Economie

Inflation – Qui paiera les dettes?



Vendredi 20 Novembre 2009

Inflation – Qui paiera les dettes?
Quand les premières grandes banques (Leh­mann Brother, Hypo Real Estate) ont déposé leur bilan, en 2008, les gouvernements ont prié les contribuables de passer à la caisse. Cette attaque armée de la bourse des citoyens a été qualifiée médicalement d’«injection de liquidités». On a prétendu urgent de «répandre des liquidités sur le marché», afin d’assurer la survie des «banques indispensables au système». L’argent ne serait prêté que passagèrement et «l’on résorberait par la suite les liquidités excédentaires.» Le pistolet dans le dos, les parlements ont approuvé les programmes d’urgence des «experts» gouvernementaux ou ont été ignorés. Car il s’agissait d’un «cas d’urgence». Sa justification n’a plus fait l’objet de discussions.

A peine un an après, Goldman Sachs, la Deutsche Bank et de nombreuses autres grandes banques se félicitent d’avoir enregistré de nouveau des bénéfices trimestriels très élevés. On apprend aussi qu’il vaut de nouveau la peine d’effectuer un négoce de titres à haut risque.

De nombreuses personnes se croient sur une autre planète. En effet, le chômage a augmenté en Europe et aux Etats-Unis, et les recettes des communes et des villes s’effondrent, parallèlement aux dépêches du monde financier qui annoncent des «succès». On entend fréquemment que les banques n’ont pas transmis à l’économie l’argent qu’elles ont récolté. Visiblement, la crise économique ne fait que se dessiner, elle n’est pas encore là. Néanmoins, la presse fait constamment état de dépêches économiques positives, de sorte que le lecteur est convaincu qu’il voit l’horizon s’éclaircir. L’endettement des principaux Etats occidentaux est tel qu’aucun expert ne croit plus à un remboursement, à quelque moment que ce soit. Les analystes stratégiques des banques se demandent publiquement, à l’instar de Spyros Andreo­poulos de Morgan Stanley dans la «Neue Zürcher Zeitung» du 26 octobre, s’il ne conviendrait pas, à moyen terme et par l’intermédiaire des banques centrales, de mettre l’endettement public à l’arrière-plan en accroissant l’inflation.
Qu’est-ce à dire? La valeur de la monnaie doit diminuer pour que les Etats puissent s’endetter plus rapidement. On y parvient en mettant toujours davantage de monnaie en circulation, comme le fait actuellement le Royaume-Uni («quantitative easing»). Toutefois, l’Etat ne retire pas les liquidités excédentaires du marché comme il l’avait promis. Il en résulte que la croyance en la valeur de la monnaie fléchit et que chacun réclame davantage de monnaie pour ses produits. Les prix montent, mais non les salaires. Nous devrons donc travailler plus longtemps pour recevoir les mêmes prestations pour notre argent. Il s’agit donc d’une réduction indirecte des salaires. En bon français, on peut dire que l’argent est passé de notre porte-monnaie à celui de quelques autres personnes.

***
Chacun devrait prendre ses dispositions en se concertant avec des gens aux idées analogues. Les denrées alimentaires, les objets d’usage courant renchérissent et, le cas échéant, l’épargne affectée à la prévoyance perd de sa valeur. «Horizons et débats» présente régulièrement des exemples des projets les plus divers qui fournissent, outre les moyens de mener une meilleure politique, des idées concrètes pour gérer à la crise

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1894 http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1894



Vendredi 20 Novembre 2009


Commentaires

1.Posté par brigitte le 20/11/2009 17:38 | Alerter
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Il y a plus de trente ans que le système fonctionne ainsi, mais il a atteint ses limites, et l'effondrement économique n'est plus très loin, avec explosion sociale à la clé.

2.Posté par Mike le 22/11/2009 09:53 | Alerter
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Encore un article d'économie substantiellement faux. Ici Horizons et Débats ne comprend pas la notion d'"injection de liquidités", reprend la légende des banquiers centraux de "l'inflation par excès de monnaie" et perçoit évidemment l'inflation comme le mal absolu alors que c'est le mal absolu pour les seuls banquiers.
Cela donne : "l'injection de liquidités va créer un excès de monnaie énorme dans l'économie qui va générer de l'inflation et ça va faire péter le système"

1) "On entend fréquemment que les banques n’ont pas transmis à l’économie l’argent qu’elles ont récolté."

C'est normal, ce n'est pas le rôle d'une injection de liquidités. L'injection de liquidités vient renforcer le passif de la banque et n'a pas vocation à être "transmis", ni à renforcer les bénéfices.

2) "Toutefois, l’Etat ne retire pas les liquidités excédentaires du marché comme il l’avait promis. Il en résulte que la croyance en la valeur de la monnaie fléchit et que chacun réclame davantage de monnaie pour ses produits."

Les liquidités "excédentaires" ne sont pas dans l'économie marchande
Au contraire, la crise du crédit signifie qu'il n'y a PAS d'argent en circulation.

D'ailleurs, il ne suffit pas de mettre de la monnaie en circulation pour que les prix s'ajustent dessus. Il existe un phénomène très curieux que les économistes commencent tout juste à étudier qui s'appelle l'épargne. Et quelles sont les preuves d'une inflation sérieuse aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni ?

Enfin, si les USA et le Royaume-Uni ont mis de l'argent en circulation, cela s'est fait par le crédit et ne permettra pas de diminuer les dettes bien au contraire.

3) Avec les mécanismes actuels, l'inflation est la SEULE manière de réduire - relativement aux prix pratiqués - la dette des Etats et des particuliers. Que des banquiers proposent cela est estomaquant puisque c'est leur propre pouvoir en tant que créanciers qu'ils saborderaient. C'est dire s'ils ont peur d'un effondrement.

Mais si les Etats veulent réellement l'inflation, leur méthode - basée sur les bobards des banquiers centraux sur l'inflation par l'excès de monnaie -est la plus mauvaise.

L'inflation n'intervient à coût sûr qu'en augmentant les coûts de production, et ceci s'obtient essentiellement en augmentant les salaires.

3.Posté par Dupont le 22/11/2009 22:57 | Alerter
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Très bon article de horizon et debat que j'ajoute à mes favoris

4.Posté par rené le 22/11/2009 23:04 | Alerter
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Merci brigitte pour "Conseils pratiques pour éviter d'être grippé"
Je prends également 1 cuillière d'huile de foie de morue 1 fois par semaine en hiver (vitamine d prouvé bon contre la grippe) et à force d'en prendre 'plusieurs année' je trouve ca bon

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