Palestine occupée

Hamas met en garde Israël contre une nouvelle aventure


Les médias libanais et arabes ont suivi avec un grand intérêt les vastes manœuvres lancées par Israël dimanche et que le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a inaugurées par les mots : « La guerre a commencé ». Les contacts interarabes, particulièrement tendues sur fond de crise libanaise, ainsi que les préparatifs du président de la Chambre, Nabih Berry, pour relancer le dialogue interlibanais, ont également bénéficié d’une généreuse couverture médiatique.


Mardi 8 Avril 2008

Tendances et événements au Proche-Orient

Hamas met en garde Israël contre une nouvelle aventure

Le débat interne se poursuit en Israël au sujet de l’impasse de Gaza. Les tenants des deux courants au sein des think tank et des médias influents continuent d’avancer leurs arguments : ceux qui appellent au dialogue direct avec le Mouvement de la Résistance palestinienne (Hamas) et au soutien des efforts visant à former un gouvernement d’union nationale entre les Palestiniens, capable de conclure un accord viable avec Israël ; et ceux qui plaident pour une invasion terrestre totale de la Bande de Gaza, quel que soit le prix à payer, dans le but d’éradiquer les mouvements de résistance qui constituent, à leurs yeux, une menace pour l’existence même de l’État hébreu.
La direction du Hamas a fait état d’un plan visant à assassiner, dans les jours qui viennent, plusieurs de ses plus hauts dirigeants, comme prélude à une vaste opération militaire. Le Hamas a annoncé que ses forces et celles des autres mouvements de résistance ont été mises en état d’alerte pour faire face à toutes les éventualités, y compris celle d’une invasion totale. Des sources dirigeantes palestiniennes affirment que le principal problème réside dans les agissements de l’Autorité palestinienne, déterminée à exécuter toutes les demandes et les conditions israélo-US. L’Autorité cherche constamment à prouver « ses bonnes intentions » envers Israël, en poursuivant la coopération sécuritaire et politique avec lui, sans aucune contrepartie, en dépit de la poursuite des agressions contre les Territoires palestiniens. L’Autorité refuse la main tendue par le Hamas et préfère poursuivre les « négociations » avec l’État hébreu, tandis que les États-Unis s’activent à torpiller toutes les initiatives de dialogue inter-palestinien, la dernière en date étant celle proposée par le président yéménite, Ali Abdallah Saleh.
Selon les analystes, Israël et Washington seraient tentés, une nouvelle fois, de modifier radicalement les rapports de force en Palestine afin de déblayer le terrain pour la signature d’une déclaration de principe entre Mahmoud Abbas et Ehud Olmert, le 15 mai au plus tard. Cette date coïncide avec les cérémonies qui seront organisées en grande pompe pour célébrer le 60ème anniversaire de la création d’Israël.
Les mêmes sources palestiniennes sont catégoriques : la prochaine offensive israélienne sera marquée par un échec, comme la précédente, et ne fera qu’aggraver les difficultés de l’État hébreu.

Presse et agences internationales

• Au moins 20 personnes, dont des femmes et des enfants, sont morts dans les combats à Sadr City, bastion du mouvement sadriste. Plus de 50 personnes ont été blessées et hospitalisées. Des hélicoptères Apache ont ouvert le feu à plusieurs reprises vers des objectifs au sol. Le secteur a été bouclé par l’armée US, alors que la circulation automobile reste interdite dans tout Sadr City, ceinturé par les cordons de sécurité des forces irakiennes qui participent aux combats. Ces violences surviennent à deux jours d’auditions très attendues au Sénat de l’ambassadeur états-unien à Bagdad, Ryan Crocker, et du commandant en chef des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, qui doivent fournir une évaluation de la situation dans le pays, et sans doute annoncer une pause dans le retrait des GI’s annoncé en septembre dernier. Elles ont éclaté après une semaine de calme relatif dans le bras de fer entre le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki et le mouvement sadriste hostile à la présence des troupes US en Irak et qui a appelé à une manifestation massive le 9 avril à Bagdad.

