Propagande médiatique, politique, idéologique

Ils ne ratent jamais une occasion de rater une occasion : Quand des associations juives laïques «antisionistes» répondent en écho aux associations sionistes


Il est en train de se passer quelque chose de très étrange, actuellement, à l’intérieur d’un petit cercle de personnes qui se complaisent à se considérer comme la pointe avancée de la lutte pour la Palestine ; nous faisons allusion ici à ces gens qui se classifient eux-mêmes en tant que juifs laïcs antisionistes, qui considèrent être des voix juives «indépendantes» et, partant, l’avant-garde du «mouvement pro-palestinien».

Par Mary Rizzo


Jeudi 5 Février 2009

La censure sioniste sur un discours ‘consensuel’ demandant la fin de l’occupation et des violations des droits de l’homme en Cisjordanie et dans la bande de Gaza : le tampon Sioniste, identifié par la Magen David et les deux bandes bleues symboli
La censure sioniste sur un discours ‘consensuel’ demandant la fin de l’occupation et des violations des droits de l’homme en Cisjordanie et dans la bande de Gaza : le tampon Sioniste, identifié par la Magen David et les deux bandes bleues symboli
A la suite de ce qui ne peut être qualifié autrement que d’événement international unique en son genre, d’une importance médiatique majeure, et peut-être, aussi, d’une certaine signification historique, ils protestent et ruent dans les brancards de colère contre l’intervention d’Erdoğan sur une tribune que partageaient le Secrétaire général de l’Onu, le chef de la Ligue arabe et le Président d’Israël.

Ces critiques malencontreuses vont, sur quelques sites marginaux et au sein de groupes de discussion microscopiques, jusqu’à pratiquement prendre fait et cause pour le Comité Juif Américain dans la critique d’Erdoğan.

Le fait intéressant, et extrêmement positif, qu’Erdoğan n’ait pas pu permettre au flot de bobards proférés par Shimon Peres de s’écouler sans réaction au cours de la conférence du Forum Economique Mondial (réuni à Davos) sur la question de Gaza semble leur avoir échappé, à tous autant qu’ils sont.

Ils semblent à peine avoir remarqué que le Premier ministre turc Erdoğan était en quelque sorte préparé au genre d’arguments qu’il allait entendre, au type de justifications qu’Israël avance pour ses frénésies de tueries, car il sortit une feuille de papier de son porte-documents, et il se mit à lire, sur cette feuille de papier (ou plutôt, il s’évertua à le faire, jusqu’au moment où le modérateur essaya de couper le sifflet au Premier ministre et à pousser l’assistance vers la salle à manger), trois citations : la première, tirée de la Torah, la seconde de Gilad Atzmon, et la troisième d’Avi Shlaim.



Traduction en français des propos Premier ministre turc Erdoğan

A l’évidence, la Torah fait autorité, et même si certains juifs athées se moquent bien que Dieu, c’est-à-dire quelqu’un dont ils affirment qu’il n’existe pas, soit cité, ce qui compte, c’est le message, en fin de compte. Ils ont décidé, en revanche, qu’Erdoğan a fait quelque chose d’horrible en citant Gilad Atzmon. Ah bon ? C’est avec le message, ou avec le messager, qu’ils ont un problème ?

Examinons tout d’abord le message : il disait rien d’autre que le fait que quiconque affirme défendre les Palestiniens devrait savoir, à l’heure qu’il est : «La barbarie d’Israël surpasse la cruauté ordinaire » Si quelqu’un est prêt à affirmer qu’Israël a eu recours à rien moins que la force disproportionnée la plus brutale, alors laissons-le parler, aujourd’hui encore, de « paix », ou espérer, à jamais, ladite « paix »…

Il est surprenant, aussi, que plutôt qu’affirmer qu’Erdoğan a «marqué un point», ils sont en train de ramener les Kurdes, l’Arménie et d’autres aspects atroces des affaires turques, passées ou actuelles.
C’est ce que font aussi les attaques contre Erdoğan dans les médias sionistes, juste actuellement, et cela est en train d’être renvoyé en écho par ceux-là mêmes qui ne cessent de clamer, depuis fort longtemps, qu’ils sont l’avant-garde du mouvement, bien qu’ils n’aient pas de qualités particulières pour le justifier, à moins que leur accréditation douteuse tienne au fait qu’étant juifs, ils peuvent ajouter leur nom à un appel ?

