Politique Nationale/Internationale

Halliburton accusé de vente de technologie nucléaire à l'Iran



Selon le journaliste Jason Leopold, des sources de la compagnie Halliburton, anciennement dirigée par Dick Cheney allèguent que, pas plus tard qu'en janvier 2005, Halliburton a vendu des éléments clés pour un réacteur nucléaire à une compagnie iranienne de développement pétrolier. Leopold dit que ses sources chez Halliburton ont une connaissance approfondie de rapports d'affaires entre Halliburton et Oriental Oil Kish, l'une des plus grandes compagnies pétrolières privées d'Iran.


Jason Leopold
Mardi 31 Octobre 2006

Halliburton accusé de vente de technologie nucléaire à l'Iran


Jason Leopold, 5 août 2005

Traduit par Pétrus Lombard et révisé par Fausto Giudice


En outre, tout au long de 2004 et de 2005, Halliburton a étroitement travaillé avec Cyrus Nasseri, vice-président du conseil d'administration de l'Oriental Oil Kish basée en Iran, pour y développer des projets pétroliers. Nasseri est aussi l'un des principaux membres de l'équipe iranienne de développement nucléaire. Nasseri a été interrogé par les autorités iraniennes fin juillet 2005 pour avoir soi-disant fourni à Halliburton des secrets nucléaires iraniens. Les fonctionnaires du gouvernement iranien ont accusé Nasseri d'avoir accepté pas moins d'un millions de dollars en dessous de table de Halliburton pour ces informations.

Les rapports d'affaires entre Oriental Oil Kish et Halliburton sont parvenus la première fois à la connaissance du public en janvier 2005, quand la compagnie a annoncé qu'elle avait sous-traité des parties du projet de forage gazier de Pars Sud à Halliburton Products & Services, une filiale de Halliburton basée à Dallas et enregistrée aux Iles Cayman. Suite à l'annonce, Halliburton a déclaré que le projet de gisement gazier de South Pars à Téhéran serait son dernier projet en Iran. Selon un rapport de la BBC, Halliburton, qui a gagné trente à quarante millions de dollars dans ses opérations iraniennes en 2003, « réduisait progressivement son travail à cause d'un climat d’ affaires pauvre. »

Cependant, Halliburton a une longue histoire d'affaires en Iran, commencée dès 1995, alors que le vice-président Cheney était PDG de la compagnie. Leopold cite un rapport de février 2001 publié par le Wall Street Journal, « Halliburton Products et Service Ltd, travaillent derrière une porte anonyme au neuvième étage d'un nouveau bloc de tours au nord de Téhéran. Une brochure déclare que la compagnie a été enregistrée en 1975 aux Iles Cayman, est basée dans l’Émirat de Dubaï dans le Golfe Persique, et est « non-Américaine. » Mais comme le panneau au-dessus de la tête du réceptionniste, la brochure porte le nom de la compagnie sur fond rouge et offre les services des unités de Halliburton autour du monde. » D'ailleurs le courrier envoyé aux bureaux de la compagnie de Téhéran et aux Iles Cayman est expédié directement à ses sièges sociaux de Dallas.

Afin d'essayer d’entraver les tentatives de Halliburton et d'autres sociétés US de s'engager dans des rapport d'affaires avec des pays voyous [1] tels que la Libye [2], l'Iran et la Syrie, un amendement a été approuvé par le Sénat le 26 juillet 2005. L'amendement, parrainé par la Sénatrice Susan Collins, Républicaine du Maine, pénalisera les compagnies, qui continuent à contourner la loi US en établissant des filiales offshore de manière à adopter une conduite légale et à éviter les sanctions US, sous l'International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) [3].

Une lettre rédigée par des dirigeants d’entreprises, a objecté avec véhémence à l'amendement, disant qu'il mènerait à davantage de haine, inciterait peut-être des attaques terroristes contre les USA, et « tendrait considérablement les relations avec les principaux partenaires commerciaux des USA. » La lettre avertissait que « les efforts US sur les gouvernements étrangers voient les efforts US pour leur dicter leur politique étrangère et commerciale comme des violations de souveraineté, ce qui les amène souvent à adopter des mesures de rétorsion encore plus divergentes des objectifs US. »

Collins soutient la loi adoptée, déclarant : « Elle interdit aux entreprises US de créer une société-écran quelque part ailleurs afin de commercer avec les pays voyous, sponsorisant le terrorisme, tels que la Syrie et l'Iran. Le contrecoup est que si une compagnie US se soustrait aux sanctions pour faire des transactions avec l'un de ces pays, elle apporte son soutien aux pays qui soutiennent le terrorisme - lequel vise le plus souvent les USA. »


Mise à jour par Leopold Jason

Lors d'un voyage au Moyen-Orient en mars 1996, le vice-président Dick Cheney a dit, à un groupe [composé] surtout d'hommes d'affaires US, que le Congrès devrait adoucir les sanctions contre l’Iran et la Libye afin d'encourager de meilleures relations, une déclaration qui apparaît rétrospectivement d’une hypocrisie totale, vu la politique étrangère de l'administration Bush.