• Des hommes armés non identifiés circulant en voiture ont ouvert le feu sur Yousef Adel, prêtre de l’Église syriaque-orthodoxe, qui sortait de son domicile dans le quartier central de Karrada. Le prêtre qui officiait dans la paroisse Saint-Pierre de ce même quartier est mort sur le coup. Les chrétiens d’Irak sont régulièrement les cibles de violences, enlèvements, meurtres et attentats à la bombe contre des églises.

• Le contrat de la société privée de sécurité Blackwater portant sur la protection des diplomates états-uniens à Bagdad sera prolongé d’un an tandis que le FBI enquête sur un incident au cours duquel des gardes de Blackwater sont accusés d’avoir tué 17 Irakiens, a annoncé vendredi le département d’État américain.

• L’émir du Koweït Sabah el-Ahmad el-Sabah a rencontré à Riyad, le roi saoudien Abdallah ben Abdelaziz. Les deux chefs d’État se sont notamment penchés le dossier nucléaire iranien, la crise libanaise, l’initiative de paix adoptée par la Ligue et les relations interarabes. Le Koweït mène une médiation entre l’Arabie saoudite et la Syrie, pour faciliter le dénouement de la crise libanaise. L’émir du Koweït avait pris part au sommet arabe de Damas, boycotté par le roi d’Arabie.

• Le soldat israélien Gilad Shalit, capturé par des résistants palestiniens près de la bande de Gaza en juin 2006, ne sera relâché qu’après la libération de 350 prisonniers palestiniens, a affirmé un haut dirigeant du groupe islamiste dans la presse. « Sinon, il restera avec nous et nous négocierons ses os », a ajouté le numéro deux du bureau politique de ce mouvement Moussa Abou Marzouk. Le 31 mars, Khaled Mechaal, chef en exil du mouvement islamiste palestinien, avait indiqué sur la chaîne britannique Skynews que Gilad Shalit était toujours en vie et bien traité.

ITAR-TASS (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
Dans la déclaration commune publiée à l’issue de la rencontre Bush-Poutine à Sotchi, les deux grands demandent à nouveau à l’Iran d’appliquer les résolutions pertinentes de l’ONU en cessant toute activité d’enrichissement d’uranium. Plus loin, le texte indique que les deux parties se félicitent de l’accord survenu entre la Russie et l’Iran pour fournir du combustible nucléaire à la centrale de Bushehr et développer l’industrie nucléaire civile iranienne. _[Cette déclaration marque un fort recul des États-Unis qui semblent désormais se satisfaire des garanties russes et se dirigent ainsi vers une sortie de crise honorable. Ndlr.]

RIA-NOVOSTI (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
À l’issue de sa rencontre à Sotchi avec son homologue états-unien, le président russe Vladimir Poutine a fait état d’un point de convergence et de nombreux désaccords. Comme convenu lors du sommet de Kennebunkport, l’an dernier, les deux grands vont négocier un nouveau traité de réduction des arsenaux stratégiques nucléaires visant à prendre le relai du dispositif Start, expirant en 2009. Par contre, ils ne sont pas parvenus à rapprocher leurs positions en ce qui concerne le bouclier antimissile et l’évolution de l’OTAN. La Russie considère que le « bouclier » n’est pas une arme défensive face à d’éventuelles menaces coréenne ou iranienne, mais offensive tournée contre elle. Elle propose donc de créer un bouclier global qui serait géré de manière démocratique par toutes les parties prenantes. Cette proposition n’a pas été formellement rejetée par M. Bush, mais renvoyée à des études ultérieures. Au demeurant, elle n’est pas prioritaire pour M. Poutine qui estime la technologie états-unienne insuffisante pour représenter un danger immédiat. L’affrontement à propos de l’OTAN est beaucoup plus dur. Le président russe a dénoncé « une politique enracinée dans la logique d’un autre âge selon laquelle la Russie était perçue comme une ennemie ». Il a invité son homologue à assainir ses relations avec Moscou plutôt qu’à poursuivre une stratégie d’encerclement.

