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HISTOIRE CACHEE DU SIONISME


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Extraits de l’ouvrage du même nom par Ralph Schoenman, permettant d’appréhender au mieux les conditions dans lesquelles l’État d’Israël a été créé et la nature de l’idéologie sioniste.


alterinfo.net
Mardi 18 Octobre 2005

I - Les quatre mythes

Ce n’est pas par accident si quiconque tentant d’examiner la nature du sionisme - son origine, son histoire et sa dynamique - se retrouve face à des gens qui le menacent ou le terrorisent. Très récemment, après avoir signalé un meeting sur le sort du peuple palestinien au cours d’un interview sur KPFK (une radio de Los Angeles), les organisateurs de ce meeting ont été submergés de coup de téléphone anonymes les menaçant de déposer des bombes.

Il n’est pas non plus facile, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe occidentale, de diffuser des informations sur la nature du sionisme ou d’analyser les faits spécifiques qui caractérisent le sionisme comme mouvement politique. Même l’annonce sur les campus universitaires de forums ou de meetings autorisés sur le sujet engendre invariablement une campagne visant à clore la discussion. Les affiches sont déchirées aussi vite qu’elles ont été collées. Les meetings sont bourrés par des escadrons itinérants de jeunes sionistes qui cherchent à les briser. Les tables de publication sont saccagées, tracts et articles sont publiés, accusant l’orateur d’anti-sémitisme ou, dans le cas où il est d’origine juive, de reniement et de haine de soi.

Si les agressions et les calomnies sont ainsi utilisées contre les anti-sionistes c’est que la différence entre la fiction officielle au sujet du sionisme et de l’Etat d’Israël, et les pratiques barbares de cette idéologie colonialiste et de cet appareil coercitif constitue un véritable abîme. Les gens sont en état de choc lorsqu’ils ont l’occasion d’entendre parler ou de lire des faits au sujet des persécutions subies par les Palestiniens depuis un siècle, et c’est pourquoi les défenseurs du sionisme cherchent sans cesse à empêcher un examen cohérent, sans passion, des témoignages sur le chauvinisme virulent du mouvement sioniste et de l’Etat qui incarne ses valeurs.

L’ironie c’est que lorsque nous étudions ce que les sionistes ont écrit et dit - en particulier lorsqu’ils s’adressent à eux-mêmes - il n’y a aucun doute possible sur ce qu’ils ont fait et sur leur place dans l’éventail politique depuis le dernier quart du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui.


FAÇONNER LES CONSCIENCES

Dans notre société, quatre mythes puissants ont façonné la conscience de la grande majorité à propos du sionisme.

Le premier c’est celui d’une « Terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Ce mythe a été assidument cultivé par les premiers sionistes pour faire passer la fiction selon laquelle la Palestine était un lieu perdu, désolé, offert à qui voulait le prendre. Cette prétention a été rapidement suivie par la négation de l’identité palestinienne, de son existence comme nation et du droit légitime à la terre sur laquelle les Palestiniens ont vécu toute leur histoire connue.

Le second c’est le mythe de la démocratie israélienne. D’innombrables histoires dans les journaux ou références à la télévision à l’Etat d’Israël sont suivies de l’affirmation que c’est la seule démocratie “véritable” du Moyen-Orient. En fait, Israël est à peu près aussi démocratique que l’Etat sud-africain. Les libertés publiques, les moyens de les mettre en oeuvre et les droits de l’homme les plus fondamentaux sont déniés par la loi à ceux qui ne répondent pas à certains critères raciaux et religieux.

Le troisième mythe, c’est celui de la “sécurité” comme force motrice de la politique étrangère d’Israël . Les sionistes affirment que leur Etat doit être la quatrième puissance militaire mondiale parce qu’Israël a dû se défendre contre la menace immédiate de masses d’Arabes primitifs, consumés par la haine, qui viennent tout juste de descendre de leurs arbres.

Le quatrième mythe c’est celui du sionisme comme légataire moral des victimes de l’holocauste. C’est là à la fois le mythe le plus répandu et le plus insidieux sur le sionisme. Les idéologues du mouvement sioniste se sont drapés dans le linceul collectif de six millions de juifs victimes des assassinats de masse des nazis. L’ironie cruelle et amère de cette prétention mensongère c’est que le mouvement sioniste a lui-même été en étroite collusion avec le nazisme dès sa conception.

Pour la plupart des gens, il paraît impossible que le mouvement sioniste, qui invoque toujours l’horreur de l’holocauste, ait pu collaborer activement avec l’ennemi le plus terrible auquel les juifs aient jamais eu à faire face. Les faits cependant révèlent non seulement des intérêts communs, mais une affinité idéologique profonde enracinée dans le chauvinisme extrémiste qu’ils ont en commun.


II - Les objectifs sionistes

Les objectifs du sionisme n’ont jamais été simplement la colonisation de la Palestine - ce qui était le but des mouvements impérialistes et colonialistes classiques au cours du XIXe et du XXe siècles. Le but du colonialisme européen en Afrique et en Asie était essentiellement l’exploitation des populations indigènes comme force de travail à bas prix tout en pillant les ressources naturelles pour en tirer des profits exorbitants.

Ce qui distingue le sionisme des autres mouvements colonialistes c’est la relation entre les colons et le peuple à conquérir. Le but avoué du sionisme n’était pas simplement d’exploiter les Palestiniens mais de les disperser et de les déposséder. L’objectif était de remplacer la population indigène par une nouvelle communauté de colons, d’éliminer les fermiers, les artisans et les citadins de Palestine pour leur substituer une force de travail entièrement nouvelle composée par des colons.

En niant l’existence du peuple palestinien, le sionisme cherchait à créer le climat politique pour les chasser non seulement de leur terre mais de l’histoire. Lorsqu’on reconnaissait un tant soit peu leur existence, les Palestiniens étaient présentés comme un vestige nomade à moitié sauvage. Les faits historiques ont été falsifiés - selon une procédure amorcée au cours du dernier quart du XIXe siècle mais qui se continue aujourd’hui par des écrits pseudo-historiques comme celui de Joan Peter, « Depuis des temps immémoriaux ».

"Le sionisme devait rechercher différents appuis impérialistes pour cette ntreprise sanglante : parmi eux, l’Empire Ottoman, l’Allemagne inpériale, le Raj britannique, le colonialisme français et la Russie tsariste. Les plans sionistes pour le peuple palestinien anticipaient la solution Ottomane de la question des Arméniens, qui devaient être massacrés lors du premier grand génocide du XXe siècle.

LES PLANS SIONISTES POUR LE PEUPLE PALESTINIEN

Dès l’origine, le mouvement sioniste a cherché à “arméniser” le peuple palestinien. Comme les indigènes d’Amérique du Nord, les Palestiniens étaient considérés comme “un peuple en trop”. La logique c’était leur élimination ; le résultat : un génocide.

Cela n’était pas moins vrai pour le mouvement ouvrier sioniste, qui cherchait à donner un vernis “socialiste” à cette entreprise coloniale. L’un des principaux théoriciens du sionisme ouvrier, qui était l’un des fondateurs du parti sioniste Ha’Poel Ha Tzair (Le Jeune travailleur), et partisan de Poale Zion (Travaillleurs de Sion), était Aaron David Gordon.

Walter Laqueur reconnaît dans son Histoire du sionisme que « A. D. Gordon et ses camarades voulaient que chaque arbre et chaque buisson soit planté par un pionnier juif » (14)

C’est Gordon qui a estampillé le slogan « conquête des travailleurs » (Kibbush avodah). Il a fait appel aux capitalistes juifs, et aux responsables des plantations Rotschild, qui avaient obtenu des terres des seigneurs turcs absents par-dessus la tête du peuple palestinien, « à Jouer aux juifs et uniquement aux juifs ». Il organisa le boycott de toute entreprise sioniste qui n’employait pas exclusivement des juifs, et prépara des grèves contre les colons des Rotschild qui autorisaient les paysans arabes à moissonner avec eux ou à travailler pour eux, même à bas prix. Ainsi, les “sionistes ouvriers” utilisèrent-ils les méthodes du mouvement ouvrier pour interdire l’emploi des Arabes ; leur objectif n’était pas l’exploitation mais l’usurpation.

LA SOCIÉTÉ PALESTINIENNE

Il y avait plus d’un millier de villages en Palestine à la fin du XIXe siècle. Jérusalem, Haïfa, Gaza, Nablus, Acre, Jéricho, Ramle, Hébron et Nazareth étaient des villes florissantes. Les collines étaient laborieusement cultivées en terrasses. Les canaux d’irrigation sillonnaient la terre. Les vergers de citronniers, les forêts d’oliviers et les céréales de Palestine étaient connus dans le monde entier. Le commerce, l’artisanat, le textile, la construction et la production agricole étaient largement développés. Les comptes rendus de voyageurs au XVIIIe et au XIXe siècles en témoignent unanimement, comme l’étaient les rapports trimestriels très précis publiés au XIXe siècle par le Fonds britannique d’exploration de la Palestine.

En fait, c’est précisément la cohésion sociale et la stabilité de la société palestinienne qui ont conduit Lord Palmerston en 1840, lorsque l’Angleterre a établi un consulat à Jérusalem, à proposer avec prescience la fondation d’une colonie de juifs européens pour « préserver les intérêts les plus larges de l’Empire britannique ». (15)

La société palestinienne, si elle souffrait de la collaboration des propriétaires terriens féodaux (effendi) avec l’Empire ottoman, était néanmoins productive et diversifiée culturellement, avec une paysannerie très consciente de son rôle social.

Les paysans palestiniens et les citadins avait établi une distinction claire, fortement ressentie entre les juifs qui vivaient parmi eux et les colons potentiels, et ce depuis 1820 lorsque les 20 000 juifs de Jérusalem avaient été totalement intégrés et acceptés dans la société palestinienne.

Lorsque les colons de Petah Tikvah cherchèrent à chasser les paysans de leurs terres, en 1886, ils rencontrèrent une résistance organisée, mais les travailleurs juifs des villages voisins et leurs communautés ne furent nullement inquiétés. Lorsque les Arméniens fuyant le génocide turc s’installèrent en Palestine ils furent les bienvenus. Mais ce génocide fut de façon inquiétante soutenu par Vladimir Jabotinsky et d’autres sionistes qui tentèrent ainsi d’obtenir le soutien des Turcs. En fait, jusqu’à la déclaration Balfour (1917), la réaction palestinienne à l’installation des colonies sionistes fut d’une tolérance imprudente. Il n’y avait pas de haine organisée des juifs en Palestine, pas de massacres comme en préparaient les anti-sémites du tsar et de Pologne, Pas de contrepartie raciste dans la réaction palestinienne aux colons armés (qui utilisaient la force partout où ça leur était possible pour ohasser les Palestiniens de leurs terres). Même les émeutes spontanées, exprimant la rage refoulée des Palestiniens devant les vols incessants de leurs terres, n’étaient pas dirigées contre les juifs comme tels.

À LA RECHERCHE DES FAVEURS DE L’EMPIRE

En 1896, Theodor Herzl mit en avant son plan pour pousser l’Empire Ottoman à céder la Palestine au mouvement sioniste « En supposant que Sa Majesté le Sultan veuille bien nous donner la Palestine, nous pourrions en retour entreprendre de régulariser les finances de la Turquie. Nous serions là-bas un poste avancé de la civilisation contre la barbarie. » (16).

En 1905, le VIIe Congrès sioniste mondial dut reconnaître que le peuple palestinien était en train d’organiser un mouvement politique pour l’indépendance nationale à l’égard de l’Empire ottoman - une menace non seulement pour le pouvoir turc mais également pour les desseins sionistes.

Prenant la parole lors de ce congrès, Max Nordau, un éminent dirigeant sioniste, mit en avant les préoccupations sionistes « Le mouvement qui est devenu celui d’une grande partie du peuple arabe pourrait aisément prendre une direction néfaste à la Palestine.... Le gouvernement turc pourrait se sentir alors obligé de défendre son règne en Palestine et en Syrie par la force armée... Dans de telles circonstances, la Turquie peut être convaincue par nous qu’il sera important pour elle d’avoir en Palestine et en Syrie un groupe fort et bien organisé qui résistera à toute attaque contre l’autorité du sultan et défendra l’autorité de ce dernier de toute sa force. » (17)

Tandis que le kaiser entreprenait de forger une alliance avec la Turquie dans le cadre de son conflit avec la France et la Grande-Bretagne au sujet du contrôle du Moyen-Orient, le mouvement sioniste fit des ouvertures similaires auprès de l’Allemagne impériale. Le kaiser mit presque dix ans dans ses tractations intermittentes avec la direction sioniste pour formuler un plan pour un Etat juif sous des auspices Ottomans qui aurait eu pour principale tâche l’éradication de la résistance anti-colonialiste palestinienne et l’affermissement des intérêts de l’Allemagne impériale dans la région. En 1914 cependant, l’Organisation sioniste mondiale était déjà engag ée très loin dans son offre parallèle pour enrôler l’Empire britannique dans une entreprise de démolition de l’Empire ottoman avec l’aide des sionistes. Chaim Weizmann, qui devait devenir président de l’Organisation sioniste mondiale, fit une déclaration publique importante « Nous pouvons raisonnablement dire que si la Palestine devait tomber dans la sphère d’influence britannique. et si l’Angleterre devait encourager les installations de juifs là-bas, comme dépendance de l’Angleterre, nous pourrions avoir en 20 ou 30 ans un million de juifs sur place, peut-être plus ; ils développeraient le pays, y ramèneraient la civilisation et représenteraient une protection efficace du canal de Suez. » (18)

LA DÉCLARATION BALFOUR

Weizmann obtint des Anglais ce que les dirigeants sionistes avaient recherché à la fois auprès des gouvernements ottoman et de l’Empire allemand. Le 2 novembre 1917, la déclaration Balfour était publiée. Elle affirmait en particulier « Le gouvernement de Sa Majesté envisage avec faveur l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et fera tout son possible pour faciliter la réalisation de cet objectif... » (19)

Les sionistes étaient cyniques dans la présentation de leurs prétentions sur la Palestine et ne s’embarrassaient pas de contradictions. A certains moments ils affirmaient que la Palestine était un désert parcouru parfois par des nomades ; la minute d’après, ils proposaient de soumettre la population palestinienne qu’ils avaient présentée comme inexistante. A. D. Gordon lui-même déclarait sans cesse que les Palestiniens qui, il insistait là-dessus, n’existaient pas, devaient être empêchés par la force de cultiver la terre.

Cela se traduisit par l’expulsion total des “non-juifs” de la “terre ancestrale” juive. La même méthode structure les déclarations des dirigeants britanniques et sionistes dans leurs plans pour la population palestinienne. A l’époque de la déclaration Balfour, les armées de l’Empire britannique avaient occupé la majeure partie de l’Empire ottoman au Moyen-Orient, ayant enrôlé les dirigeants arabes dans le combat contre les Turcs sous leur direction en échange de promesses sur “l’auto-détermination”.

Tandis que les sionistes dans leur propagande insistaient sur le fait que la Palestine était déserte, dans leurs négociations avec leurs protecteurs impériaux ils expliquaient clairement que lasiij tion du peuple palestinien était à l’ordre du jour et proposaient leurs services à cette fin.

