Croyances et société

Hey now


Vocabulaire :
Enna : l'Un, l'Absolu de la métaphysique grecque idéaliste.
Sophia : la sagesse.
Ensof : l'Absolu de la métaphysique de la kabbale (provient sans doute de la contraction de Enna Sophia).
Brahman : l’Absolu des métaphysiques indiennes.
Kelipa, pluriel kelipoth : vase en hébreu.
Sephira, pluriel sephiroth : émanation de Dieu dans la kabbale.


P Goudron
Dimanche 4 Mars 2018

L'orphisme, le pythagorisme, le platonisme, le néoplatonisme, les gnoses monistes, l'hermétisme, la kabbale juive, la kabbale chrétienne, le brahmanisme ont quasiment la même structure métaphysique. Tout procède de l'Absolu, l'Un pour les Grecs, l’Ensof pour les kabbalistes juifs, le Brahman pour les hindouistes. Les êtres, objets, choses du monde existent parce que la matière, souvent considérée comme informe et mauvaise en soi, ou l'illusion retiennent prisonnières des parcelles de la divinité, de l'Absolu, de l'Un. Ces parcelles de l'Un confèrent à la matière ou à l'illusion les formes que l'on observe dans le monde. Le but de l'initié est le retour de l'âme, parcelle séparée de sa patrie divine, dans l'Un en s’échappant de l’illusion ou de la matière mauvaise qui la retiennent captive. Les orphiques ou les kabbalistes décrivent cette sortie de la prison matérielle comme la brisure des vases ou des kelipoth. Les gnostiques parlent de sortir du corps et de la vie terrestre. Quand on prend de la hauteur comme Plotin, l’esprit perçoit un double mouvement :
- l'éternelle procession à partir de l'Un (la sortie des étincelles de l'Un qui organisent le Tout, le monde),
- le retour à l'Un.
Ces deux mouvements se suivent éternellement, constituant ce que les anciens appelaient les cycles de l'éternel retour.

La bonne conscience athée, intolérante et orgueilleuse qui tient la France s’indigne, souvent avec rage, de ces descriptions d'un autre temps que les lumières de la raison ont définitivement rejetées dans l'oubli.

Dans l'oubli ? Vraiment ? Cette métaphysique est plus vivante que jamais, c'est celle de nos maîtres. Pendant que les petits athées hystériques s’époumonent contre les ténèbres obscurantistes des religions classiques, nos maîtres kabbalistes et hermétistes nous mènent à marche forcée vers l’âge d'or d’un monde nouveau. Dans leur esprit ce monde nouveau passe par la destruction sacrificielle de ce qu’ils nomment l’ancien monde, le monde chrétien. Les vases orphiques seront brisés, les kelipoth kabbalistiques seront rompus et dans cet achèvement du Kali Yuga, dans ce Ragnarök les étincelles divines retourneront à l'Un et un nouveau cycle de procession commencera avec l’âge d’or d’un monde nouveau qui progressivement se dégradera...

Impossible, diront les athées, nous sommes trop malins, trop intelligents pour nous laisser berner ! Et bien non, les athées sont bêtes, paumés, ignorants et se font mener à l'abattoir sans le savoir. Ils se feront avoir jusqu’au trognon.

Voici une belle chanson pour les consoler : Hey Now de London Grammar. Le visuel est aussi intéressant que la musique est belle :

https://www.youtube.com/watch?v=nMEHJPuggHQ

Difficile de comprendre le sens de cette vidéo, n’est-ce pas ? Et pourtant sans nous en rendre compte nous avons assisté à la brisure des vases orphiques, au Ragnarök, à la rupture des kelipoth ! Un cycle entier est passé sous nos yeux endormis. Les étincelles se sont échappées de la matière en la brisant : fragmentation rituelle des pierres, formant des cromlechs. Les étincelles ont commencé à converger les unes vers les autres. A un moment elles forment deux entités primordiales qui génèrent des formes abstraites et géométriques. Puis ces deux entités fusionnent dans l'Un avant de se séparer à nouveau en parcelles qui seront capturées par la matière ! Notons la forme en drapeau européen des parcelles avant leur enfouissement. L’UE est la structure du monde nouveau !

