Politique Nationale/Internationale

Ils en appellent au Conseil de Sécurité, Les arabes sont-ils à ce point dépourvus de moyens?


ILS EN APPELLENT AU CONSEIL DE SÉCURITÉ
Les Arabes sont-ils à ce point dépourvus de moyens?
17 juillet 2006 - Page : 9

Les arabes sont-ils à ce point dépourvus de moyens ?
L’Algérie a appelé à un sommet arabe pour évaluer une riposte à l’agression israélienne



Farid@evhr.net
Lundi 17 Juillet 2006

«Nous ne voulons être la risée de personne. Le processus de paix est mort», a dit Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, à l’issue de la réunion des ministres arabes, samedi, au Caire. En effet, il ne s’agit pas d’un lapsus, les Arabes sont devenus la risée du monde entier. Etait-il temps de s’en rendre compte? Les chefs d’Etat et rois arabes sont dans l’incapacité d’évaluer le danger qui les menace. «Le seul moyen de faire revivre le processus de paix est de le renvoyer devant le Conseil de sécurité», ajoute Moussa en suffoquant. Les Arabes s’en remettent donc aux instances internationales comme pour mieux masquer leur propre impotence. Pourtant, le Conseil de sécurité s’est réuni et s’est abstenu de condamner l’agression israélienne. Alors qu’attend-on de plus d’une institution devenue outil aux mains des Américains?

Les Arabes ne peuvent rien espérer de la communauté internationale. Le G8, réuni à Saint-Pétersbourg au moment de l’agression, n’a pris aucune initiative qui puisse apaiser les esprits. Pendant la réunion des ministres arabes au Caire, il y a eu des écarts de langage entre le ministre syrien et son homologue saoudien. Le premier a dit: «Vous ne nous permettez plus de rêver...». Le second lui coupe la parole pour rétorquer: «De tes rêves diaboliques». Le chef de la diplomatie libanaise tente d’exposer la situation. Personne ne l’écoute. Le rêve des Arabes tourne au cauchemar. Ils assistent impuissants au massacre d’un pays arabe sans broncher. L’Algérie propose un sommet des chefs d’Etat arabes. Pourquoi faire? Le temps des alliances arabes contre un ennemi commun est bel et bien révolu. Ils ont perdu deux guerres contre Israël. Ils ont assisté impuissants à l’invasion du Liban en 1982, à l’invasion de l’Irak en 2003, aux massacres cycliques des Palestiniens.
Pourtant, Dieu sait que les Arabes sont capables de faire beaucoup de choses en commun. L’utilisation de l’arme du pétrole, comme de leurs immenses moyens financiers investis dans les capitales occidentales, est possible. Dès le début de l’agression, les prix du pétrole ont flambé. Ils peuvent encore monter et dépasser le seuil de 100 dollars si les Arabes font seulement la tentative de brandir la menace d’utiliser cette arme. Les Américains seront les premiers à en subir les conséquences. Tout le monde le sait.

Lorsque l’Arabie Saoudite, qui est censée n’avoir signé aucun traité avec Israël, se démarque de la solidarité arabe, on est en droit de s’interroger sur le pourquoi de ce repositionnement peu bénéfique pour le royaume. Il faut remonter aux événements du 11 septembre, rappeler que ce pays a été considéré, depuis, comme le premier pourvoyeur de kamikazes qui ont attaqué les USA. L’Arabie Saoudite a subi de plein fouet les conséquences. Trois années plus tard, elle n’est pas encore en mesure de se défendre de ces accusations. Fragilisée, elle est définitivement tombée sous une forme de tutelle américaine qui la conduit où elle veut. Il faut souligner que le Koweït semble moins vulnérable, si on se fie aux déclarations de son ministre au Caire. Les cas de l’Egypte, la Jordanie et la Mauritanie sont plus lisibles. Ils ont signé des accords de paix avec Israël et ne peuvent, en conséquence, lui déclarer la guerre. Mais pourquoi, ne serait-ce que par geste de solidarité, et en même temps de protestation, Amman, Le Caire et Nouakchott n’ont-ils pas rappelé leurs ambassadeurs à Tel-Aviv? d’autre part, rien n’empêche les Arabes de rapatrier leurs capitaux des banques américaines. Comme rien ne les empêche d’user de leur influence dans les places boursières pour déstabiliser l’économie américaine.

Le Conseil de sécurité se réunit aujourd’hui. On peut, sans risque de se tromper, pronostiquer sur les débouchés de ses réunions lorsqu’on sait que les «faucons» ont pris le contrôle de l’ONU depuis que Bush a déclaré la guerre au «terrorisme». Les Arabes peuvent rêver d’un monde paisible où les houris se déhanchent jusqu’à vous rendre dingue pendant que les foules arabes attendent avec impatience les résultats de l’alchimie de leurs chefs impuissants.


Abdelkader HARICHANE
L'Expression dz.com



Lundi 17 Juillet 2006

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