Les Britanniques répondirent de la même façon. La déclaration Balfour contenait également un passage prévu pour bercer les dirigeants féodaux arabes choqués par la traîtrise de l’Empire britannique qui offrait aux sionistes la région même où l’auto-détermination arabe avait été promise « Etant clairement entendu que rien ne sera fait qui pourrait porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non juives existant en Palestine... » (20)

Les Anglais avaient utilisé durant des années la direction sioniste pour obtenir le soutien à leur guerre contre l’Allemagne impériale des plus gros capitalistes et banquiers juifs aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Avec Weizmann, ils se préparaient à utiliser la colonisation sioniste de la Palestine comme l’instrument de leur contrôle politique sur la population palestinienne.

La « terre sans peuple pour un peuple sans terre » était en fait un pays en ébullition contre la sujétion coloniale. L’ancien Premier ministre Balfour lui-même a été brutalement explicite dans son mémorandum pour les cercles officiels, en dépit des grandes déclarations à l’usage du public sur « les droits civils et religieux des communautés non juives (sic) de Palestine » « Le sionisme, qu‘il ait tort ou raison, qu’il soit bon ou mauvais, est enraciné dans des besoins actuels, et dans des espoirs futurs d’une importance bien plus grande que les souhaits de 700 000 Arabes en plus qui habitent en ce moment ce vieux pays. » (21)

LA CONNECTION SUD-AFRICAINE

Il y avait une dimension particulière à cet accord secret entre Balfour et la direction sioniste pour bafouer les aspirations du peuple palestinien. C’était l’ami intime de Weizmann et futur Premier ministre de l’Afrique du Sud, le général Jan Smuts, qui, comme délégué sud-africain au cabinet de guerre britannique au cours de la Première Guerre mondiale, avait aidé à faire pression sur le gouvernement britannique pour qu’il adopte la déclaration Balfour et s’engage à la construction d’une colonie sioniste sous la direction des Britanniques.

La relation entre le mouvement sioniste et les colons sud-africains s’était développée auparavant, tout comme l’amitié entre le général Smuts et Chaim Wiezmann. A la fin du siècle, une importante population juive, venue en particulier de Lithuanie, s’était installée en Afrique du Sud. Le mouvement sioniste considérait cette population comme particulièrement sensible aux idées sionistes du fait de son statut déjà établi de colons en Afrique du Sud. Les dirigeants sionistes ont effectué des voyages incessants en Afrique du Sud pour y chercher un soutien politique et financier. N. Kirschner, ancien président de la fédération sioniste sud-africaine, a fourni un compte rendu vivant de l’interaction étroite entre les dirigeants sionistes et sud-africains, de l’identification de sionistes comme Weizmann et Herzl avec la conception sud-africaine d’une population colonisatrice racialement distincte, et de l’importance d’un pacte virtuel entre les deux mouvements. (22)

En identifiant le sionisme avec l’idéologie des colons sud-africains, Chaim Weizmann était dans la lignée de l’admiration exprimée auparavant par Théodor Herzl, fondateur du sionisme politique, pour celui qui représentait la quintessence de l’idéologie coloniale, Sir Cecil Rhodes. Herzl tenta de modeler son propre devenir politique sur les réalisations de Rhodes « Bien sûr, il y a de grandes différences entre Cecil Rhodes et mon humble personne, les aspects personnels étant largement en ma défaveur ; les aspects objectifs sont grandement en faveur du mouvement sioniste. » (23)

Herzl se faisait l’avocat’de l’achèvement de la dispersion des Palestiniens par les sionistes en utilisant des méthodes dont Rhodes avait été le pionnier, et il réclamait d’urgence la formation de l’équivalent juif d’une compagnie coloniale fondatrice, un amalgame d’exploitation coloniale et d’entreprise.

« La Compagnie juive est en partie façonnée selon les lignes d’une grande compagnie d’acquisition. On pourrait l’appeler une Compagnie fondatrice juive, bien qu’elle ne puisse exercer un pouvoir souverain, et n’ait d’autres tâches que purement coloniales. » (24)

« Les plus pauvres d’abord iront cultiver le sol. Selon un plan préétabli ils construiront les routes, les ponts, les chemins de fer et installations télégraphiques, domestiqueront les rivières et construiront leurs propres logements ; leur travail créera le commerce, le commerce créera des marchés, et les marchés attireront de nouveaux colons. » (25)

En 1934, un important groupe d’investisseurs sud-africains et de gros capitalistes avait fondé les “Investissements Afrique-Israël ” pour acheter des terres en Palestine. La compagnie existe toujours après 54 années avec des Sud-Africains comme coactionnaires, les actions étant détenues par la banque israélienne Leumi. (26)

“LE MUR D’ACIER”

La tension provoquée par l’affirmation que la terre était vide et l’exigence que les habitants “inexistants” soient sauvagement asservis était moins aigu lorsque les sionistes discutaient de stratégie entre eux. La réalité de ce qui était nécessaire pour coloniser la Palestine prenait le pas sur la propagande.

L’un des porte-parole idéologiques du sionisme, Vladimir Jabotinsky, est connu comme le fondateur du “sionisme révisionniste”, le courant sioniste que la façade libérale et socialiste employée par les sionistes “ouvriers” irritait (le sionisme révisionniste est représenté aujourd’hui par Menachem Begin et Yitzhak Shamir).

En 1923, Jabotinsky écrivit Le Mur d’acier, que l’on peut considérer comme une borne de référence pour tout le mouvement sioniste. Il avançait sans mettre de gants les prémisses essentielles du sionisme qui avaient, en fait, été établies auparavant, peut-être avec moins d’éloquence, par Theodor Herzl, Chaim Weizmann et d’autres. Le raisonnement de Jabotinsky a été cité et repris dans des plaidoiries sionistes ultérieures - de la prétendue “gauche” à la prétendue “droite”. Il écrivait ce qui suit :

“Il ne peut être question d’une réconciliation volontaire entre nous et les Arabes, ni maintenant, ni dans un futur prévisible. Toute personne de bonne foi, mis à part les aveugles de naissance, a compris depuis longtemps l’impossibilité complète d’aboutir à un accord volontaire avec les Arabes de Palestine pour la transformation de la Palestine d’un pays arabe en pays à majorité juive. Chacun d’entre vous a une compréhension globale de l’histoire de la colonisation. Essayez de trouver un seul exemple où la colonisation d’un pays s’est faite avec l’accord de la population autochtone. Ça ne s’est produit nulle part.

Les autochtones combattront toujours obstinément les colonisateurs - et c’est du pareil au même qu’ils soient civilisés ou non. Les compagnons d’armes de Hernan Cortez ou de Francisco Pizarre se sont conduits comme des brigands. Les Peaux-Rouges ont combattu avec ferveur et sans compromis les colonisateurs au bon coeur comme les méchants. Les indigènes ont combattu parce que toute forme de colonisation n’importe où à n’importe quelle époque est inacceptable pour le peuple indigène. Tout peuple indigène considère son pays comme sa patrie, dont il veut être totalement maître. Il ne permettra pas de bon gré que s’installe un nouveau maître. Il en est ainsi pour les Arabes. Les partisans du compromis parmi nous essaient de nous convaincre que les Arabes sont des espèces d’imbéciles que l’on peut tromper avec des formulations falsifiées de nos buts fondamentaux. Je refuse purement et simplement d’accepter cette vision des Arabes palestiniens.

Ils ont exactement la même psychologie que nous. Ils considèrent la Palestine avec le même amour instinctif et la ferveur véritable avec laquelle tout Aztèque considérait Mexico ou tout Sioux sa prairie. Tout peuple combattra les colonisateurs jusqu’à ce que la dernière étincelle d’espoir d’éviter les dangers de la conquête et de la colonisation soft éteinte. Les Palestiniens combattront de cette façon jusqu‘à qu‘il n‘y ait pour ainsi dire plus une parcelle d’espoir.

Peu importe les mots que nous utilisons pour expliquer notre colonisation. La colonisation a sa propre signification intégrale et inévitable qui est comprise par tous les juifs et tous les Arabes. La colonisation n‘a qu’un but. C’est dans la nature des choses. Changer cette nature est impossible. fi était nécessaire de mener la colonisation contre la volonté des Arabes palestiniens et cette nécessité existe aujourd’hui de la même manière. Même un accord avec les non-Palestiniens est une lubie du même type. Pour que les nationalistes arabes de Bagdad, de la Mecque et de Damas acceptent de payer un tel prix, il faudrait qu‘ils refusent de maintenir le caractère arabe de la Palestine.

Nous ne pouvons offrir aucune compensation contre la Palestine, ni aux Palestiniens, ni aux Arabes. Par conséquent, un accord volontaire est inconcevable. Toute colonisation, même la plus réduite, doit se poursuivre au mépris de la volonté de la population indigène. Et donc, elle ne peut se poursuivre et se développer qu’à l’abri du bouclier de la force, ce qui veut dire un Mur d’acier que la population locale ne pourra jamais briser. Telle est notre politique arabe. La formuler de toute autre façon serait de l’hypocrisie.

Que ce soit au travers de la déclaration Balfour ou au travers du mandat, l’exercice d’une force étrangère est une nécessité pour établir dans le pays les conditions d’un pouvoir et d’une défense par lesquels la population locale, quels que soient ses désirs, soit privée de la possibilité d’empêcher la colonisation, par des moyens administratifs ou physiques. La force doft jouer son rôle - brutalement et sans indulgence. De ce point de vue, il n’y a pas de différence significative entre nos militaristes et nos végétariens. Les uns préfèrent un Mur d’acier fait de baïonnettes juives, les autres un Mur d’acier constitué de baïonnettes anglaises.

Au reproche habituel selon lequel ce point de vue est immoral, je réponds “absolument pas”. C’est là notre morale. Il n’y a pas d’autre morale. Aussi longtemps qu‘il y aura la moindre étincelle d’espoir pour les Arabes de nous résister, ils n’abandonneront pas cet espoir, ni pour des mots doux ni pour des récompenses alléchantes, parce qu’il ne s’agit pas d’une tourbe mais d’un peuple, d’un peuple vivant. Et aucun peuple ne fait de telles concessions sur de telles questions concernant son sort, sa uf lorsqu’il ne reste aucun espoir, jusqu’à ce que nous ayons supprimé toute ouverture visible dans le Mur d’acier.” (27)

LA MÉTAPHORE DE L’ACIER

Le thème et l’imagerie du fer et de l’acier coercitifs évoqués par Vladimir Jabotinsky devaient être repris par le mouvement national-socialiste naissant en Allemagne, de même que Jabotinsky à son tour a été inspiré par Benito Mussolini. L’invocation mystique de la volonté de fer au service de la conquête militaire et chauviniste réunit les idéologues sionistes, colonialistes et fascistes. Elle recherchait sa légitimité dans les légendes d’un passé conquérant.

Le Samson et Dalila de Cecil B. De Mille était plus qu’une romance biblique hollywoodienne sur la perfidie de la femme et la vertu de la force masculine. Ce film était porteur également des valeurs autoritaires du roman dont il était l’adaptation, le “Samson” écrit par Vladimir Jabotinsky, qui se faisait le hérault de la nécessité de la force brute si les Israéliens devaient conquérir les Philistins.

« “Transmettrai-je un message de votre part à notre peuple ?“ Samson réfléchit un moment, puis dit lentement : “Le premier mot c’est le fer. Ils doivent se procurer du fer. Ils doivent donner tout ce qu’ils ont pour obtenir du fer - leur argent et leur blé, leur huile et leur vin et leurs troupeaux, et même leurs femmes et leurs filles. Tout pour le fer ! Il n’y a rien au monde qui ait plus de valeur que l’airain.” » (28)

Jabotinsky, chantre du “Mur d’acier que la population locale ne pourra pas briser” et de “la loi d’airain de tout mouvement colonisateur... la force armée”, allait trouver un écho à son appel au cours des prochaines décennies au travers des grandes razzias sionistes contre le peuple opprimé.

L’actuel ministre de la Défense d’Israël , Yitzhak Rabin, a lancé la guerre de 1967 comme chef d’état-major "à la volonté d’airain". Comme Premier ministre en 1975 et 1976 il lançait la politique de l’Hayad Barzel, “la main de fer”, en Cisjordanie. Plus de 300 000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes dans des conditions où la torture était permanente et institutionnalisée, comme l’a révélé le Sunday Times de Londres et l’a dénoncé Amnesty International.

Son successeur comme chef des armées, Raphael Eitan, a imposé “le bras d’airain” - Zro’aa Barzel - sur la rive ouest, ajoutant l’assassinat à l’arsenal répressif. Le 17 juillet 1982, le cabinet israélien s’est réuni pour préparer ce que le Sunday Times de Londres devait appeler “cette opération militaire de purge des camps soigneusement préparée, appelée Moah Barzel ou Cerveau d’acier”. Les camps en question étaient Sabra et Shatila et l’opération “était bien connue de Sharon et Begin, faisant partie d’un plan plus large de Sharon discuté par le cabinet israélien”. (29)

Lorsque Yitzhak Rabin, qui avait soutenu le Likoud révisionniste au Liban au cours de la guerre, devint le ministre de la Défense de Shimon Peres dans l’actuel gouvernement “d’unité nationale”, il lança au Liban et sur la rive ouest du Jourdain (Cisjordanie) la politique de l’Egrouf Barzel, “le poing de fer”. C’est le “poing de fer” que Rabin a cité à nouveau comme la base de sa politique de répression tous azimuts et de représailles collectives face au soulèvement palestinien de 1987-1988 en Cisjordanie et à Gaza.

LA DOCTRINE DE LA PURETÉ DU SANG

Il est également intéressant de noter que Jabotinsky fondait sa volonté colonialiste sur la doctrine de la pureté du sang. Jabotinsky l’énonçait dans sa Lettre sur l’Autonomie :

“Il est impossible à un homme de s’assimiler à un peuple dont le sang est différent du sien. Pour être assimilé, il faudrait qu’il change son corps, il doit devenir leur par son sang. Il ne peut y avoir d’assimilation. Nous n’autoriserons pas des choses du genre des mariages mixtes parce que la préservation de notre intégrité nationale est impossible autrement que parle maintien de la pureté de la race et pour ce faire nous aurons ce territoire dont notre peuple constituera la population racialement pure.”

Ce thème a été plus largement développé par Jabotinsky :

“La source du sentiment national... se trouve dans le sang de l’homme dans son type physico-racial et là seulement... La vision spirituelle d’un homme est fondamentalement déterminée par sa structure physique. C’est pour cette raison que nous ne croyons pas à l’assimilation spirituelle, fi est inconcevable, d’un point de vue physique, qu’un juif né dans une famille de pur sang juif puisse s’adapter à la vision spirituelle d’un Allemand ou d’un Français. Il peut être entièrement imprégné du fluide germanique, mais le noyau de sa structure spirituelle restera toujours juif.” (30)

L’adoption des doctrines chauvines de la pureté de la race et de la loi du sang n’était pas limitée à Jabotinsky ou aux révisionnistes. Le philosophe libéral Martin Buber situait également son sionisme dans le cadre de la doctrine raciste européenne “Les couches les plus profondes de notre être sont déterminées par le sang, nos pensées les plus intimes et notre volonté sont colorées par lui.” (31)

Comment cela allait-il être mis en application ?


