PRESSE ET MEDIAS

Guillon, Porte et Morel virés de France Inter Que Hees cesse !

La normalisation sarkozyste en marche


Dans la même rubrique:
< >

Mardi 29 Novembre 2016 - 08:00 LIVRE: Le Manifeste de la Raison Objective



Olivier Bonnet
Lundi 28 Juin 2010

Guillon, Porte et Morel virés de France Inter Que Hees cesse !
"L’humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans. Je prends cette décision non pas sur une quelconque pression politique mais en m’appuyant sur des valeurs minimales d’éducation et de service public. Je considère que cette tranche d’humour est un échec. Elle a montré une grande misère intellectuelle dont je ne m’accommode pas. Il n’y aura pas de changement d’horaire ni de remplaçants. Ce qui ne fait pas rire à 7h55 ne me fera pas plus rire à 3 heures du matin" : c’est par ces mots, dans une interview au Monde, que Jean-Luc Hees, patron de Radio France nommé par Nicolas Sarkozy, a annoncé la suppression de la pastille humoristique de 7 h 53 sur France Inter, qui était assurée par Stéphane Guillon, Didier Porte - ce dernier étant aussi viré de l’émission de Stéphane Bern, Le fou du roi, malgré le soutien de ce dernier - et François Morel. Les trois hommes sont des anti-sarkozystes déclarés - bien normal : comme nous l’écrivons souvent, l’anti-sarkozysme est un humanisme -, mais Hees nie donc toute pression politique. Il déclare pourtant, à propos de la chronique où Didier Porte faisait dire à Dominique de Villepin "J’encule Sarkozy" : "Je ne veux pas avoir honte. Le jour de la chronique de Didier Porte sur Villepin, je me suis dit c’est fini. Vous pensez bien que l’Elysée m’a appelé dans l’instant. Je ne peux pas tolérer de telles choses sur une antenne publique. J’assume, quelles que soient les conditions de ma nomination". Il faudrait savoir : comment qualifier le fait que l’Elysée appelle immédiatement autrement que par une pression politique ? Lorsque Porte commet cette fameuse chronique - dont lui-même confesse qu’elle n’était pas sa meilleure -, il reçoit un avertissement de sa direction. Là encore, il faudrait savoir : on ne licencie pas quelqu’un après un seul avertissement ! Revenons sur la formule provocatrice de Porte, "J’encule Sarkozy" : son patron lui-même, Philippe Val, directeur de France Inter, n’avait-il pas écrit, alors qu’il était à Charlie Hebdo, un éditorial titré, comme le rappelle le camarade Sébastien Fontenelle, Enculé président ? Décidément, rien ne tient dans cette histoire. Un autre exemple flagrant de contradiction ? Lors de son audition devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale le 9 avril 2009, Hees déclarait à propos de Stéphane Guillon : "c’est un garçon qui a beaucoup de talent, que je ne mettrai pas à la porte, mais pas simplement pour montrer mon indépendance ou ma liberté, ça n’a rien à voir. Je pense qu’il a du talent et que cette antenne a besoin de talent" (la preuve en vidéo ici).

Résultat : il le vire, au mépris de l’avis des auditeurs - si l’on en croit les records d’audience qu’enregistraient ses chroniques - et du talent qu’il reconnaissait à l’humoriste, et démontre ainsi clairement que le patron de Radio France, nommé par le pouvoir au prix d’une régression démocratique sans précédent, ne possède ni rrindépendance, ni liberté. En l’occurrence, Hees se comporte en parfait larbin sarkozyste. Guillon, Porte et Morel à la trappe : applaudissements à l’Elysée, titre ainsi Renaud Revel de L’Express : "Jamais responsables de l‘audiovisuel public, depuis l’installation de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, n’auront cédé avec autant de zèle aux oukases d’un pouvoir, et plus largement d’une classe politique, excédés par les billets au vitriol d’un trio de saltimbanques que l’on exécute aujourd’hui, sans ménagement. (...) toute interprétation autre que politique relèverait de la farce. (...) Tout cela nous renvoie à des pratiques et à une époque que l’on pensait ensevelies à jamais. Et tout cela augure assez mal de ce qui s’annonce à France Télévisions, où Nicolas Sarkozy s’apprête à installer une nouvelle équipe. Le limogeage de Stéphane Guillon et de ses deux comparses est en tous les cas la première démonstration, in vivo, que la loi Sarkozy réformant le mode de nomination des PDG de chaînes de service public comportait bien en son sein les gènes malsains d’une reprise en main. Et Radio France en est le laboratoire." La Société des journalistes et celle des producteurs de France Inter peuvent bien protester dans un communiqué commun adressé aux auditeurs : "Nous, personnels de France Inter, partageons un attachement indéfectible à la liberté de ton, à l’impertinence, à l’exigence, à la différence et c’est ce que nous défendons tous les jours à l’antenne. Ce qui a fait le sel et la valeur de cette station depuis tant d’années ne peut devenir un simple argument publicitaire vide de sens. Ces valeurs dont nous sommes fiers et qui représentent l’ADN de France Inter, se trouvent remises en cause et gravement menacées. Avec le renvoi de ces deux humoristes se pose la question de la garantie de notre indépendance." Ce n’est rien de le dire ! Rappellons enfin que Hees avait déclaré, phrase rapportée par un article de Libération cité par Acrimed, "Je n’accepte pas qu’un petit médecin mégalomane insinue des choses pareilles", en limogeant Martin Winckler après une chronique titrée Pourquoi entend-on sans arrêt des spots de l’industrie pharmaceutique en ce moment ? Le docteur y affirmait que lesdites campagnes de pub « ne sont qu’une façade. Pourquoi ? Parce que depuis une vingtaine d’années l’industrie ne découvre pratiquement plus aucun médicament majeur ». Hier la pression des labos, aujourd’hui celle de l’agité de l’Elysée : décidément, il faut que Hees cesse !

dpUltime mesquinerie, la dernière chronique de Didier Porte ne figure pas dans les podcasts d’Inter. Vous pouvez l’écouter sur le site d’un fan. En voici les derniers mots : "Le vrai commanditaire de notre licenciement, à Stéphane Guillon et moi-même, je le connais. Je ne l’ai pas vu, mais je l’ai entendu et je l’ai tout de suite reconnu à son style inimitable. Et vous savez ce qu’il nous disait, à Guillon et à moi ? Cassez-vous, pauv’ cons !"