Il semble vraiment étrange qu’alors qu’il est question de la Palestine, ils semblent très heureux de le tirer vers l’antisémitisme, ce qui, à l’évidence n’a jamais été le cas du tout dans ce qu’ils s’acharnent à détruire, ou bien vers des arènes géopolitiques très éloignées d’Israël et de la Palestine.

Il n’y a AUCUNE différence entre la campagne sioniste et la campagne juive antisioniste. Toutes deux visent à décider quels doivent être les paramètres du discours, et à détruire le messager, tout en faisant de la question de savoir comment les juifs se sentent et comment ils pensent que le monde devrait parler d’eux LE seul, L’UNIQUE problème.

Il est de bon ton de se gausser du porteur du message, Erdoğan, au motif qu’il appartient à un parti islamiste. Bon : pourquoi être surpris ? On sait bien que c’est là un péché mortel, aux yeux de ces juifs, tant ceux qui sont sionistes que ceux qui sont antisionistes. Cela revient à dire automatiquement que c’est un régime religieux totalitaire qui est l’ennemi, d’où le soutien assorti de restrictions, ou la critique ouverte du Hamas et du Hezbollah. Pour savoir si tel est bien le cas en Turquie, ça n’est pas difficile : il suffit d’aller dans ce pays pour le découvrir.

En Turquie, les femmes se voient interdire de porter le hijab (c’est fondamentaliste, cette interdiction ?) dans la fonction publique, cela, pour ne citer qu’un exemple parmi bien d’autres de la nature laïque de ce pays. Oh, il y a aussi cet autre problème : Erdoğan est un bourgeois.

Eh bien, il semblerait que les seuls bourgeois acceptables soient ceux qui sont exactement comme eux, c'est-à-dire des marxistes laïcs. Ou des progressistes laïcs. Ou des juifs athées. Ou des juifs laïcs progressistes… bon, vous voyez ce que je veux dire…

Eh bien, s’étonnent-ils, comment cet Erdoğan a-t-il pu avoir connaissance d’un écrivain aussi « obscur », qui se retrouve dans son porte-documents et donc amené d’Ankara à Davos, et là, directement sur l’avant-scène ? Les contempteurs d’Erdoğan ne savent peut-être pas que les articles de Gilad Atzmon circulent largement, et pas seulement dans les médias alternatifs, mais qu’ils ont fait leur entrée dans le discours public, par la grande porte. Un de ses articles a d’ailleurs été cité dans son intégralité sur la chaîne satellitaire turque SkyTurk.

En me baladant à Florence, aujourd’hui, j’ai trouvé un de ses articles traduits en italien glissé sous les essuie-glaces des bagnoles ; mettez la radio, et vous l’entendez : on l’interroge sur ce qui se passe à Gaza. Je suppose que c’est génial, d’être publié dans Socialist Unity, mais si c’est pour dire qu’Atzmon est marginal, obscur, hé bien, cet argument a une bonne fois pour toutes mordu la poussière.

Ce n’est pas une question de fierté, même si nous devons reconnaître que cela vous rend fier d’entendre vos arguments ou ceux de vos amis et alliés être utilisés pour démolir le honteux mur de mensonges de Peres, alors qu’ Erdoğan aurait tout aussi bien pu ne pas réagir du tout. Cela vous fait un bien incroyable. Cela vous dit que vous êtes bon à quelque chose. Si nous pouvons le faire, sans être financés par quiconque, ou sans faire le boulot de quiconque, alors, c’est que la voix de tout un chacun peut être entendue.
Et, de fait, Erdoğan a fait une quantité incroyable d’heureux. La quasi-totalité des Turcs et des Palestiniens ont admiré son courage et sa détermination. A son retour dans son pays, il y a été accueilli à l’égal d’un «leader mondial». Pourtant, certains voudraient saper cela en le qualifiant de démagogie motivée, à leurs dires, par l’approche des élections turques.

Arrêtons-nous un instant, et réfléchissons. Si, en Israël, le fait d’être aussi assoiffé de sang que possible afin de gagner des voix relève de la tactique électorale, et si le fait, en Turquie, d’exprimer la protestation humanitaire en faveur d’un peuple vilipendé est le «choix gagnant», alors, dans lequel de ces deux pays préféreriez-vous vivre ?