III - La colonisation de la Palestine

En 1917 il y avait 56 000 juifs en Palestine et 644 000 Palestiniens arabes. En 1922, il y avait 83 794 juifs et 663 000 Arabes. En 1931, il y avait 174 616 juifs et 750 000 Arabes. (32)

LA COLLABORATION AVEC LE COLONIALISME BRITANNIQUE

Avec la constitution d’un alliance tacite avec les Britanniques, les sionistes recevaient à présent un soutien sur la base de leur conquête du pays. Ce processus a été décrit par le poète et essayiste marxiste palestinien Ghassan Kanafani

“En dépit du fait qu’une grande partie des capitaux juifs étaient alloués aux zones rurales, et en dépit de la présence des forces militaires impérialistes britanniques et de la pression immense exercée par la machine administrative en faveur des sionistes, ces derniers n’obtinrent que des résultats minimes en ce qui concerne l’acquisition des terres.

fis parvinrent cependant à sérieusement dégrader le statut de la population rurale arabe. La possession de terrains agricoles ou urbains passa de 300 000 dunums en 1929 (26800 hectares) à 250 000 dunums en 1930 (112 000 hectares). Le pourcentage de terre acheté était insignifiant du point de vue d’une colonisation massive et du règlement du “problème juif”. Mais l’expropriation d’un million de dunums - presque un tiers de la terre arable - conduisait à un appauvrissement sévère des paysans arabes et des bédouins.

En 1931, 20 000 familles paysannes avaient été évincées par les sionistes. De plus, la vie des paysans dans un pays sous-développé, et dans le monde arabe en particulier, ne représente pas seulement un mode de production, mais également un mode de vie social, religieux et traditionnel. Ainsi, en plus de la perte de la terre, la société arabe rurale était détruite par le processus de la colonisation.” (33)

L’impérialisme britannique encouragea la déstabilisation économique de l’économie palestinienne. Le gouvernement mandataire octroya un statut privilégié aux capitaux juifs, leur accordant 90 % des concessions en Palestine. Cela permit aux sionistes de prendre le contrôle de l’infrastructure économique (projets de route, minéraux de la mer Morte, électricité, ports, etc). En 1935, les sionistes contrôlaient 872 des 1 212 firmes industrielles en Palestine. Les importations pour des industries sionistes étaient exemptées de taxes . Un Code du travail discriminatoire était adopté contre la force de travail arabe, qui aboutit à un chômage à large échelle et pour ceux qui arrivaient à obtenir du travail à subsister dans des conditions inférieures au niveau de vie moyen.

LE SOULÈVEMENT DE 1936

La perte de leurs terres et la répression accélérèrent pour les Palestiniens la prise de conscience du sort qui les attendait et aboutirent à un vaste soulèvement qui dura de 1936 à 1939.

La révolte prit la forme de la désobéissance civile et de l’insurrection armée. Les paysans quittèrent leurs villages pour rejoindre des unités de combattants qui se formaient dans les montagnes. Les nationalistes arabes de Syrie et Jordanie participèrent bientôt à la bataille.

La décision de refuser de payer les impôts fut prise le 7 mai 1936, lors d’une conférence à laquelle participaient 150 délégués représentant tous les secteurs de la population, et une grève générale balaya la Palestine.

La réaction britannique fut immédiate et brutale. La loi martiale fut déclarée le 30 juillet 1936 - environ cinq mois après le début du soulèvement - et une vaste répression se déchaîna. Quiconque était suspecté d’organiser ou de sympathiser avec la grève générale ou tout autre acte de résistance était emprisonné. On fit sauter les maisons dans toute la Palestine. Une grande partie de la ville de Jaffa fut détruite par les Britanniques le 18 juin 1936, laissant 6 000 personnes sans abri. Les habitations dans les communautés environnantes furent également détruites.

Les Britanniques envoyèrent d’importantes forces militaires en Palestine pour écraser la révolte (20 000 hommes selon les estimations). A la fin de l’année 1937 et au début 1938, cependant, les forces britanniques étaient en passe de perdre le contrôle de la révolte populaire armée.

LES SIONISTES FORMENT UNE POLICE SUPPLÉTIVE

C’est à ce moment-là que les Britanniques commencèrent à s’appuyer sur les sionistes qui leur fournissaient une ressource unique sur laquelle ils n’avaient jamais pu compter dans une quelconque de leurs autres colonies une fonce locale qui faisait cause commune avec le colonialisme britannique et qui était extrêmement mobilisée contre la population indigène. Si avant cette époque les sionistes avaient pris en charge de nombreuses opérations de représailles, ils jouaient à présent un rôle plus important dans l’escalade de la répression qui devait inclure des arrestations massives, des assassinats et des exécutions. En 1938, 5 000 Palestiniens étaient emprisonnés, dont 2 000 condamnés à des peines de prison de longue durée, 148 personnes étaient exécutées pan pendaison et plus de 5 000 logements étaient détruits. (34)

Les forces sionistes étaient intégrées aux services secrets britanniques et devinrent l’organe de police d’une répression britannique draconienne. Une “Force de para-police” fut établie pour fournir une couverture à la présence armée sioniste encouragée par les Britanniques. La Force de para-police comptait 2 863 recrues, 12.000 hommes étaient organisés dans la Haganah, et 3 000 dans l’Organisation militaire nationale (Ingun) de Jabotinsky (35). En été 1937, la Force de para-police fut dénommée Force de défense des colonies juives et plus tard Police de la colonie.

Ben Gourion considérait la “Force de para-police” comme un “cadre” idéal pour l’entraînement de la Haganah. Charles Onde Wingate, officier britannique qui en avait la responsabilité, fut en fait le fondateur de l’armée israélienne. Il entraîna des personnages comme Moshe Dayan pour le terrorisme et l’assassinat.

En 1939, les fonces sionistes travaillant avec les Britanniques regroupaient 14 411 hommes organisés en dix groupes de Police de la colonie bien armés, chacun commandé par un officier britannique, avec un représentant officiel de l’Agence juive comme adjoint. Au printemps 1939, la fonce sioniste comprenait 63 unités motorisées, composée chacune de 8 à 10 hommes.

LE RAPPORT PEEL

Une commission royale fut établie en 1937 sous la direction de Lord Peel, pour déterminer les causes de la révolte de 1936. La Commission Peel conclut que les deux facteurs primordiaux étaient le désir des Palestiniens d’obtenir leur indépendance nationale et la crainte des Palestiniens de voir s’établir une colonie sioniste sur leur sol. Le rapport Peel analysait une série d’autres facteurs avec une franchise inhabituelle. Il s’agissait de

1. L’extension de l’esprit nationaliste arabe en dehors de la Palestine ; 2. L’augmentation de l’immigration juive depuis 1933 ; 3. La capacité des sionistes à dominer l’opinion publique en Grande- Bretagne du fait du soutien tacite du gouvernement ; 4. Le manque de confiance des Arabes dans les bonnes intentions du gouvernement britannique ; 5. La crainte des Palestiniens devant les incessants achats de terre pan les juifs auprès des propriétaires féodaux absentéistes qui vendaient leurs domaines et évinçaient les paysans palestiniens qui travaillaient jusque-là sur leurs ternes ; 6. L’attitude évasive du gouvernement mandataire sur ses intentions en ce qui concernait la souveraineté palestinienne.

Le mouvement national incluait la bourgeoisie urbaine, les propriétaires terriens féodaux, les dirigeants religieux et les représentants des paysans et des ouvriers.

Ses revendications étaient :

1. L’arrêt immédiat de l’immigration sioniste, 2. La cessation et la prohibition du transfert des terres possédées pan les Arabes aux colons sionistes, 3. L’établissement d’un gouvernement démocratique dans lequel les Palestiniens aunaient une majorité de contrôle. (36)

ANALYSE DE LA RÉVOLTE

Ghassan Kanafani décrit ainsi le soulèvement : “La véritable cause de la révolte c’était que le conflit aigu impliqué dans la transformation de la société palestinienne de société arabe agricole féodale et cléricale en société industrielle bourgeoise juive (occidentale) avait atteint son sommet... Le processus de mise en place des racines du colonialisme et de sa transformation d’un mandat britannique en un colonialisme sioniste... atteignit son point le plus élevé au milieu des années 30. et en fait la direction du mouvement nationaliste palestinien tenta d‘adopter une certaine forme de lutte armée parce qu’elle ne pouvait plus continuer à diriger à un moment où le conflit avait atteint des proportions décisives.”(37)

L’incapacité du Mufti et des autres dirigeants religieux, des propriétaires terriens féodaux et de la bourgeoisie naissante à soutenir jusqu’au bout les paysans et les travailleurs a permis au régime colonial et aux sionistes d’écraser la rébellion après trois ans de lutte héroïque. En cela les Britanniques ont été aidés de façon décivise pan la traîtrise des régimes arabes traditionnels, qui dépendaient de leurs tuteurs colonialistes.

La lutte nationale des Palestiniens avait été continue depuis 1918 et s’était accompagnée d’une forme ou une autre de résistance armée. Elle incluait également la désobéissance civile, les grèves générales, le non-paiement des impôts, le refus de porter des cartes d’identité, les boycotts et les manifestations.


IV - Conséquences tragiques

En 1947, il y avait 630 000 juifs et 1 300 000 Palestiniens arabes. Ainsi, à l’époque de la partition de la Palestine par les Nations Unies en 1947, les juifs représentaient 31 % de la population. (38)

La décision de la partition de la Palestine, mise en avant pan les grandes puissances impérialistes et l’Union soviétique de Staline, donnait 54 % de la terne cultivable au mouvement sioniste. Mais avant que l’Etat d’Isnaél ne soit établi, l’Ingun et la Haganah s’étaient emparés des 3/4 de la terne et avaient expûisévintuèllèrnent tous ses habitants.

En 1948, il y avait 475 villes et villages palestiniens. 385 d’entre eux furent totalemen nases, démolis pierre par pierre. 90 ont continué à exister, mais privés de leurs terres.

LES MASQUES TOMBENT

En 1940, Joseph Weitz, chef du Service de colonisation de l’Agence juive, qui etait responsable de l’organisation effective des colonies en Palestine, écrivait “Entre nous, il faut qu’il soit clair qu’il n’y a pas place pour les deux peuples dans le pays. Nous n’atteindrons pas notre but s’il y a des Arabes dans ce petit pays. Il n’y a pas d’autre issue que de transférer les Palestiniens d’ici dans les pays avoisinants, de les transférer tous. Il ne doit pas rester un seul village, une seule tribu.”(39)

Joseph Weitz explicitait ce que signifiait pratiquement rendre la Palestine juive : “Il y en a qui croient que la population non juive, même en pourcentage élevé, à l’intérieur de nos frontières, sera plus facilement surveillée par nous ; et il y en a d’autres qui croient le contraire, c’est-à-dire qu’il est plus facile de surveiller les activités d’un voisin que celles d’un locataire. (Je) tends à soutenir ce deuxième point de vue et j’ai un argument supplémentaire la nécessité de renforcer le caractère de l’Etat qui sera désormais juif (...) avec une minorité non juive limitée à 15 %. J’étais déjà arrivé à cette conclusion fondamentale dès 1940 (et) je l’avais notée dans mon journal." (40) Le “rapport Koenig” exprimait cette politique avec encore plus de brutalité “Nous devons utiliser la terreur, l’assassinat, l’intimidation, la confiscation des terres et la suppression de tous les services sociaux pour débarrasser la Galilée de sa population arabe." (41)

Heilbnun, président du Comité pour la réélection du général Sholom Lahat, le maire de Tel-Aviv, proclamait : “Nous devons tuer tous les Palestiniens à moins qu’ils se résignent à vivre ici comme des esclaves." (42)

“Nous réduirons la population arabe à une communauté dé bûcherons et de ses serviteurs.” (43) Tels sont les termes utilisés par Uni Lubrani, conseiller spécial aux Affaires arabes du Premier ministre israélien David Ben Gourion en 1960.

Raphaél Eitan, chef d’état-major des Forces armées israéliennes, affirmait : “Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit à s’établir ne serait-ce que sur un centimètre d’Eretz Israel. Vous autres bonnes âmes et modérés devriez savoir que les chambres à gaz d’Adolf Hitler seraient pour eux un palais de récréation... La force est la seule chose qu’ils comprennent et qu’ils comprendront jamais. Nous utiliserons la force extrême jusqu’à ce que les Palestiniens viennent nos pieds en rampant.”(44)

Eitan précisa au Comité de la Knesset pour les Affaires étrangères et la Défense : "Lors que nous aurons pacifié le pays, tout ce que les Arabes pourront faire ce sera de tourner en rond comme des cafards drogués dans une bouteille." (45)

BEN GOURION ET LE BUT FINAL

Les ambitions territoriales du sionisme ont été clairement établies par David Ben Gourion dans un discours lors d’un rassemblement sioniste le 13 octobre 1936 : “Nous ne suggéronps pas d’annoncer maintenant notre but final qui va très loin - plus loin encore que les révisionnistes qui s‘opposent à la partition. Je ne veux pas abandonner’ Ja grande vision, la vision finale qui est une composante organique, spirituelle et idéologique de mes (...) aspirations sionistes."(46)

"Les frontières des aspirations sionistes sont l’affaire du peuple juif et aucun facteur externe ne pourra les limiter." (47)

En 1936, Ben Gourion, dans une lettre à son fils, écrivit : “Un Etat juif partiel n’est pas une fin, mais seulement un commencement. Je suis convaincu que l’on ne peut nous empêcher de nous établir dans les autres parties du pays et de la région.”

En 1938, il fut plus explicite : "Les frontières des aspirations sionistes”, dit-il au Conseil mondial de Poalei Zion à Tel-Aviv, “incluent le Liban-Sud, le sud de la Syrie, la Jordanie d’aujourd’hui, toute la Cisjordanie, et le Sinaï" (48)

Ben Gourion a formulé la stratégie sioniste très clairement : “Après être devenus une force importante grâce à la création de l’Etat, nous abolirons la partition et nous nous étendrons à toute la Palestine. L’Etat ne serïa qu’une étape dans la réalisation du sionisme et sa tâche est de prépàrer le terrain à l’expansion. L‘Etat devra préserver l’ordre - non par le prêché mais par les mitrailleuses.” (49)

En mai 1948 il présenta ses orientations stratégiques à l’état-major suprême : "Nous devrions nous préparer à lancer l’offensive. Notre but c’est d’écraser le Liban, la Cisjordanie et la Syrie. Le point faible c’est le Liban, car le régime musulman y est artificiel et il nous sera facile dé le miner. Nous y établirons un Etat chrétien, puis nous écraserons la Légion arabe, éliminerons la Cisjordanie ; la Syrie tombera dans nos mains. Nous bombardons alors et a van çons pour prendre Port-Saïd, Alexandrie et le Sinaï." (50)

Lorsque le général Yigal Allon demanda à Ben Gourion : “Que ferons-nous de la population de Lydda et Ramle ?" - environ 50 000 habitants - Ben Gourion, selon son biographe, agita la main et dit :"Chassez-les !" (51)

Yitzhak Rabin, actuel ministre de la Défense, réalisa cet édit. A Lydda et Ramle, il ne reste plus pierre sur pierre des habitations palestiniennes. Cette zone est aujourd’hui entièrement occupée par une population de colons juifs.

Michael Ban Zohar, dans sa biographie de David Ben Gourion, décrit la première visite de Ben Gourion à Nazareth. « Ben Gourion regarda autour de lui avec étonnement et dit "Pourquoi y a-t-il autant d’Arabes, pourquoi ne les avez-vous pas chassés ?“ »

Les Palestiniens ont été effectivement chassés. Entre le 29 novembre 1947, lorsque les Nations Unies divisèrent la Palestine, et le 15 mai 1948, lorsque l’Etat fut formellement proclamé, l’armée sioniste et les milices s’étaient emparées de 75 % de la Palestine, chassant du pays 780 000 Palestiniens.

