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Hayfa Zanka : Qui signera l’arrêt de mort des femmes innocentes condamnées à la peine capitale ?


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Mercredi 21 Février 2007

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Hayfa Zanka : Qui signera l’arrêt de mort des femmes innocentes condamnées à la peine capitale ?
17/02/07

Le gouvernement irakien fantoche prépare un cadeau d’un genre très spécial, aux femmes irakiennes, arabes et musulmanes, à l’occasion de la fête internationale de la femme, prévue chaque année le 8 mars. C’est un cadeau qui correspond très bien à la nature d’un gouvernement qui a réussi à allier confessionnalisme, corruption et défense acharnée de l’occupant. Le cadeau consiste en un bouquet de 4 têtes de femmes, condamnées à mort et qui seront exécutées au cours du mois de mars.
Il convient de rappeler que le gouvernement allié de l’occupant a exécuté 65 irakiens au cours de l’année dernière, pour des charges allant du vol, à l’enlèvement et au terrorisme. Ces exécutions ont eu lieu dans toutes les régions d’Irak, de Mossoul et Irbil au nord, à Bassora au sud. Les chiffres indiqués sont ceux rendus publics par le gouvernement fantoche qui prétend avoir organisé des procès, ce dont doutent les journalistes et les diplomates encore en poste en Irak. En fait il n’y a aucune statistique des exécutions sommaires, faites dans le secret, ni des charges retenues contre les accusés et encore moins des conditions dans lesquelles elles se sont faites.
Après toutes les tragédies qu’ils ont connues au cours des dernières décennies, les irakiens aspiraient à ne plus entendre parler d’exécution d’un seul de leurs concitoyens. Ils s’attendaient même à l’abolition définitive de la peine de mort, afin de se prémunir contre toute condamnation hâtive irréparable, surtout dans les crimes politiques et aussi pour rompre avec la culture de la vengeance, destructrice de toutes les valeurs de la civilisation.
Le nouveau régime et ses gouvernements successifs ont vidé l’islam de tout contenu et l’ont réduit à « un turban et une soutane » et ses membres, intarissables sur l’arbitraire, les exécutions sommaires et les violations des droits de l’homme sous l’ancien régime et inconsolables quand il s’agit de leurs calvaires personnels, prononcent sans la moindre pudeur des peines de mort dans des parodies de justice,sur la base d’aveux extorqués sous la torture, les mauvais traitements, les menaces et les humiliations ;aveux souvent publics,en direct à la télévision, ce que les irakiens ont espéré ne jamais revoir.
Le message est clair : faire comprendre à tout irakien qui refuse l’injustice, qu’il n’a qu’à courber l’échine s’il ne veut subir un sort pareil et perdre le droit à la vie. C’est la démocratie de la vengeance, de ceux qui se lamentent durant des décennies sur les injustices qu’ils ont subies en tant que victimes et qui reviennent pour se venger des leurs. La démocratie de l’ancienne victime qui se transforme en bourreau à la première occasion.

Pourquoi exécuter la femme irakienne ?

Amnesty International dont tout le monde connaît le sérieux et la minutie de son travail ainsi que la crédibilité de ses appels et de ses actions, a publié une « action » le 8 février, appelant les gens à écrire en urgence au président irakien Jalel Talabani et à l’un des 3 vice-présidents, pour réclamer l’amnistie de 4 femmes risquant d’être exécutées au mois de mars prochain. Ces femmes sont : Samar Saad Abdallah, 25 ans, accusée d’avoir participé au meurtre de proches, Liqa Omar Muhammad, 25 ans, accusée d’avoir participé à un enlèvement et, Wassan Taleb, 31 ans et Zainab Fadhel, 25 ans, accusées d’avoir participé au meurtre de policiers. Tout un chacun estimerait que ces femmes ayant commis des crimes graves, méritent bien leur sort.
Amnesty International émet des doutes sérieux sur l’équité des sentences et ce pour de nombreuses raisons. Ainsi pour Samar, A.I. observe que le sort de son fiancé et coaccusé dans cette affaire demeure inconnu, l’accusation est très floue, ajoutant que le pourvoi en cassation a été refusé ce qui l’expose à une exécution imminente. A.I. n’a pu obtenir d’amples informations sur les charges retenues contre Liqa Omar, détenue en même temps que son mari et coaccusé. Liqa est détenue en même temps que sa fille, née en prison et âgée d’une année.
Wassan Taleb et Zainab Fadhel, condamnées toutes les deux à la peine capitale par la cour criminelle le 31 août 2006, pour le meurtre de membres des forces de sécurité irakiennes à la cité de l’Euphrate, avaient démenti toute implication dans cette affaire. Zainab qui est aussi en prison avec sa fille de 3 ans, assure qu’elle était en dehors du pays au moment des faits.