Et si, effectivement, le peuple, dans son entièreté, pense qu’Israël est en train de tuer, et de tuer d’une manière qui dépasse toutes les bornes, alors le discours d’Atzmon n’a strictement rien de marginal, ni d’extrémiste : le discours d’Atzmon est au cœur du sujet. Personne n’a besoin de bombarder les gens avec de l’information, ou des lettres, ou des campagnes, pour qu’ils sachent comment appeler les choses telles qu’ils les voient.

Ils n’ont pas besoin que telle ou telle association juive leur dise qui écouter, et comment penser, en les coinçant dans une sorte de préjugé bizarre selon lequel s’identifier avec ces propos serait, d’une manière ou d’une autre, dommageable pour les juifs et antisémite, et comme le diraient certains des «leaders» du mouvement en question, contreproductif pour le mouvement lui-même ou la cause qu’il prétend défendre.

De fait, la conclusion à retirer de cela, c’est que ces écrits doivent toucher les nerfs, toucher les sentiments les plus profonds d’intérêt humain, et non pas ceux de l’opportunisme personnel ou de l’expédience politique.


La diffusion des écrits de Gilad Atzmon s’est opérée par une prolifération spontanée ; il n’y a aucun service de presse, ni aucun groupe de lobbying politique, il y a juste une personne, assise derrière son ordinateur personnel, et il y a la diffusion de l’information, à partir de là.

Le "mouvement" [pro-palestinien] est pourri, s’il est incapable de reconnaître que le moment est venu de mettre de côté leurs préventions ou leurs conflits personnels avec Atzmon, de reconnaître que quelque chose de magnifique vient de se produire et que les militants humanitaires dans le monde entier le sentent bien, et le savent. Persister dans la campagne visant à faire taire Atzmon non seulement ne pourrait qu’être encore MOINS efficace qu’auparavant, mais cela ferait tomber la dernière feuille de vigne dissimulant que ces gens opèrent en leur qualité de crypto-sionistes.
Leur programme d’action, et celui du Congrès Juif Américain, sont une seule et même chose.

Source : http://www.uruknet.info/
Traduction : Marcel Charbonnier
http://palestinethinktank.com

 
 
 

Get this slideshow here They never miss an opportunity to miss an opportunity: Secular "Anti-Zionist" Jewish groups echo Zionist groups

WRITTEN BY MARY RIZZO - A very strange thing is happening at this moment within a circle of people who like to consider themselves at the cutting edge of the struggle for the Palestine, and we are referring to the individuals who classify themselves as Secular Anti-Zionist Jews, and consider themselves to be the "independent" Jewish voices, and as thus, the avant-garde of "the Pro-Palestinian movement". Following what can only be classified as a unique international event of major media importance, and perhaps also of a certain historical significance, they are protesting and stomping their feet in anger at the intervention of Erdogan on a stage shared by the General Secretary of the UN, the leader of the Arab League and the President of Israel. 

These unhappy critics are in a few marginal sites and tiny discussion groups to practically take up the cause of the American Jewish Committee in criticising Erdogan. The interesting and very positive fact that Erdogan would not allow the stream of lies uttered by Shimon Peres to go unchallenged in the World Economic Forum (Davos) Conference on Gaza seems to have eluded them all. They hardly seem to notice that Turkish Prime Minister Erdogan obviously had come prepared for the sort of arguments he would be hearing, the kind of justifications that Israel gives for its killing sprees, as he took paper from his folder and read off of a sheet, (or tried hard to before the moderator attempted to stifle the Prime Minister and whisk the waiting public to their dinner) three quotes: the first, from the Jewish Torah, the second, from Gilad Atzmon and the third from Avi Shlaim. 

Obviously, the Torah is quite authoritative, and even if some atheist Jews don’t mind that God, someone they claim does not exist, is being quoted, what counts is the message, after all. They have decided that Erdogan did something terrible in quoting Gilad Atzmon. What is their problem, with the message or the messenger? 

First of all, the message: It stated pretty much the facts that everyone who claims they are for the Palestinians should know by now: "Israel’s barbarity exceeds ordinary cruelty." If anyone is ready to state that Israel used anything less than the most crude disproportionate force, may they speak now or forever hope for "peace". 

