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Grèce : l’arme des émeutes pour cacher le krach


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Dimanche 14 Décembre 2008

Grèce : l’arme des émeutes pour cacher le krach

Les émeutes qui ont embrasé la Grèce depuis le 6 décembre, lorsqu’un adolescent a été abattu par balle lors d’un affrontement violent avec la police d’Athènes, nous porte à croire que l’oligarchie financière cherche à se servir de ce pays comme laboratoire social.

Par Karel Vereycken


Car en réalité, une seule question hante les esprits de nos élites depuis des mois : « Comment va-t-on gérer la révolte qui monte parmi les classes moyennes ? » Une fois transférée la faillite de la sphère financière à la sphère publique des Etats, in fine, c’est à cette population-là qu’on cherche à faire payer les bourses cassées.

Pour faire accepter cet « état d’exception économique », certains pensent instaurer l’état d’exception tout court. Au début des années 1970 en Italie, cela s’appelait la « stratégie de la tension », combinant attentats aveugles, exécutions ciblées, terrorisme idéologique et tentatives de putsch.

Or, que voit-on en Grèce ? A quelques jours d’une grève générale programmée de longue date pour réunir en un front commun les forces politiques contestant une politique de casse sociale sans pareille (privatisation du secteur de l’éducation, des retraites et de la santé ; corruption des grands partis et même de l’église), le mouvement social se retrouve pris en otage par les casseurs.

Sur ce terrain fertile, la rage de quelques milliers d’adolescents cagoulés, les koukoulofori, souvent issus de la bourgeoisie, a fini par contaminer aussi bien « la génération des 600 euros », ces trentenaires hyper-diplômés condamnés aux petits boulots sous-payés, que les jeunes paupérisés des faubourgs. Cette « conjonction » de forces, qui, en France, fait fantasmer tous ceux qui sont en mal d’un « nouveau mai 68 », qui s’est opéré grâce au réseautage sur la toile via Facebook et Hi5, s’avère une véritable aubaine pour ceux qui veulent que rien ne change.

Zoé Kazakis, une étudiante en économie de 22 ans et coordinatrice de la mobilisation entre sa faculté et d’autres établissements du pays, est optimiste mais furieuse. « Nous nous battons contre les privatisations depuis longtemps. Les gens sympathisent de plus en plus avec nous. La crise touche tout le monde, mais le gouvernement est complètement absent. Ma mère, par exemple, dirige un laboratoire médical, mais on doit vivre à crédit depuis plusieurs mois parce que l’organisme qui la paie n’a pas reçu d’argent de l’Etat. Le gouvernement se fout de nous. On voit défiler des milliards, mais la vie est de plus en plus chère ici, plus encore qu’à Paris. »

Pour le peuple grec, la situation est intenable. Si la Grèce paie sa dette publique, qui atteint 93,8% du PIB, c’est en broyant les services publics. Au pays d’Hippocrate, depuis le 21 novembre, le gouvernement a coupé les vivres aux caisses d’assurance maladie, et les hôpitaux et pharmacies se sont brutalement retrouvés à court de moyens. Endettés à hauteur de 4 milliards d’euros de dettes et devant payer les fournisseurs, les hôpitaux en sont réduits à un « service minimum », reportant parfois les interventions médicales faute de gants ou de seringues.

Si l’on a médiatisé à outrance les pilleurs qui ont même mis le feu au Musée d’archéologie nationale d’Athènes, rien ou presque n’a filtré sur le combat en faveur d’un changement de cap économique. Pourtant, comme le rapportait la correspondante de Libération : « Toute la semaine passée [précédant les émeutes], les CRS grecs ont interdit par la force l’entrée du ministère de la Santé à des infirmières, médecins et employés administratifs venus protester contre le non-paiement de leurs salaires, blessant de nombreux manifestants. »

Pendant que les étudiants reprennent le slogan de la révolte étudiante de 1973 contre la dictature des colonels, revendiquant « du pain, de l’éducation et la liberté », les casseurs ont saccagé ou brûlé près de 400 magasins, banques et bâtiments publics désignés comme symbole d’un Etat qui opprime, provoquant pour 50 millions d’euros de dommages.