P.-S.

Soutenez plumedepresse ! L’info indépendante et gratuite ne nourrit pas son homme... Contribuez à faire vivre ce blog en vous acquittant d’une cotisation, même d’un euro. Merci !

http://www.plumedepresse.net http://www.plumedepresse.net



Lundi 28 Juin 2010


Commentaires

1.Posté par Spirit le 28/06/2010 12:04 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Notre dictocratie glisserait-elle doucement mais surement vers une dictosarzy

2.Posté par Zombie goy le 28/06/2010 13:01 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Bah, on a leur nom, Hees, c’est pourtant pas un mauvais mec, mais il doit traîner sa » morgue » comme tous ses décalés du monde du show bizz et de la politique dans les salons parisiens et les restau branchés, quant à Val, il a la tête du faux derche, le mec mesquin, une vraie planche à repasser, qui pourrait même en inspirer certains au gouvernement…

3.Posté par Persona non grata le 28/06/2010 13:47 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler


Pffffffff c'est du flan tout ça et des réglements de comptes persos !!!

Il n'y a pas plus aligné comme humour que celui de Guillon qui ne critique jamais Isra-heil par exemple .....


4.Posté par Marion le 28/06/2010 16:02 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

je ne pleurerais certainement pas pour ces deux licenciements,

Juste à souhaiter que l'électrochoc servira aux autres journaleux, humoristes et chroniqueurs de la pensée unique, qu'ils vont se réveiller et retrouver le courage de la dénonciation ...
je leur rappelle que des licenciements il y en a tous les jours et que les mecs ne pleurnichent pas, ils se battent férocement pour défendre leur outils de travail et leur dignité.

Et là ! qu'est qu'on a ? deux pleurnicheurs, rameutant, les victimes ont la parole sur tout les plateaux télé, et les autres média, on s'offusque mais tout ça sonne faux , notre Stéphane BERN national scandalisé, notre François Morel chagriné menaçant de tout quitter ... du n'importe quoi

Quand aux véritables problèmes que connais la France ça ne les concerne pas absolument pas, il n'y a qu'un cause qui vaille : c'est la leur... "leur petit monde fermé"

Nous avons de nombreux journalistes de talents qui ont été virés (Richard Labevière, Thierry MEYSSAN, etc ...) exilés à l'étranger pour travailler voir pour protéger leur vie, ceux là n'ont pas fait autant de bruit, ils sont partis dignement , et surtout ils se sont lancés dan la bataille contre l'injustice et la folie dans laquelle est entrée notre monde... de vrais journaliste en fait

Je trouve nos deux licenciés pitoyables, "appel à la grève" "qui n'a pas signé la pétition?"... y a rien à faire, ils y croient encore, arrêtez de pleurnichez Messieurs comportez vous comme des hommes la vrai souffrance ça n'est pas ça


5.Posté par Mensongeaucratie le 28/06/2010 20:08 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Elle est pas belle notre dictatocratie ?? Et dire qu' ils vont massacrés des millions de personne innocentes en Irak ou en Afghanistan..pour soi disant apporter la "démocratie" et blabla..mais avant de donner des leçons aux autres faudrait d'abord balayer devant nos portes non, ne serai-ce que pour être un peu plus crédible!!!!!??

6.Posté par Webjournal le 29/06/2010 10:09 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Bonne info

7.Posté par Hans le 29/06/2010 19:44 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Il y a des gens qui font semblant de prendre les pamphlétaires pour des humoristes.
Notamment toute la presse prostipute, genre Marianne, MM. Philippe Bilger, etc.

Le peuple a besoin de pamphlétaires, lesquels sont une oeuvre de salubrité publique à eux tout seuls. Et il ne confond pas l'ironie mordante et l'humour.

Quant à ceux qu jouent les ânes pour avoir du foin et voudraient faire de nos pamphlétaires de simples amuseurs - ben voyons - ils font, eux, ce qu'ils savent faire : leur travail de laquais. Personne ne s'y trompe.

8.Posté par shistes le 02/07/2010 11:07 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Fin de la DEMOCRATIE, voici les heures sombres du DESPOTISME.......et de la tyrannie gouvernementale. On a le président qu'on mérite.

9.Posté par finisterien le 04/07/2010 14:01 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

ok ce ne sont que deux licenciements de plus ! Mais le font de l'affaire nous ramène aux heures du fascisme du xx e siecle .... L'Histoire serait elle un éternel recommencement ?

10.Posté par Byblos le maronite le 04/07/2010 16:02 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Depuis que la France a troqué «l'Esprit» pour l'humour», elle a commencé à sombrer dans la décadence, voire la dégénérescence.

Et le fond de l'abîme est loin d'être atteint.

Attendez que Strauss-Kahn remplace Sarko.

Nouveau commentaire :

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires