Il est grand temps de boycotter Israël: 60 ans de Nakba, 41 ans d’occupation
Nous reproduisons ici le texte d’un exposé présenté par Omar Barghouti lors de la troisième Conférence Internationale de Bil’in pour une résistance populaire, le 4 juin 2008.
Omar Barghouti est un analyste politique palestinien indépendant. Il est l’un des membres fondateurs de la « Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël » (« Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel » - PACBI).
5 juin 2008
Par Omar Barghouti
« L’idée est de mettre les Palestiniens à la diète, mais pas de les faire mourir de faim », disait il y a quelques années Dov Weisglass, le plus proche conseiller de Sharon.
Aujourd’hui Israël est en train d’étouffer lentement Gaza et de conduire la population civile au bord de la famine et d’une catastrophe humanitaire planifiée.
Si le gouvernement états-unien est évidemment un complice qui finance, justifie et dissimule l’occupation et les autres formes d’oppression israéliennes, l’Union Européenne, le plus important partenaire commercial d’Israël au niveau mondial, n’est pas moins complice de la perpétuation de l’oppression coloniale d’Israël et de son apartheid particulier.
Alors qu’Israël assiège cruellement Gaza, inflige une punition collective à 1.5 millions de civils palestiniens, les condamne à la désolation et promet à une mort imminente des centaines de patients, bébés prématurés et autres, l’Union Européenne adresse une invitation à Israël en vue d’ouvrir des négociations pour rejoindre l’OCDE. Au lieu de mettre un terme à l’accord d’association UE-Israël en raison des graves violations, par Israël, de la clause concernant les droits de l’homme.
Non seulement les Etats-Unis et les gouvernements européens apportent à Israël des aides économiques massives et lui ouvrent leurs marchés, mais en plus ils lui fournissent des armes, l’immunité diplomatique et un soutien politique sans limite. Ils étendent leurs relations mutuelles précisément au moment où Israël commet des actes de génocide.
En suspendant régulièrement, et pour de longues périodes, l’approvisionnement de Gaza en carburant et en électricité, Israël, la puissance occupante, s’assure en fait de l’impossibilité du pompage et de la distribution d’eau « potable » dans les maisons et les diverses infrastructures ; les hôpitaux ne peuvent plus fonctionner correctement, ce qui entraîne de nombreux décès, notamment chez les plus vulnérables ; on dénombre déjà plus de 180 décès résultant directement du récent siège parmi les patients de Gaza, principalement des enfants et des personnes âgées ; les quelques usines qui continuent de fonctionner malgré le blocus vont bientôt devoir fermer, ce qui augmentera encore un peu plus un taux de chômage qui est déjà extrêmement élevé ; le traitement des eaux usées s’est interrompu, ce qui entraîne une pollution accrue des rares et précieuses réserves d’eau de Gaza ; les institutions universitaires et les écoles sont dans une large mesure dans l’incapacité de fonctionner normalement ; et la vie de tous les civils est gravement bouleversée, voire même atteinte de dommages irréversibles.
En résumé, Israël est en train de condamner toute la prochaine génération des Palestiniens de Gaza à des maladies chroniques, à une pauvreté abjecte et à des restrictions durables en termes de développement. Le Rapporteur Spécial du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, le spécialiste de droit international Richard Falk, considérait le siège israélien comme un « prélude au génocide » avant même le dernier crime consistant à couper entièrement l’approvisionnement en énergie. Aujourd’hui les crimes israéliens à Gaza peuvent être catégorisés comme des actes de génocide au sens strict, même si ce génocide est lent.
En parallèle, Israël est en train de lentement transformer la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, en un ensemble de réserves dans lesquelles la vie est impossible et qui donnent, en comparaison, une connotation positive au terme Bantoustan. Israël provoque, de manière organisée, la lente désintégration de la société palestinienne sous occupation, par l’intermédiaire [de la construction] du Mur, de sa politique de fragmentation et de ghettoïsation, de son déni des droits les plus élémentaires des Palestiniens et de son obstruction au développement humain. Israël transforme lentement, de manière régulière et systématique, la vie des Palestiniens ordinaires, fermiers, ouvriers, étudiants, universitaires, artistes et autres professions, en un véritable enfer, destiné à les contraindre à partir. L’objectif fondamental du courant dominant du Sionisme politique, procéder au nettoyage ethnique de la Palestine en la vidant de sa population indigène pour qu’elle laisse la place aux seuls colons juifs, n’a connu qu’un seul changement significatif depuis le début de la conquête coloniale sioniste il y a un plus d’un siècle : les choses vont tout simplement moins vite.