A la veille de la grève générale, Zoé Kazakis n’hésite pas à dénoncer ces dérives : « Nous sommes débordés par des gens bizarres. Des types qui ne sont pas étudiants et qui sont très violents lors des manifestations. Ce sont eux qui envoient des blocs de marbres sur les policiers et les pompiers. Ce matin, je me suis rendue à la faculté de Polytechnique, où le mouvement a commencé. Il n’y avait plus d’étudiants, mais plein de gars étranges qui faisaient des feux. Quand je leur ai demandé qui ils étaient, ils m’ont dit de dégager. Je me demande vraiment qui sont ces casseurs. Selon moi, il est possible qu’ils soient manipulés par les autorités pour faire dégénérer les manifestations. Car les étudiants sont pacifiques. Nous manifestons avec les profs. Même mes parents et mes grands-parents seront dans la rue demain à l’occasion de la grève générale. »

En tout cas, les émeutes, téléguidées ou pas, permettent de masquer l’implosion du faux miracle économique d’un pays membre de la zone euro, pulvérisé par le surendettement, les placements douteux des finances publiques et la corruption. Comme le dit l’écrivain Takis Théodoroupolos, Athènes se retrouve aujourd’hui face aux mêmes peurs qu’au Ve siècle.

Non pas la peur des barbares, mais celle de la dissolution du tissu social, celle de la perte de cohésion de la cité, celle de la fin du politique.

Pour creuser le sujet : focus

http://www.solidariteetprogres.org/article4923.html



Dimanche 14 Décembre 2008


Commentaires

1.Posté par Loupbavevite le 14/12/2008 17:44 | Alerter
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Comme toujours il y a à boire et à manger dans les articles de nos " amis d'extrême droite " Solidarité et progrès.

Fort intéressant de penser que le gouvernement grec aurait ordonné lui-même le saccage du Musée d'archéologie, autrement dit prenant le risque de se priver d'une source financière majeur pour la Grèce : le tourisme. C'est sans doute aussi le gouvernement Caramanlis qui a ordonné le saccage du ministère des affaires étrangères. Y avait-il des dossiers compromettant une puissance étrangère ? Acte pour le moins étrange pour des revendications sociales internes ! Et que dire de l'ambassade d'Allemagne en Grèce aux façades pavoisées des banderoles de soutien aux manifestants si ce n'est pas une ingérence étrangère qu'est-ce que c'est ? Ceci ressemble à s'y méprendre à une méchante provocation du style :" Coucou , nous revoilà ! " quand on sait ce que les Grecs ont subi pendant la seconde guerre mondiale.
Quant au musée d'archéologie si on voulait anéantir les vestiges d'une des bases de la civilisation européenne, on ne s'y prendrait pas autrement. Athènes la grande rivale théorique de Jérusalem. Alors que les juifs ont apporté la religion les Grecs eux ont apporté la philosophie là où on croit on ne pense pas on se soumet et de sa vie et de la vie on se démet pour la plus grande jouissance de l'UN grand Dieu carnassier sanguinaire du monothéisme. Evénemens de Grèce à mettre en relations avec la vente par Le monde, la clique de Minkowsky à 9,90 euro le tome. J'ai un livre à vendre à 0, 01 centime d'euro et j'vous fait pas un cadeau mais un cas d'os, ça s'appelle la Bible.

Je persiste et signe cela est signé sioniste n'en déplaise à celui qui porte le nom du scribouillard des Protocoles des Sages de Sion, qui n'était pas seulement un agent de l'Ochrana qui était surtout Juif et amant de Sion, Rakovsky.

