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HOMMAGE A FERHAT ABBAS Président du premier Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA)


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abderrahmane mebtoul
Samedi 25 Décembre 2010

HOMMAGE   A FERHAT ABBAS  Président du premier Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA)
Lors qu’en septembre 1992, au moment fort où le gouvernement de l’époque
préconisait l’économie de guerre et le retour au tout Etat appuyé par des
intellectuels organiques aux ordres selon l’expression de Antonio GRAMSCI ,
nous avons décidé de fonder l’Association Algérienne de développement de
l’Economie de Marché ADEM avec des cadres, des universitaires et des
opérateurs publics et privés de l’Est, du Centre, de l’Ouest et du Sud
avant le dépôt de notre agrément au Ministère de l’Intérieur ,
l’ensemble des adhérents ont décidé en préface de notre programme
largement diffusé en langue nationale, en français et en anglais entre
1993/1995 au niveau national et ce grande à la presse indépendante naissante
à cette époque de choisir une personnalité algérienne comme symbole  de
notre action. Le choix s’est porté sans aucune hésitation sur Ferhat Abbas
(1899 – 1985) de son vrai nom Ferhat Mekki Abbas né a Taher wilaya de Jijel,
le 24 août 1899. Lors d’une large tournée dans les universités
algériennes, aux Etats Unis d’Amérique et en Europe lors de différentes
conférences j’ai tenu , au nom de notre organisation, à lui rendre un
vibrant hommage et ce pour trois raisons essentielles :


I. Premièrement c’est un militant de la première heure de la cause
nationale. Diplômé docteur en pharmacie en 1933, il s’établit à Sétif où
il devient rapidement une importante figure politique en devenant conseiller
général en 1934, conseiller municipal en 1935 puis délégué financier. Il
adhère à la « Fédération des élus des musulmans du département de
Constantine » en tant que journaliste au sein de son organe de presse,
l’hebdomadaire. Il devient le promoteur de l’Amicale des étudiants
musulmans d’Afrique du Nord, dont il est vice-président en 1926-1927, puis
président de 1927 à 1931, date à laquelle il transforme l'amicale en
association. Il est également élu vice-président de l'UNEF lors du Congrès
d'Alger de 1930. Le 14 mars 1944 il crée l’association des Amis du manifeste
de la liberté (AML) soutenu par le cheikh Brahimi de l'Association des
oulémas et Messali Hadj. En septembre 1944, il crée l’hebdomadaire Égalité
(avec pour sous-titre Égalité des hommes - Égalité des races - Égalité des
peuples). Au lendemain des émeutes de Sétif de mai 1945, tenu pour
responsable, il est arrêté et l'AML est dissoute. Libéré en 1946, Ferhat
Abbas fonde l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA). En juin, le
parti obtient 11 des 13 sièges du deuxième collège à la seconde Assemblée
constituante et Ferhat Abbas est élu député de Sétif. Après le refus à
deux reprises de son projet sur le statut de l'Algérie, il démissionne de
l'assemblée en 1947. Il lance le 1er novembre 1954 les premières actions
armées qui marquent le début de la « révolution algérienne ». Dès le 20
août 1956, à l'issue du congrès de la Soummam, il devient membre titulaire
du CNRA (Conseil national de la révolution algérienne), puis entre au CCE
(Comité de coordination et d'exécution) en 1957. Ferhat Abbas devient ensuite
président du premier Gouvernement provisoire de la République algérienne
(GPRA) à sa création le 19 septembre 1958, puis du second GPRA, élu par le
CNRA en janvier 1960 et démissionne le 15 septembre 1963 pour essentiellement
des raisons d’option à la fois politiques  et économiques.

II.- Deuxièmement c’était un intellectuel., qui croyait fermement au
primat de la connaissance sur la distribution de la rente , auteur de nombreux
ouvrages et publications  
nationales et internationales dont « Le Jeune Algérien dont il dénonce
notamment 100 ans de colonisation française où il insiste sur
l’algérianité. Je le cite : « Nous sommes chez nous. Nous ne pouvons aller
ailleurs. C’est cette terre qui a nourri nos ancêtres, c’est cette terre
qui nourrira nos enfants. Libres ou esclaves, elle nous appartient, nous lui
appartenons et elle ne voudra pas nous laisser périr. L’Algérie ne peut
vivre sans nous. Nous ne pouvons vivre sans elle. Celui qui rêve à notre
avenir comme à celui des Peaux-Rouges d’Amérique se trompe. Ce sont les
Arabo-berbères qui ont fixé, il y a quatorze siècles, le destin de
l’Algérie. Ce destin ne pourra pas demain s’accomplir sans eux ». Dans la
même trajectoire, il a publié « J’accuse l’Europe », Libération, Alger,
1944 ; « Guerre et révolution I » ; « La nuit coloniale » Julliard, Paris,
1962.

III. La troisième raison est que c’est le premier défenseur algérien de
l’économie libre,  l’économie de marché à vocation sociale. Il était
contre un capitalisme sauvage devant lier l’efficacité économique e tune
profonde justice sociale et pour un Etat régulateur fort mais fort par la
démocratie c'est-à-dire par la concertation et la participation des citoyens
à la gestion de la Cité, intégrant  la femme signe de la vitalité de toute
société, existant des liens dialectiques entre les libertés politiques,
économiques et sociales sans notre authenticité. Ce que l’on appelle
aujourd’hui bonne gouvernance. C’était  un démocrate convaincu qui lui
vaudra un emprisonnement à Adrar entre 1963 et mai 1965, assigné à résidence
entre mars 1976 et le 13 juin 1978. Dans son ouvrage en 1980, il publie ses
mémoires dans « Autopsie d’une guerre » puis en 1984, dans «
l’Indépendance confisquée », il dénonce la bureaucratisation de la
société et la corruption. Or nous sommes en fin décembre 2010 et ce sont
toujours ces problèmes qui font l’actualité en Algérie.

Pour l’ensemble de ces raisons l’ADEM  tient à rend un grand hommage à
ce grand patriote et intellectuel qui nous a inspiré.



25 décembre 2010  
P/ Le bureau exécutif ADEM
Docteur Professeur Abderrahmane MEBTOUL Président ADEM


Samedi 25 Décembre 2010


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