Néolibéralisme et conséquences

Grèce : L’ennemi est intra - muros. Supprimons le Programme de Stabilité du gouvernement du Pasok !



Panos Kosmas
Lundi 1 Mars 2010

Grèce : L’ennemi est intra - muros. Supprimons le Programme de Stabilité du gouvernement du Pasok !
L’éventualité d’une faillite de la Grèce –le « drame grec », comme aime l’appeler la presse internationale- provoque des réactions impressionnantes aux quatre coins de la planète : selon les évolutions sur le front de la « faillite grecque », le directeur du FMI Strauss-Kahn, des dignitaires américains et européens, ou encore le grand spéculateur Georges Soros font des déclarations. Les tristement célèbres agences de notation interviennent, elles influent sur les taux de change de l’euro, du dollar et du yen, mais aussi du peso, du real, etc . Les bourses montent et descendent – et pas seulement la bourse grecque, mais même la puissante Wall Street qui s’est reprise dès qu’a circulé la nouvelle du plan européen de « sauvetage » de la Grèce.
Le « cas grec » semble confirmer le « dicton » bien connu de la globalisation capitaliste : « le vol d’un papillon au Pacifique provoque une tempête en Europe ». Dans un certain sens, c’est juste : tout ce qui survient est tout d’abord lié à une perturbation plus large des équilibres dans le cadre de la globalisation capitaliste, et ne se réduit pas seulement à un simple problème interne à l’eurozone ou à une affaire bilatérale Grèce-UE.
Alors, de quoi s’agit-il en Grèce ? Pays « en faillite » participant à la monnaie unique européenne, elle a l’honneur de ne pas être simplement le « maillon faible » de l’eurozone, mais beaucoup plus que ça : le « talon d’Achille » des équilibres monétaires mondiaux et la « belle Hélène » de la nouvelle « Guerre de Troie » pour le réajustement de ces équilibres, tandis que la crise de la dette se déplace désormais vers les pays développés du Nord.
La crise de la dette au Nord
Un an et demi de crise économique capitaliste a eu (entre autres) comme résultat la création de conditions pour que se manifeste une « crise de la dette » dans le monde capitaliste développé. Une crise de la dette existe désormais dans les pays développés du Nord.
La crise de la dette dans les années 80 et 90 dans les pays en voie de développement, c’est à dire dans le Sud, , les conséquences pour les pays devenus son théâtre, mais aussi les bouleversements dans le système mondial lui-même qui l’ont accompagné, sont en général connus.
Ont agi comme instruments les taux d’intérêt et les taux de change, et comme « exécutants » les capitaux spéculatifs internationaux. Des pays entiers se sont effondrés et ont été pillés (du Mexique dans les années 80 jusqu’à l’Argentine à la fin des années 90).
Les spéculateurs se soucient peu du risque politique et des conséquences sociales de leurs actes ou de qui sera cette fois-ci le « maillon faible », c’est-à-dire le pays propice à être attaqué. Comme c’est bien connu, au début des années 90, Georges Soros n’avait pas hésité à attaquer et faire plier la livre anglaise…
La crise de la dette des pays du Nord était et est due à la nouvelle architecture des rapports Nord-Sud imposée progressivement après le choc pétrolier au début des années 70, et plus particulièrement à la politique des taux d’intérêt et à celle des rapports commerciaux qu’ont pu imposer aux pays du Sud les pays riches du Nord.
La crise de la dette était la « forme conjoncturelle » d’un mécanisme néocolonial de transfert de plus-value du Sud vers le Nord. Accessoirement et exceptionnellement, n’ont pas manqué les épisodes de redistribution de plus-value (de pillage spéculatif mutuel) au sein du Nord lui-même –comme le montre l’exemple de l’attaque susmentionnée contre la livre anglaise.
Au l’aube de la deuxième décennie du nouveau siècle, les conditions pour une crise de longue durée de la dette au Nord sont désormais réunies ! La dette publique des 10 pays les plus riches du monde, des pays de l’OCDE, mais aussi des pays de l’eurozone, tend déjà vers les 100% du PIB et on s’attend à ce qu’elle les dépasse au plus tard en 2014.