Alors la brebis égarée le Rak, on rentre au bercail, on va se serrer bien au chaud dans l'enclos avec le troupeau avant l'équarrissage ? Y'a la gamelle et on rigole pas avec la gamelle ! Sious-sous Toutou sus sous sous... homme !
Parle moi de tes masses travailleuses, les étudiants chien de garde du capitalisme ça ne te rappelle pas quelque chose comme... 68, comme Cohn-Bendit !
D'ailleurs quand il est arrivé la gueule enfarinée avec son slogan publicitaire : " Nous sommes tous des Juifs allemands " De quels Juifs allemands parlaient-ils ? Des 80 000 Juifs alemands déportés-exterminés pour 900 000 Allemands de souche ou du très Juif allemand chef du S.D. , la police politique du Reich, cheville ouvrière de l'agence juive au plein coeur du gouvernement nazi ; R. Heydrich,le véritable homme fort du IIIème Reich qui entre autres déclaration dira : " Je suis nazi donc je suis sioniste ! " " Il n'est pas loin le temps où les Hébreux retrouveront leur terre originelle. " en 1940, forcément il était là pur ça il travaillait à ça ! Mais attention pas tous les Hébreux, pas les petits, les sans grades et surtout sans fric, eux n'étaient bons qu'à faire tas de cendres en fours crématoires. Tout comme aujourd'hui les Fellashas sont priés d'aller voir ailleurs qu'en Israël si leur judaïte n'y est pas et pas l'ombre d'une réaction de la diaspora... qui a retenu les leçons de l'histoire comme un certain Rakovsky celle de 68 où d'ailleurs comme pour la Grèce aujourd'hui, Cohn-Bendit éet sa clique s'était bien gardés de prendre d'assaut la bourse et les médias où ils avaient leur petits copains mais le Théâtre de l'Odéon, c'est tellement plus glorieux !
Si ces événements de Grèce sont aussi spontanés que ceux de 68, Caramanlis a t-il totalement tord de parler de complot ?

2.Posté par Denis Jaisson le 14/12/2008 17:50 | Alerter
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Un hôtel particulier de la famille Rothschild fut épargné dans un quartier qui du reste fut vandalisé pendant la Commune de 1848...

Alors, quand nous lisons ci-dessus (de Zoé Kazakis) "Nous sommes débordés par des gens bizarres (...) pas étudiants (...) très violents (...) qui envoient des blocs de marbres sur les policiers et les pompiers. Ce matin (...) Il n’y avait plus d’étudiants, mais plein de gars étranges qui faisaient des feux. Quand je leur ai demandé qui ils étaient, ils m’ont dit de dégager. Je me demande vraiment qui sont ces casseurs. Selon moi, il est possible qu’ils soient manipulés par les autorités"

...Nous nous rappelons que les révolutions coûtent cher et, contrairement à une idée répandue dans un public crétinformé par l'Education Nationale et les grands media, ne sont pas faites par des ventres vides car elle sont gourmande en énergie humaine! Mais on saura bientôt à qui profite le crime...

On se souvient d'ailleurs de ces cadres de la police anti émeute (ils ne portaient ni matraque ni bouclier donc étaient cadres) qui tirèrent des coups de feu en l’air pendant les manifestations d’Athènes il y a quelques jours. Pourquoi faire? Ils étaient en retrait, donc ni intimidants ni même entendus par les manifestants dans un vacarme ponctué par des tirs de grenades lacrymogènes. Ils étaient par contre bien en vue des media qui – en idiots utiles mais efficaces – relayèrent dans les foyers grecs des images qui attisèrent la colère des étudiants et rallièrent le public à la cause de ces derniers… Gageons que Sarkozy observe tout ça avec grand intérêt. Pensez; un entrainement à balles réelles, comme a Carcassonne!

3.Posté par tanguy le 21/12/2008 02:54 | Alerter
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Des personnes s'organisent pour montrer la réalité des affrontements en diffusant sur le web. Un reportage assez intéressant sur le site Bakchich : des vidéos diffusées par les "vrais" manifestants ou l'on voit des agitateurs charger avec la police, des policiers tirant à balles réelles,... C'est assez parlant et c'est ici : http://www.bakchich.info/article6226.html

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