LA BOUCHERIE COMMENCE : DEIR YASIN

Ce fut un processus de massacres permanents au fun et à mesure que les villages étaient balayés l’un après l’autre. La tuerie avait pour but de pousser la population à fuir pour sauver sa vie.

Le commandant de la Haganah, Zvi Ankoni, décrivit ce qui se passa : “J’ai vu des parties génitales tranchées et des femmes éventrées... C’étaient des meurtres purs et simples.” (52)

Menachem Begin se vanta de l’impact dans toute la Palestine des opérations de type nazi qu’il commanda à Deir Yasin. Des commandos Lehi et IZL s’abattirent sur le village de Den Yasin le 9 avril 1948, massacrant 254 hommes, femmes et enfants.

“Une légende de terreur se propagea parmi les Arabes qui étaient saisis de panique en entendant le nom de nos soldats de l’Irgun. Cela valait une demi-douzaine de bataillons pour les forces israéliennes. Les Arabes dans tout le pays (...) ont été saisis d’une panique sans limites et ont commence a s enfuir pour sauver leurs vies. Cet exode massif se transforma bientôt en un sauve-qui-peut affolé, incontrôlable. Sur les 800 000 Arabes qui vivaient sur le territoire actuel de l’Etat d’Israêl, il n’en reste que 165 000. La signification politique et économique de ce développement ne peut être sous-estimée.” (53)

La mise en oeuvre de ce programme fut réalisée en partie par Menachem Begin et en partie par son futur successeur comme Premier ministre, Yitzhak Shamir, comme commandants militaires de la Lohamei Henut Israël (LEHI), c’est-à-dire des Combattants pour la liberté d’Israel. Les habitants de Jénusalem furent forcés de traverser à pied la ville dans leurs vêtements trempés de sang devant les passants ricanants avant de disparaître.

LES RÉCITS DES TÉMOINS

Les récits des témoins de ces événements faisaient présager le sort du peuple palestinien.

“La nuit tombait lorsque la bataille s’arrêta et que la mitraille cessa. Les choses s’étaient calmées, mais le village ne s’était pas rendu. L’IZL (l’Irgun) et les corps francs de la LEHI (le gang de Stern) sortirent des endroits où ils s’étaient cachés et commencèrent à mener des opérations de nettoyage dans les maisons. Ils tiraient avec toutes les armes qu’ils possédaient, et lançaient des explosifs à l’intérieur des maisons. Ils tiraient également sur toutes les personnes qu’ils trouvaient dans les maisons, y compris les femmes et les enfants - de fait les commandants ne firent aucune tentative pour empêcher ces boucheries déshonorantes. Certains habitants et moi-même nous avons supplié les commandants de donner l’ordre à leurs hommes d’arrêter de tirer, mais en vain. Pendant ce temps, environ 25 hommes avaient été traînés hors des maisons ; ils ont été entassés dans une camionnette et promenés pour une “parade de victoire”, comme dans les triomphes romains, à travers les quartiers de Mahaneh Yehudah et Zikhron Yosef (de Jérusalem). A la fin de la parade ils ont été emmenés dans une carrière entre Givat Shaul et Der Yasin et abattus de sang-froid. Les soldats ont mis alors les femmes et les enfants encore vivants dans une camionnette et les ont emmenés à Mandelbaum Gate.” (54)

Le directeur de la Croix Rouge de Palestine, Jacques de Reynien, tenta d’intervenir alors que les informations sur la boucherie se répandaient. Son témoignage personnel est le suivant :

“... Le commandant du détachement de l’Irgun ne semblait pas vouloir me recevoir. A la fin il arriva, jeune, distingué, et parfaitement poli, mais avec une lueur particulière dans le regard, froide et cruelle. Selon lui l’Irgun était arrivée vingt-quatre heures auparavant et avait donné l’ordre aux habitants par haut-parleurs d’évacuer toutes les maisons et de se rendre le délai donné pour obéir était d’un quart d’heure. “Certains de ces misérables se sont avancés et ont été fait prisonniers, pour être relâchés ensuite en direction des lignes arabes. Les autres n’ayant pas obéi aux ordres ont eu le sort qu’ils méritaient. Mais il n’y a pas de raison d’exagérer les choses, il n‘y avait eu que quelques morts, et ils seraient enterrés dès que le “nettoyage” du village serait terminé. Si je trouvais des corps, je pouvais les prendre, mais je ne trouverais certainement pas de blessés.

Ce rapport me glaça le sang. Je retournais sur la route de Jérusalem et trouvais une ambulance et un camion que j’avais alertés par la Croix Rouge... J’atteignis le village avec mon convoi, et les coups de feu cessèrent. Les hommes du gang (l’Irgun) portaient des uniformes et des casques. Ils étaient tous jeunes, certains même adolescents, hommes et femmes, armés jusqu‘aux dents revolvers, mitraillettes, grenades, et aussi des coutelas à la main, la plupart d’entre eux couverts de sang. Une très belle jeune fille aux yeux de criminelle me montra le sien encore dégouttant de sang ; elle me le montra comme un trophée. C’était l’équipe de “nettoyage”, qui réalisait sa tâche de toute évidence très consciencieusement. J’essayais de rentrer dans une maison. Une douzaine de soldats m’entourèrent, leurs mitraillettes pointées sur moi, et leur officier m‘interdit de bouger. Les cadavres, si jamais il y en avait, me seraient remis, dit-il. Je fus pris d’une des rages les plus folles de ma vie, signifiant à ces criminels ce que je pensais de leurs actes, les menaçant de tout ce qui pouvait me venir à l’esprit, puis les repoussais pour pénétrer dans la maison.

La première pièce était sombre, tout était sens dessus dessous, mais il n‘y avait personne. Dans la seconde, parmi les meubles défoncés et toutes sortes de débris, j’ai trouvé des corps, déjà froids. Ici le “nettoyage” avait été fait à la mitraillette puis à la grenade. Il avait été fini au couteau, de toute évidence. C’était la même chose dans la pièce suivante, mais comme j’allais sortir, j’ai entendu une espèce de soupir. J’ai regardé partout, retourné tous les corps, et fini par trouver un petit pied, encore chaud. C’était une petite fille de dix ans, mutilée par une grenade, mais encore vivante... Partout c’était la même vision horrible... Il y avait eu quatre cents personnes dans ce village, cinquante environ s‘étaient échappées et étaient encore en vie. Tous les autres avaient été délibérément massacrés de sang-froid, car comme j’ai pu l’observer moi-même, ce gang était parfaitement discipliné et n‘agissait que sur ordre.

Après une autre visite à Der Yasin, je retournais à mon bureau où je reçus la visite de deux gentlemen en civil, bien habillés, qui m‘attendaient depuis plus d’une heure. C’étaient le commandant du détachement de l’Irgun et son aide. Ils avaient préparé un papier qu’ils voulaient que je signe. C’était une déclaration certifiant que j’avais été reçu par eux très courtoisement, avais obtenu toutes les facilités que j’avais demandées pour l’accomplissement de ma mission, et les remerciant pour l’aide qu’ils m’avaient apportée. Comme je montrais des signes d’hésitation et commençais même à discuter, ils me dirent que si je tenais à la vie, je ferais mieux de signer immédiatement. La seule chose qu’il me restait à faire, c’était de les con vaincre que je n’accordais aucune valeur à ma vie.” (55)

LA BOUCHERIE DE DUEIMA

Si le massacre a été perpétré par les organisations clandestines sionistes révisionnistes de “droite”, l’IZL et la LEHI, des massacres similaires se sont produits à une échelle identique dans tout le pays. Le massacre de Dueima en 1948 fut perpétré par l’armée officielle ouvrière sioniste d’Israël , les Forces de défense israélienne (Tzeva Haganah le-Israël ou ZAHAL). Le compte rendu du massacre, tel que le décrit un soldat qui participa à l’horreur, fut publié dans Davar, le quotidien hébreu officiel de la Fédération générale des travailleurs de la Histradrut, dirigée par les Sionistes ouvriers :

“...Ils ont tué entre quatre-vingts et cent Arabes, hommes, femmes et enfants. Pour tuer les enfants ils (les soldats) leur fracassaient le crâne à coups de bâton. Il n‘y avait pas une maison sans cadavres. Les hommes et les femmes des villages furent repoussés à l’intérieur des maisons sans eau ni nourriture. Puis les saboteurs vinrent les dynamiter.

Un commandant ordonna à un soldat d’amener deux femmes dans un bâtiment qu ’il allait faire sauter... Un autre soldat se vantait d’avoir violé deux femmes arabes avant de les tuer d’une balle. On obligea une autre femme arabe avec son bébé nouveau-né à nettoyer l’en droft pendant deux jours, puis ils la descendirent elle et son bébé. Des commandants cultivés et aux bonnes manières qui étaient considérés comme de “bons garçons” (...) devinrent de vils meurtriers, et ce non dans le feu de la bataille, mais en fonction d’une méthode d’expulsion et d’extermination. Moins il restait d’Arabes, mieux c’était.“ (56)

La valeur stratégique du massacre de Der Yasin devait être affirmée des années durant par des dirigeants sionistes comme Eldad (Scheib) qui, avec Yitzhak Shamir et Nathan Yalin-Mor (Feldman), fut responsable de la LEHI. Ayant pris la parole lors d’un meeting en juillet 1967, ses remarques furent publiées dans le journal d’opinion bien connu, De’ot, durant l’hiver 1968 : “J’ai toujours dit que si l’espoir le plus intense et le plus profond est la reconstruction du Temple (juif)... alors il est évident que ces mosquées (al-Haram, al-Sharif et ai-A qsa) devront, d’une façon ou d’une autre, disparaître un de ces jours... Sans Der Yasin, un demi- million d’Arabes seraient restés vivre dans l’Etat d’Israêl (en 1948). L‘Etat d’Israêl n’aurait pas existé. Nous devons prendre cela en considération, en étant pleinement conscients de la responsabilité que cela implique. Toutes les guerres sont cruelles. On ne peut pas sortir de là. Ce pays sera soit Eretz Israel, avec une majorité absolue de juifs et une petite minorité arabe, soit Eretz Ishmael, et l’émigration juive recommencera si nous n’expulsons pas les Arabes d’une façon ou d’une autre." (57)

MEURTRE À GAZA

Le programme de massacres ne se termina pas avec la formation de I’Etat. Le journal de Meir Har Tzion décrit les massacres dans les camps de réfugiés et les villages de Gaza au début des années 50 :

“La vaste étendue du lit asséché de la rivière scintille au clair de lune. Nous avançons avec précaution le long du versant de la montagne. On aperçoit plusieurs maisons... Au loin on voit trois lumières et l’on entend le son d’une musique arabe qui sort des maisons immergées dans l’ombre. Nous nous séparons en trois groupes de quatre hommes chacun. Deux groupes se dirigent vers l’immense camp de réfugiés (Al Burj) au sud de notre position. L’autre groupe marche vers la maison isolée dans l’étendue plate au nord de Wadi Gaza. Nous marchons, piétinant des champs verdoyants, pataugeant dans des canaux tandis que la lune nous baigne de sa lumière scintillante. Bientôt cependant, le silence sera détruit par le bruit des balles, des explosions, et les cris de ceux qui pour l’instant dorment paisiblement. Nous avançons rapidement et entrons dans l’une des maisons. “Man Haatha ?” (“Qui est là ?” en arabe).

Nous bondissons vers les voix. Effrayés et tremblants, deux Arabes sont debouts contre le mur de l’édifice. Ils essaient de s’échapper. J’ouvre le feu. Un cri perçant remplit l’air. L’un des hommes tombe à terre pendant que son ami continue à courir. A présent il faut agir - nous n’avons pas de temps à perdre. Nous nous déplaçons de maison en maison tandis que les Arabes rampent ici et là dans la confusion.

Les mitrailleuses crépitent, leur bruit se mélange à des hurlements terribles. Nous atteignons la rue principale du camp. La foule des Arabes en fuite grossit. L’autre groupe attaque de la direction opposée. Le tonnerre des grenades fait écho au loin. Nous recevons l’ordre de la retraite. L’attaque est terminée.” (58)

KIBYA ET LE COMMANDO UNITE 101

Le Premier ministre Moshe Sharett (1954-55) a fait le compte rendu suivant du massacre qui eut lieu au village de Kibya en 1953 (18 octobre 1953). Ariel Sharon commandait personnellement cette action au cours de laquelle furent massacrés chez eux des hommes, des femmes et des enfants.

“(Lors de la réunion du cabinet) j’ai condamné l’affaire de Kibya qui nous dévoile aux yeux du monde entier comme un gang assoiffé de sang capable de faire des massacres... J’ai averti que cette tache nous collerait à la peau et ne pourrait être lavée pour des années à venir. Il a été décidé qu’un communiqué serait publié sur Kibya, et Ben Gourion devait l’écrire. C’est vraiment un acte honteux. J’ai posé la question plusieurs fois et à chaque fois on m‘a solennellement assuré que les gens ne sauraient pas comment cela avait été fait." (59)

Sharett notait dans son journal les détails du massacre de villages palestiniens en 1955 : “L‘opinion publique, l’armée et la police ont conclu qu’on pouvait librement verser le sang arabe. Cela doit faire apparaître l’Etat aux yeux du monde comme un Etat barbare." (60)

KAFR KASIM : LE CARNAGE CONTINUE

Le massacre de Kafr Kasim s’est déroulé selon le schéma sioniste. En octobre 1956, l’officier supérieur israélien Shadmi, commandant un bataillon sur la frontière israélo-jordanienne, a donné l’ordre qu’un couvre-feu nocturne soit imposé à la “minorité” (arabe) des villages sous son commandement. Ces villages se trouvent à l’intérieur des frontières israéliennes ; leurs habitants étaient donc des citoyens israéliens. Shadmi a dit à un commandant d’une unité de la Garde frontière, le major Melinki, que le couvre-feu devait être “extrêmement strict” et qu’ “il ne suffirait pas d’arrêter ceux qui ne le respecteraient pas - il faudrait les abattre”. Il ajouta : “Mieux vaut un homme mort que les complications d’un emprisonnement." (61)

“Il (Melinki) informa les officiers rassemblés que (...) leur tâche était d’imposer le couvre-feu dans les villages de la minorité de 17 heures à 6 heures... Quiconque quitterait sa demeure ou quiconque ne repecterait pas le couvre-feu devrait être abattu. Il ajouta qu’il ne devrait y avoir aucune arrestation et que si un certain nombre de gens étaient tués cette nuit cela faciliterait l’imposition du couvre-feu les nuits suivantes.

Le lieutenant Frankanthal lui demanda : “Que faisons-nous des blessés ?“ Melinki répondit : “Ne vous occupez pas d’eux”. “Un chef de section demanda alors : “Et les femmes et les enfants ?“ Ce à quoi Melinki répondit : “Pas de sentimentalité”. Lorsqu’on lui demanda : “Et les gens qui rentrent de leur travail ?“, Melinki répondit : “Comme a dit le commandant, ce sera dommage pour eux.”

Les auteurs du massacre de Kafr Kasim - une unité de commando d’Ariel Sharon, l’unité de commando 101 - ont tous été récompensés par des médailles et des promotions au sein des Forces armées israéliennes.

