MONDE

Impact du plan de retrait de Gaza sur la Cisjordanie


Il est difficile d’imaginer une situation plus terrifiante et plus sombre. Isolés et sans possibilités d’avoir prise sur leur destin, les Palestiniens seront bientôt obligés de vivre une vie de prisonnier en cellule. Le geôlier : Israël.


Jeudi 18 Août 2005


A l’aide de cartes, Dianna Buttu, conseiller juridique du Département Palestinien des Affaires pour les Négociations, a donné un compte rendu particulièrement clair et factuel de l’impact qu’aura le retrait israélien de Gaza sur la Cisjordanie.



Elle a décrit des conditions qui laisseront chacun se demander s’il va assister à un autre des plus grands crimes contre l’humanité dont seront victimes des innocents.



Les camps d’internement japonais, la migration forcée des natifs américains, et les bantoustans d’Afrique du Sud ne sont pas de simples erreurs tragiques que le monde regarde maintenant avec regret et repentance.



On est en train de les justifier actuellement à Gaza et en Cisjordanie au nom de la sécurité et ils se mettent en place au nom de la démocratie. Buttu a aussi montré la logique d’Israël qui se dissimule derrière le retrait de Gaza qui n’est qu’une diversion pour conserver les autres colonies au-delà de la Ligne Verte en Cisjordanie, interprétation qui ne semble pas aberrante quand on la remet dans le contexte de la solution finale qu’Israël (prévoit) pour la Palestinien.


Le 18 décembre 2003, le premier ministre Ariel Sharon a annoncé ses plans pour se retirer de Gaza, quelque chose qui était depuis longtemps populaire pour la plupart des Israéliens.

C’est un geste, pourtant, que beaucoup au Likoud et dans le cabinet de Sharon ont mal accueilli.

Le plan originel appelait à l’évacuation de dix-sept colonies de Gaza et de quatre autres en Cisjordanie et devait intervenir simultanément.
Le Likoud avait alors rejeté ce plan et adopté une approche par étapes.

En plus, le cabinet de Sharon avait annulé l’idée que les colonies soient transférées, qui devait suivre le plan de retrait.

Evidemment, personne ne sait avec certitude maintenant quel (type) de "retrait" sera décidé pour les colonies, mais le plan qu’Israël a développé lui donne en fait une hégémonie quasi totale et n’accorde aux Palestiniens qu’aussi peu de souveraineté que possible.


Gaza n’est pas un espace immense. En fait, c’est deux fois environ la taille de la capitale de notre nation. En ce moment, il y a environ 1.3 millions de Palestiniens, dont beaucoup sont des réfugiés, et 7300 colons Israéliens y vivent. Tandis que les colons ne représentent que 5% de la population, ils contrôlent plus de 15% du territoire de Gaza, sans parler d’un grand nombre de ressources naturelles, eau et terre arable comprises.

Les Palestiniens ne gardent que peu de chances d’avoir du travail, de s’instruire, de recevoir des soins appropriés, de vivre dans de bonnes conditions sanitaires, de manger de la nourriture saine et de boire de l’eau potable. Le "retrait" israélien n’offre aucun espoir que ce standard de vie défavorisé puisse changer.


Le plan de retrait se compose de quatre étapes avec des conséquences terribles pour les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie.
D’abord, Israël conservera le contrôle complet de la ligne côtière de Gaza de sorte que les Palestiniens n’auront plus accès à la Méditerranée et qu’ils ne pourront pas développer de ressources maritimes telles que le gaz naturel et la pêche.
Israël contrôlera aussi tout l’espace aérien de Gaza. Ce qui veut dire que non seulement les Palestiniens seront privés d’un aéroport international mais aussi du contrôle (par Israël) de toute la technologie satellitaire et des services de téléphones mobiles à l’intérieur même de Gaza.
Troisièmement, toutes les frontières de Gaza seront sous surveillance et contrôle d’Israël et la libre circulation sera réservée aux citoyens israéliens, essentiellement les colons qui ont accès aux routes "réservées aux colons seulement".