Le Nord développé est plongé dans les dettes jusqu’au cou pour deux raisons :
Primo, parce qu’il a largement socialisé les pertes privées (à travers les plans de sauvetage des banques, mais aussi au soutien d’autres secteurs industriels) ce qui a aggravé surtout la dette publique le déficit public.
Secundo, à cause de la baisse drastique des recettes de l’Etat, elle aggrave ainsi les déficits budgétaires et par voie de conséquence la dette publique. Ici, on peut faire une remarque plus générale : les politiques budgétaires du néolibéralisme, qui ont été construits sur l’austérité salariale et des dépenses publiques ainsi que sur l’allégement de la fiscalité de la rente et du capital, se sont montrés de simples coquilles de noix dans la mer houleuse de la crise. La tentative de les maintenir en l’état au milieu de la crise (grâce à des politiques de réduction des dépenses), ne fait que prolonger, aggraver et compliquer la crise, approfondissant finalement la crise de la dette.
Tertio, parce que parallèlement à l’augmentation de la dette, son financement devient plus coûteux, d’un coté parce que se renforce la tendance à éviter le risque et de l’autre à travers un processus bien connu :qui dit baisse de la capacité d’emprunt dit augmentation des spreads (augmentation des taux d’intérêt), donc plus d’intérêts à payer pour la même « quantité » de dette, et par conséquent gonflement de la dette à travers le processus même de sa gestion !
Quarto, parce que d’énormes capitaux (des profits non réinvestis dans la production) voient tarir leurs traditionnelles sources de mise en valeur (c.-à-d. la spéculation) et s’orientent vers le secteur des obligations d’Etat et des équilibres monétaires.
Ces quatre causes mettent en évidence la crise de la dette, en tant qu’objet essentiel des antagonismes mondiaux. Elles accélèrent la formation, dans les pays du Nord eux-mêmes, des mécanismes de redistribution de la plus-value autant entre les pôles dominants (USA, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon, etc) qu’entre ceux-là et les périphéries du Nord, c.-à-d. les pays capitalistes moins développés. C’est vers ces deux directions, et avec une extrême violence, qu’est menée la guerre mondiale pour la gestion de la crise de la dette dans les pays du Nord.
Les « armes » de la guerre
Les instruments monétaires et financiers, mais aussi la concurrence des politiques budgétaires acquièrent une importance déterminante dans la gestion antagonique de la crise de la dette :
Les taux d’intérêt : Les taux d’intérêt plus élevés d’une monnaie rendent plus attrayants les placements dans des titres qui ont été émis dans cette monnaie (entre autres les obligations d’Etat). Cependant, la politique des taux d’intérêt est aussi fonction des rythmes de la croissance, et en conséquence, c’est ici que commencent les vraies contradictions avec l’« économie réelle ».
La politique de distribution de liquidités des banques centrales et l’inflation : L’émission de monnaie par les banques centrales accroît le danger inflationniste, lequel à son tour dévalorise la monnaie. Durant la crise, toutes les banques centrales des pôles capitalistes développés ont émis une masse considérable de monnaie, préparant ainsi le risque inflationniste dans une étape ultérieure.
La notation de la capacité d’emprunt : Elle détermine grandement le coût de refinancement de la dette, c.-à-d. quels vont être les taux d’intérêt appliqués aux nouvelles obligations d’Etat. Les agences de notation sont des sociétés privées et plus susceptibles d’être soudoyées ou manipulées par des fonds spéculatifs plutôt que par des États.
Les réserves de devises et les placements en obligations d’Etat : La Chine, l’Inde, le Brésil et les pays du Golfe, qui ont d’importantes réserves en devises, en investissent une grande partie en obligations libellées en monnaie forte : en dollar en premier lieu, en euro accessoirement. Le Japon, dont l’exorbitante dette publique (elle dépasse les 200% du PNB) est détenue à hauteur de 95% par des résidents, possède aussi des placements élevés en dollars.
L’antagonisme, mais aussi la coïncidence d’intérêts entre Chine-États-Unis et Japon détermine un point cauchemardesque d’équilibre instable pour le système mondial. Les réserves de devises sont bien sûr le résultat des excédents de la balance des paiements courants, ces excédents étant en rapport avec le volume mais aussi avec les modalités de la conduite du commerce mondial, etc.