Les méthodes de génocide nécessaires pour imposer l’Etat-colon dans le cadre des frontières d’Israël d’avant 1967 sont considérées comme un modèle pour la façon de traiter les Palestiniens dans les territoires occupés d’après 1967. Aharon Yariv, ancien chef des services secrets militaires et ministre de l’Information, déclarait lors d’un séminaire public de l’Institut Léonard Davis pour les Relations internationales de l’Université hébraïque de Jérusalem : “Certains plaident pour qu’une situation de guerre soit utilisée pour exiler 700 000 ou 800 000 Arabes. Cette opinion est largement répandue. Des déclarations ont été faites en la matière, et les moyens (un appareil) en ont également été préparés.” (62)


V - La mainmise sur la terre

Il convient de revenir sur l’ampleur de cette politique meurtrière et ses conséquences. Dans les territoires passés sous occupation israélienne après la partition, il y avait approximativement 950 000 Arabes palestiniens. Ils vivaient dans près de 500 villages et dans toutes les grandes villes, y compris Tibériade, Safed, Nazareth, Shafa Amr, Acre, Haïfa, Jafa, Lydda, Ramle, Jérusalem, Majdal (Ashqelon), Isdud (Ashdod) et Bethsabé.

En moins de six mois, il ne restait que 138 000 personnes (les chiffres varient entre 130 000 et 165 000). La grande majorité des Palestiniens furent tués, expulsés de force ou s’enfuirent de panique devant les bandes de tueurs des unités militaires israéliennes.

Ayant ainsi éliminé la plupart des habitants palestiniens de la terre de Palestine, le gouvernement israélien entreprit la destruction systématique de leurs habitations et possessions. Près de 400 villages et cités furent totalement rasés en 1948 et 1949. D’autres suivirent dans les années 50.

Le tableau que nous reproduisons en page suivante a été réalisé par Israel Shahak, président de la Ligue israélienne pour les Droits de l’homme et du citoyen, sous le titre "Villages arabes détruits en Israël" (64).

Shahak souligne que cette liste, bien que documentée, est incomplète parce qu’il est impossible de retrouver de nombreuses communautés et tribus arabes. Les documents officiels israéliens caractérisent par exemple 44 villages et villes de bédouins comme étant des "tribus" pour réduire, par un artifice de recensement, le nombre d’implantations palestiniennes permanentes.

Moshe Dayan, dans son résumé sur la nature de la colonisation sioniste devant les étudiants de l’Institut de Technologie israélien (le Techniyon), s’exprime clairement

"Nous sommes arrivés ici dans un pays peuplé d’Arabes, et nous construisons ici un Etat hébreu, juif. A la place des villages arabes, nous avons établi des villages juifs. Vous ne connaissez même pas le nom de ces villages et je ne vous le reproche pas, car les livres de géographie correspondants n ’existent plus. Et non seulement les livres, mais les villages n ’existent plus.

Nahahal a remplacé Mahahul, Gevat a remplacé Jibta, Sarid a pris la place de Hanifas et Kafr Yehoushu’a celle de Tel Shamam. Il n’y a pas une seule implantation de colons qui n’ait été faite sur les lieux d’un ex-village arabe." (65).

LA PROPRIÉTÉ DES "ABSENTS"

Avec l’expulsion des Palestiniens et la destruction de leurs villes et villages, une grande quantité de propriétés furent confisquées sous la rubrique "Loi sur les propriétaires absents" (1950).

Jusqu’en 1947, la propriété terrienne juive en Palestine représentait environ 6 Wo. Lorsque l’Etat fut formellement établi, le Fonds national juif estimait à 90% les terres qu’il avait réquisitionnées.

"Sur la totalité du sol de l’Etat d’Israêl, seuls 300 000 à 400 000 dunums (26 800 - 35 600 hectares) représentent le domaine d’Etat que le gouvernement israélien a reçu du régime du mandat britannique (2 %). Le FNJ (Fonds national juil) et les propriétaires juifs privés possèdent moins de 2 millions de dunums (10 %). Presque tout le reste (c’est-à-dire 88 % des 20 225 000 dunums (1 800 000 hectares) dans le cadre des frontières de l’armistice de 1949) appartient légalement à des propriétaires arabes, dont un grand nombre a quitté le pays." (66).

La valeur de ce vol de propriété représentait plus de 300 milliards de dollars - il y a plus de 30 ans. En dollars actuels, il faudrait quadrupler ce chiffre. L’Etat d’Israël résulte de la piraterie et du pillage.

"Le Bureau des réfugiés de l’ONU estimait la valeur des vergers, forêts, propriétés mobilières et immobilières abandonnés par les Arabes sur le territoire sous juridiction israélienne à environ 118-120 milliards de livres sterling, en moyenne 130 livres (364 dollars) par réfugié." (67).

La confiscation des propriétés palestiniennes était indispensable pour faire d’Israel un Etat viable. Entre 1948 et 1953, 370 villes juives et colonies furent établies. 350 le furent sur des propriétés "d’absents". En 1954, environ 35 % des juifs d’Israel vivaient sur des propriétés confisquées aux absents et environ 250 000 nouveaux immigrants s’installèrent dans les zones urbaines dont les Palestiniens avaient été expulsés. Des villes entières avaient été vidées de leurs habitants palestiniens, comme Jaffa, Acre, Lydda, Ramle, Bisan et Majdal (Ashqelon).

Ce pillage atteignit 385 villes et villages entiers, et de larges parties de 94 autres villes et cités, représentant 25 Wo de la surface construite d’Israel. 10 000 entreprises et commerces de détail furent transmis aux colons juifs.

De 1948 à 1953 - la période d’immigration la plus importante -l’importance économique pour Israël des propriétés arabes saisies fut décisive. La proportion de terre cultivable confisquée après l’expulsion des Palestiniens de leur pays par les massacres représentait deux fois et demi l’ensemble de la terre fournie aux sionistes à la fin du mandat.

A peu près tous les vergers d’agrumes possédés par des Palestiniens furent saisis - ce qui représentait plus de 240 000 dunums (21 200 hectares). En 1951, 125 millions de cageots d’agrumes produits des vergers arabes confisqués étaient entre les mains des Israéliens -soit 10 % des profits en devises provenant des exportations du pays.

En 1951, 95 ¾ des bosquets d’oliviers israéliens provenaient des terres confisquées aux Palestiniens. La production d’olives des bosquets palestiniens ainsi volés occupait la troisième place des exportations par ordre d’importance - après les agrumes et les diamants. Un tiers de toute la production de pierres provenait de cinquante-deux carrières palestiniennes confisquées (68).

La mythologie sioniste inclut l’affirmation selon laquelle l’industrie sioniste, l’acharnement et le travail ont transformé une terre qui n’était auparavant qu’un désert dénudé, négligé par ses occupants arabes nomades primitifs, en un jardin - faisant fleurir le désert. En fait les vergers palestiniens, l’industrie, les marchandises accumulées, les industries, les maisons et possessions furent pillés après avoir été.conquis par des massacres - le vaisseau de l’Etat était un vaisseau de pirates, son véritable drapeau, - le drapeau noir à tête de mort.

DESTRUCTION DE VILLAGES ARABES PALESTINIENS NOM DU DISTRICT NOMBRE DE VILLAGES AVANT 1948 "JUDAISER" LA TERRE

En mai 1954, le Keren Kayemeth le-Israël , "Fonds perpétuel pour Israel" fut intégré à Israël et acquit toutes les caractéristiques du Fonds national juif.

Le Fonds national juif s’était procuré son premier terrain en 1905. Ses objectifs étaient définis comme l’acquisition de terres "pour l’établissement de juifs sur ces terres" (69).

En novembre 1961, le F.N.J. et le gouvernement israélien signèrent une convention fondée sur la législation adoptée en juillet 1960. Une politique uniforme eut force de loi sur 92 % de la terre en Israël sous l’égide du Keren Kayemeth le-Israel et du F.N.J..

Toute relation avec ces terres était gouvernée par la condition suivante inscrite dans tous les baux ayant trait à la propriété "Le preneur doit être juif et doit s’engager à faire exécuter tous les travaux concernant la culture et l’entretien de la propriété uniquement par des travailleurs juifs." (70).

La conséquence en était que la terre ne pouvait être louée à un non-juif, ni être sous-louée, vendue, hypothéquée, donnée ou léguée à un non-juif. Les non-juifs ne pouvaient être employés pour la culture ou pour tout travail relié à l’agriculture. Si ces conditions étaient violées, à la fois des amendes et la suppression du bail sans compensation s’ ensuivaient.

Ce qui est particulièrement instructif, c’est que ces règlements ne sont pas imposés seulement par le F.N.J., mais par l’Etat, par des lois. Elles s’appliquent au F.N.J. et à toutes les terres d’Etat.

INUTILE POUR LES NON-JUIFS DE SE PRÉSENTER

En Israel, ces terres d’Etat sont placées dans la catégorie "terre nationale". Cela signifie "juive", et non israélienne. L’embauche de non-juifs est considérée comme illégale et punie pour infraction à la loi. Du fait du manque de fermiers juifs, et comme les Palestiniens recevaient un salaire inférieur à celui des travailleurs juifs, certains fermiers juifs (comme Ariel Sharon) employaient des Arabes. Cette pratique est illégale ! En 1974, le ministre de l’Agriculture dénonçait cette pratique comme "un cancer" (71).

Les arrangements par lesquels certaines terres sont sous-louées en métayage à des Arabes sont dénoncées. L’extension de cette pratique, étant donnés les super-profits dérivant du travail à bas prix des Palestiniens, a été étiquetée comme "une peste" par le ministre de l’Agriculture. Le département des concessions de l’Agence juive a averti que de telles pratiques violaient la loi, les règlements de l’Agence juive et de l’avenant entre l’Etat israélien et le F.N.J.. L’utilisation de non-juifs a été punie par des amendes et une "donation spéciale au Fonds spécial" (72).

Israël Shahak a décrit ce processus comme une "dégoûtante mixture de discrimination raciale et de corruption fiancière".

Ce que tout cela révèle, cependant, c’est que l’Etat d’Israel utilise les mots usuels dans un sens uniquement raciste. Les "gens" signifient seulement les juifs. Un "immigrant" ou un "colon" ne peut être qu’un juif. Une concession signifie une concession pour les juifs seulement. La terre nationale signifie la terre juive - non la terre israélienne.

Ainsi, les lois et les droits, les protections et le droit à l’emploi ou la propriété n’appartiennent qu’aux juifs. La citoyenneté ou la nationalité "israélienne" s’appliquent strictement aux juifs dans toutes les acceptions spécifiques à leur signification et leur domaine.

La définition d’un juif étant entièrement fondée sur le diktat religieux orthodoxe, avoir "des générations de descendance maternelle juive" est la condition préalable pour bénéficier légalement du droit à la propriété, à l’emploi ou à une protection. Il n’existe pas d’exemple plus cristallin de lois et procédures racistes.

En utilisant ces mêmes critères, plus de 55 % de la terre et 70 % de l’eau en Cisjordanie (territoire occupé en 1967) ont été confisqués au bénéfice de 6 % de la population - les quelque 40 000 colons au regard des 800 000 Palestiniens. A Gaza (territoire occupé en 1967), 2 200 colons se sont vu octroyer plus de 40 % de la terre tandis qu’un demi-million de Palestiniens sont confinés dans des camps surpeuplés et des bidonvilles.

Ainsi, ces pratiques universellement condamnées dans les territoires occupés après 1967 ne sont que le prolongement du processus même par lequel l’Etat d’Israël lui-même a été établi.

L’utilisation de la force, la confiscation de la terre et l’exclusion des travailleurs non juifs est au centre de la théorie et de la pratique sionistes. Theodor Herzl avait promulgué ce programme le 12juin 1895 "Nous ferons disparaître comme par enchantement (...) la population sans le sou de l’autre côté de la frontière (...) tout en lui refusant tout emploi dans notre pays." (73).

LE KIBBUTZIM RACISTE

Ironiquement, l’institution israélienne sur laquelle sont entretenues les plus grandes illusions est le kibbutz - un prétendu exemple de coopération socialiste.

Comme le disait Israel Shahak " L’organisation israélienne qui pratique le plus haut degré d’exclusion raciste est le kibbutz. La majorité des Israéliens sont conscients du caractère raciste du kibbutz qui s’est affirmé non seulement contre les Palestiniens, mais contre tout être humain non juif pendant très longtemps. " (74).

Le kibbutzim existe essentiellement sur des terres palestiniennes confisquées. Les non-juifs ne peuvent en être membres. Si des "travailleurs temporaires" chrétiens ont des relations avec des femmes juives, ils sont forcés de se convertir au judaïsme pour pouvoir être membres d’un kibbutz. Shahak raconte " Les candidats chrétiens à l’intégration par leur conversion dans un kibbutz doivent promettre de cracher dorénavant lorsqu ’ils passeront devant une église ou une croix. " (75).

Aujourd’hui, environ 93 % de la terre qu’on appelle l’Etat d’Israel est administrée par le Fonds national juif avec les règles suivantes pour avoir le droit de vivre sur une terre, de la louer ou d’y travailler, il vous faut prouver que vous avez au moins trois générations de descendance maternelle juive.

Si aux Etats-Unis, pour pouvoir vivre sur une terre, la louer, en être bailleur, y récolter, ou y travailler de quelque façon que ce soit, vous deviez prouver que vous n’avez pas de descendance maternelle juive depuis au moins trois générations, qui douterait du caractère raciste d’une telle législation ?


VI - Le sionisme et les juifs

Si la colonisation de la Palestine a été caractérisée par une série de déprédations, il nous faut prendre le temps d’examiner l’attitude du mouvement sioniste non seulement envers ses victimes palestiniennes (sur laquelle nous reviendrons), mais envers les juifs eux-mêmes.

Herzl lui-même écrivait sur les juifs de la façon suivante " J’ai réussi à atteindre une attitude plus libre envers l’anti-sémitisme, que je commence maintenant à comprendre historiquement et à pardonner. Par dessus tout, je suis conscient de la vanité et la futilité de vouloir "combattre" l’anti-sémitisme. " (76).

L’organisation de jeunesse des sionistes, Hashomer Hatzair (Jeune Garde), avait publié ceci "Un juif est la caricature d’un être humain naturel, normal, tant physiquemenet que spirituellement. Comme individu dans une société il se révolte et rejette le harnais des obligations sociales, ne reconnaît ni ordre ni discipline. " (77).

"Le peuple juif, écrivait Jabotinsky dans la même veine, est un très mauvais peuple ; ses voisins le haissent et à juste titre... La seule chose qui puisse le sauver c’est une immigration générale vers la terre d’Israêl. " (78).

Les fondateurs du sionisme désespéraient de combattre l’antisémitisme, et paradoxalement, considéraient les anti-sémites eux-mêmes comme des alliés, parce qu’ils partageaient avec eux le même désir de faire quitter aux juifs les pays où ils vivaient. Peu à peu, ils assimilèrent les valeurs de la haine des juifs et de l’anti-sémitisme, au fur et à mesure que le mouvement sioniste en venait à considérer les anti-sémites eux-mêmes comme leurs "sponsors" et protecteurs les plus dignes de confiance.

Theodor Herzl alla voir le comte von Plehve lui-même - organisateur des pires pogroms qu’ait commis la Russie, les pogroms de Kishinev -, avec la proposition suivante "Aidez-moi à atteindre cette terre (la Palestine) plus rapidement et la révolte (contre la férule tsariste) cessera." (79).