Depuis la Nakba, la création de l’Etat d’Israël en 1948 par le nettoyage ethnique de plus de 750 000 Palestiniens indigènes, chassés de leur terre, et par la destruction de la société palestinienne, de nombreux « plans de paix » ont été élaborés afin de résoudre le « conflit ». En réalité tous ces plans avaient un point commun : ils ont cherché à imposer un règlement basé sur les faits accomplis, en d’autres termes sur le rapport de forces largement asymétrique qui laisse l’une des deux parties, les Palestiniens, dans une situation d’humiliation, d’exclusion et d’inégalité. Ces plans étaient injustes : en conséquence ils ont échoué.
Le chemin vers la justice et la paix doit tenir compte des particularités de la réalité coloniale israélienne. Dans son essence, l’oppression, par Israël, du peuple palestinien, comprend 3 dimensions majeures : le déni des droits des réfugiés palestiniens, parmi lesquels leur droit de retourner dans leurs foyers ; l’occupation militaire de Gaza et de la Cisjordanie (y compris Jérusalem-est), incluant la colonisation massive de cette dernière ; et un système de discrimination raciale contre les citoyens palestiniens d’Israël, qui ressemble en partie à l’apartheid sud-africain. Une paix juste devrait réparer, moralement et concrètement, ces trois injustices, condition minimale pour une justice relative.
Les récents développements politiques en Israël, tout particulièrement les dernières élections législatives, qui ont porté au pouvoir un gouvernement avec des tendances ouvertement fascistes et qui ont conduit à la guerre criminelle contre le Liban et, plus récemment, au lent génocide contre Gaza, ont démontré sans équivoque qu’une écrasante majorité d’Israéliens soutient avec ferveur les politiques racistes et coloniales de l’Etat et ses violations persistantes du droit international.
Une solide majorité soutient, par exemple : les crimes de guerre perpétrés quotidiennement par l’armée à Gaza, y compris les coupures d’approvisionnement en énergie, le Mur d’apartheid, les exécutions extra-judiciaires de militants palestiniens, le déni du droit au retour des réfugiés palestiniens, le maintien du système d’apartheid à l’encontre des citoyens palestiniens d’Israël, et l’accaparement de larges parties de la Cisjordanie occupée, particulièrement autour de Jérusalem, ainsi que des ressources aquifères palestiniennes. Si c’est la paix dont la plupart des Israéliens veulent, elle ne répond en aucun cas aux critères minimums en termes de droit international et de droits humains fondamentaux…
Devant la faillite de la communauté internationale à demander des comptes à Israël, de nombreuses personnes, aux quatre coins du monde, ont commencé, en conscience, à prendre en considération l’appel de la société civile palestinienne à une résistance non-violente contre Israël jusqu’au terme des trois dimensions de l’oppression du peuple palestinien. Du proéminent historien israélien Ilan Pappe au Ministre juif du gouvernement sud-africain Ronnie Kasrils, en passant par l’Archevêque Desmond Tutu, un nombre grandissant de figures de renommée internationale ont établi des parallèles entre l’apartheid israélien et son prédécesseur sud-africain et ont, en conséquence, défendu le principe de mesures de type sud-africain.
Il est assez significatif de remarquer que l’ancien président US Jimmy Carter et l’ancien Rapporteur Spécial de l’ONU aux Droits de l’Homme, le Professeur John Duggard, qui n’ont certes pas encore repris le mot d’ordre du boycott, ont tous les deux accusé Israël de mener une politique d’apartheid contre les Palestiniens. Lorsque l’on tient compte du caractère canonique des résolutions de l’ONU à l’encontre des crimes d’apartheid, la position de Dugard ne doit pas être prise à la légère. Ceci pourrait bien être la première étape d’une très longue marche ayant pour finalité d’amener les Nations Unies à identifier Israël comme un Etat d’Apartheid et à adopter, en conséquence, les sanctions appropriées.