Les politiques budgétaires : A cette concurrence mondiale participent des États avec leurs monnaies nationales et l’eurozone avec l’euro. Comme la mondialisation capitaliste est le système le plus inhumain de défense des intérêts des créanciers (en généralisant : des intérêts de ceux qui investissent dans la finance), les marchés mondialisés du capitalisme mondial exigent l’adaptation des politiques budgétaires (recettes et dépenses publiques) à cette priorité : réductions drastiques des dépenses publiques, c.à.d. des dépenses pour les salaires, les pensions et la protection sociale, et augmentation des impôts indirects, c.à.d. de cette forme d’imposition qui est répartie de façon égale, et donc injuste sur toute la population puisqu’elle ne prend pas en compte les différences de revenu de chacun.
Voici les conditions pour que ceux qui investissent en obligations d’Etat, c.à.d. ceux qui prêtent aux États, soient assurés qu’ils auront leur argent remboursé. Et en plus : qu’ils prêteront de façon de plus en plus avantageuse, c.à.d. au plus cher. Il est clair que les « armes » de la guerre sont liées aux développements de « l’économie réelle » et l’influencent. De faibles taux d’intérêt et une politique souple de distribution de liquidités des banques centrales agissent contre la récession, tandis qu’à l’inverse, les sous-notations de la capacité d’emprunt et l’adaptation des politiques budgétaires aux besoins des préteurs renforcent la récession. Voici pourquoi la crise de la dette et sa gestion accroissent les incertitudes et rendent plus précaire et complexe la gestion de la crise du système économique et financier dans son ensemble.
L’eurozone
La « crise de la dette » grecque et sa propagation à l’Irlande, l’Espagne, le Portugal (les tristement célèbres « PIGS »), et éventuellement à l’Italie, constitue un épisode de l’intégration de l’eurozone à la mondialisation et accélère la crise de la dette des pays du Nord.
Ce qui se produit avec la Grèce, et qui est susceptible de concerner également l’Italie, l’Espagne et le Portugal, dépend de leur capacité d’adaptation à ces conditions hostiles. Les attaques spéculatives massives à la périphérie de la zone Euro mettent à l’épreuve les faiblesses systémiques de l’architecture monétaire de toute la zone Euro.
Ces faiblesses tiennent d’une part au fait que les règles de l’Union Européenne ne permettent pas le transfert des ressources pour renforcer les États membres en difficulté, d’autre part à l’existence d’une monnaie commune sans budget commun ni autorité budgétaire commune, et enfin, à l’exigence d’une politique commune en matière de dépenses sans système fiscal commun, etc.
Les concurrents mondiaux de l’euro et les marchés ne rappellent pas seulement au capitalisme grec que la croissance créée avec de l’argent emprunté grâce au gonflement de la dette se paie très cher dans la mondialisation capitaliste. Ils rappellent aussi à l’Allemagne et aux pays dominants de l’eurozone qu’un euro fort – monnaie de réserve mondiale, ne peut pas s’appuyer sur un édifice branlant et sur l’architecture incohérente de l’actuelle eurozone et de l’UE.
Le dernier sommet informel de l’UE a exprimé son soutien politique a la Grèce, mais le fameux « plan de sauvetage » n’a pas encore vu le jour. Les dirigeants de l’UE ont pleinement conscience que l’attaque contre la Grèce fait partie d’une attaque plus générale contre l’euro, mais ils se trouvent devant une impasse : la « solidarité » envers la Grèce peut leur coûter le début d’un processus dont la finalité serait de changer l’architecture même de l’eurozone.
Les dirigeants néolibéraux de l’UE ne veulent pas ouvrir ce chantier car ils ont peur de la contestation de l’architecture néolibérale de l’édifice européen que ça pourrait déclencher.
Mais à part cela, ce qui est central, c’est le rôle du « dépositaire » de l’euro : l’Allemagne. C’est le seul pays qui profite de l’euro fort. C’est ainsi que l’expression de la « solidarité communautaire » à la Grèce a abouti à ce résultat irritant : une déclaration politique selon laquelle on ne laissera pas la Grèce faire faillit, mais sans spécifier les conditions de cette "aide".
A l’occasion de ce sommet, ils ont d’ailleurs combiné une déclaration portant des exigences pour la prise immédiate de nouvelles mesures coercitives de réductions des dépenses publiques (suppression du 14ème mois de salaire) et d’augmentation de la TVA.
Le sommet a en outre imposé une tutelle internationale tripartite, Commission-BCE-FMI, ce dernier assumant un rôle d’…expert. Quant à comment aider, ils n’ont encore rien déclaré, ce qui a eu comme conséquence immédiate la poursuite des attaques spéculatives contre les obligations grecques. Selon certaines fuites, la méthode préconisée pour le cas grec sera la plus coûteuse : l’absorption des obligations grecques par des banques des États-membres. Cela signifie que la « solidarité communautaire » se traduira par l’engagement des banques européennes pour garantir la couverture de l’émission des obligations grecques au niveau actuel, c.-à-d. sur la base de taux d’intérêt élevés. Ce qui signifie que l’économie grecque va continuer de plier sous les attaques des marchés et qu’elle payera au plus cher la « solidarité communautaire ».
Face à « l’amour vache » de Bruxelles, le gouvernement du Pasok commence déjà à lorgner vers le FMI, non pas pour ses qualités d’expert, mais en tant que prêteur. Ils sont de plus en plus nombreux dans le gouvernement ceux qui disent que le recours au FMI fera cesser la spéculation sur les obligations grecques. Ils disent aussi : « Mais qu’est ce que le FMI pourra nous demander de plus ? »…
Cependant, le recours au FMI est considéré par les dignitaires européens comme un "Casus Belli" car il menace de « détricoter » l’eurozone. Les dirigeants européens rappellent que, dans cette éventualité, ils ont les moyens de punir la Grèce… Déjà dans le Financial Times est apparu un projet d’exclusion de la Grèce de l’euro pendant cinq ans, de retour à la drachme avec la parité d’entrée dans l’euro (1 euro=340,75 drachmes) et au bout de cinq ans (qui seront, cela va sans dire, cinq ans d’austérité sanglante)… un retour à l’euro avec une parité 1/600 !!!
L’européanisme du capital s’effondre avec fracas, puisqu’il se traduit cyniquement par l’injonction suivante : "vous allez rester de force dans l’eurozone car il faut sauver la crédibilité de l’euro et l’architecture néolibérale de l’eurozone. Vous allez traverser plusieurs années d’austérité et de pillage, et tout ça afin que la Grèce protège l’euro –et non pas qu’elle soit protégée par lui », contrairement à que disait jusqu’à aujourd’hui la doxa dominante. De l’autre coté, le recours au FMI signifierait se déplacer vers l’« axe » des alliances anglo-saxonnes. Sonnée, la bourgeoisie grecque est en train de se chercher des alliances dans la jungle de la mondialisation néolibérale à laquelle elle a adhéré de plein gré, réussissant l’exploit d’être promue au rang de bourgeoisie de pays capitaliste développé.
La « faillite grecque »
Ceci dit, on peut récapituler et conclure ainsi :
1. Le piège, c’est la dette et pas le déficit : Si c’était simplement le déficit, alors ce serait un problème interne de l’eurozone, il y auraient des pressions européennes pour des mesures dures, mais ne se poserait pas la question de la faillite. Pour le dire en mots plus simples : même si Bruxelles permet à la Grèce de continuer d’enfreindre les 3% du déficit prévus par le Pacte de Stabilité, les marchés continueront de faire pression sur la Grèce, la menaçant de faillite. Pour la simple raison que la dette grecque (c.à.d. plus de 300 milliards d’euros en obligations grecques) est disséminée et est négociée sur les marchés financiers mondiaux. Il suffit qu’il y ait une dépréciation massive des obligations grecques et de la bourse grecque pour que l’économie grecque arrive au bord du gouffre –d’autant plus qu’elle se trouve déjà en récession durable. Le problème est donc la dette, et si on parle du déficit, c’est parce que les coupes dures sont considérées comme la seule preuve crédible que la dette peut diminuer à court terme.