AFP (AGENCE DE RPESSE FRANÇAISE)
Les nationaux-bolcheviques russes (extrême gauche) menés par l’écrivain Edouard Limonov vont se joindre aux démocrates pour créer un « Parlement » alternatif dont la première réunion doit avoir lieu à Moscou le 17 mai, a indiqué hier un militant Alexandre Averine. « Nous allons participer à l’Assemblée nationale, un Parlement alternatif qui sera composé comme la Douma de 450 sièges, mais où il y aura de véritables débats », a expliqué M. Averine joint au téléphone à l’issue d’une conférence de la gauche à Moscou et au lendemain de celle des démocrates à Saint-Pétersbourg. « Une coalition avec les partis bourgeois démocratiques sera une union tactique et pas idéologique. Cela ne signifie pas le changement de slogans et d’objectifs de l’opposition de gauche », a souligné M. Limonov, cité par l’agence Interfax.

LIBERATION (QUOTIDIEN FRANÇAIS, GROUPE ROTHSCHILD)
Le Conseil du commandement des talibans a déclaré samedi que « durant sa campagne électorale, [Nicolas Sarkozy] a promis de se concentrer sur le retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Maintenant il semble avoir oublié sa promesse. » Le mouvement fondamentaliste avait relâché deux humanitaires français, Céline Cordelier et Eric Damfreville, après les déclarations de Sarkozy du 26 avril 2007 où il expliquait que « la présence à long terme des troupes françaises [en Afghanistan] » ne lui semblait « pas décisive ». Aujourd’hui, le président français prévoit d’envoyer 700 hommes supplémentaires au combat.

LE MONDE (QUOTIDIEN FRANÇAIS, GROUPE LAGARDERE)
Le président déchu d’Anjouan, Mohamed Bacar, et 21 de ses hommes s’étaient enfuis à Mayotte lors de l’arrivée des troupes de l’Union des Comores et de l’Union africaine. Ils ont été transférés à La Réunion deux jours plus tard et placés sous le coup d’un arrêté d’expulsion « vers un pays où ils seraient légitimement admissibles ». Le tribunal administratif a confirmé hier cet arrêté, mais il ne peut être mis en application tant que l’Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) n’a pas statué sur leur demande d’asile.

LE TEMPS (QUOTIDIEN SUISSE)
Pour la première fois dans l’histoire de l’ONU, les pays membres vont être examinés chacun à son tour sur le respect des droits humains chez eux. La session inaugurale de cet examen périodique universel (UPR), la grande nouveauté du Conseil des droits de l’homme, démarre ce lundi à Genève. Durant deux semaines, seize délégations - Bahreïn, Equateur, Tunisie, Maroc, Indonésie, Finlande, Royaume-Uni, Inde, Brésil, Philippines, Algérie, Pologne, Pays-Bas, Afrique du Sud, République tchèque et Argentine - vont être passées au peigne fin par les 47 membres du Conseil. Une troïka composée de diplomates de trois pays tirés au sort est chargée de faciliter chaque examen et d’établir le rapport sur le pays examiné. Cependant, les règles de ce difficile exercice restent à préciser. Les pays africains, arabes et l’Organisation de la conférence islamique craignent que certains soient plus égaux que d’autres et que les grands pays échappent une fois de plus à toute question. Bahrein, qui sera le premier État à plancher, a déplacé une forte délégation de 27 membres, dont plusieurs ministres. Mais, il a obtenu que les ONG d’opposition ne puissent pas être auditionnées par la troïka chargée de l’examiner.

