Palestine occupée

Guerre du Liban : le triangle des victimes s'achève



Mercredi 6 Août 2008

Le premier ministre du régime sioniste vient d'annoncer son intention de quitter ses fonctions : après Haloutz et Peretz, il est le troisième haut dirigeant sioniste à avoir payé le prix fort de la guerre du juillet 2006 contre le Liban.

Fin juillet 2008, Ehud Olmert a annoncé vouloir démissionner avant les primaires de son parti c'est-à-dire le 17 septembre prochain. Il a affirmé ne pas avoir l'intention de se présenter aux élections internes de son parti. Les experts sont unanimes pour souligner que cette décision s'inscrit dans le cadre des efforts de Kadima destiné à restaurer son image auprès de l'opinion israélienne, image fortement écornée suite aux accusations de malversation qui pèsent sur la personne de premier ministre etsa famille.

Il est vrai que depuis la défaite sioniste au Liban, les choses n'allaient pas du tout pour Olmert. Et les scandales financiers successifs ont achevé le cercle infernal dans lequel il s'ébat depuis deux ans. Maurice Talinsky, richissime homme d'affaire d'origine américaine a reconnu il y a quelque temps, en effet, d'avoir versé des pots de vin à Olmert entre les années 1991 et 1992, c'est-à-dire à l'époque où il était le ministre du commerce et maire de la ville de Qods. Dans un premier temps, le premier ministre a affiché une grande fermeté et a affirmé ne pas vouloir céder à aucun prix aux pressions. Mais en l'absence d'un réel soutien au sein même de son propre parti empêtré dans des guerres de succession Olmert a fait marche arrière. On donne dors et déjà Zipi Livni, actuelle ministre des A.E. comme successeur d'Olmert. Mais Kadima pourra-t-il survivre à ces chocs successifs ?

Le sort de Kadima est entouré d'une aura d'incertitude. Les analystes prévoient une perte de vitesse significative du parti centriste au cours des prochaines législatives, voire son retrait forcé du pouvoir. Ces mêmes sources parient sur une montée en puissance des parties classiques (Likoud et travaillistes), ce qui constituera un retour à l'arrière, à l'époque où la droite et la gauche partageaient à tour du rôle la direction de l'exécutif. Les spéculations vont bon train autour de la personne de Benjamin Netanyahou, chef de file de la droite traditionnelle. Il est même confiant dans les sondage qui lui donne une nette avancée par rapport a ses adversaires de gauche et de centre. Cependant avec le départ d'Olmert, le navire sioniste risque de ne pas trouver de sitôt un capitaine capable de le conduire en ces temps de tempêtes. Livni sur qui toutes les intentions sont portées n'est pas celle qui saurait préserver l'unité d'un gouvernement de coalition d'où la décision des instances concernées d'organiser en mars ou février 2009 des élections générales anticipées. Mais qu'en est il de l'avenir du prétendu processus de paix avec les palestiniens ?
Saeb Erekat, principal négociateur palestinien de paix estime que les récents développements en Palestine occupée ne devraient pas en principe influer sur le processus de compris. « Ce qui importe pour nous les palestiniens c'est le degré de l'engagement d'Israël à la feuille de route et aux résolutions internationales et au fait qu'aucun accord ne peut exister sans que Tel Aviv ne se résigne à se retirer derrière les frontières de 1967. Erekat s'est également inquiété du fait que chaque crise que travers le régime sioniste est synonyme d'une nouvelle vague de colonisation. « Pour les Américains, a-t-il souligné, il ne fait pas de doute que la fin de l'occupation est la clés de la stabilité au Moyen Orient ; s'ils veulent vraiment la paix, il faut qu'ils aident à la fin de la colonisation et du bouclage des territoires palestiniens ».

La nouvelle du retrait d'Olmert de la scène politique a été accueillie avec réticence en Palestine surtout pour ceux qui continue naïvement à croire en la viabilité d'un compromis avec Israël ; Ces palestiniens se disent inquiets qu'avec le départ d'Olmert, les accords qu'ils ont conclus avec celui-ci perdent leur crédibilité et qu'il leur faut commencer tout à zéro avec celui qui lui succèdera.

Coté américain, Ariel Cohen, conseiller de la Maison Blanche a reconnu que la défaite d'Israël au Liban avait fortement joué en défaveur d'Ehud Olmert. « Cette défaite constitue sans doute le pire héritage qu'Olmert laissera à la postérité ». Cohen a émis des doutes quant aux chances des successeurs de l'actuel premier ministre, Livni ou Barak de combler le vide creusé par cet échec.
S'il est vrai que les scandales a succession on fortement ébranlé les bases du chef du gouvernement sioniste, il est tout autant aussi vrai que celui-ci ne pouvait en toute logique survivre aux secousses post défaite ni surtout à sa capitulation dans le dossier de l'échange des prisonniers avec le Hezbollah. Le départ d'Olmert équivaut à sa mort politique, une mort retardé mais inévitable. Le chef de Kadima paie le prix de son suivisme envers les Etats-Unis et certains états arabes, grands architectes de la guerre de juillet 2006 contre le Hezbollah. Cette fin tragique pour Israël a néanmoins contribué à éclaircir 4 points qui ne vont pas sans susciter la joie des arabes et des musulmans :

-Dans le sillage des rapports de la commission Winograd, l'entité sioniste a reconnu officiellement son échec face au Hezbollah.
-Dans le sillage de cet échec, l'Amérique, par la voix de sa secrétaire d'état, a reconnu officiellement l'échec de son projet du Grand Moyen Orient.
-Cet échec n'est pas uniquement de nature politique, il inclut en outre une dimension économique profonde qui s'enracine dans les aventurismes de l'ère Bush au Moyen Orient.
-Désormais vulnérable, Israël se sent menacé sur deux fronts celui du nord et celui du sud, il se sent d'autant plus menacé qu'il a cédé à l'exigence du Hezbollah de procéder à l'échange de prisonniers et qu'il s'apprête à passer les fermes occupé de Chabaa sous la supervision onusiennes.

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Mercredi 6 Août 2008


Commentaires

1.Posté par belh le 07/08/2008 11:28 | Alerter
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