En 2001 déjà, à Durban, en Afrique du Sud, malgré l’absence de volonté officielle de l’Occident de demander des comptes à Israël, le Forum des ONG de la Conférence Mondiale de l’ONU contre le racisme avait largement adopté le point de vue selon lequel la forme particulière d’apartheid israélien nécessitait un recours aux mêmes outils qui étaient venus à bout de son prédécesseur sud-africain. Beaucoup espèrent que « Durban 2 » continuera sur la lancée de cet acquis essentiel.
Peu de temps après Durban, des campagnes appelant au désinvestissement les firmes soutenant l’occupation israélienne se sont multipliées dans les campus états-uniens. De l’autre côté de l’Atlantique, particulièrement au Royaume-Uni, des appels à diverses formes de boycott contre Israël ont commencé à être entendus parmi les intellectuels et les syndicalistes. Ces efforts se sont intensifiés avec la réoccupation israélienne de l’ensemble des villes palestiniennes au printemps 2002, les destructions et les victimes qu’elle a laissées derrière elles, particulièrement les atrocités commises dans le camp de réfugiés de Jénine.
En 2005, un an après l’avis de la Cour Internationale de Justice contre les colonies israéliennes et le Mur d’Apartheid, la société civile palestinienne a émis un appel pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions, ou BDS. Plus de 170 syndicats et organisations de la société civile palestinienne, y compris les principaux partis politiques, ont appuyé cet appel qui vise à contraindre Israël à se conformer au droit international [1]. 12 ans après l’échec lamentable du soi-disant « processus de paix » amorcé en 1993, la société civile palestinienne a décidé de revendiquer l’initiative en mettant les revendications palestiniennes au cœur du combat international pour la justice, depuis longtemps obscurci par des « négociations » trompeuses et sans aucune perspective. Phénomène sans précédent, l’appel au BDS a été émis par des représentants des trois composantes du peuple palestinien : les réfugiés, les Palestiniens d’Israël et ceux vivant sous occupation. L’appel s’adressait en outre directement aux Juifs israéliens intègres, les invitant à soutenir ses revendications.
Depuis plus d’un siècle la résistance civile a toujours été une composante essentielle de la lutte du peuple palestinien contre le Sionisme. Au cours de la récente histoire palestinienne, la résistance au projet colonial sioniste a principalement pris des formes non-violentes : des manifestations de masse, des mobilisations populaires, des grèves de travailleurs, le boycott des produits sionistes, et la résistance culturelle, souvent ignorée, au travers de la poésie, de la littérature, de la musique, du théâtre ou de la danse. La Première Intifada (1987-1993) a été un laboratoire d’une richesse unique en termes de résistance civile, que les militants ont organisée, au niveau local, en encourageant l’auto-suffisance et le boycott, à des degrés divers, des produits israéliens mais aussi des autorités militaires. A Beit Sahour, par exemple, une célèbre grève des impôts fut l’un des défis les plus conséquents de cette période à l’égard de l’occupation israélienne. Le BDS doit ainsi être appréhendé comme étant implanté dans une authentique culture palestinienne de résistance civile, même s’il s’inspire aujourd’hui principalement de la lutte anti-apartheid sud-africaine. C’est ce riche héritage qui inspire la résistance populaire actuelle à Bil’in, contre le Mur.
Au cours des dernières années, beaucoup d’importants groupes et institutions, aux quatre coins du monde, ont entendu les appels au boycott venus de Palestine et se sont mis à réfléchir ou à appliquer concrètement diverses formes de pression effective sur Israël. Parmi eux, les deux principaux syndicats britanniques, Unison et la Transport and General Workers Union (TGWU) ; la British University and College Union (BUCU), qui a récemment réaffirmé une position pro-boycott ; Aosdana, l’Académie Irlandaise des Artistes reconnue par l’Etat ; l’Eglise d’Angleterre ; l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis ; de célèbres architectes britanniques ; la National Union of Journalists au Royaume-Uni ; le Congress of South African Trade Unions (COSATU) ; le Conseil Mondial des Eglises ; le Conseil Sud-africain des Eglises ; la Canadian Union of Public Employees en Ontario et, plus récemment, la Canadian Union of Postal Workers et l’ASSE, la principale organisation étudiante au Québec ; et des dizaines d’auteurs, d’artistes et d’intellectuels reconnus, conduits, entre autres, par John Berger. En Europe, beaucoup d’Universitaires et de personnalités du milieu de la Culture rejettent des invitations à participer à des événements en Israël, pratiquant de la sorte un « boycott silencieux ». Récemment, Jean-Luc Godard, icône du Cinéma, a annulé sa participation à un festival du film à Tel Aviv après que des Palestiniens le lui ont demandé. Avant lui, Björk, Bono, les ex-membres de Beatles, les Rolling Stones… ont décidé de ne pas de se produire en Israël, boycottant de fait les célébrations du soixantenaire d’Israël.