Von Plevhe donna son accord, et entreprit de financer le mouvement sioniste. Il devait se plaindre plus tard auprès de Herzl "Les juifs ont rejoint les partis révolutionnaires. Nous avions de la sympathie pour votre mouvement sioniste à partir du moment où il travaillait pour l’émigration. Vous n ’avez pas besoin de justifier votre mouvement à mes yeux. Vous prêchez un converti." (80).

Herzl et Weissmann offrirent d’aider à garantir les intérêts tsaristes en Palestine et à débarrasser l’Europe de l’Est et la Russie de ces " juifs anarcho-bolcheviques nocifs et subversifs ".

Comme nous l’avons déjà noté, le même appel avait été lancé par les sionistes à l’adresse du sultan de Turquie, du Kaiser allemand, de l’impérialisme français et de l’Empire britannique.

SIONISME ET FASCISME

L’histoire du sionisme - en grande partie dissimulée - est sordide.

Mussolini fournit aux escadrons du mouvement de jeunesse des sionistes révisionnistes, le Betar, des chemises noires pour rivaliser avec ses propres bandes fascistes. Lorsque Menachem Begin devint le dirigeant du Betar, il préféra les chemises brunes des bandes de Hitler, un uniforme que Begin et les membres du Betar portaient dans tous leurs meetings et rassemblements - au cours desquels ils s’accueillaient, ouvraient et clôturaient leurs réunions par le salut fasciste.

Simon Petilura était un fasciste ukrainien qui dirigea personnellement 897 pogroms particuliers qui aboutirent à la mort de 28 000 juifs. Jabotinsky négocia une alliance avec Petilura, proposant qu’une force de police juive accompagne les forces de Petilura dans le combat contre-révolutionnaire contre l’Armée rouge et la révolution bolchevique - ce qui signifiait assassiner les paysans, les ouvriers et les intellectuels partisans de la révolution.

COLLABORATION AVEC LES NAZIS

Cette stratégie d’enrôlement des ennemis virulents des juifs en Europe, et d’alignement sur les mouvements et régimes les plus pervers pour patronner financièrement et militairement une colonie sioniste en Palestine, n’excluait pas les nazis.

La Fédération sioniste d’Allemagne envoya un mémorandum de soutien au parti nazi le 21 juin 1933. La Fédération y notait " ... Une renaissance de la vie nationale telle que celle qui se produit dans la vie de l’Allemagne.., doit également se produire dans le groupe national juif. A partir de la fondation du nouvel Etat (nazi) qui a établi le principe de la race, nous souhaitons insérer notre communauté dans l’ensemble de cette strucure de façon à ce que pour nous aussi, dans la sphère qui nous est assignée, une activité fructueuse pour la mère patrie soit possible... " (81).

Loin de dénoncer cette politique, le congrès de l’Organisation sioniste mondiale en 1933 repoussa une résolution appelant à l’action contre Hitler, par un vote de 240 contre 43.

Au moment même où se tenait ce congrès, Hitler annonçait la conclusion d’un accord commercial avec la Banque anglo-palestinienne de l’Organisation sioniste mondiale, qui rompait ainsi le boycott du régime nazi par les juifs à une époque où l’économie allemande était extrêmement vulnérable. On était en plein coeur de la grande dépression et les gens poussaient des brouettes de deutschmarks sans valeur. L’Organisation sioniste mondiale rompit le boycott juif et devint l’un des principaux distributeurs des marchandises nazies dans tout le Moyen-Orient et en Europe du Nord. Ils établirent le Ha’avara, qui était une banque en Palestine ayant pour but de recevoir l’argent de la bourgeoisie juive allemande, avec lequel les marchandises nazies étaient achetées en quantité substantielle.

L’ACCOLADE AUX NAZIS

Par voie de conséquence, les sionistes firent venir en Palestine le baron von Mildenstein du Service de Sécurité S.S. pour une visite de six mois de soutien au sionisme. Cette visite aboutit à un rapport en douze chapitres de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande de Hitler, dans DerAngriff (L’Assaut) en 1934, rapport louangeur pour le sionisme. Goebbels commanda un médaillon frappé d’un côté avec la swastika et de l’autre avec l’étoile de David sioniste.

En mai 1935, Reinhardt Heydrich, chef du Service de Sécurité S.S., écrivit un article dans lequel il séparait les juifs en "deux catégories". Les juifs qu’il aimait étaient les sionistes "Nos bons voeux et notre bonne volonté leurs sont acquis. " (82).

En 1937, la milice ouvrière "socialiste" sioniste, la Haganah (fondée par Jabotinsky) envoya un agent (Feivel Polkes) à Berlin, offrant d’espionner au compte du Service de Sécurité S.S. en échange du déblocage de richesses juives pour la colonisation sioniste. Adolf Eichmann fut invité en Palestine par les soins de la Haganah. Feivel Polkes informa Eichmann " Les cercles nationalistes juifs sont très satisfaits de la politique radicale de l’Allemagne, car la population juive en Palestine sera de ce fait tellement accrue que dans un futur proche les juifs pourraient compter sur une supériorité numérique face aux Arabes. " (83).

La liste des actes de collaboration des sionistes avec les nazis est longue. Qu’est-ce qui peut expliquer cette volonté incroyable des dirigeants sionistes de trahir les juifs d’Europe ? Tout le raisonnement avancé par ses défenseurs pour justifier l’Etat d’Israel était qu’il a été conçu comme un refuge pour les juifs persécutés.

Les sionistes, en fait, considéraient tout effort pour sauver les juifs d’Europe non comme l’accomplissement de leur objectif politique mais comme une menace pour leur mouvement tout entier. Si les juifs d’Europe étaient sauvés, ils voudraient aller ailleurs et l’opération de secours n’aurait rien à voir avec le projet sioniste de conquête de la Palestine.

SACRIFIER LES JUIFS EUROPÉENS

Le corollaire de ces actes de collaboration avec les nazis au cours des années 30 c’est le fait que lorsqu’on envisagea une modification des lois sur l’immigration aux Etats-Unis et en Europe occidentale pour fournir un refuge symbolique aux juifs persécutés d’Europe, ce furent les sionistes qui organisèrent activement l’arrêt de ces efforts.

Ben Gourion s’adressant à un rassemblement de sionistes ouvriers de Grande-Bretagne en 1938 déclarait " Si je savais possible de sauver tous les enfants actuellement en Allemagne en les faisant venir en Angleterre et seulement la moitié d’entre eux en les transportant en Eretz Israël , eh bien j’opterais pour la seconde solution. " (84).

Cette obsession de la colonisation de la Palestine et de l’écrasement des Arabes conduisit le mouvement sioniste à s’opposer à toute tentative de sauver les juifs face à l’extermination, parce que les possibilités de détourner vers la Palestine une main-d’oeuvre sélectionnée en auraient été entravées. De 1933 à 1935, l’Organisation sioniste mondiale refusa les deux tiers des juifs allemands qui sollicitèrent un certificat d’immigration.

Berel Katznelson, éditeur du journal sioniste ouvrier Davar, décrit ce "cruel critère du sionisme" "Les juifs allemands étaient trop vieux pour avoir des enfants en Palestine, n’avaient pas les métiers nécessaires pour construire une colonie sioniste, ne parlaient pas hébreu et n’étaient pas sionistes. A la place de ces juifs confrontés à l’extermination, l’O.S.M. fit venir en Palestine 6 000 jeunes sionistes entraînés en provenance des USA, d’Angleterre ou autres pays sans danger. Pire, l’O.S.M. non seulement ne chercha aucune alternative pour les juifs confrontés à l’holocauste, mais encore les dirigeants sionistes s’opposèrent-ils de façon belliqueuse à tous les efforts pour fournir un refuge aux juifs en fuite. "

En 1943 encore, alors que les juifs d’Europe étaient exterminés par millions, le Congrès US proposait de constituer une commission pour "étudier" le problème. Rabbi Stephen Wise, qui était le principal porte-parole américain du sionisme, vint à Washington pour déposer contre cette loi de sauvetage des juifs parce qu’elle détournerait l’attention de la colonisation de la Palestine.

C’est le même Rabbi Wise qui en 1938, en tant que dirigeant du Congrès juif américain, avait écrit une lettre dans laquelle il s’opposait à toute modification des lois sur l’immigration américaine visant àpermettre aux juifs de trouver un asile. Il expliquait " Cela vous intéressera peut-être de savoir qu’il y a quelques semaines les représentants de toutes les principales organisations juives se sont réunies en conférence... Il a été décidé qu’aucune organisation juive ne soutiendrait, pour l’instant, une loi qui modifierait d’une quelconque façon les lois sur l’immigration. " (85).

CONTRE LE DROIT D’ASILE

"L’establishment" sioniste tout entier prit une position sans équivoque dans sa réponse à une motion de 227 membres du Parlement britannique demandant au gouvernement de fournir un asile sur les territoires britanniques aux juifs persécutés. Cette maigre entreprise était préparée de la façon suivante " Le gouvernement de Sa Majesté a fourni pI usieurs centaines de permis d’immigration pour l’Ile Maurice et autres destinations en faveur des familles juives menacées. " (86).

Mais même cette mesure symbolique rencontra l’opposition des dirigeants sionistes. Lors d’une rencontre parlementaire le 27 janvier 1943, alors que les démarches étaient suivies par plus d’une centaine de parlementaires, un porte-parole des sionistes annonça leur opposition à cette motion parce qu’elle ne comportait aucune mesure préparatoire à la colonisation de la Palestine. C’était là une position logique. Chaim Weizmann, premier président d’Israel, dirigeant sioniste qui organisa la déclaration Balfour, rendit cette politique sioniste très explicite :

" Les espoirs des six millions de juifs européens sont concentrés sur l’immigration. On m’a demandé : "Pouvez-vous faire venir six millions de juifs en Palestine ?" J’ai répondu : "Non"... Des pro fondeurs de la tragédie je veux sauver (...) les jeunes gens (pour la Palestine). Les vieux disparaîtront. Ils feront face ou non à leur destin. Ils ne sont que poussière, une poussière économique et morale dans un monde cruel... Seule la branche des jeunes survivra. Il faut qu’ils l’acceptent. " (87).

Yitzhak Gruenbaum, président du comité mis en place par les sionistes, théoriquement pour enquêter sur la situation des juifs européens, déclarait " Lorsqu’on vient nous voir avec deux plans - sauver la masse des juifs d’Europe ou la rédemption de notre terre - je vote sans hésiter pour la rédemption de la terre. Plus on parlera sur le massacre de notre peuple, plus l’on minimisera nos efforts pour renforcer et promouvoir l’hébraïsa tion de notre terre. S’il y avait aujourd’hui la possibilité d’acheter des paquets de nourriture avec l’argent du Karen Hayesod (Appel juif uni) pour l’envoyer par le biais de Lisbonne, le ferions-nous ? Non, encore une fois, non ! " (88).

LA TRAHISON DE LA RÉSISTANCE

En juillet 1944, le dirigeant juif slovaque Rabbi Dov Michael Weissmandel, dans une lettre aux responsables sionistes chargés de ces "organisations de secours", proposa une série de mesures pour sauver les juifs promis à la liquidation à Auschwitz. Il fournit des cartes exactes des trains et réclama d’urgence le bombardement des voies sur lesquelles les juifs hongrois étaient transportés vers les fours crématoires.

Il appelait au bombardement des fours crématoires d’Auschwitz, au parachutage de munitions aux 80 000 prisonniers, au parachutage de saboteurs pour faire sauter tous les moyens d’annihilation et ainsi mettre fin à l’extermination de 13 000 juifs par jour.

Si les alliés refusaient de répondre à cet appel organisé et public des "organisations de secours", Weissmandel proposait que les sionistes, qui avaient des fonds et une organisation, se procurent des avions, recrutent des volontaires juifs et réalisent ce sabotage.

Weissmandel n’était pas seul. Tout au long de la fin des années trente et au cours des années quarante, des porte-parole juifs en Europe crièrent à l’aide, réclamant des campagnes publiques, une résistance organisée, des manifestations pour forcer la main des gouvernements alliés - pour rencontrer uniquement non seulement le silence des sionistes, mais le sabotage actif par les sionistes des maigres efforts proposés ou préparés en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Voici le cri du coeur de Rabbi Weissmandel. Ecrivant aux sionistes en juillet 1944, il dit "Pourquoi n’avez-vous rien fait jusqu’à présent ? Qui est coupable de cette négligence effroyable ? N’êtes-vous pas coupables, vous nos frères juifs, vous qui avez la plus grande richesse du monde : la liberté ?"

"Nous vous envoyons ce message spécial, écrivait encore Rabbi Weissmandel, pour vous informer qu’hier les Allemands ont commencé la déportation des juifs de Hongrie... Les déportés vont à Auschwitz pour être gazés au cyanure. Voici le programme d’Auschwitz d’aujourd’hui jusqu ’à la fin : 12 000 juifs - hommes, femmes, enfants, vieillards, nourrissons, malades ou en bonne santé -, doivent être gazés chaque jour. Et vous, nos frères de Palestine, de tous les pays de liberté, et vous ministres de tous les royaumes, comment pouvez-vous rester silencieux face à cet immense meurtre ? Silencieux, pendant que par milliers et par milliers, jusqu ’à six millions de juifs ont été assassinés à ce jour ? Et silencieux encore maintenant, alors que des dizaines de milliers continuent à être assassinés et à attendre d’être assassinés ? Leurs coeurs détruits vous crient àl’aide en pleurant sur votre cruauté. Vous êtes des brutes et vous êtes des assassins vous aussi, par ce silence plein de sang-froid avec lequel vous restez spectateurs, à rester les bras croisés et ne rien faire, alors que vous pourriez arrêter ou retarder le meurtre des juifs en ce moment même. Vous, nos frères, fils d’Israêl, êtes-vous devenus fous ? Ne connaissez-vous pas l’enfer qui nous entoure ? Pour qui épargnez-vous votre argent ? Assassins ! Insensés ! Qui fait oeuvre de charité : vous qui de l’abri sûr de vos maisons lancez quelques sous, ou nous qui versons notre sang dans les profondeurs de l’enfer ? "

Aucun dirigeant sioniste ne soutint sa requête, pas plus que les régimes capitalistes occidentaux ne bombardèrent un seul camp de concentration.

UN PACTE CONTRE LES JUIFS HONGROIS

Le point culminant de la trahison des sionistes fut le sacrifice des juifs hongrois par une série d’accords entre le mouvement sioniste et l’Allemagne nazie qui furent rendus publics pour la première fois en 1953. Le Dr Rudolf Kastner du Comité de sauvetage de l’Agence juive à Budapest signa un pacte secret avec Adolf Eichmann pour "régler la question juive" en Hongrie. Cela se passait en 1944. Le pacte scellait le destin de 800 000 juifs.

Il se révéla par la suite que Kastner agissait sous les ordres des dirigeants sionistes à l’étranger lorsqu’il passa cet accord avec Eichmann. L’accord prévoyait que soient sauvées 600 personnalités juives à condition que le silence soit fait sur le sort des juifs hongrois.

Lorsqu’un survivant, Malchiel Greenwald, dénonça ce pacte et dénonça Kastner comme un collaborateur nazi dont "les actes à Budapest avaient coûté la vie à des centaines de milliers de juifs" (91), Greenwald fut poursuivi en justice par le gouvernement israélien, dont les dirigeants avaient rédigé les termes du pacte Kastner.

