ALTER INFO

Grosses boulettes Noamiesques


Dans la même rubrique:
< >


xymphora.blogspot.com
Mercredi 1 Août 2007

Grosses boulettes Noamiesques

Xymphora, le 31 juillet 2007


​​​​Quelques commentaires sur les énormes bourdes significatives que contient le plus récent extrait de Noam Chomsky :


Au Moyen-Orient riche en énergie, seuls deux pays ont refusé de se subordonner aux demandes élémentaires de Washington : l'Iran et la Syrie. En conséquence tous deux sont des ennemis, Iran étant de loin le plus important.


​​​​En réalité, la Syrie ne désirerait rien de mieux que se soumettre à Washington, et elle s'est attachée aux bretzels pour tenter de le faire. Chaque effort a été bloqué par les néo-conservateurs pour des raisons sionistes, un fait gênant pour Chomsky. La récente alliance de la Syrie avec l'Iran n'était pas ce que voulait la Syrie, mais seulement une nécessité. Notez comment Chomsky ligote ensemble les ennemis d'Israël, reflétant le point de vue caché sioniste.


Pour les États-Unis, la première question au Moyen-Orient a été et demeure le contrôle effectif de ses incomparables ressources énergétiques. Y avoir accès est une affaire secondaire. Dès que le pétrole est sur les mers il va n'importe où. On comprend que son contrôle soit un instrument de dominance globale.


​​​​Le plus futé des sionistes light a renoncé à ses affirmation selon lesquelles le but de la guerre était le pétrole lui-même, comme c'est risible. L'histoire sophistiquée est que c'était pour le contrôle du pétrole, une excuse un peu moins risible pour cacher les vraies raisons sionistes derrière l'attaque (les raisons s'étalant claires comme du cristal sous la forme du document « Franche Rupture » écrit par ces mêmes personnes qui se sont introduites dans le gouvernement US et ont réussi à accomplir une campagne de mensonges et de tromperies pour réaliser leur propre plan). En fait, la guerre a gravement réduit le contrôle US sur le pétrole du Moyen-Orient, une chose que les compagnies pétrolières savaient arriver de manière certaine avant que l'attaque se produise. La guerre était à l'opposé exact de 100 ans de la politique anglo-US au Moyen-Orient, une politique qui avait réussie de manière spectaculaire à contrôler le pétrole du Moyen-Orient.


L'influence iranienne dans le « croissant » challenge le contrôle US. Par un accident de géographie, les principales ressources pétrolières du monde sont dans les régions en grande partie Chiites du Moyen-Orient : le Sud de l'Irak, les régions limitrophes de l'Arabie Saoudite et de l'Iran, avec aussi quelques-unes des grandes réserves de gaz naturel. Le pire cauchemar de Washington serait une large alliance Chiite indépendant des États-Unis contrôlant la majeure partie du pétrole mondial.


​​​​Un tel bloc, s'il émergeait, pourrait même rejoindre l'Asian Energy Security Grid et l'Organisation de Coopération de Shanghai (SCO), basée en Chine. L'Iran, qui a déjà obtenu le statut d'observateur, doit être admis membre du SCO. Le Hong Kong South China Morning Post rapportait en juin 2006 que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, avait volé la vedette lors de la réunion annuelle du SCO en invitant le groupe à s'unir contre les autres pays puisque sa nation faisait l'objet de critiques à propos de son programme nucléaire. Le mouvement non-aligné a dans l'intervalle affirmé le droit inaliénable de l'Iran à poursuivre son programme, et le SCO (qui inclut les États d'Asie Centrale) a invité les États-Unis à fixer une date limite pour le retrait de leurs installations militaires de tous les États membres.


Si les planificateurs de Bush collaborent à ça, ils saperont sérieusement le statut de puissance mondiale des États-Unis.