LA LIBRE BELGIQUE (QUOTIDIEN BELGE)
L’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder lui-même serait à l’origine de la formation de policiers libyens par des commandos spéciaux allemands. Il l’aurait promis directement à Kadhafi en compensation pour l’aide que la Libye avait accordée à l’Allemagne dans l’enlèvement de la famille Wallert par des insurgés islamistes aux Philippines en 2000. La trentaine de policiers d’élite, membres de commandos d’intervention spéciale SEK de la police, ont, certes, agi à l’insu de leurs supérieurs des Länder, mais d’après plusieurs sources, citées dimanche, les autorités berlinoises auraient été au courant de leurs agissements. Selon Bild am Sonntag, le chancelier aurait discuté deux fois avec le dirigeant libyen de la contrepartie allemande exigée pour son aide, d’abord, lors d’une rencontre secrète au Caire en 2003 et, ensuite, à l’occasion d’une visite officielle de Schröder à Tripoli en octobre 2004. Le Berliner Zeitung a écrit dimanche de son côté que le service d’espionnage BND aurait accompagné et soutenu la formation de 120 policiers libyens entre décembre 2005 et juin 2006, époque où Angela Merkel était déjà chancelière.Le syndicat allemand de la police rappelle qu’en mai 2006 seulement la Libye a été rayée de la liste des États accusés de soutenir le terrorisme international.

THE FINANCIAL TIMES (QUOTIDIEN ECONOMIQUE BRITANNIQUE)
Dominique Strauss-Kahn, le directeur du Fonds monétaire international, a mis en garde contre l’idée fausse selon laquelle la crise financière actuelle serait uniquement états-unienne. Elle est, selon lui, globale et requiert un interventionnisme coordonné des États développés.

THE SUNDAY TIMES (HEBDOMADAIRE BRITANNIQUE, GROUPE MURDOCH)
Dans un entretien à la psychothérapeute Pamela Connoly, qui sera prochainement diffusé par la chaîne de télévision More4 à l’occasion de la sortie de son dernier roman, l’écrivain Salman Rushdie avoue que son prétendu retour à l’islam était une déclaration de circonstance pour faire baisser la pression dont il faisait l’objet.

THE GLOBE AND MAIL (QUOTIDIEN CANADIEN)
Dans une conférence à la presse étrangère, l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que s’il revenait au pouvoir —hypothèse que confirment tous les sondages—, il poursuivrait l’occupation de 41 ans de Jérusalem et de la Cisjordanie. Il a qualifié de processus d’Annapolis de vain et a estimé qu’il ne conduirait pas à la paix. Enfin, il s’est prononcé pour l’abandon des négociations globales de paix avec l’Autorité palestinienne et le recentrage sur des objectifs tangibles, notamment en matière de développement économique.

THE AUSTRALIAN (QUOTIDIEN AUSTRALIEN, GROUPE MURDOCH)
Des déclarations au vitriol d’Asif Ali Zardari (le veuf de Benazir Bhutto) ont donné l’impression d’un accord secret entre lui et le président Musharraf. M. Zardari a reproché aux juges de la Cour suprême de ne pas être venus à son secours lorsqu’il était poursuivi pour corruption. Il a laissé entendre qu’il n’était pas favorable à leur réinstallation. Simultanément, un de ses proches, le ministre de la Défense Ahmed Mukhtar, a souhaité que le nouveau gouvernement travaille avec Musharraf au lieu de le combattre. Devant l’ampleur des réactions, le service de presse du gouvernement a joint les rédactions de la presse pakistanaise pour les enjoindre de ne pas rendre compte de cette polémique.

THE TIMES OF INDIA (QUOTIDIEN INDIEN)
La nouvelle majorité pakistanaise devrait adopter, lors de la prochaine session parlementaire, une réforme constitutionnelle qui privera le président Musharraf de tous ses pouvoirs (notamment ceux de dissoudre l’assemblée, de nommer les gouverneurs et les chefs d’état-major, de placer des provinces sous autorité fédérale, et de proclamer l’état d’urgence). Une fois le président ainsi « désarmé » et sa fonction limitée à un pur formalisme, il ne sera plus nécessaire de le destituer. Pervez Musharraf a dirigé le Pakistan d’une main de fer pendant 9 ans.

