Politique Nationale/Internationale

Indépendance ou soumission ?


N'DJAMENA (AFP) - La tension qui oppose le Tchad à la Banque mondiale (BM) sur la gestion des revenus pétroliers s'est encore renforcée jeudi avec l'annonce de la décision de l'institution de bloquer le compte bancaire sur lequel transitent les pétrodollars tchadiens.


Farid@evhr.net
Vendredi 13 Janvier 2006


La "guerre du pétrole" entre le Tchad et la Banque mondiale se durcit






Après la suspension la semaine dernière du versement de 124 millions de dollars de prêts destinés au Tchad, le blocage de ce compte, domicilié à Londres, constitue la deuxième sanction infligée par la Banque pour punir le pays d'avoir révisé unilatéralement sa loi "modèle" sur le pétrole.

"Ce n'est pas une nouvelle demande ou une nouvelle initiative de la Banque", a toutefois tenu à souligner à l'AFP un de ses responsables s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Il ne s'agit que d'une "interruption automatique des mouvements de fonds sur ce compte", prévue en cas de suspension des prêts de l'institution, a-t-il ajouté.

Le gouvernement tchadien, qui a révélé l'information, a violemment réagi en dénonçant, par la voix de son ministre des Finances Abbas Mahamat Tolli, une mesure "tout à fait injustifiée". "Déduction faite des échéances de remboursement des crédits, le reste des revenus pétroliers (...) sont la propriété du Tchad et non de la Banque mondiale", a-t-il estimé dans un communiqué.

"Il est donc inadmissible qu'un pays se voie interdire l'accès aux revenus générés par la vente de ses propres ressources naturelles", a conclu le ministre, en promettant de réagir.

Cette "guerre du pétrole" a débuté après le vote, le 29 décembre, par les députés tchadiens d'un projet de loi qui a vidé de sa substance la loi dite "001" sur les revenus pétroliers, imposée en 1999 à N'Djamena en échange du financement de l'oléoduc permettant d'exporter son brut.

Considérée comme un texte "modèle", cette loi parrainée par la Banque et les bailleurs de fonds imposait la transparence dans la gestion des pétrodollars, avec l'objectif affiché de réduire la misère dans un Etat considéré comme l'un des plus pauvres du globe.

Justifiée à N'Djamena par les graves difficultés financières du pays, la loi révisée a supprimé un fonds destiné aux générations futures sur lequel étaient bloqués 10% des pétrodollars et ajouté la sécurité aux secteurs prioritaires (santé, éducation...) qui bénéficient de l'essentiel des revenus du brut.

L'annonce du blocage du compte sur lequel sont virés les revenus du brut a réjoui les nombreux adversaires de la révision de la loi, les ONG et représentants de la société civile tchadienne en tête.

"C'est une très bonne mesure", a déclaré à l'AFP Delphine Djiraïbé, de l'Association pour la promotion et la défense des droits de l'Homme.

"Cet argent aurait été détourné par le pouvoir pour faire la guerre contre les rebelles de l'est", a-t-elle ajouté. "Il faut maintenir la pression et que la Banque entraîne les autres bailleurs de fonds pour forcer le régime du président Idriss Deby à faire marche arrière".

La fermeté manifestée par l'institution de Washington, qui a jusque-là mis ses menaces à exécution, ne semble toutefois pas partagée par tous ceux qui suivent attentivement le dossier.

"Quand on dirige un pays comme le Tchad, à la frontière avec le Soudan, qui est régulièrement déstabilisé par des rébellions, il est évident que les dépenses de sécurité sont une priorité", explique une source diplomatique. "Deby était prêt à faire un geste mais la Banque, qui n'a pas supporté que l'on touche à son +bébé+, ne facilite pas la tâche", poursuit cet source.

"Dès 1999, nous avions attiré l'attention de la Banque sur la corruption du régime tchadien", rappelle Mme Djiraïbé. "Mais elle ne nous a pas écoutés. A elle d'assumer ses responsabilités".