Délire interprétatif ? Le titre de la chanson, Hey now, Enna, l'Un, prouve qu'à Londres c'est l'hermétisme des Goyim, tout droit venu des Grecs, qui tient le haut du pavé, pas la kabbale juive ! La chanson évoque une union, sans doute quelque pratique de magie sexuelle très prisée d'un individu comme Aleister Crowley, sataniste britannique des XIXe et XXe siècles très influent parmi la high society londonienne. Souvenons-nous qu'il existait une gnose licencieuse, en particulier chez les Carpocratiens et selon certains chez les Cathares également. On la retrouve mille ans après les Carpocratiens et plusieurs siècles après les Cathares chez les juifs messianistes sous la forme de la rédemption par le péché. Cette rédemption par le péché était assidûment pratiquée par les frankistes sous la forme de partouzes !

Les arbres de la forêt pourraient symboliser l'arbre des sephiroth de la kabbale.

On retrouve le même thème gnostique, kabbaliste et hermétiste dans cette vidéo publicitaire faite pour les parfums Dior par un italo-français, Jean-Baptiste Mondino, très prisé des vedettes et des acteurs et inspiré semble-t-il par un photographe juif du début du XXe siècle :

http://www.dailymotion.com/video/x25d0pg

La même musique Enna, Hey now ! La vidéo est tournée en partie dans la galerie des glaces de Versailles où marche cette superbe jeune femme. La coupole d'où tombe le long ruban est celle de la chapelle des Invalides. Le même architecte, Jules Hardoin-Mansart, a réalisé pour Louis XIV ces merveilles de l'architecture classique française.

La voix off dit : « The past can be beautifull ». On est dans l'univers mental anglais, pas dans celui de la France athée. Le passé dont il est question ici, le beau passé, est celui de la France à son apogée, la France de Louis XIV.

« A memory, a dream, but it's no place to live » dit la voix off tandis que la chanteuse entame l'hymne sublime de l’Ensof. Et vous le voyez cet Absolu, au sommet de la coupole, à la place qui revient au Dieu des chrétiens, c'est cet oeil éclatant.

« And now is the time ». The time for what ? Pour la brisure des vases orphiques ou des kelipoth, symbolisée par le rejet du voile dans la galerie, des chaussures en bas du ruban et l'arrachement des perles qui tombent en cascade et répondent aux pierres qui éclatent dans la précédente vidéo.

On comprend que la très belle femme représente une parcelle issue de l'Absolu et que libérée de ses kelipoth elle remonte vers l'Un, vers l'Enna, vers l'Ensof, vers le Brahman !

« The only way out is up ». Et là survient le coup de théâtre : elle traverse l'Un et ressort immédiatement de l'autre côté de la coupole, arrondi comme un ventre de femme en gestation. Et on comprend que le ruban est aussi un cordon ombilical, que l'ascension est aussi naissance dans un nouveau monde, un monde doré, l'âge d'or, l'âge Dior !

Bien sûr pour cette belle femme l'ascension-naissance a été rapide, élégante et sans douleur. Mais les juifs kabbalistes comparent les souffrances qui préludent à l'âge messianique aux douleurs de l'enfantement. Car pour nous, nous la racaille, nous les kelipoth qui nous opposons à la libération des parcelles de la divinité, ça va saigner !

« It's not heaven, it's a new world ». Ce n'est ni le Royaume de Dieu de Jésus, ni l'Ensof des kabbalistes, c'est une nouvelle et immédiate procession qui produit le monde de demain, le Krita Yuga, l'âge d'or.

Ce clip publicitaire nous propose de sacrifier au sens religieux l'ancien monde, la grandeur de la France catholique et la France elle-même qui ne peut être que catholique pour permettre la naissance d’un monde nouveau dans lequel le catholicisme qui appartenait à l’ancien monde ne sera plus.

Et le clip s’achève sur ces mots : « The future is gold, j'adore, Di'or ». Di’or ou le nouveau veau d’or !

Ces clips s’adressent aux initiés capables de les comprendre pour les prévenir que les temps sont mûrs, que la bascule entre l’ancien et le nouveau monde approche et que tous ceux qui s’y opposeront, ces kelipoth qui retiennent les étincelles qui désirent effectuer leur ascension, devront être détruits.


Dimanche 4 Mars 2018


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