DAWN (QUOTIDIEN PAKISTANAIS)
• Le président Musharraf a indiqué que s’il se retirait, il craignait que les États-Unis n’attaquent les zones tribales, qu’ils citent à comparaitre le Dr Khan (ancien responsable du programme nucléaire), et qu’ils sabotent le projet du port de Gwadar conçu avec la Chine.
• Le nouveau gouvernement a ouvert des négociations au Balouchistan. Les Balouchtes demandent une réforme constitutionnelle qui garantisse le droit des minorités, comme prévu en 1940. Ils refusent de déposer les armes, arguant du droit ancestral d’en porter.

THE LOS ANGELES TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
Les affrontements de Basra ont à la fois mis en évidence la faiblesse de l’armée irakienne et les divisions au sein de la population chiite. Le Premier ministre, Nouri al-Maliki, lui-même chiite, a fait preuve de détermination —mais aussi semble-t-il de manque de préparation— en conduisant les opérations. Il a en définitive échoué puisque ses troupes, appuyées par les États-Unis et le Royaume-Uni ont du se retirer. L’été sera chaud au Sud de l’Irak.

THE NEW YORK TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
L’opération conjointe des forces irakiennes et états-uniennes dans la banlieue chiite de Bagdad pour faire cesser les attaques au mortier contre la zone verte a échoué. Celle-ci a à nouveau été touchée et l’on déplore de 2 GI’s morts et 17 blessés dans la zone. Au cours des combats en ville, un marché à été atteint par une roquette tuant une vingtaine de civils. Selon le commandement US, ce projectile n’aurait pas été tiré par les GI’s, mais par les insurgés contre la zone verte. Il serait tombé par erreur sur des civils.

THE WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
David Petraeus et Ryan Crocker seront auditionnés à partir de demain par les commissions sénatoriales des Forces armées et des Affaires étrangères. Mais lorsqu’ils parleront, c’est surtout vers trois sénateurs que les caméras se tourneront : John McCain, Hillary Clinton et Barack Obama. Pour un bref instant, les trois candidats à la Maison-Blanche s’abstiendront de meetings et rejoindront le Capitole. Chacun voudra poser ses questions, mais ils ne seront pas égaux pour le faire, le règlement accordant la parole au privilège de l’ancienneté.

USA TODAY (QUOTIDIEN POPULAIRE ÉTATS-UNIEN)
Les difficultés de recrutement de l’armée de terre pour envoyer des troupes en Irak et en Afghanistan ont contraint le Pentagone à modifier ses critères de recrutement. Désormais, un nouvel engagé sur huit a un casier judiciaire (c’est à dire trois plus qu’au début de la guerre d’Irak). Cependant, les personnes condamnées pour crimes sexuels ou addiction à l’alcool ou aux drogues sont toujours interdites sous les drapeaux.

•Cent quarante-huit tombes musulmanes du cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette, d’Ablain-Saint-Nazaire près d’Arras, ont été profanées dans la nuit de samedi à dimanche. Les inscriptions injurieuses, découvertes « visent directement l’islam et elles insultent gravement Mme Rachida Dati, garde des Sceaux. Une tête de porc a même été pendue à l’une des tombes », a précisé le procureur de la République d’Arras, Jean-Pierre Valensi. La profanation intervient presque un an jour pour jour après des faits similaires dans la même nécropole militaire.

