Politique Nationale/Internationale

IRAN : Chine et Russie ralliées à UE et USA ?


La Russie et la Chine seraient prêtes à retourner devant le Conseil de sécurité de l'Onu et à envisager des sanctions contre l'Iran, si ce dernier n'acceptait pas de suspendre l'enrichissement et de reprendre les négociations nucléaires, a affirmé mercredi un haut responsable américain.


Jeudi 1 Juin 2006


Par Elisabeth Studer



Ce dernier a invoqué ce consensus comme l'une des raisons ayant décidé les Etats-Unis à prendre une part directe aux négociations menées en vue d'obtenir de la République islamique les garanties qu'elle ne détournerait pas ses activités nucléaires civiles vers des fins militaires.


Les Etats-Unis sont prêts à se joindre aux pourparlers entre la "troïka" européenne (Allemagne, France et Grande-Bretagne) et l'Iran, a annoncé en effet mercredi à Washington la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice.



I – Russie et Chine se seraient ralliées aux positions occidentales



Selon un haut responsable américain, un consensus se serait formé autour de la proposition
d'envisager d'éventuelles sanctions contre l'Iran, si ce dernier n'acceptait pas de suspendre l'enrichissement et de reprendre les négociations nucléaires. La Russie et la Chine, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu ayant un droit de veto, s'opposaient jusqu'alors fermement à toute mesure coercitive.



Ce responsable a invoqué ce consensus comme l'une des raisons ayant décidé les Etats-Unis à prendre une part directe, sous conditions, aux négociations multilatérales pour obtenir de la République islamique les garanties qu'elle ne détournera pas ses activités nucléaires civiles pour produire la bombe atomique. Selon lui, Moscou et Pékin auraient accepté qu'en l'absence de suspension par l'Iran de ses activités d'enrichissement, de non-acceptation par Téhéran de l'offre de négociations ou de mauvaise foi de sa part dans les négociations, un retour devant le Conseil de sécurité soit envisagé, et qu'une résolution soit adoptée.



Lors de sa rencontre de jeudi à Vienne avec ses homologues membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu, et l'Allemagne, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice devrait finaliser un accord sur une liste de sanctions en vue de sélection éventuelle de l'une ou plusieurs d'entre elles.



II - Washington prêt à négocier avec l'Iran

Les Etats-Unis sont prêts à se joindre aux pourparlers entre la "troïka" européenne (Allemagne, France et Grande-Bretagne) et l'Iran, a annoncé mercredi à Washington la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice. "Pour souligner notre attachement au règlement diplomatique et augmenter les chances de succès, dès que l'Iran suspendra complètement et de façon vérifiable ses activités d'enrichissement et de retraitement, les Etats-Unis rejoindront leurs collègues de l'UE à la table des négociations et rencontreront les représentants iraniens", a-t-elle déclaré.

Mme Rice a également déclaré que les Etats-Unis reconnaissaient le droit de l'Iran au nucléaire civil, tout en spécifiant que Téhéran devrait à son tour démontrer à la communauté internationale son absence d'intention d'entrer en possession de l'arme nucléaire. La diplomate a espéré que l'engagement américain contribuerait à la promotion des pourparlers internationaux sur le dossier iranien, en aidant à créer un climat propice lors de ces négociations aussi bien qu'au Conseil de sécurité de l'ONU.

Mme Rice avait alors évité de répondre à la question de savoir si l'administration Bush avait obtenu l'accord préalable de la Russie et de la Chine pour des sanctions contre Téhéran dans le cas où le gouvernement iranien refuserait de se plier aux exigences de la communauté internationale.

III - L'Europe doit reconnaître la réalité nucléaire de l'Iran

"Les Européens doivent accepter la réalité et l'irreversibilité" des activités nucléaires iraniennes, a déclaré Mohammad Saïdi, vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. "Si les Européens ne tiennent pas compte des progrès nucléaires de l'Iran, ils auront des problèmes par la suite", affirmé le responsable iranien. "Il est possible d'arriver à un compromis s'ils font des propositions logiques et rationnelles". A la question de savoir si l'Iran acceptait de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, M. Saïdi a répondu que les Iraniens ne permettraient pas la suspension des activités de recherche en matière d'enrichissement même pour une courte durée.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a déclaré mardi que l'Iran était prêt à reprendre les discussions avec l'UE3 (Grande-Bretagne, France, Allemagne), rompues depuis août 2005, sans condition préalable.

IV – Le pétrole en repli suite aux propos de C.Rice

Les prix du brut ont baissé mercredi, suite à l'annonce faite par les Etats-Unis selon laquelle Washington serait prêt à discuter directement avec l'Iran pour la première fois depuis 26 ans, ouvrant ainsi la voie à une solution pacifique à la crise nucléaire.

A New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en juillet a baissé de 74 cents à 71,29 dollars. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a perdu 64 cents à 70,41 dollars. Les cours du brut avaient d'abord nettement baissé - jusqu'à 70,05 dollars - après l'annonce de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice. En effet, si l'Iran accepte le marché, les tensions devraient s'apaiser, conduisant les prix du pétrole à la baisse. Cependant, en case de refus de Téhéran "la voie vers les tensions et la guerre semble ouverte", selon certains analystes. La prudence restait donc de mise et les prix ne sont pas parvenus à descendre sous la barre des 70 dollars.

La crainte d'une escalade de la crise, qui risquerait de réduire les exportations iraniennes, estimées à 2,7 millions de barils par jour, contribue à faire monter les cours depuis le début de l'année. Par ailleurs, les prévisions d'un maintien de la production de l'Opep jeudi à Caracas ont également pesé sur les cours mercredi, même si le Venezuela, 5ème exportateur mondial et défenseur de prix élevés, a indiqué qu'il s'abstiendrait cette fois de réclamer une baisse de production, tout en estimant "possible" qu'elle intervienne "d'ici septembre". Après celle de jeudi, la prochaine réunion ordinaire du cartel est prévue le 11 septembre (date oh combien symbolique ! ) à Vienne, les ministres ne prévoyant pas pour l'instant de se réunir aupravant.

En outre, le marché anticipait une hausse des stocks d'essence américains pour la 5ème semaine consécutive, dans le rapport qui sera publié jeudi, décalé d'un jour, lundi dernier étant férié aux Etats-Unis. Les analystes tablent sur une augmentation de 1,2 million de barils de ces stocks, qui ont déjà progressé de 8 millions de barils en un mois, éloignant le risque de pénurie cet été.

http://www.leblogfinance.com/2006/06/iran_chine_et_r.html http://www.leblogfinance.com/2006/06/iran_chine_et_r.html



Jeudi 1 Juin 2006

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires