Politique Nationale/Internationale

Guerre contre Trump : du Russiagate à l’Ukrainegate


En sus du canular du « Russiagate » qui s’avère être « le scandale politique le plus frauduleux de l’histoire américaine », comme le dit le professeur de Princeton Stephen Cohen, nous avons maintenant du nouveau – « l’Ukrainegate ».


entelekheia.fr
Dimanche 29 Septembre 2019

Le président Donald Trump est accusé d’avoir abusé de son pouvoir à la Maison-Blanche pour faire pression sur son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky afin qu’il enquête sur des allégations de corruption visant Joe Biden, le principal candidat démocrate pour les prochaines élections présidentielles en 2020.

Pour aggraver la situation de Trump, il est également accusé d’avoir menacé de retenir 250 millions de dollars d’aide militaire pour faire pression sur les autorités de Kiev, afin qu’elles enquêtent sur les relations passées de Biden avec l’Ukraine alors qu’il était vice-président sous l’administration Obama. Cela pourrait équivaloir à de l’extorsion de la part de Trump, si c’était prouvé.

Les opposants politiques démocrates et les médias libéraux anti-Trump renouvellent leurs demandes de destitution. Ils sont catégoriques sur le fait qu’il a maintenant franchi une ligne rouge claire en demandant à une puissance étrangère des éléments pour s’ingérer dans les élections américaines en sabotant la candidature d’un rival présidentiel.

Pour sa part, Trump nie que ses conversations avec le président ukrainien aient été déplacées. Il a dit qu’il avait téléphoné à Zelensky en juillet dernier, d’abord pour le féliciter de sa récente élection. Trump admet cependant qu’il a mentionné le nom de Biden à Zelensky dans le contexte de la fameuse culture de corruption ukrainienne. Le dirigeant américain soutient toujours que Joe Biden devrait faire l’objet d’une enquête pour conflit d’intérêts possible et abus de pouvoir lié à son poste de vice-président en 2016, dans le dessein de soutenir les affaires de son fils, Hunter.

L’appel téléphonique de Trump à l’Ukraine a fait la une des journaux la semaine dernière, lorsqu’un agent des services de renseignements américains jouant les lanceurs d’alerte a dénoncé le fait que le président avait été entendu tenant une conversation dans laquelle il avait fait « une promesse à un dirigeant étranger ».

L’identité du dirigeant étranger n’avait pas été révélée à ce moment. Mais immédiatement, les médias anti-Trump US ont commencé à spéculer sur un nom, celui du président russe Vladimir Poutine. L’empressement à pointer du doigt Poutine a montré que la fièvre russophobe est toujours virulente dans l’establishment politique américain, même si les allégations d’ingérence ou de collusion avec la Russie se sont effondrées plus tôt cette année, lorsque la longue « enquête sur la Russie » de Robert Mueller est partie aux oubliettes faute de preuves.

Il s’avère maintenant que la liaison téléphonique de Trump ne s’était pas tenue avec Poutine, mais avec l’Ukrainien Zelensky. Et les politiciens et les médias anti-Trump s’enflamment avec le « Ukrainegate » – en remplacement de la non-entité Russiagate.

Le problème est que cette nouvelle théorie du complot pourrait se retourner contre les ennemis de Trump. Parce que, malgré leur volonté obsessionnelle de le destituer, le regain d’attention accordée à l’Ukraine soulève surtout des questions sérieuses et légitimes sur les transactions passées de Joe Biden.

En mars 2014, le fils de Biden, Hunter, avait été expulsé de la marine de réserve en raison de sa dépendance à la cocaïne. Puis, un mois plus tard, le jeune Biden s’était retrouvé au conseil d’administration de la société ukrainienne de gaz naturel Burisma Holdings. Tout cela quelques semaines seulement après que l’administration Obama et ses alliés européens aient soutenu un coup d’État illégal à Kiev contre le président ukrainien élu, Viktor Ianoukovitch.

Le vice-président Joe Biden était l’homme de confiance de la Maison-Blanche en Ukraine, soutenant le nouveau régime de Kiev en y organisant l’aide financière et militaire. Biden s’est même vanté d’avoir personnellement averti Ianoukovitch, lors des émeutes soutenues par la CIA à Kiev en février 2014, que la partie était finie et que la meilleure chose à faire, pour lui, était de se retirer. « Il lui manquait un dollar et il avait un train de retard », avait raillé Biden à propos du président renversé.

La nomination de l’insignifiant fils Biden à une sinécure en Ukraine aurait dû faire l’objet d’une enquête et d’un examen minutieux de la part des médias américains. Mais cela n’a pas été le cas. On ne peut qu’imaginer leur réaction si, par exemple, Trump et l’un de ses fils avaient été dans le même cas.

De plus, en 2016, lorsque le procureur général ukrainien Viktor Shokin menait une enquête sur des allégations de corruption dans la compagnie de gaz Burisma, entre autres entreprises, c’est le vice-président Joe Biden qui est intervenu en mai 2016 pour demander le renvoi du procureur. Biden a menacé de retenir un prêt financier d’un milliard de dollars de Washington si le procureur n’était pas démis de ses fonctions. Il l’a rapidement été et l’enquête sur Burisma a été abandonnée.

Potentiellement, Joe Biden, l’actuel candidat démocrate en tête pour la présidence 2020, pourrait voir ses chances se réduire à néant si « l’Ukrainegate » est poussé plus loin. Le dilemme pour ses partisans au sein de l’establishment politique est que, plus ils tentent de s’en prendre à Trump au sujet de son prétendu marchandage avec l’Ukraine, plus ce dernier peut faire pression sur Biden au sujet des allégations de corruption et d’abus de pouvoir dans le but de soutenir les intérêts d’argent de sa famille émises à son encontre.

Le sénateur Lindsey Graham, qui siège à la Commission judiciaire du Sénat, a demandé cette semaine une enquête sur la conduite de Biden en Ukraine.

« Joe Biden a dit que tout le monde avait regardé et n’avait rien trouvé. Qui est ce « tout le monde » ? Personne n’a enquêté sur l’Ukraine et les Biden », a déclaré Graham à Fox News.

« Il y a de la fumée ici », a ajouté Graham. « Y avait-il une relation inappropriée entre la famille du vice-président et le monde des affaires ukrainien ? Je ne sais pas. Quelqu’un d’autre que moi doit enquêter et je ne fais pas confiance aux médias pour aller au fond des choses. »

L’Ukrainegate pourrait s’avérer encore plus dommageable pour les Démocrates. Parce qu’il est prouvé que c’est le régime de Kiev soutenu par les États-Unis qui a contribué à déterrer de quoi attaquer Paul Manafort, l’ancien directeur de campagne de Trump. Manafort risque une peine de prison pour fraude et délits fiscaux découverts par l’enquête Mueller. Mueller n’a trouvé aucun lien entre Manafort et une supposée « campagne d’influence du Kremlin » telle que la dénonçaient les médias. Cependant, parce que Manafort avait travaillé comme directeur politique pour le président ukrainien évincé Ianoukovitch, il était considéré comme un handicap pour Trump. Depuis le début, le Russiagate est-il en réalité un Ukrainegate ?

Outre le conflit d’intérêts personnel potentiel de Biden en Ukraine, le pays pourrait bien être la clé de compréhension du fiasco russe imaginé par les Démocrates, les agents du régime de Kiev et les ennemis de Trump au sein du renseignement américain.

L’Ukrainegate a beaucoup de squelettes politiques qui pourraient tomber du placard. Ces squelettes pourraient enterrer les Démocrates et leurs partisans des médias de gauche libérale et du renseignement, plutôt que Trump.

Traduction Entelekheia
Photo : Joe Biden/Youtube

Note de la traduction : La journaliste primée Sharyl Attkisson a posté hier de nouveaux documents où le procureur ukrainien évincé Viktor Shokin confirme les pressions de Joe Biden sur Porochenko pour qu’il le démette de ses fonctions et ferme les investigations de Burisma, y compris le chantage au milliard de dollars à retenir en cas de refus.




(Lisez : des documents ukrainiens sur Biden, postés par John Solomon
https://sharylattkisson.com/2019/09/read-ukraine-documents-about-biden-posted-by-john-solomon/



Samedi 28 Septembre 2019


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