Rapport officiel

- UNITED STATES INSTITUTE OF PEACE
À la veille de l’audition du général David Petraeus et de l’ambassadeur Ryan Crocker par le Congrès des États-Unis, le think tank de politique étrangère du Congrès, le United States Institute of Peace, a rendu un rapport de synthèse accablant sur la situation en Irak. C’est cet organisme qui avait abrité la commission Baker-Hamilton.
Les expert déplorent que l’amélioration sur le terrain soit insuffisante pour rendre envisageable un retrait avant une décennie et s’inquiètent des conséquences désastreuses qu’aurait un départ précipité, tel que l’annoncent Hillary Clinton et Barack Obama s’ils étaient élus. Ils préconisent de limiter l’influence iranienne et de maintenir l’unité de l’Irak. En définitive, ils recommandent de poser 14 questions lors des auditions : mais elle devient difficile à appliquer en l’absence d’une volonté libre. »
- 1. -Quelles leçons tirer du récent l’échec des forces irakiennes face à la milice du Mehdi ?
- 2. Que doit-on craindre de l’effort de Moktada el-Sadr de professionnaliser sa milice ?
- 3. Quelle est l’autorité réelle du gouvernement irakien hors de la zone verte et qu’adviendrait-il de lui en cas de retrait des GI’s ?
- 4. Où en est le processus de réconciliation nationale et les élections régionales du 1er octobre pourront-elle se tenir ?
- 5. De quelle influence politique les États-Unis disposent-ils sur le gouvernement irakien, et cette influence peut-elle s’accroître dans la perspective d’un retrait des GI’s ?
- 6. Doit-on craindre une recrudescence des crimes alors que l’action stabilisatrice des policiers et militaires irakiens est souvent limitée par leur double loyauté à l’État et aux milices ?
- 7. Quelle menace représente le mouvement du Réveil si ses membres ne sont pas intégrés dans la police et l’armée régulière ?
- 8. Quels plans existent en cas de signature de l’accord de défense irako-US pour le maintien permanent des bases militaires US, et quels plans en cas de non-signature pour la remise de nos bases aux Irakiens ?
- 9. Quelles conditions militaires permettraient de retirer partiellement les GI’s et à quel niveau minimal devraient-ils rester en Irak ?
- 10. Quels progrès politiques pouvons-nous espérer d’ici la fin 2008 ?
- 11. Un retrait US sera-t-il favorable à Al-Qaeda, sachant que c’est le réveil et non les GI’s qui ont connu les principaux succès face aux terroristes fondamentalistes ?
- 12. Un retrait US sera-t-il favorable à l’Iran ou ouvrira-t-il un affrontement inter-chiites ?
- 13. La Syrie et l’Iran semblent désormais participer aux efforts de stabilisation, pourquoi maintenant et comment les impliquer plus encore ?
- 14. Comment pouvons-nous obtenir un soutien plus affirmé des pays arabes, notamment du Conseil de coopération du Golfe ?

Tendances et événements au Liban

Entre manœuvres et initiatives

L’intérêt des Libanais s’est porté, ces dernières 48 heures, sur les vastes manœuvres israéliennes et sur les développements liés à la crise politique. On peut, dans ce cadre, noter les observations suivantes :
- 1. La Résistance a assuré qu’elle était prête à faire face à toute aventure israélienne à l’occasion des plus importantes manœuvres de l’histoire d’Israël, dont le coup d’envoi a été donné dimanche. Les combattants de la Résistance sont sur le qui-vive, en dépit des messages rassurants adressés par Israël via la Finul et d’autres canaux diplomatiques.
- 2. Des informations de presse font état d’une volonté israélienne de redynamiser la médiation allemande en vue de reprendre les négociations indirectes avec le Hezbollah sur un échange de détenus.
- 3. La France travaille sur un communiqué du Conseil de sécurité concernant la mise en œuvre de la résolution 1701. Selon des sources bien informées, ce texte appelle à la libération des deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah le 12 juillet 2006, à l’arrêt de l’importation d’armes autre que par le gouvernement libanais, et à l’élection rapide d’un président de la République au Liban. Une source de l’opposition libanaise estime que ce projet de communiqué, dans sa forme actuelle, est une preuve de la partialité du président français Nicolas Sarkozy, qui ne rate pas une occasion de montrer à quel point il est pro-israélien. Mais ce projet aura du mal à passer au Conseil de sécurité sans modifications majeures, comme cela s’est produit à plusieurs reprises ces derniers mois, lorsque la France a proposé des textes déséquilibrés à la demande de Tel-Aviv et de Washington.
- 4. Le Premier ministre de facto, Fouad Siniora, a entamé une tournée arabe. Son but est de convoquer une réunion du Conseil ministériel de la Ligue arabe pour discuter des relations libano-syriennes et de la crise au Liban. Mais les analystes se demandent comment le gouvernement de facto, qui a boycotté le sommet de Damas, acceptera-t-il de participer à une réunion qui sera présidée par le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, vu que la Syrie préside pendant un an le sommet arabe.
- 5. Malgré toute la mauvaise volonté du 14-mars pro-US, le président du Parlement, Nabih Berry, reste déterminé à relancer le dialogue interlibanais autour des thèmes du gouvernement d’union nationale et de la loi électorale. Les réunions pourraient avoir lieu entre le 18 et le 21 avril. Dans ce cadre, M. Berry a parachevé les concertations qu’il mène avec les responsables diplomatiques, en vue de la tournée qui devrait le mener à Riyad, Doha, Damas, Le Caire et Paris pour obtenir le soutien de la communauté arabe à sa nouvelle initiative.