En novembre 2007, des centaines de militants palestiniens investis dans le boycott, des syndicalistes, des représentants de tous les principaux partis politiques, des organisations de femmes, des associations d’agriculteurs, des organisations étudiantes et d’à peu près tous les secteurs de la société civile palestinienne se sont rassemblés à l’occasion de la première conférence du BDS dans les territoires palestiniens occupés. L’un des résultats immédiats de l’effort accompli à cette occasion a été la mise en place récente du Comité National du BDS, ou BNC, pour développer la conscientisation au sujet du boycott, pour organiser les principales initiatives locales et pour agir comme un référent unique pour les campagnes internationales du BDS.
Pour les cyniques qui considèrent encore que les progrès mentionnés ici sont minimes au regard du temps écoulé, je ne peux que rappeler ce qu’un camarade sud-africain nous disait : « L’ANC a émis un appel au boycott académique dans les années 50 ; la communauté internationale a commencé à y prêter attention près de trois décennies plus tard ! Donc vous vous en sortez beaucoup mieux que nous ».
Aujourd’hui, face à l’intensification des crimes de guerre israéliens, face à l’impunité et face au mépris total du droit international, nous appelons la société civile internationale à initier ou à soutenir toute campagne BDS qui semble appropriée selon chaque contexte particulier et chaque situation politique spécifique, afin de soutenir la résistance civile palestinienne. C’est la forme de solidarité avec les Palestiniens qui d’avère être la plus efficace et la plus valable moralement et politiquement. Dans des circonstances exceptionnelles où un génocide est en train d’être commis, des mesures exceptionnelles et lucides, d’un point de vue éthique, sont requises. C’est le chemin le plus sûr vers la liberté, la justice, l’égalité et la paix en Palestine et dans l’ensemble de la région.
We reproduce here a paper presented by Omar Barghouti at the Bil’in Third International Conference on Grassroots Resistance, on 4 June 2008.
Omar Barghouti is an independent Palestinian political and cultural analyst and a founding member of the Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI).
5 June 2008
High Time for BDS
60 Years of Nakba, 41 Years of Occupation
By OMAR BARGHOUTI
June 5, 2008
"The idea is to put the Palestinians on a diet but not to make them die of hunger,” said Dov Weisglass, Sharon’s closest advisor, a few years ago.
Today, Israel is slowly choking occupied Gaza, indeed bringing its civilian population to the brink of starvation and a planned humanitarian catastrophe.
If the US government is an obvious accomplice in financing, justifying and covering up Israel’s occupation and other forms of oppression, the European Union, Israel’s largest trade partner in the world, is not any less complicit in perpetuating Israel’s colonial oppression and special form of apartheid.
At a time when Israel is cruelly besieging Gaza, collectively punishing 1.5 million Palestinian civilians, condemning them to devastation, and visiting imminent death upon hundreds of patients, prematurely born babies, and others, the EU is extending an invitation to Israel to open negotiations to join the Organization for Economic Cooperation and Development (OECD), instead of ending the EU-Israel association agreement due to Israel’s grave violation of its human rights clause.
The US and European governments are not only providing Israel with massive economic aid and open markets, they are supplying it with weapons, diplomatic immunity and unlimited political support, and upgrading their relations with it specifically at a time when it is committing acts of genocide.
By frequently freezing fuel and electric power supplies to Gaza for long periods, Israel, the occupying power, is essentially guaranteeing that "clean" water is not being pumped out and properly distributed to homes and institutions; hospitals are no longer able to function adequately, leading to the death of many, particularly the most vulnerable – already more than 180 patients, mainly children and senior citizens have died in Gaza as a direct result of the latest siege; whatever factories that are still working despite the blockade will soon be forced to close, pushing the already extremely high unemployment rate even higher; sewage treatment is grinding to a halt, further polluting Gaza’s precious little water supply; academic institutions and schools are largely unable to provide their usual services; and lives of all civilians is severely disrupted, if not irreversibly damaged.