Il me faut expliquer les raisons pour lesquelles je suis contre la peine de mort d’une façon générale et surtout quand elle vise les femmes. Je cite un communiqué du « Comité de la Volonté de la femme », membre du Congrès constitutif national irakien contre l’occupation », sous le titre : Non à la peine de mort et notamment contre la femme : « le Comité de la Volonté de la femme soutient la légitimité de la résistance contre l’illégitimité de l’occupation, et refuse catégoriquement tout acte de violence visant les civils, qu’il soit le fait d’un Etat, d’une milice ou de tout autre groupe armé de toute obédience ».
Le droit à la vie est un droit sacralisé par toutes les religions. Celles-ci ont fait du pardon, notamment quand la victime est à même d’obtenir réparation et de se venger, une vertu et une valeur humaine. Notre Comité soutient tous les efforts visant à abolir la peine de mort… ».
C’est de cette vision philosophique des droits de la femme que notre Comité a adoptée et qu’il entend approfondir que nous refusons la peine de mort et que nous la refusons davantage pour la femme parce qu’elle est la matrice de la vie et qu’elle a pour mission de la préserver et de la garantie pour l’éternité.
Il est donc absolument nécessaire pour nos sages d’admettre que la violence ne peut que conduire à la violence et que, par contre, le respect de la vie humaine, de sa dignité et de sa liberté ainsi que le respect de l’indépendance des peuples et de leur droit à l’autodétermination, sont les garants de la paix sociale dans notre pays et dans le monde.
Les condamnations à mort prononcées en Irak suscitent le mépris parce qu’elles sont le fait d’autorités responsables, avec une occupation illégale et non soumise au droit irakien, du plus grand nombre et des pires crimes commis dans le pays. Les autorités d’occupation échappent même à la punition quelque soient les crimes et les massacres qu’elles commettent en Irak. Les autorités irakiennes sont celles là même qui insistent pour le maintien des troupes d’occupation dans notre pays avec toutes leurs armes, leurs équipements lourds, leurs violations des droits humains et leur pillage des biens que seul dépasse celui du gouvernement.

Et alors que le devoir du gouvernement de ce nouvel Irak est d’agir pour se laver du sang des innocents, le voici qu’il est en passe de commettre un nouveau genre de crime en essayant de faire croire qu’il fait respecter la loi et défend le citoyen.
Ce gouvernement sait pertinemment qu’il assume l’entière responsabilité d’avoir vidé le pays de ses compétences et d’avoir réduit les fiers citoyens à quémander l’assistance et la charité de pays qui leur ferment leurs portes.
Au moment où les organisations humanitaires internationales réclament de la communauté internationale d’apporter son aide aux deux millions d’irakiens déplacés dans leur pays et aux deux autres millions contraints de le quitter, le gouvernement Maliki tente de camoufler son échec et sa compromission dans les crimes commis contre les enfants, les femmes et les vieillards, par les arrestations massives et l’exécution du plan Bush. C’est ce qu’il essaie de faire aussi en exécutant les quatre condamnées à mort. Mais sait-on qui signera leur arrêt de mort ? Saura-t-on jamais qui avait signé l’arrêt de mort dans les centaines de sentences de mort prononcées ces dernières années ?
Nous savons tous par contre, que les fantômes des morts, les cris et les lamentations des suppliciés et les drames de leurs familles pourchasseront à jamais les responsables*.
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Traduit de l’arabe par Ahmed Manai : www.tunisitri.net/
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* Ce bref rappel historique :
Un officiel étasunien confirme que Allawi avait abattu six personnes
21-04-2005
Sydney Morning Herald
Un ancien ministre du gouvernement jordanien a déclaré au New Yorker qu’un officiel étasunien lui avait confirmé que l’année dernière, dans un commissariat de police de Bagdad, le Premier ministre par intérim, Iyad Allawi, avait exécuté six détenus suspectés d’être des insurgés.
Cette affirmation est contenue dans un article de fond sur le profil du Dr Allawi, dans le numéro de cette semaine de ce magazine, par un journaliste étasunien, Jon Lee Anderson auteur de la Chute de Bagdad (The Fall of Baghdad) et correspondant régulier du New Yorker.
En écrivant sur ses recherches en Jordanie en décembre, Anderson évoque : « Un ministre du gouvernement bien connu m’a dit qu’un officiel étasunien avait confirmé que les meurtres ont eu lieu, en ajoutant : « Dans quel pétrin sommes-nous tombés ; - nous nous sommes débarrassés d’un fils de chien, seulement pour nous retrouver avec un autre ».
Le New Yorker a aussi révélé que Anderson était présent lors de l’interview fin juin, conduit par le correspondant en chef du Herald, Paul McGeough avec un homme qui avait affirmé avoir été présent lors des meurtres commis par le Dr Allawi.
Le Dr Allawi a nié ces allégations quand elles ont été publiées dans le Herald en juillet dernier.
Andeson écrit : « L’homme... a décrit comment Allawi a été amené auprès des sept détenus. Ils étaient contraints de se tenir contre un mur, leurs visages couverts, dans une cour du commissariat. Après que Allawi ait été informé des crimes qu’ils étaient supposés avoir commis, il a demandé un pistolet avec lequel il fit feu à la tête de chaque prisonnier. (Un de ses prisonniers a survécu). Par la suite déclara le témoin, Allawi avait déclaré aux présents, « Voilà comment nous devons traiter les terroristes ». Le témoin en question a dit qu’il approuvait ce que Allawi avait fait, en ajoutant que de toutes les façons après avoir été torturés pendant plusieurs jours, il était mieux pour eux qu’ils soient morts.
Sydney Morning Herald [Traduit par Alexandre MOUMBARIS]
L’article du New Yorker (en Anglais)



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