Presse libanaise

AN NAHAR (QUOTIDIEN PROCHE DU 14-MARS)
- Tom Casey, porte-parole adjoint du Département d’Etat
« L’annonce par le général Michel Sleimane qu’il prendrait sa retraite dès août est une affaire en rapport avec l’opération politique et le système politique libanais. Ce qui, pour nous, importe le plus, c’est que la question du choix d’un nouveau président libanais soit tranchée. Nous condamnons toujours les tentatives de ceux qui s’ingèrent à ce niveau et empêchent les Libanais d’aller de l’avant. Nous restons confiants, malgré la démission possible (du général Sleimane), que le gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora est capable de diriger le pays, et que les forces armées libanaises continueront d’assurer la sécurité et de remplir leur mission. »

AS SAFIR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
Le Premier ministre israélien a inauguré dimanche les plus vastes manœuvres de l’histoire d’Israël par ces mots : « La guerre a commencé ». Cet exercice de cinq jours, appelé « Instant critique », a pour but de préparer la population israélienne à des attaques d’armes conventionnelles, comme les roquettes Katioucha, ou des attaques de missiles armés de têtes chimiques et bactériologiques. Dimanche matin, les radios militaire et publique appelaient la population à vérifier les abris avec un slogan : « Être protégé, c’est être prêt ». Demain mardi, des sirènes retentiront dans tout le pays, dans les institutions publiques ainsi que les écoles, et les habitants devront se réfugier dans les abris. Dans le même temps, la Défense civile expliquera pour la première fois à la télévision comment se comporter lors d’une attaque. « L’objectif de l’exercice est de vérifier les capacités des autorités à agir en temps de crise et à préparer l’arrière à différents scénarios, a affirmé Ehud Olmert, à l’ouverture de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem. Nous n’avons pas l’intention d’allumer le front nord et Israël ne veut pas attaquer le Liban ou la Syrie ». Quant au ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, il a assuré que « dans les guerres d’aujourd’hui, préparer l’arrière à faire face à des attaques constitue un élément essentiel à la victoire. En organisant cet exercice qui est le plus important depuis de nombreuses années, nous tirons une des leçons de la deuxième guerre du Liban », a-t-il souligné à la radio publique.