In short, Israel is condemning a whole future generation of Palestinians in Gaza to chronic disease, abject poverty and long-lasting developmental limitations. UN Special Rapporteur for Human Rights, international law expert Prof. Richard Falk, considered Israel’s siege a "prelude to genocide," even before this latest crime of altogether cutting off energy supplies. Now, Israel’s crimes in Gaza can accurately be categorized as acts of genocide, albeit slow.
In parallel, Israel is slowly transforming the occupied West Bank, including East Jerusalem, into unlivable reservations that make the term Bantustan sound desirable, in comparison. Israel is systematically causing the slow disintegration of Palestinian society under occupation through its colonial Wall, its policy of fragmentation and ghettoization, its denial of the most basic Palestinian rights, and its obstruction of human development. Israel is slowly, steadily and systematically turning the lives of average Palestinian farmers, workers, students, academics, artists and professionals into a living hell, designed to force them to leave. The fundamental objective of the mainstream of political Zionism, to ethnically cleanse Palestine of its indigenous population to make room for Jewish settlers and them alone, has undergone only one significant change in more than a hundred years since the beginning of the Zionist settler-colonial conquest: it has simply grown slower.
Ever since the Nakba, the creation of the state of Israel in 1948 through the ethnic cleansing of more than 750,000 indigenous Palestinians from their homeland and the ruin of Palestinian society, many “peace plans” have been put forth to resolve the “conflict.” Virtually all these plans have had one factor in common: they have sought to impose a settlement based on “facts on the ground,” or the existing vast asymmetry in power that leave one side — the Palestinians — humiliated, excluded and unequal. They have been unjust; hence they have failed.
The path to justice and peace must take into account the particularities of Israel’s colonial reality. At its core, Israel’s oppression of the people of Palestine encompasses three major dimensions: denial of Palestinian refugee rights, including their right to return to their homes; military occupation of Gaza and the West Bank (including East Jerusalem), with massive colonization of the latter; and a system of racial discrimination against Palestinian citizens of Israel, partially resembling South African apartheid. A just peace would have to ethically and practically redress all three injustices as a minimal requirement of relative justice.
The latest political developments in Israel — particularly the last parliamentary elections, which brought to power a government with openly fascist tendencies and led to the criminal war on Lebanon and, most recently, the slow genocide against Gaza — have unequivocally exposed that an overwhelming majority in Israel stands fervently behind the state’s racist and colonial policies and its persistent breach of international law.
A solid majority, for instance, supports the daily war crimes committed by the army in Gaza, including cutting off energy supplies; the illegal apartheid Wall; the extra-judicial executions of Palestinian activists; the denial of Palestinian refugee rights; the preservation of the apartheid system against the indigenous Palestinian citizens of Israel; and the control over large parts of the occupied West Bank, particularly around Jerusalem, as well as Palestinian water aquifers. If this is the peace that most Israelis want, it clearly falls short of the minimal requirements of international law and fundamental human rights.
As a result of the failure of the international community in holding Israel to account, many people of conscience around the world started considering Palestinian civil society’s call for nonviolent resistance against Israel until it ends its three-tiered oppression of the Palestinian people. From the prominent Israeli historian, Ilan Pappe, to the Jewish minister in the South African government, Ronnie Kasrils, to Archbishop Desmond Tutu, an increasing number of influential international figures have drawn parallels between Israeli apartheid and its South African predecessor and, consequently, have advocated a South African-style treatment.
It is quite significant that former U.S. president Jimmy Carter and the former U.N. Special Rapporteur on human rights in the occupied Palestinian territory, Prof. John Dugard, while not endorsing boycott yet, have both accused Israel of practicing apartheid against the Palestinians. Given the time-honored U.N. resolutions designed to counter the crimes of apartheid, Dugard’s position should not be taken lightly. It may well be the first step — in a very long march — towards engaging the U.N. in identifying Israel as an apartheid state and adopting appropriate sanctions as a result.
As far back as 2001, in Durban, South Africa, despite the official West’s unwillingness to hold Israel to account, the NGO Forum of the U.N. World Conference Against Racism widely adopted the view that Israel’s special form of apartheid must be met with the same tools that brought down its South African predecessor. Many hope that “Durban 2” will build on this momentous achievement.