It is also surprising that rather than state what Erdogan did "right", they are bringing up Kurds, Armenia and other atrocious aspects of Turkish affairs, past or present. This is true of the attacks on Erdogan in the Zionist media right now, and it’s being echoed by those who for a long time have been claiming they are the forefront of the movement, even without the credentials for it, unless their being Jewish so they can add their name to an appeal is the dubious credential. It does seem odd that while the discourse is Palestine, they are very happy to drag it to Anti-Semitism, which obviously did not appear at all in what they are trying to destroy, or to geo-political arenas far from Israel and Palestine. There is NO difference between the Zionist campaign and the anti-Zionist Jewish campaign. Both are to decide what the parameters of discourse are and to destroy the messenger, while making the issue of how Jews feel about themselves and how they think the world should speak about them THE issue. 

The messenger: Erdogan is being scoffed at for his belonging to an Islamist party. Well, why should anyone be surprised that this is a deadly sin for Jews who are Zionists and anti-Zionists alike. It is as if it automatically means totalitarian religious regime that is the enemy, and thus, the conditional support or the open criticism of Hamas and Hezbollah. Whether or not that is the case of Turkey, one has only to go there to find out. Women there are actually prohibited from wearing hijab (how fundamentalist is that?) in public offices, to cite but one example of the secular character of this state. Oh, the other problem, that he’s bourgeois. Well, it seems that the only ones acceptable are ones that are just like them, Secular Marxists. Or Secular Liberals. Or Jewish Atheists. Or secular Jewish Liberals… well, you get the picture. 

Well, they wonder, how could Erdogan have gotten such an "obscure" writer fall into his folder and be carried from Ankara to Davos and directly to the stage? The critics maybe don’t know that papers by Gilad Atzmon are widely circulated, and not only in the alternative media, but actually they have entered the public discourse through the front door. One of his recent papers was read aloud in full on SkyTurk. Walking around Florence, today we found his papers in Italian stuck under windscreen wipers, turn on your radio and you are hearing him interviewed about Gaza. I suppose it is great to be published in Socialist Unity, but if the argument used is that Atzmon is fringe, margin, obscure, well, that argument once and for all has bit the dust. It is not out of a sense of pride, and we admit, it is indeed a matter of pride to hear your words or words of your friends and allies used to tear down the shameful wall of lies by Peres, while he can just sit and take it. It feels incredibly good. It is enabling. If we can do it, not financed by anyone or doing anyone’s business, everyone’s voice can be heard. As a matter of fact, Erdogan made a lot of people happy. Almost across the board Palestinians and Turks admired his bravery and determination. When he returned home, he was welcomed "As a World Leader". Yet, some will try to undermine that by calling it demagogy, with Turkey nearing elections. 

Let’s stop to think for a moment. If it is an electoral tactic to be as bloodthirsty as possible to win votes in Israel, and expressing the humanitarian cries for a beleaguered people in Turkey is the "winning choice". Which country would you rather live in? 

And if it is indeed so that the people as a whole believe that Israel is killing and killing in a way that exceeds anything necessary, then the discourse of Atzmon is by no means marginal or fringe, it is at the heart of the discourse. No one has to bombard people with information or letters or campaigns to know how to call things as they see it. They don’t need this Jewish organisation or that one to tell them who to listen to and how to think, cornering them into some kind of bizarre admission that identifying with these words is in some way damaging to Jews and anti-Semitic and some of these movement "leaders" will say, damaging to the movement or cause. In fact, the conclusion to draw is that these writings must be touching nerves, touching the deepest feelings of humanitarian concern and not ones of political or personal expediency. The diffusion of these writings has been by spontaneous proliferation, there is no press office or political group lobbying, there’s just a person at his own computer and the spread of information from there. 

There is a rottenness of the "movement" if it does not recognise when the moment to put aside their personal qualms or conflicts with Atzmon and accept that something magnificent has happened, and the humanitarians of the world feel it and know it. Persisting in the campaign to silence Atzmon now would not only be LESS effective than it was before, but it drops down the final mask, that these people operate as crypto Zionists. Their agenda, and the agenda of the American Jewish Committee is one and the same.

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Mary Rizzo is an art restorer, translator and writer living in Italy. Editor and co-founder of Palestine Think Tank, co-founder of Tlaxcala translations collective. Her personal blog is Peacepalestine.
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Jeudi 5 Février 2009


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