Déclarations

- FOUAD SINIORA, PREMIER MINISTRE DE FACTO (14-MARS PRO-US)
« Notre décision (de boycotter le sommet de Damas) ne visait aucunement à saboter le sommet, mais avait pour objectif de dénoncer l’ingérence étrangère qui entrave l’élection d’un président de la République et paralyse le Parlement depuis 17 mois. Le Liban souhaite que la communauté arabe se saisisse du dossier des relations syro-libanaises. Les ministres arabes des Affaires étrangères s’étaient entendus sur le fait que ce problème doit être résolu. Nous insistons donc sur l’importance des concertations qui pourraient déboucher sur une réunion des chefs de diplomatie arabes, consacrées aux questions essentielles et notamment à l’étude des relations entre Beyrouth et Damas, afin que les institutions constitutionnelles libanaises puissent revivre. Le Liban et la Syrie sont deux pays frères. On ne kidnappe pas son propre frère, dans l’espoir de tirer une rançon d’un troisième frère (…) Le général (Michel) Sleimane a tiré la sonnette d’alarme en évoquant son départ à la retraite. Il a exprimé son exaspération face à la manière dont est traité le Liban. Le commandant en chef de l’armée est le candidat consensuel sur lequel se sont entendus tous les Libanais. Mais on tente d’imposer de nombreuses conditions au prochain président, ce qui entrave la tenue du scrutin présidentiel. Le départ à la retraite du général Sleimane n’empêche pas qu’il demeure le candidat consensuel adopté par toutes les parties. »

- AMINE GEMAYEL, ANCIEN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE (14-MARS)
« Le Liban fait actuellement face à une guerre d’un type nouveau, où le fusil n’y est pas utilisé mais des armes qui sont encore plus meurtrières, à savoir la paralysie des institutions, de la vie politique, sociale et économique. Les Libanais sont désespérés, ce qui est légitime. Ils ont le droit d’être inquiets surtout lorsqu’ils voient leurs institutions attaquées de cette manière. La présidence de la République est vacante, le Parlement fermé et l’institution militaire fait face à une malheureuse tentative visant à briser le moral des troupes, à la mettre dans l’embarras et à l’écarter de la scène libanaise, chose qui n’aura jamais lieu. »

- CHEIKH NAÏM KASSEM, SECRETAIRE GENERAL ADJOINT DU HEZBOLLAH
« Le 14-mars veut monopoliser le pouvoir et aller dans le sens des plans prévus par les États-Unis pour le pays. La coalition au pouvoir ne veut pas de solution au Liban, alors que l’opposition propose divers règlements et fait de nombreuses concessions pour sauver le pays. Ce sont les États-uniens qui ne veulent pas de solution. Mais nous resterons positifs et nous estimons qu’il faut tirer profit de l’initiative arabe et du dialogue auquel le président de la Chambre, Nabih Berry, a appelé. »

- MOHAMMAD FNEICH, MINISTRE DEMISSIONNAIRE (HEZBOLLAH)
« Si le 14-mars et l’opposition sont d’accord pour considérer le commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, comme candidat consensuel, pour quelle raison n’est-il pas possible de s’entendre sur un gouvernement d’union nationale et sur une loi électorale qui tienne compte des critères de la représentativité et de l’équité, pour que toutes les parties soient représentées en fonction de l’appui populaire dont elles bénéficient ? Il existe des interventions étrangères de la part de pays qui traitent avec la crise libanaise en fonction de leurs propres calculs, parce qu’ils ne veulent pas que le Liban maintienne son rôle de résistant face aux projets sionistes et qu’il y ait un partenariat entre l’opposition et le 14-mars, dans la mesure où ils considèrent que le Liban est devenu la pierre angulaire de leur politique extérieure. La solution à la crise politique est simple. Il suffit de revenir à ce qui assure l’intérêt national et de s’entendre sur un package-deal. La proposition paraît simple, mais elle devient difficile à appliquer en l’absence d’une volonté libre. »

- AHMAD KABALAN, DIGNITAIRE RELIGIEUX CHIITE
« Nous sommes surpris par les communiqués, les livrets et les discours diffusés ou prononcés par les imams et lors des prêches du vendredi et qui n’ont pour effet que d’attiser la haine envers la communauté chiite. Nous ignorons si cela est fait suite à des directives données par le mufti de la République. Nous mettons en garde contre les dangers de ce qui se passe à Beyrouth au niveau de l’exacerbation des tensions confessionnelles. Nous n’attaquons personne et nous n’acceptons pas qu’on nous attaque. Les discours provocateurs des hommes politiques et de certains chefs religieux sont à l’origine du problème. »

http://www.voltairenet.org/ http://www.voltairenet.org/



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