Soon after Durban, campaigns calling for divestment from companies supporting Israel’s occupation spread across American campuses. Across the Atlantic, particularly in the United Kingdom, calls for various forms of boycott against Israel started to be heard among intellectuals and trade unionists. These efforts intensified with the massive Israeli military reoccupation of Palestinian cities in the spring of 2002, with all the destruction and casualties it left behind, particularly in the atrocities against the Jenin refugee camp.
In 2005, a year after the ICJ’s ruling against Israel’s colonies and apartheid Wall, Palestinian civil society issued its call for boycott, divestment and sanctions, or BDS. More than 170 Palestinian civil society organizations and unions, including the main political parties, endorsed this call to make Israel comply with international law [1]. Twelve years after the dismal failure of the so-called “peace process” that was launched in 1993, Palestinian civil society started to reclaim the initiative, articulating Palestinian demands as part of the international struggle for justice long obscured by deceptive and entirely visionless “negotiations.” In a noteworthy precedent, the BDS call was issued by representatives of the three segments of the Palestinian people — the refugees, the Palestinian citizens of Israel and those under occupation. It also directly addressed conscientious Jewish-Israelis, inviting them to support its demands.
For more than a century, civil resistance has always been an authentic component of the Palestinian struggle against Zionism. Throughout modern Palestinian history, resistance to Zionist settler-colonialism mostly took nonviolent forms: mass demonstrations; grassroots mobilizations; labor strikes; boycotts of Zionist projects; and the often-ignored cultural resistance, in poetry, literature, music, theater and dance. The first Palestinian intifada (1987-1993) was a uniquely rich laboratory of civil resistance, whereby activists organized at the neighborhood level, promoting self-reliance and boycott, to various degrees, of Israeli goods as well as of the military authorities. In Beit Sahour, for instance, a famed tax revolt presented the Israeli occupation with one of its toughest challenges during the period. BDS must therefore be seen as rooted in a genuinely Palestinian culture of civil struggle, while its main inspiration today comes from the South African anti-apartheid struggle. It is this rich heritage that inspires the current pioneering grassroots resistance in Bil’in against the Wall.
In the last few years, many mainstream groups and institutions around the world have heeded Palestinian boycott calls and started to consider or actually apply diverse forms of effective pressure on Israel. These include the two largest British trade unions, UNISON and the Transport and General Workers Union (TGWU); the British University and College Union (UCU), which recently reaffirmed its pro-boycott stance; Aosdana, the Irish state-sponsored academy of artists; the Church of England; the Presbyterian Church USA; top British architects; the National Union of Journalists in the UK; the Congress of South African Trade Unions (COSATU); the World Council of Churches; the South African Council of Churches; the Canadian Union of Public Employees in Ontario and, more recently, the Canadian Union of Postal Workers as well as ASSE, the largest student association in Quebec; and dozens of celebrated authors, artists and intellectuals led by John Berger, among many others. Many European academics and cultural figures are shunning events held in Israel, practicing a “silent boycott.” Most recently, Jean-Luc Godard, the iconic filmmaker, cancelled his planned participation in a film festival in Tel Aviv after Palestinians had appealed to him. Before him, Bjork, Bono, the remaining Beatles, the Rolling Stones, among others, all opted not to perform in Israel, effectively boycotting the “Israel at 60” celebrations.
In November 2007, hundreds of Palestinian boycott activists, trade unionists, representatives of all major political parties, women’s unions, farmers’ associations, student groups and almost every sector of Palestinian civil society convened at the first BDS conference in the occupied Palestinian territory. A direct result of this effort was the recent establishment of the BDS National Committee, or BNC, to raise awareness about the boycott and lead its local manifestations as well as act as a unified reference for international BDS campaigns.
For cynics who still consider the above too little progress for the given timeframe, I can only reiterate what a South African comrade once told us. “The ANC issued its academic boycott call in the 1950s; the international community started to heed it almost three decades later! So you guys are doing much better than us.”
Today, in the face of intensifying Israeli war crimes, impunity, and total disregard of international law, international civil society is called upon to initiate or support whatever BDS campaigns that are deemed appropriate in every particular context and specific political circumstances to support Palestinian civil resistance. This is the most effective, the most morally and politically sound, form of solidarity with the Palestinians. In these exceptional circumstances of slow genocide, exceptional, ethically coherent measures are called for. This is the most reliable path to freedom, justice, equality and peace in Palestine and the entire region.
Comment ne pas approuver sans réserves cet article qui dit tout… ?!