La cour israélienne aboutit à la conclusion suivante " Le sacrifice d’une majorité de juifs, pour sauver les plus éminents, était l’élément de base de l’accord entre Kastner et les nazis. Cet accord fixé, la division de la nation entre deux camps inégaux, une petite fraction de personnes éminentes, que les nazis promirent à Kastner de sauver d’une part, et la grande majorité des juifs hongrois que les nazis avaient condamnés à mort de l’autre. " (92).

La cour déclara que la condition impérative de ce pacte était que ni Kastner ni les dirigeants sionistes n’interfèrent dans l’action des nazis contre les juifs. Ces dirigeants entreprirent non seulement d’éviter les interférences, mais tombèrent d’accord pour ne pas, selon les termes de la cour israélienne, "les gêner dans leur oeuvre d’extermination".

"La collaboration entre le Comité de sauvetage de l’Agence juive et les exterminateurs des juifs fut consolidée à Budapest et à Vienne. Les tâches de Kastner faisaient partie des bagages des S.S.. En plus du Service d’extermination et du Service du pillage, les S.S. nazis ouvrirent un Service de sauvetage dirigé par Kastner. " (93).

SAUVER LES NAZIS, PAS LES JUIFS

Il n’est pas surprenant qu’il ait été révélé que Kastner intervint pour sauver le général SS Kurt Becher qui devait être jugé pour crimes de guerre. Becher avait été l’un des principaux négociateurs du pacte avec les sionistes en 1944. Il fut également major SS en Pologne, membre de l’Escadron de la mort "qui travaillait 24 heures sur 24 à tuer les juifs". "Becher s’était distingué comme boucher des juifs en Pologne et en Russie." (94).

Il fut nommé commissaire de tous les camps de concentration nazis par Heinrich Himmler. Où est-il à présent ? Il est président de plusieurs sociétés et dirige la vente du blé à Israël . Sa société, la CologneHandel Gesselschaft, fait aujourd’hui des affaires avec le gouvernement israélien.

UN PACTE MILITAIRE AVEC LE NAZISME

Le 11 janvier 1941, Yitzhak Shamir (actuel Premier ministre d’Israël ) proposa un pacte militaire en bonne et due forme entre l’Organisation nationale militaire (ONM), c’est-à-dire l’Irgun sioniste, et le Troisième Reich nazi. Cette proposition est maintenant connue sous le nom de Texte d’Ankara, ayant été découverte après la guerre dans les archives de l’ambassade allemande en Turquie. Ce texte établit ce qui suit :

"L’évacuation des masses juives d’Europe est une condition préalable à la solution de la question juive, mais cela ne peut être rendu possible et accompli totalement que par l’établissement de ces masses dans le pays des juifs, la Palestine, et par l’établissement d’un Etat juif au sein de ses frontières historiques...

L’ONM, qui est parfaitement au courant des bonnes dispositions du gouvernement du Reich Allemand et de ses dirigeants envers l’activité sioniste au sein de l’Allemagne et envers les plans d’émigration sionistes, considère que : 1. Des intérêts communs pourraient exister entre l’établissement d’un Ordre nouveau en Europe en accord avec la conception allemande, et les véritables aspirations nationales du peuple juif telles qu’elles sont incarnées par l’ONM. 2. La coopération entre l’Allemagne nouvelle et le renouveau de l’Hébraïsme national pourrait être possible, et, 3. L’établissement d’un Etat juif historique sur une base nationale et totalitaire, et lié par traité au Reich allemand, serait dans l’intérêt du maintien et du renforcement d’une position de force allemande future au Moyen-Orient.

Partant de ces considérations, l’ONM de Palestine, sous la condition que les aspirations nationales de liberté d’Israêl mentionnées ci-dessus soient reconnues par le Reich allemand, s’offre à participer activement à la guerre aux côtés des Allemands." (95).

LA PERFIDIE SIONISTE

La perfidie des sionistes - la trahison des victimes de l’holocauste - a été le point culminant de leur tentative d’identifier les intérêts des juifs à ceux de l’ordre établi. Aujourd’hui, les sionistes associent leur Ftat au bras armé de l’impérialisme US - des Escadrons de la mort en Amérique latine aux opérations clandestines de la CIA sur les quatre continents.

Cette histoire sordide plonge ses racines dans la démoralisation des fondateurs du sionisme qui ont rejeté la possibilité de surmonter l’antisémitisme par le biais de la lutte populaire et de la révolution sociale. Moses Hess, Theodor Herzl et Chaim Weizmann ont choisi d’être du mauvais côté de la barricade - celui du pouvoir étatique, de la domination de classe et des règles de l’exploitation. Ils ont voulu établir une prétendue séparation entre l’émancipation de la persécution et la nécessité du changement social. Ils étaient parfaitement conscients de ce que la culture de l’antisémitisme et la persécution des juifs étaient l’oeuvre de cette même classe dominante dont ils courtisaient les faveurs.

En cherchant la caution des antisémites eux-mêmes, ils révélaient plusieurs motivations l’adoration du pouvoir auquel ils associaient la force, le désir d’en finir avec la faiblesse et la vulnérabilité "juives", de cesser d’être des exclus perpétuels.

Il n’y avait qu’un pas à faire de cette "sensibilité" à l’assimilation des valeurs et des idées des antisémites eux-mêmes. Les juifs, écrivaient les sionistes, étaient effectivement un peuple indiscipliné, subversif, dissident, qui méritait le mépris qu’on lui vouait. Les sionistes en appelaient sans honte à la haine raciste des juifs. Adulant la puissance, ils s’appuyaient sur les aspirations antisémites des von Plehve et des Himmler à se débarrasser d’un peuple victime radicalisé depuis longtemps par les persécutions, un peuple qui remplissait les rangs des mouvements révolutionnaires et dont les souffrances conduisaient les meilleurs esprits à une réflexion intellectuelle àl’encontre des valeurs établies.

Le sale petit secret de l’histoire sioniste c’est que le sionisme était menacé par les juifs eux-mêmes. Défendre les juifs contre la persécution signifiait organiser la résistance aux régimes qui les menaçaient. Mais ces régimes incarnaient l’ordre impérialiste qui représentait la seule force favorable ou capable d’imposer une colonisation au peuple palestinien. En conséquence, les sionistes avaient besoin de la persécution des juifs pour convaincre les juifs de devenir des colonisateurs dans un pays lointain, et ils avaient besoin des persécuteurs pour patronner leur entreprise.

Mais les juifs européens n’avaient jamais manifesté aucun intérêt dans la colonisation de la Palestine. Le sionisme était resté un mouvement marginal chez les juifs, qui aspiraient à vivre dans le pays où ils étaient nés sans souffrir de discrimination ou à échapper à la persécution en émigrant vers des démocraties bougeoisies perçues comme plus tolérantes.

Ainsi le sionisme n’a jamais pu répondre aux besoins ou aux aspirations des juifs. L’instant de vérité est arrivé lorsque la persécution fit place à l’extermination physique. Face à ce test unique et ultime de leur relation véritable avec la survie de juifs, les sionistes non seulement se montrèrent incapables de diriger la résistance ou de défendre les juifs, mais ils sabotèrent activement les efforts des juifs pour boycotter l’économie nazie. Ils cherchèrent, même à ce stade, le parrainage des auteurs du génocide eux-mêmes, non seulement parce que le Troisième Reich semblait assez puissant pour imposer une colonie sioniste, mais parce que les pratiques nazies correspondaient aux convictions sionistes.

Il y avait un terrain d’entente commun aux nazis et aux sionistes, qui ne s’exprimait pas seulement dans la proposition de l’Irgun de Shamir de constituer un Etat en Palestine sur une "base nationale totalitaire".

Vladimir Jabotinsky, dans son dernier ouvrage, Le Front de Guerre juif (1940), expliquait ses plans pour le peuple Palestinien " Puisque nous avons cette grande autorité morale nécessaire pour envisager calmement l’exode des Arabes, nous n’avons pas besoin de considérer le départ possible de 900 000 personnes avec désarroi. Herr Hitler a récemment développé la popularité des transferts de population. " (96).

Cette déclaration remarquable de Jabotinsky dans Le Front de Guerre juif est un concentré de la pensée sioniste et de sa banqueroute morale. Le massacre des juifs donnait au sionisme "une grande autorité morale". Pour quoi faire ? "Pour calmement envisager l’exode des Arabes." La leçon de la destruction nazie des juifs était qu’il était permis maintenant aux sionistes d’infliger le même sort au peuple palestinien tout entier.

Sept ans plus tard, les sionistes rivalisèrent avec les nazis, dont ils avaient recherché et parfois obtenu le soutien, et ils couvrirent la Palestine ensanglantée de multiples Lidice (97), chassant 800 000 personnes vers l’exil.

Les sionistes rencontrèrent les nazis dans le même esprit que pour von Plehve, agissant sur la base de la notion perverse que la haine des juifs était quelque chose d’utile. Leur objectif n’était pas de sauver les juifs, mais d’enrôler par la force une minorité élue - le reste étant livré à son destin d’agonie.

Le sionisme recherchait des individus pour coloniser la Palestine et préférait des cadavres juifs par millions à tout sauvetage qui aurait pu amener les juifs à s’installer ailleurs.

Loin d’être touchés par la compassion, les sionistes se firent les hérauts de la persécution d’autrui, dans le même temps trahissant d’abord les juifs pour ensuite les avilir. Ils ont sélectionné leur propre peuple victime pour lui imposer leurs desseins de conquête. Ils ont aligné les juifs survivants sur un nouveau génocide contre le peuple palestinien, se drapant, avec un cynisme horrible, dans le linceul collectif de l’holocauste.


VII - Le mythe de la sécurité

La "sécurité" a été le slogan utilisé pour masquer les massacres généralisés des populations civiles dans toute la Palestine et le Liban, les confiscations des terres palestiniennes et arabes, l’expansion dans les territoires environnants et l’établissement de nouvelles concessions, la déportation et la torture systématique des prisonniers politiques.

La publication du journal intime de Moshe Sharett ("Yomanishi, Maariv", Tel-Aviv, 1979) a démoli le mythe de la sécurité comme force motrice de la politique israélienne. Moshe Sharett est un ancien Premier ministre israélien (1954-55), directeur du Service politique de l’Agence juive et ministre des Affaires étrangères (1948-56).

Les carnets de Sharett révèlent de façon explicite que les dirigeants politiques et militaires d’Israël n’ont jamais cru à un danger arabe menaçant Isra l. Ils ont cherché à manoeuvrer pour forcer les Etats arabes à des confrontations militaires que les dirigeants sionistes étaient certains de gagner, permettant ainsi à Israel de réaliser ses objectifs de déstabilisation des régimes arabes et les occupations de nouveaux territoires prévues.

Sharett a défini ainsi l’axe ordonnant les provocations militaires israéliennes "Aboutir à la liquidation de toutes (...) les prétentions palestiniennes sur la Palestine au travers de la dispersion des réfugiés palestiniens dans des coins éloignés du monde." (98).

Les carnets de Sharett fournissent un document sur un programme de longue date des dirigeants israéliens, tant travaillistes que du Likoud "Démembrer le monde arabe, défaire le mouvement national arabe et créer des régimes fantoches sous domination régionale israélienne." (99).

Sharett cite des rencontres ministérielles, des documents officiels et des mémorandums politiques qui ont préparé les guerres "pour modifier radicalement l’équilibre du pouvoir dans la région, et trans former Israel en puissance dominante au Moyen-Orient". (100). Sharett révèle que les dirigeants israéliens, loin de "réagir" à la nationalisation par Nasser du canal de Suez lors de la guerre d’octobre 1956, avaient préparé cette guerre et l’avaient programmée sur leur agenda depuis l’automne 1953, un an avant l’arrivée de Nasser au pouvoir. Sharett raconte comment le cabinet israélien était tombé d’accord sur le fait que les conditions internationales seraient mûres dans trois ans. Le but avoué était "l’absorption de la bande de Gaza et du Sinaï".

Un plan de conquête avait été décidé au niveau le plus élevé de la hiérarchie politique et militaire. L’occupation de Gaza et de la Cisjordanie avait été préparée au début des années 50. En 1954, Ben Gourion et Moshe Dayan développèrent un plan détaillé pour provoquer des conflits intérieurs au Liban afin de le diviser. Cela se passait seize ans avant qu’une présence politique palestinienne organisée n apparaisse au Liban comme conséquence des expulsions de Jordanie en 1970, lorsque le roi Hussein massacra les Palestiniens au cours de ce qu’on a appelé depuis lors le "Septembre noir".

Sharett décrit "l’usage de la terreur et de l’agression pour monter des provocations" dans le but de faciliter la conquête "J’ai médité longuement sur la longue chaîne d’incidents et d’actes hostiles que nous avons inventés et sur les nombreux affrontements que nous avons provoqués et qui ont coûté tant de sang versé, et aux violations de la loi par nos hommes - tout cela ayant abouti à un désastre grave et déterminé toute la suite des événements." (101).

Sharett se souvient comment le il octobre 1953, le président israélien Ben Zvi "prit la parole pour évoquer comme d’habitude la question de (nos) chances d’occuper le Sinaï et dire combien ce serait merveilleux si les Egyptiens débutaient une offensive qui nous permettrait de poursuivre en envahissant le désert". (102).

Le 26 octobre 1953, Sharett écrit "1. L’armée considère la frontière actuelle avec le Jourdain comme totalement inacceptable. 2. L ’armée prépare la guerre pour occuper le reste d’Eretz Israël ." (103).

Le 31 janvier 1954, Dayan développa ses plans de guerre, nous apprend Sharett "Nous devrions réaliser une avancée militaire en Syrie et provoquer une série de faits accomplis. L’intéressante conclusion de tout ceci est en rapport avec l’orientation de la pensée du chef des armées." (104).

ABSORBER LE LIBAN

En mai 1954, Ben Gourion et Dayan formulèrent un plan militaire pour l’absorption du Liban "Selon Dayan, la seule chose nécessaire c’est de trouver un officier, même un simple major. Nous devrions... l’acheter... pour qu ’il soit d’accord pour s’auto-proclamer sauveur de la population maronite. L’armée israélienne entrera alors au Liban, occupera les territoires nécessaires et créera un régime chrétien qui s ’alliera avec Israêl. Le territoire au sud de la Litanie sera totalement annexé à Israêl et tout sera parfait. Si nous suivions l’avis du chef d’état-major nous ferions cela demain, sans attendre le signal (sic) de Bagdad." (105).

Mais douze jours plus tard, Dayan avait accéléré le mouvement vers l’invasion planifiée, l’occupation et le démembrement du Liban "Le chef d’état-major soutient le plan pour soudoyer un officier libanais qui sera d’accord pour servir de fantoche de façon à ce que l’armée israélienne puisse apparaître comme répondant à son appel " pour la libération du Liban de ses oppresseurs musulmans"." (106).

Le scénario entier, donc, de la guerre de 1982 au Liban, était en place depuis vingt-huit ans, bien avant que l’OLP n’existe. Sharett, qui s’opposa à cette action à l’origine, raconte comment l’invasion du Liban fut remise à plus tard.

LE FEU VERT DE LA CIA

"La CIA donna le "feu vert" à Israêl pour attaquer l’Egypte. Les énergies des responsables israéliens de la sécurité furent dorénavant complètement absorbées par la préparation de la guerre qui devait avoir lieu un an après exactement." (107).