Enfin, la Ceinture de Philadelphie, à savoir l’espace entre la frontière de Gaza et l’Egypte, sera agrandie pour créer une zone tampon suffisante pour les Forces de sécurités israéliennes.

Ce qui signifie encore et encore des démolitions de maisons, encore et encore des palestiniens SDF.

Alors que les conditions de vie des Palestiniens sont supposées s’être dès maintenant améliorées, Israël va encore prendre d’autres mesures provisoires pour pérenniser le statu quo sur l’eau, l’électricité et le gaz.

A Gaza, l’eau est maintenant tellement saline qu’on n’en voudrait pas pour faire pousser le blé au Canada.



Qu’est-ce que cela signifie pour les habitants de Gaza ?

Cela signifie qu’ils dépendent presque totalement d’Israël pour chaque chose, depuis l’électricité jusqu’à la nourriture. En fait, le coût des tomates achetées en Cisjordanie est si cher à cause de tous les checkpoints israéliens qu’il est moins onéreux de les faire venir d’Espagne.

Avec tout ça, Buttu a exprimé sa certitude qu’Israël prend ces initiatives dans le but d’étouffer complètement l’économie palestinienne et l’isoler du reste du monde de même qu’il utilise le retrait de Gaza pour masquer son but véritable : la consolidation des colonies plus importantes de Cisjordanie.

En dehors de celles qui vont être déplacées de Gaza, quatre colonies de Cisjordanie vont aussi être démantelées.
Situées au nord, ce sont des colonies relativement isolées qu’habitent 526 israéliens.

Mais en retour pour l’ensemble du retrait qu’Israël offre, il prévoit de conserver quatre blocs importants de colonies en Cisjordanie qui s’étendent largement derrière la Ligne Verte comme de rester incrustés à l’intérieur d’Hébron.

Ariel, une colonie de plus de 19 000 israéliens, domine une installation aquifère tandis que Ma’ale Adumin divise le nord de la Cisjordanie du sud.

Gi’vat Ze’ev servira de passage pour l’armée israélienne et Qiryat Arba, une colonie au sud, est un bastion d’idéologues qui vous accueillent avec des banderoles qui disent : "Faisons partir l’ennemi arabe".

Inutile de dire que les murs serpentent autour de ces colonies, volant au passage des quantités de terres pour agrandir ultérieurement la colonie, et contenir le développement des villes palestiniennes de l’autre côté.

Le départ des Israéliens de Gaza a été trop long à venir et maintenant qu’il est là, Israël devrait s’autoriser à sortir respectueusement. Mais si les conditions d’un tel départ sont celles que Buttu décrit, on ne félicitera pas Israël.

Gaza est devenue plus une cage qu’un pays et n’aura aucune chance de développement si les Palestiniens s’aperçoivent que le terrorisme est le seul moyen d’échapper à leur prison.

De plus et comme Buttu l’a dit très justement : "Pour Sharon, son prix c’est la Cisjordanie".
Comme les Américains, nous ne devons pas finir par nous laisser duper et croire qu’Israël est prêt à sacrifier quoique ce soit pour les Palestiniens

Les partisans affirment que si les réalités sur le terrain ont changé, la réalité est celle-ci : les Palestiniens ont autant le droit à cette terre que les Israéliens.
Il n’y aura ni paix ni sécurité pour personne, d’un côté comme de l’autre, s’ils (les Israéliens) continuent à agir unilatéralement, sans s’occuper des intérêts de l’autre.

Le plan de Sharon à Gaza est un écran de fumée pour masquer les feux en Cisjordanie.

C’est triste à dire, mais à moins qu’il y ait aussi une volonté de démanteler d’autres colonies en Cisjordanie, ces feux seront activés par les morts d’Israël et de Palestine.

Sources : ISM

Posté par Adriana Evangelizt


Jeudi 18 Août 2005


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