26 des 27 pays-membres de l’UE ont un déficit supérieur à 3% ! En clair, ceux qui déterminent l’ampleur des mesures de régression ne sont pas à Bruxelles mais constituent l’internationale des spéculateurs, c.à.d. les marchés mondialisés de capitaux.
Bruxelles laisse « tout simplement » la Grèce à la merci de ces marchés et lui demande de faire ce qu’ils désirent pour que l’euro ne soit pas touché. Pour protéger leur monstruosité néolibérale, elle lui « offre » une exposition durable aux attaques spéculatives, c.à.d. qu’elle la condamne à rester le punching-ball de service, lui garantissant seulement qu’elle… ne fera pas faillite.
2. L’attaque des spéculateurs contre la Grèce est une attaque contre l’eurozone : Et ceci pas seulement objectivement, mais aussi subjectivement. Ayant correctement diagnostiqué les « trous » de l’architecture de l’eurozone et sachant qu’il y a d’autres « maillons faibles », ils visent l’euro et l’eurozone. Ce qui arrive est un épisode, ou plutôt le premier épisode, de la gestion antagonique de la « crise de la dette » dans le monde développé, dans le Nord capitaliste. Dans la guerre qui vient de commencer, on ne peut rien exclure : de l’effondrement de l’eurozone à cause des attaques spéculatives et du refus des forces dirigeantes de l’UE d’œuvrer à l’unification politique, jusqu’à ce que l’Allemagne et les autres forces dirigeantes de l’UE soient contraintes d’avancer vers cette unification. Une preuve éloquente que le jeu est plus vaste et plus complexe, est l’éventualité que l’eurozone soit dissoute sous les coups des spéculateurs, c.à.d. que les spéculateurs et les opposants à l’euro « abolissent » l’eurozone ensemble avec Maastricht, le Pacte de Stabilité et tous les traités !
3. La « faillite grecque » n’est pas un problème intra-européen : l’adversaire n’est pas spécialement le Pacte de Stabilité ou l’UE, mais le réseau plus large des mécanismes de contrainte et de pillage du capitalisme néolibéral et de ses marchés mondialisés. La Grèce est le premier pays du Nord à subir les conséquences de la guerre monétaire et de la guerre plus générale de la « crise de la dette ». Elle est dépourvue d’instruments de défense économiques, puisqu’elle a volontairement concédé tous ses droits à exercer une politique monétaire, industrielle, agricole, commerciale et budgétaire à Bruxelles et à l’OMC.
Son gouvernement hésite entre quelle tutelle choisir : celle de la BCE et de Bruxelles ou celle du FMI ? Devrait-elle rester dans l’eurozone et recourir au FMI ? Ceci serait un coup porté à l’euro, et on peut être sûr que Bruxelles ne lui pardonnerait pas. Sortir de l’eurozone, tout en restant ou partant aussi de l’UE ? Elle peut se retrouver dans la situation de la Lettonie, de la Hongrie et de l’Ukraine, subissant une fuite massive des capitaux, l’effondrement de ses exportations, la perte ou la suspension des financements communautaires, une grande dévaluation de sa monnaie et son immersion dans une longue et profonde récession.
4. Y-a-t-il un « terrain » ou il est réaliste de récupérer ce qui a été perdu au niveau national par la perte des outils de politique économique et financière ? Pour les pays-membres de l’UE –même les puissants, mais beaucoup plus pour les faibles- le retour à la marche solitaire de la monnaie nationale et au protectionnisme serait un « isolement » catastrophique dans la jungle du capitalisme néolibéral et de ses marchés mondialisés.
Comme l’ « européanisme » du capital s’effondre (c’est la Grèce qui doit sauver l’euro et pas l’euro qui devra protéger la Grèce), c’est la Gauche et les mouvements sociaux, qui doivent brandir le drapeau de l’ « autre Europe ».
Les guerres monétaires et plus généralement la gestion antagoniste de la « crise de la dette » du Nord, sur fond de crise structurelle du capitalisme mondial, offriront en permanence les raisons et le terrain de la solidarité des peuples européens, et plus spécialement ceux du Sud européen pour leur lutte commune contre la monstruosité néolibérale appelée UE. Déjà, la crise elle-même et les attaques des spéculateurs sont en train de « tester » ses résistances affaiblies. L’édifice européen a commencé à prendre l’eau dès la première épreuve –et on n’en est qu’au début.