Sharett situe clairement la relation véritable entre Isra l et le mouvement national arabe dans le contexte d un service rendu à la domination globale des USA, dont l’expansion sioniste est une composante essentielle "...Nous avons carte blanche et Dieu est avec nous si nous agissons avec audace... A présent (...) les USA sont intéressés au renversement du régime de Nasser (...) mais ils n ’osent pas pour le moment utiliser les mêmes méthodes que celles qu ’il ont prises pour renverser le gouvernement de gauche de Jacobo Arbenz au Guatemala (1954) ou celui de Mossadegh en Iran (1953)... lls préfèrent que le travail soit fait par Israêl. Isser (un général) propose très sérieusement et de façon pressante (...) que nous mettions en oeuvre notre plan d’occupation dela Bande de Gaza maintenant... La situation a changé et il y a d’autres raisons qui indiquent qu ’il est temps d’agir. D’abord la découverte de pétrole près de la Bande de Gaza... Sa défense exige que nous contrôlions la Bande. Ne serait-ce que pour cette raison déjà, cela vaut le coup de s’attaquer à l’ennuyeuse question des réfugiés." (108).

Moshe Sharett anticipait déjà une autre vague de massacres, qui a effectivement eu lieu. Le 17 février 1955, il écrit "... Nous poussons des clameurs sur notre isolement et les dangers que court notre sécurité, et nous lançons des agressions et démontrons que nous sommes assoiffés de sang et cherchons à organiser des massacres en masse." (109).

Ben Gourion et Dayan proposèrent qu’Israël crée un prétexte pour s’emparer de la Bande de Gaza. Les évaluations de Sharett lui-même le 27 mars 1955 étaient prophétiques "Supposons qu’il y ait 200 000 Arabes dans la Bande de Gaza. Supposons que la moitié d’entre eux s’enfuient ou soient poussés à s’enfuir vers les collines d’Hébron. De toute évidence, ils s’enfuiront sans rien emmener, et peu après s ’être installés dans un environnement stable ils se retrouveront à nouveau séditieux et sans domicile. Il est facile d’imaginer leur indignation, leur haine et leur amertume... Et nous aurons 100 000 d’entre eux sur la Bande, et il est facile d’imaginer quels sont les moyens auxquels nous aurons recours pour les réprimer et le genre de gros titres dont nous serons gratifiés par la presse internationale. Au premier round ce sera : Israêl agresse et envahit la Bande de Gaza. Au second : Israel provoque à nouveau la fuite de masses de réfugiés arabes terrifiés. Leur haine sera ranimée par les atrocités que nous leur ferons subir durant l’occupation." (110).

Un an après, les troupes de Dayan occupaient la Bande de Gaza, le Sinaï, les détroits de Tiran, et se déployaient le long du canal de Suez.

DE HERZL A DAYAN

Les plans exposés par Moshe Sharett n’ont pas été inventés par David Ben Gourion et Moshe Dayan. En 1904, Theodor Herzl décrivait le territoire réclamé par le mouvement sioniste comme incluant les terres "du Brook en Egypte à l’Euphrate". (111)

Ce territoire comprenait tout le Liban et la Jordanie, les deux tiers de la Syrie, la moitié de l’Irak, un partie de la Turquie, la moitié du Koweit, le tiers de l’Arabie Saoudite, le Sinaï et l’Egypte, y compris Port Saïd, Alexandrie et le Caire.

Dans sa déposition devant la commission d’enquête spéciale de l’ONU qui préparait la partition de la Palestine (9 juillet 1947), Rabbi Fischmann, représentant officiel de l’Agence juive pour la Palestine, réitéra les prétentions de Herzl "La Terre promise s’étend de la rivière d’Egypte à l’E uphrate. Elle inclut une partie de la Syrie et du Liban." (112).





NOTES :


(13) Ibidem. (14) Walter Laqueur, "Histoire du sionisme" (History of Zionism) (London, 1972). (15) Joy Bonds et al., "Nos racines sont toujours vivantes - L’histoire du peuple palestinien" (Our Roots are still alive - The Story of the Palestinian People) (New York Institute for Independant Social Journalism, Peoples Press, 1977) page 13. (16) Theodor Herzl, "L’Etat juif" (The Jewish State) (Londres, 1986). (17) Hymn Lumer, "Le sionisme : son rôle dans la politique mondiale" (Zionism Its Role in World Politics) (New York. International Publishers, 1973). (18) Chaim Weizmann, "Avancer à tâtons : l’autobiographie de Chaim Weizmann" (Trial and Error The Autobiography of Chaim Weizmann) (New York Harpers, 1949), page 149. (19) John Norton Moore, ed, "Le conflit israélo-arabe" (The Arab-Israeli Conflict) (Princeton, New Jersey The American Society of International Law, Princeton University Press, 1977). page 885. (20) Ibidem. (21) Cité dans Harry N. Howard, "La Commission du roi : une enquête américaine au Moyen-Orient" (The King Commission An American Enquiry in the Middle East) (Beyrouth, 1963). (22) N. Kirschner, "Le sionisme et l’Union sud-africaine : 50 ans d’amitié et de compréhension" (Zionism and the Union of South Africa : Fifty Years of Friendship and Understanding), Jewish Affairs, Afrique du Sud, mai 1960. (23) Theodor Herzl, "Carnets" (Diaries), vol. Il, page 793. (24) Theodor Herzl, "L ’Etat juif : une tentative d’apporter une solution moderne à la question juive" (The Jewish State An Attempt at a Modem Solution of the Jewish Question), page 33, cité dans Un Davis. Cité dans Un Davis "Israël : un Etat d’apartheid" (Israel An Apartheid State) (Londres Zed Book, Ltd, 1987). (25) Ibidem, page 28. (26) "Pour l’amour et l’argent" (For Love and Money) dans "Israël : étude" (Israel A Survey), Financial Mail, Johannesburg, Afrique du Sud, il mai 1984, page 41. (27) "Le Mur d’acier" (The Iron Wall) - "O Zheleznoi Stene" - Rassvet, 4 novembre 1923. (28) Lenni Brenner, "Le Mur d’acier : le révisionnisme sioniste de Jabotinsky à Shamir" (The Iron Wall Zionist Revisionism From Jabotinsky ta Shamir) (Londres, Zed Books, Ltd, 1984), page 79. (29) London Sunday Times, 26 septembre 1982. (30) Jabotinsky "Lettre sur l’autonomie" (Letter on Autonomy), 1904. Cité dans Brenner, "Le Mur d’acier" (The Iron Wall), page 29. (31) Brenner, "Le Mur d’acier", page 31. (32) Sami Hadawi, "Moisson amère" (Bitter Harvest) (Delmar, New York The Caravan Books, 1979) pages 43-44. (33) Ghassan Kanafani, "La Révolte en Palestine 1936-1939" (The 1936-1939 Revolt in Palestine), New York, Committee for a Democratic Palestine. (34) Ibidem, page 96. (35) Ibidem, page 39. (36) Ibidem, page 31. (37) Ibidem. (38) Hadawi, pages 33-34. (39) Joseph Weitz, "Une solution au problème des réfugiés" (A Solution to the Refugee Problem), Davar, 29 septembre 1967. Cité dans "Documents sur Israêl" (Documents from Israel), Un Davis et Norton Mezvinsky éditeurs, 1967-1973, page 21. (40) Davis, "Israêl : un Etat d’apartheid" (Israel An Apartheid State). (41) Al Hamishar (journal israélien), 7 septembre 1976. (42) Cité par Fawzi al-Asmar et Salih Baransi au cours de discussions avec l’auteur, octobre 1983. (43) Sabri Jiryis, "Les Arabes en Israel" (The Arabs in Israel) (New York Monthly Review Press, 1976). (44) Gad Becker, "Yediot Aharanot", 13 avril 1983, et New York Times, 14 avril 1983. (45) Ibidem. (46) David Ben Gourion, "Mémoires" (Memoirs), volume III, page 467. (47) Ben Gourion, dans un discours de 1937 cité dans ses "Mémoires". (48) David Ben Gourion, "Rapport au Conseil mondial de Poalei Sion" (l’ancêtre du Parti travailliste) (Report ta the World Council of Poalei Zion), Tel-Aviv, 1938. Cité par Israel Shahak, "Journal d’études palestiniennes" (Journal of Palestine Studies), printemps 1981. (49) Ben Gourion dans un discours de 1938. (50) Michael Bar Zohar, "Ben Gourion : une biographie" (Ben Gurion A Biography) (New York Delacorte, 1978). (51) Ben Gourion, juillet 1948, cité par Bar Zohar. (52) Brenner, "Le Mur d’acier (53) Ibidem, page 143. (54) Meir Pa’il, "Yediot Aharanot", 4 avril 1972. Cité par David Hirst, "Le fusil et la branche d’olivier" (The Gun and the Olive Branch), pages 126-127. (55) Jacques de Reynier, "A Jérusalem, un drapeau flottait sur la ligne de feu", pages 71-76. Cité par Hirst, pages 127-128. (56) Davar, 9 juin 1979. (57) Eldad, "Sur l’esprit qui se ré véla dans le peuple" (On the Spirit That Was Revealed in the People), De’ot, hiver 1968. Davis et Mezvinsky, pages 186-187. (58) Meir Har Tzion, "Journal" (Diary) (Tel-Aviv Levin Epstein Ltd, 1969). Cité dans Livia Rokach, "Le Terrorisme sacré d’Israel" (Israel’s Sacred Terrorism) (Belmont, Massachusetts Association of Arab American University Graduates, 1980), page 68. (59) Rokach, page 16. (60) Ibidem. (61) Extraits des procès-verbaux de la cour "Jugements de la cour du district : le procureur militaire contre Mal or Melinski et al." (Judgments of the District Court The military Prosecutor vs. Malor Melinki et. al.), Rokach, page 66. (62) Ha’aretz, 23 mai 1980. (63) Une analyse détaillée de ce processus peut être trouvée dans "La transformation démographique de la Palestine" (The Demographic Transformation of Palestine) de Janet Abu Lughod, dans Ibrahim Abu Lughod, ed, "La transformation de la Palestine "(The Transformation of Palestine), (Evanston, III, Northwestern University Press, 1971) pages 139-164. (64) Davis et Mezvinski, page 47. (65) Moshe Dayan, 19 mars 1969, Ha’aretz, 4 avril 1969, et cité dans Davis. (66) Le Fonds national juif, "Villages juifs en Israel" (Jewish Villages in Israel), page 21. Cité dans Lehn et Davis, "Le Fonds national juif" (The Jewish National Fund). (67) L’estimation par les Nations Unies a été réalisée à la fin des années 1950 ou au début des années 1960. Baruch Kimmerling, "Sionisme et économie" (Zionism and Economy), page 100. Cité dans Davis, page 19. (68) Dan Peretz, "Israêl et les Palestiniens arabes" (Israel and the Palestinian Arabs) page 142, Davis, pages 20-21. (69) Walter Lehn, "Le Fonds national juif comme instrument de discrimination" (The Jewish National Fund As An Instrument of Discrimination). Cité dans "Sionisme et racisme" (Zionism and Racism) (Londres : International Organization for the Elimination of All Forms of Racial Discrimination, 1977), page 80. (70) Bail du Fond national juif, article 23, cité dans "Les non-juifs dans l’Etat juif" (The Non-Jew in the Jewish State) par Israel Shahak, éditeur (Jérusalem :1975). (71) Ha’aretz, 13 décembre 1974. (72) Ma’ariv, 3 juillet 1975. (73) Raphael Patai, ed, "Les Carnets complets de Theodor Herzl" (The Complete Diaries of Theodor Herzl) (New York, 1960), page 88. (74) Israël Shahak, "Un message au mouvement pour les Droits de l’Homme en Amérique - Israël aujourd’hui : l’autre apartheid." (A Message ta the Human Rights Movement in America : The Other Apartheid). "Contre le courant" (Against the Current), janvier-février 1986. (75) Ibidem. (76) Marvin Lowenthal, ed, "Les Carnets de Théodore Herzl" (The Diaries of Theodor Herzl), page 6, cité par Lenni Brenner dans "Le sionisme à l’ère des dictateurs" (Zionism in the Age of the Dictators), (Westport, Connecticut). (77) Lawrence Hill, 1983, page 6. Extrait de " Our Shomer "Weltanschauung" ", Hashomer Hatzair, décembre 1936. Première publication en 1917, Brenner, "Le sionisme" (Zionism), page 22. (78) Brenner, "Le Mur d’acier" (The Iron Wall). (79) Ibidem, page 14. (80) Ibidem. (81) Brenner, "Le sionisme" (Zionism), page 48. (82) Ibidem, page 85. (83) Ibidem, page 99. (84) Ibidem, page 149. (85) Ibidem. (86) Rabbi Solomon Schonfeld, chef des rabbins en Angleterre au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Fans Yahya, "Les relations sionistes avec l’Allemagne nazie" (Zionist Relations with Nazi Germany) (Beyrouth, Liban Palestine Research Center , janvier 1978), page 53. (87) Chaim Weizmann rapportant au Congrès sioniste de 1937 sur son témoignage devant la Commission Peel à Londres, juillet 1937, Yahya, page 55. (88) Yitzhak Gruenbaum était président du Comité de sauvetage de l’Agence juive. Extrait d’un discours prononcé en 1943, ibidem, page 56. (89) Ibidem, page 53. (90) Ibidem, pages 59-60. (91) Ibidem, page 58. (92) Jugement porté le 22 juin 1955, protocole sur le cas criminel 124/53 à la Cour du district de Jérusalem (Protocol of Criminal Case 124/53 in Disctict Court), ibidem, page 58. (93) Ibidem, page 59. (94) Ben Hecht, "Perfidie" (Perfidy) (New York, 1961), pages 58-59, ibidem page 60. (95) "Proposition de l’Organisation nationale militaire - Irgun Zvai Leumi - concernant la solution de la question juive en Europe et la participation de la NMO à la guerre aux côtés de l’Allemagne" (Proposal of the National Military Organization - Irgun Zvai Leumi - Concerning the Solution of the Jewish Question in Europe and the Participation of the NMO in the War on the side of Germany). Texte original trouvé dans "Le problème palestinien dans la politique allemande" (The Palestine Problem in German Politics), 1889-1945, de David YIsraeli (Ramat Gan, Israel : Bar Ilan University, 1974) pages 315-317, Brenner, "Le sionisme" (Zionism), page 267. (96) Brenner, "Le Mur d’acier", page 107. (97) Lidice était un village tchèque qui a été entièrement rasé par les S.S.. Il est devenu le symbole de la brutalité nazie et a été distingué comme crime de guerre lors des procès de Nuremberg. (98) Rokach, page 5. (99) Ibidem. (100) Ibidem, page 4. (101) Ibidem, page 6. (102) Ibidem, page 14. (103) Ibidem, page 18. (104) Ibidem, page 19. (105) Ibidem, page 29. (106) Ibidem. (107) Ibidem, page 30. (108) Ibidem, page 55. (109) Ibidem, page 45. (110) Ibidem, page 50. (111) Herzl, "Carnets" (Diaries), vol. Il, 1904, page 711. (112) Israel Shahk, "Le Plan sioniste pour le Moyen-Orient" (The Zionist Plan for the Middle East) (Belmont, Massachusetts, A.A.U.G., 1982).

Extraits de : "L’Histoire cachée du sionisme", par Ralph Schoenman, éditions Selio 1988


Mardi 18 Octobre 2005


Commentaires

1.Posté par alex le 28/10/2015 17:06 | Alerter
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je crois que l on a atteint les sommets de la barbarie , l erreur que je commettais était de croire que sionisme et judaïsme était la même chose , je ne le ferais plus , notre espèce et nuisible , nous sommes un cancer pour la planète bleu

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