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vendredi 13 janvier 2006, 13h07
La "guerre du pétrole" entre le Tchad et la Banque mondiale se durcit

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N'DJAMENA (AFP) - La tension qui oppose le Tchad à la Banque mondiale (BM) sur la gestion des revenus pétroliers s'est encore renforcée jeudi avec l'annonce de la décision de l'institution de bloquer le compte bancaire sur lequel transitent les pétrodollars tchadiens.

Après la suspension la semaine dernière du versement de 124 millions de dollars de prêts destinés au Tchad, le blocage de ce compte, domicilié à Londres, constitue la deuxième sanction infligée par la Banque pour punir le pays d'avoir révisé unilatéralement sa loi "modèle" sur le pétrole.

"Ce n'est pas une nouvelle demande ou une nouvelle initiative de la Banque", a toutefois tenu à souligner à l'AFP un de ses responsables s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Il ne s'agit que d'une "interruption automatique des mouvements de fonds sur ce compte", prévue en cas de suspension des prêts de l'institution, a-t-il ajouté.

Le gouvernement tchadien, qui a révélé l'information, a violemment réagi en dénonçant, par la voix de son ministre des Finances Abbas Mahamat Tolli, une mesure "tout à fait injustifiée". "Déduction faite des échéances de remboursement des crédits, le reste des revenus pétroliers (...) sont la propriété du Tchad et non de la Banque mondiale", a-t-il estimé dans un communiqué.

"Il est donc inadmissible qu'un pays se voie interdire l'accès aux revenus générés par la vente de ses propres ressources naturelles", a conclu le ministre, en promettant de réagir.

Cette "guerre du pétrole" a débuté après le vote, le 29 décembre, par les députés tchadiens d'un projet de loi qui a vidé de sa substance la loi dite "001" sur les revenus pétroliers, imposée en 1999 à N'Djamena en échange du financement de l'oléoduc permettant d'exporter son brut.

Considérée comme un texte "modèle", cette loi parrainée par la Banque et les bailleurs de fonds imposait la transparence dans la gestion des pétrodollars, avec l'objectif affiché de réduire la misère dans un Etat considéré comme l'un des plus pauvres du globe.

Justifiée à N'Djamena par les graves difficultés financières du pays, la loi révisée a supprimé un fonds destiné aux générations futures sur lequel étaient bloqués 10% des pétrodollars et ajouté la sécurité aux secteurs prioritaires (santé, éducation...) qui bénéficient de l'essentiel des revenus du brut.

L'annonce du blocage du compte sur lequel sont virés les revenus du brut a réjoui les nombreux adversaires de la révision de la loi, les ONG et représentants de la société civile tchadienne en tête.

"C'est une très bonne mesure", a déclaré à l'AFP Delphine Djiraïbé, de l'Association pour la promotion et la défense des droits de l'Homme.

"Cet argent aurait été détourné par le pouvoir pour faire la guerre contre les rebelles de l'est", a-t-elle ajouté. "Il faut maintenir la pression et que la Banque entraîne les autres bailleurs de fonds pour forcer le régime du président Idriss Deby à faire marche arrière".

La fermeté manifestée par l'institution de Washington, qui a jusque-là mis ses menaces à exécution, ne semble toutefois pas partagée par tous ceux qui suivent attentivement le dossier.

"Quand on dirige un pays comme le Tchad, à la frontière avec le Soudan, qui est régulièrement déstabilisé par des rébellions, il est évident que les dépenses de sécurité sont une priorité", explique une source diplomatique. "Deby était prêt à faire un geste mais la Banque, qui n'a pas supporté que l'on touche à son +bébé+, ne facilite pas la tâche", poursuit cet source.

"Dès 1999, nous avions attiré l'attention de la Banque sur la corruption du régime tchadien", rappelle Mme Djiraïbé. "Mais elle ne nous a pas écoutés. A elle d'assumer ses responsabilités".

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Lundi 30 Janvier 2006

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