Dans la jungle mondialisée du capitalisme néolibéral et à l’aube de la crise de la dette du Nord (qui est à la fois une conséquence et une manifestation de la crise générale du capitalisme), ce qui a été perdu, au niveau national pour ce qui relève de l’autonomie de la politique économique, ne peut être récupéré qu’au seul niveau européen.
L’UE actuelle ne peut pas le faire. Elle doit être remplacée par un autre édifice, une construction authentique des peuples européens, de leurs luttes et de leur solidarité. Ce combat sera livré dans l’UE actuelle et contre elle. Et c’est évident qu’il ne sera pas livré à notre place par les spéculateurs ou les concurrents de l’euro, qui s’attaquent à l’euro pour leurs propres raisons, à l’opposé des nôtres. Notre ennemi n’est pas l’ « européanisme » en général, mais l’ « européanisme néolibéral du capital » qui est en train de faire faillite devant nos yeux.
L’ennemi est intra - muros !
La situation de la bourgeoisie grecque, de son système politique et de son gouvernement est terrible. Le gouvernement du Pasok ne cache pas qu’ « au point où nous sommes arrivés » il préférerait le recours au FMI : il sera contraint d’appliquer la même « recette » avec des mesures plus dures encore, mais « au moins les attaques spéculatives seront arrêtées et les conditions d’emprunt seront normalisées ».
Pourtant, la bourgeoisie n’hésite pas du tout dans ses choix plus généraux : elle veut rester dans l’eurozone, son éventuelle sortie ou expulsion –qui n’est pas prévue- serait néfaste pour ses intérêts et évidemment elle n’a pas d’états d’âme… pour faire payer la crise de nouveau aux travailleurs.
Elle a cependant deux problèmes : Primo, les politiques qu’elle est appelée à appliquer sont récessives et menacent de provoquer un cercle vicieux : aggravation de la récession de l’économie grecque, maintien des déficits élevés, exigence de nouvelles mesures, etc. La perspective d’un tel cercle vicieux n’enthousiasme pas les capitalistes grecs et le gouvernement, car elle est synonyme d’une baisse de l’activité économique et d’une diminution des profits.
Secundo, avec la pression continue pour ces mesures et surtout pour leur intensification immédiate, il y a fort à craindre que monte en flèche le « risque politique », c.à.d. le danger d’une agitation sociale de grande envergure. Le risque politique, lui, provoque une double peur : d’un côté parce que la Grèce ne respectera pas ses engagements et alors les pressions des spéculateurs s’intensifieront et le danger de la faillite s’approchera, et d’autre part, parce que sera testé le système politique et sa capacité à absorber des secousses sociales de grande dimension. Tout ça crée le spectre de la relégation du capitalisme grec dans la division capitaliste internationale du travail.
Ce qui est sûr est que la bourgeoisie grecque et son système politique ont décidé, sans aucune hésitation, qu’ils vont gérer les dangers en faisant payer la crise à la classe ouvrière, à la jeunesse, aux immigrés, c.à.d. ceux « d’en bas ».
Du point de vue de ses intérêts, elle agit parfaitement : pour les mêmes raisons qu’elle a adhéré de plein gré au capitalisme mondialisé et plus spécifiquement à l’eurozone, au noyau développé du Nord global, elle livrera bataille pour que son adhésion ainsi que les avantages qu’elle implique ne soient pas remis en cause.
Grace à l’ « union nationale » et le terrorisme du genre « il y a bien pire », « mieux vaut des sacrifices plutôt que l’effondrement du pays », la bourgeoisie grecque va exiger de ses sujets d’accepter sans sourciller les mesures. Pourtant, le scenario peut, pour plusieurs raisons, ne pas fonctionner. La plus importante est que, malgré ces sacrifices, la faillite et une crise générale plus profonde, (qui ressemble de plus en plus à un effondrement), ne puissent être évitées.
Afin de revendiquer le mieux possible sa place dans la mondialisation et s’assurer des alliances internationales, la bourgeoisie grecque fera tout pour faire passer toutes les mesures « indispensables » et contraindre les travailleurs à les accepter sans réactions, négociant avec ses concurrents et alliés internationaux, les rythmes et les conditions de la mise en œuvre de ces mesures tout en essayant de les rendre co-responsables du problème de « risque politique ».