Israël a fait un pacte avec la mort et je prie pour son repentir et sa rédemption. N’est-il pas dit qu’elle adviendra après la soixante-dixième semaine prophétique de Daniel ?
Amitié aux palestiniens, peuple martyr !
לכן שמעו דבר-יהוה אנשי לצון משלי העם הזה אשר בירושלם
כי אמרתם כרתנו ברית את-מות ועם-שאול עשינו חזה שיט
שוטף כי-עבר לא יבואנו כי שמנו כזב מחסנו ובשקר נסתרנו
« En vérité, écoutez la parole de l’Eternel, ô gens de raillerie, vous qui dominez sur le peuple de Jérusalem, vous qui dites. « Nous avons contracté une alliance avec la mort, conclu un pacte avec le Shéol, le séjour des morts, et quand le fleuve débordé passera, il ne nous atteindra pas, car nous avons la fausseté pour refuge et le mensonge pour abri » ! »
Boycott Israel, on doit tous s'y mettre au nom de l'injustice fait depuis 60ans.
Signons la pétition contre l'entrer d'Israel a l'UE, sur site. The international Solidarity Mouvement.
N'achetons plus les produits avec le code barre 729, tout les infos sur site. boycott produits venant d'Israel.
Il y a aucune obligation mais pour tout ceux qui prennent la cause des Palestiniens et comme la communauté international reste dans un silence pour non assistance d'un peuple en danger d'extermination, fessons entendre nos voix.
3. Posté par
chai'mah le 09/06/2008 15:09
...Boycotter ISRAEL ???
Cet appel qui me parait venir de l' Au-delà , est-il réalisable sur le terrain...???
C'est pareil à un naufragé qui jette une bouteille dans la mer , et là , je suis optimiste ,
mêmes les pays pétendus arabo-musulmans riront de cet appel "naîf " ... Hélas c'est la dure réalité d'une Communauté internationale complètement désengagée , faisant la sourde oreille à tous ce qui peut déranger les eaux stagnantes .
Y -a plus qu' à attendre un "Miracle" !!!
Bonne journée à tous
4. Posté par
Népios le 09/06/2008 16:15
Un miracle dans ce genre Chaï'mah ?
"C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Voici que je vais ériger dans Sion une pierre de fondation, une pierre éprouvée, une précieuse pierre angulaire, solidement fixée et quiconque la prendra pour appui n’en sera pas réduit à fuir hâtivement. Je ferai de la droiture une règle et de la justice un niveau ; et la grêle emportera le refuge de la fausseté, et les eaux inonderont l’abri du mensonge. Votre alliance avec la mort sera détruite ; votre pacte avec le séjour des morts ne subsistera pas ; quand le fléau débordé passera, vous serez par lui comme foulés aux pieds. Chaque fois qu’il passera, il vous saisira ; car il passera matin après matin, jour et nuit, et rien que d’en percevoir le bruit suffira à donner l’épouvante. Le lit sera trop court pour s’y étendre et la couverture trop étroite pour s’en envelopper. Car l’Eternel se lèvera comme à la montagne de Pératsim et il manifestera sa colère comme dans la vallée de Gabaon, pour faire son œuvre, inouïe est son oeuvre, pour exécuter son labeur, extraordinaire est son labeur. Maintenant, reprenez vous de vos moqueries, de peur que vos entraves ne se resserrent ; car pour l’avoir entendu prononcé par le Seigneur lui-même, l’Eternel-Tsabaoth des armées, je sais qu’un arrêt de destruction a été rendu contre tout le pays. »
Désolé d’insister en ce moment avec ma Bible, ce n'est pas que je sois subitement pris par un syndrome obsessionnel, mais je trouve que les temps ont des échos étonnamment prophétiques…et ce n'est pas les musulmans ou les juifs attentifs et scrupuleux qui me contrediront...
Fraternellement.
5. Posté par
Ambre le 09/06/2008 21:43
si au moins ils se convertissaient à autre chose, comme la plantation maraîchère, on en voudrait pas aux ex-juifs ! Mais non ! Ils nous crachent la face qu'ils sont faits pour nous asservir, nous guider pour devenir comme eux ces sales apprentis aristocrates ... Qu'on leur coupe la langue et les mains à tous le 14 juillet, en hommage à la raison du peuple, avec tous leurs potes voleurs "aristos" ! Voilà ce que souhaitent les damnés de la terre ; dans leurs rêves et les miens !
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