​​​​En réalité, les planificateurs de Bush y ont beaucoup collaboré. Faites de ça ce que vous voulez, mais quand vous voyez quelqu'un marcher pile poil au milieu de ce qui est censée être son pire cauchemar, et ne semble pas le moins du monde s'en soucier, peut-être que ce n'était pas l'origine de ses préoccupations après tous.


En juillet 2006, Israël envahissait le Liban, la cinquième invasion depuis 1978. Comme avant, le soutien US à l'agression était un facteur critique, les prétextes s'effondrent rapidement à l'examen, et les conséquences pour le peuple du Liban sont graves. Parmi les raisons de l'invasion Israélo-US il y avait les roquettes du Hezbollah qui pouvaient être une force dissuasive à une possible attaque Israélo-US contre l'Iran.


​​​​Oh là là ! Laissez moi répéter cette dernière ligne, tellement pénétrante : « Parmi les raisons de l'invasion Israélo-US il y avait les roquettes du Hezbollah qui pouvaient être une force dissuasive à une possible attaque Israélo-US contre l'Iran. » Comment est tourné cela ? En fait, nous n'avons jamais entendu parler d'une attaque contre l'Iran jusqu'à ce que les stratèges israéliens apprennent -- à leur grande horreur -- l'efficacité des roquettes du Hezbollah sur le psychisme israélien. L'Iran a été rendu responsable du fait que le Hezbollah avait des roquettes ; d'où le besoin soudain et nouveau d'attaquer l'Iran. Le discours de l'Iran aide aussi à déstabiliser le Moyen-Orient en mettant une distance entre Sunnites entre Chiites, et sert à distraire des échecs du gouvernement israélien (c'est moins gênant d'accuser l'Iran que le Hezbollah de la défaite de l'IDF). [Ce n'est pas le constat de l'efficacité des roquettes du Hezbollah qui a mis en branle le désir d'attaquer l'Iran. Ce projet est apparu au grand jour vers janvier 2005, NDT]


Malgré les bruits de bottes, je soupçonne qu'il soit peu probable que l'administration Bush attaque l'Iran.


​​​​Même les horloges arrêtées sont justes deux fois par jour, comme l'est Noam ici (mais attendez simplement soit le président Giuliani soit la présidente Clinton).


En attendant Washington peut chercher déstabilisent l'Iran d'en dedans.


​​​​C'est l'autre moment où l'horloge est exacte, mais la déstabilisation a été un échec total, renforçant même la maîtrise conservatrice en Iran (une chose que Chomsky relève plus tard).


L'invasion US de l'Irak a virtuellement ordonné à l'Iran de développer une force de dissuasion nucléaire. L'historien militaire israélien Martin van Creveld écrit qu'après l'invasion de l'Irak, « l'Iran aurait été fou de ne pas tenter de construire des armes nucléaires. » Le message fort et clair de l'invasion était que les USA attaqueront à volonté, tant que leurs objectifs seront sans défense. Maintenant l'Iran est encerclé par les forces militaires US en Afghanistan, en Irak, en Turquie et dans le golfe Persique, et par le proche Pakistan doté d'armes nucléaires et en particulier par Israël, la superpuissance régionale, grâce au soutien des États-Unis.


​​​​Très typique du Sionisme. Chomsky sous-entend que l'Iran a en fait un programme nucléaire, quelque chose que les seules personnes au courant, les inspecteurs officiels, ont démenti avec véhémence. Donc, si une attaque contre l'Iran se produisait, Chomsky soutiendrait l'excuse sioniste.


​​​​Le truc le plus intelligent chez Chomsky est qu'apparemment il parvienne constamment à maintenir une ligne « d'avant-garde » tout en s'ingéniant à emmener le lecteur depuis la vérité en fournissant, implicitement, des fondements d'attaques contre les ennemis des membres du Likoud. C'est vraiment un génie.



Original : http://xymphora.blogspot.com/2007/07/noamian-howlers.html

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info




Jeudi 2 Août 2007

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires