couvert de politique et d'intérêt porté au respect des droits de l'Homme via l'International Crisis Group (ICG), et aussi via de nombreuses organisations clones telles ENOUGH, ONE , RAISE HOPE FOR CONGO. Prendergast a été un agent servant de pivot derrière le détournement des préoccupations du public américain et l'action menée via le mouvement SAVE DARFOUR, peu sincère (et discrédité).

On trouve parmi d'autres agents de désinformation connus sur le Soudan, Alex De Waal, et le Professeur du Collège Smith, Eric Reeves. C'est via ces personnes et d'autres voies menant aux médias de masse US que l'histoire du "génocide" au Soudan est présenté comme une affaire Afro-Arabe sans intérêt pour les Occidentaux.

En 1992, des chercheurs sur les droits de l'homme, Rakiya Omaar et Alex de Waal ont crée l'ONG African Rights basée à Londres. En Août 1995, African Rights a publié "Rwanda: Death, Despair and Defiance" l'un des nombreux rapports pivot sur les "droits humains" qui a présenté les évènements au Rwanda de manière fausse, et a contribué à la mise en place d'une justice des vainqueurs avec le Tribunal International Criminel sur le Rwanda, et a démarré le processus de déshumanisation du peuple Hutu, protégeant les vrais terroristes : Yoweri Museveni, Paul Kagame, le Rwandan Patriotic Army, et leurs soutiens occidentaux...

Traduction d'Extraits d'un article intitulé : "Africom’s Covert War in Sudan" (Guerre Clandestine AFRICOM Au Soudan) de Keith Harmon Snow 06/03/09

Lire l'article en entier sur Dissident Voice

Keith Harmon Snow est un enquêteur independant des droits de l'homme et correspondant de guerre. Il a travaillé pour Survivors Rights International (2005-2006), Genocide Watch (2005-2006) et l'ONU (2006) pour documenter et exposer le genocide et les crimes contre l'humanité au Soudan et en Ethiopie. Il a travaillé dans 17 pays d'Afrique et récemment en Afghanistan.

A lire aussi : La Coalition Save Darfur condamnée pour publicité mensongère


Titre et Traduction Mireille Delamarre
http://www.planetenonviolence.org/I


Mercredi 11 Mars 2009


Commentaires

1.Posté par Saeid le 12/03/2009 10:45 | Alerter
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Il y a rien n'a dire, c est assez explicite comme ca...

Tant que les gens se fieront à leur bible télévisuelle, on ne pourra jamais évolué, c est la régression sur tous les plans, et ce, depuis des siècles ....


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