Palestine occupée

Impasse des négociations et manœuvres israéliennes



DJERRAD AMAR
Mardi 19 Octobre 2010

Impasse des négociations et manœuvres israéliennes
Lorsque Netanyahu a présenté son offre sur un nouveau gel partiel de la
colonisation contre la reconnaissance d'Israël comme “État du peuple
juif” (idée de son ministre des AE, A. Lieberman), les États-Unis, qui
affichent de la volonté dans ce processus de négociations, en redoublant
d’effort pour convaincre les Palestiniens, n’ont pu trouver d’autres
moyens que de leur demander de présenter une contre-proposition à cette offre
par le porte-parole du département d'État, Philip Crowley, tout en laissant
entendre que Washington partage cette idée. Les Palestiniens, par la voix de
Abd Rabbo, ont aussitôt répondu que l’offre était “sans rapport avec le
processus de paix”. Si pour les Américains, “Netanyahu a fait état de ses
réflexions sur ce qu'il était prêt à faire pour contribuer au processus de
paix, et sur ce dont son ‘peuple’ a besoin de voir sortir de ce processus,
nous espérons que les Palestiniens en feront autant”, les Palestiniens
demandent en réplique “une carte de l'État d'Israël qu'il veut que nous
reconnaissions… Si cette carte est fondée sur les frontières de 1967 et
prévoit la fin de l'occupation israélienne de tous les territoires
palestiniens occupés en 1967, nous reconnaîtrons Israël…”  
Demande que le vice-Premier ministre israélien, Sylvan Shalom, a exclu en
affirmant que “le retour aux lignes de juin 1967 est inacceptable… Il y a un
très large consensus en Israël sur ce point”. La reconnaissance
d'“Israël” comme “État du peuple juif” est vue par les Palestiniens
et les acteurs politiques arabes comme une négation du droit au retour —
point essentiel dans les négociations — des réfugiés palestiniens chassés
en 1948. Au même moment, Israël a lancé un appel d'offres pour la
construction de 238 logements dans deux quartiers à l'est d’El-Qods tout en
entamant des manœuvres militaires de grande envergure dans le désert du
Néguev, l’instauration de la nouvelle législation raciste visant à
soumettre les non-juifs — en fait les Palestiniens — à l’obligation de
jurer loyauté à l’“État juif” sous peine d’être déchus de leur
nationalité et expulsés. En somme, des négociations de compromis “tuer dans
l'œuf”, comme accuse Saëb Erakat. Selon le Yediot Aharonot, l’offre de
Netanyahu serait une “manœuvre” afin de faire endosser l’éventuel échec
des négociations aux Palestiniens. Hanan Cristal, analyste et commentateur
politique, est convaincu que “Netanyahu veut gagner du temps et attendre les
résultats des élections au Congrès américain du début novembre”.
Rappelons que Mahmoud Abbas a déclaré à Syrte qu'“Israël avait abrogé de
fait les accords d'Oslo et les autres accords signés avec l'OLP” tout en
exposant des options, notamment demander à Washington la reconnaissance d’un
État palestinien dans les frontières de 1967, de porter la question devant le
Conseil de sécurité de l'ONU, ou demander à l'AG de l'ONU le placement des
territoires occupés sous tutelle internationale. La poursuite, en effet, de la
colonisation vide de son sens la négociation sur les frontières en créant des
faits accomplis.  
M. Kouchner a affirmé que “Paris n'excluait pas un examen par le Conseil
de sécurité de l'ONU de la création d'un État palestinien, en cas
‘d'impasse prolongée’” dans une interview au quotidien palestinien
Al-Ayyam. Selon lui, “la création d'un État palestinien est le gage d'un
avenir de paix”.  
Il avait déjà évoqué, avec l’espagnol Miguel Angel Moratinos, en
février, cette possibilité de reconnaissance par l’UE. Selon le ministre des
AE d’Égypte, Aboul Gheït, la Ligue arabe pourrait demander à l’ONU “de
reconnaître l'État palestinien dans ses frontières de 1967” suite à une
question sur les conséquences d’une impasse, en marge d'une réunion
internationale sur le Pakistan à Bruxelles. Le président Obama aurait, en
plus, promis à Israël des “incitations” en échange d'une prolongation du
gel de la colonisation (démenties par la Maison- Blanche) après une réunion
du Conseil US de sécurité nationale avec Ehud Barack et le conseiller du PM
israélien, Yitzhak Molcho. Ces incitations consisteraient, en plus de la
fourniture d’armes sophistiquées, en l’assurance que les implantations
nouvelles ne feront pas l’objet d’un “préalable” aux négociations mais
discutées au “cours”, que durant l’année prévue pour ces négociations,
aucune résolution contre Israël ne passera devant le Conseil de sécurité de
l’ONU, que Washington adoptera les exigences de sécurité d’Israël telles
que définies. Si telles sont ces “incitations,” les USA auront ainsi :
bafoué le droit international qui interdit la colonisation, assuré
l’impunité d’Israël, ôté la souveraineté aux Palestiniens sur leur
“futur État” tout en les contraignant à plus de concessions à chaque
moratoire. C'est bizarre comment les sionistes arrivent à pervertir les
esprits et les lois en poussant à ce qu’on lui quémande quelques jours de
plus de gel de la colonisation alors que celle-ci est illégale au regard du
droit international. On n’exige même plus à Israël la décolonisation !


Mardi 19 Octobre 2010


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