« Laissez-moi faire une déclaration généralisée au sujet d'une tendance que je vois au Congrès US et que je trouve dérangeante, qui s'applique non seulement à l'égard de la situation iranienne, mais aussi bien à un certain nombre d'autres, » a dit Cheney. « Je pense que nous aux USA faisons parfois des erreurs…. Il semble admis que d'une façon ou d'une autre nous savons ce qui est le mieux pour tous les autres et que nous allons utiliser notre poids économique pour obliger tous les autres à vivre de la manière que nous trouvons la meilleure. »

Cheney était le PDG de Halliburton Corporation quand il a prononcé ces paroles. C'est Cheney qui a conduit Halliburton vers des transactions d'affaires agressives avec Iran -- en violation des lois US -- dans le milieu des années 90, continuant tout au long de 2005, et c'est la raison pour laquelle l'Iran a des possibilités d'enrichissement d'uranium à usage militaire.
C'est la vente secrète de centrifugeuses par Halliburton à l'Iran qui a permis au programme d'enrichissement d'uranium de prendre forme, selon une enquête de trois ans qui inclut des interviews menées avec plus d'une douzaine d'employés actuels et anciens de Halliburton.

Si les USA finissaient par s'engager dans une guerre avec l'Iran à l'avenir, Cheney et Halliburton porteront le poids des responsabilités.
Mais cela ne devrait pas choquer quiconque a suivi les activités économiques de Halliburton durant la décennie écoulée. La compagnie a une longue histoire documentée de violations des sanctions US et d'affaires avec de soi-disant pays voyous.

Non, ce qui dérange au sujet de ces faits est pourquoi ils ont reçu si peu d'attention des médias dominants. Mais le dossier public parle de lui-même, car fait de milliers de pages de documents, obtenues par les diverses agences fédérales, qui montrent comment les rapport d'affaires de Halliburton en Iran ont aidé au financement des activités terroristes (sic) - y compris le programme d'enrichissement nucléaire du pays.

Il y a quelques années, quand j'ai demandé à Wendy Hall, l'une de ses porte-parole, si Halliburton cesserait de réaliser des affaires avec l'Iran par crainte que la compagnie aide au financement du terrorisme, elle a dit « non. » « Nous croyons que les décisions sur la nature de tels gouvernements et de leurs actions sont mieux prises par les autorités gouvernementales et les entités internationales, comme les Nations Unies, par opposition aux individus ou aux entreprises », a dit Hall. « Mettant la politique de côté, nous et nos filiales opérons dans les pays dans la mesure où c'est légalement acceptable, où nos clients sont entreprenants car ils s'attendent à ce que nous fournissions le soutien logistique pour les gisements pétroliers à leurs opérations internationales. Nous ne sommes pas toujours d'accord avec les politiques ou les actions des gouvernements de chaque endroit où nous réalisons des affaires et nous n'excusons pas leurs comportements. En raison du caractère de longue durée de nos affaires et du caractère inévitable des changements politiques et sociaux, il n'est ni prudent ni approprié que notre compagnie établisse sa propre politique étrangère pays par pays. »

Halliburton a commencé à réaliser des affaires en Iran dès 1995, alors que vice-président Cheney était PDG de la compagnie et éventuellement en violation des sanctions US.

Un ordre exécutif, signé en mars 1995 par l'ancien président Bill Clinton, interdit aux individus US de « nouveaux investissements (en Iran), incluant l'engagement de fonds ou autres actifs. » Il interdit aussi aux sociétés US d'exécuter des services « bénéficiant à l'industrie pétrolière iranienne » et fournissant à l'Iran les moyens financiers pour s'engager dans l'activité terroriste.
Quand Bush et Cheney sont arrivés au pouvoir en 2001, leur administration a décidé de ne pas punir les compagnies pétrolières et gazières étrangères qui investissent dans ces pays. Les sanctions, imposées aux pays comme l'Iran et la Libye avant que Bush ne devienne président, ont été descendues en flammes par Cheney, qui a fait de fréquents discours sur la nécessité pour les entreprises US d’entrer en concurrence avec leurs rivales étrangères, en dépit des affirmations selon lesquelles ces pays peuvent avoir des liens avec le terrorisme.

« Je pense en fait que ça serait mieux pour nous si nous levions ces sanctions (contre l'Iran), si nous ne tentions pas d'imposer des boycotts indirects aux entreprises(…), en essayant de réaliser des affaires là-bas(…) et au lieu de cela en commençant à reconstruire ces relations, » a dit Cheney en 1998 lors d'un voyage d'affaires à Sydney en Australie, selon le journal australien Illawarra Mercury.

Notes du traducteur
1 - Qualification officielles, dans le contexte de la guerre contre le terrorisme, des pays non alignés, c'est-à-dire des pays dont la conversion à l'ultra-libéralisme nécessite l’usage force.
2- La Libye a été réhabilitée depuis la rédaction de cet article :
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/07/DE_GUERLACHE/13603
3- Dans le Code US, l'IEEPA est le Titre 50, sections 1701 à 1707. Cette loi fédérale US permet aux présidents d'identifier toute menace extraordinaire provenant de l'extérieur du pays, et de confisquer des propriétés, des avoirs bancaires et d'interdire les transactions de l’organisation ou du pays désigné comme ennemi. Voir
http://en.wikipedia.org/wiki/International_Emergency_Economic_Powers_Act

GlobalResearch

Traduit par Pétrus Lombard, membre associé, et révisé par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre d’être reproduite, à condition d’en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs. URL de cet article





Mardi 31 Octobre 2006

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