Les marchés ne sont pas, eux, concernés par le risque politique, sauf s’il aboutit à une cessation de paiement. Par contre, Bruxelles se sent beaucoup plus directement concernée par ce risque politique, c.à.d. par une effervescence majeure et une révolte sociale contre ces mesures. D’un coté, parce qu’elle pourrait devenir contagieuse dans le continent européen et de l’autre, parce qu’elle multiplierait les pressions spéculatives contre l’euro.
Du tout a la partie
Finalement, la « chaîne » des conséquences est la suivante :
La guerre monétaire dollar-euro constitue une perturbation majeure des équilibres mondiaux à l’origine de la « guerre mondiale » pour la gestion antagonique de la crise de la dette, laquelle « teste » les équilibres existants de la mondialisation capitaliste.
L’attaque massive contre l’euro « teste », elle, les équilibres et les déficiences de l’architecture de l’euro et de l’eurozone.
Le choix des forces dominantes de l’eurozone, et tout d’abord de l’Allemagne, est de transférer toute la pression sur le capitalisme grec, en lui demandant de se montrer digne de l’euro (qui lui a fait tellement de cadeaux), s’il veut rester membre méritant de la « sainte famille » du capitalisme développé.
Le gouvernement grec accepte, pour le compte du capitalisme grec et du capital grec, que ces terribles pressions soient « transférées » sur les travailleurs grecs, la jeunesse, les immigrés et, les femmes.
Afin de garder les acquis de son adhésion au noyau développé de l’eurozone et d’avoir les moindres pertes résultantes de cette « aventure », le capitalisme grec choisit de prendre « toutes les mesures nécessaires ». La grande coalition consensuelle (Pasok, Nouvelle Démocratie, Laos), la stratégie « sécuritaire » et celle de la « tolérance zéro » ainsi que l’idéologie de la peur (« il y a pire ») sont ses armes principales.
Il n’y a pas de doute que, pour empêcher l’annulation de l’application des mesures, il va utiliser sans hésitation, au nom des « intérêts nationaux », la répression la plus dure en cas d’échec du consensus. Et tout ça uniquement pour défendre ses propres intérêts menacés et non pas parce qu’il serait soumis à Bruxelles.
De la partie au tout : Que faire ?
C’est pour ces raisons que : • La tâche essentielle de la Gauche grecque est de s’organiser et d’organiser une grande confrontation sociale, et de classe, contre la bourgeoisie grecque, les banquiers, les industriels et les patrons grecs, mais aussi contre leur système politique et leur gouvernement.
L’ennemi est intra-muros : les banques, le patronat, les ministères, ainsi que les « quartiers généraux » du Pasok, de la Nouvelle Démocratie et du Laos !
C’est pourquoi notre mot d’ordre principal doit être : A BAS LE PROGRAMME DE STABILITE ! Ce mot d’ordre condense de façon claire la politique de la Gauche. Il cible l’adversaire ici (et pas « ailleurs »), dedans (et pas « dehors »).
Il illustre bien les oppositions radicales : d’un coté le capitalisme grec, la bourgeoisie grecque et ses alliés, le système politique et son gouvernement, et de l’autre, ceux qui veulent résister à Bruxelles en luttant contre ceux qui se soumettent à elle.
Il vise le « talon d’Achille » de tout cet enchevêtrement de forces qui menace d’écraser les droits ouvriers et sociaux : il illustre le moyen le plus concret, immédiat, accessible et efficace pour frapper l’architecture néolibérale de l’eurozone qui est de combattre les projets des « marchés ». Il s’agit de mettre en échec cette politique qui représente et précise leurs objectifs : le Programme de Stabilité et de Développement 2010-2013 du gouvernement !
C’est seulement si nous transformons la Grèce en « maillon faible » de la gestion néolibérale de la dette que nous contribuerons de la façon la plus décisive à notre « quote-part nationale » pour la lutte internationale contre les mécanismes planétaires et européens de mise au pas et de pillage des peuples.
Si le système va du tout vers la partie, imposant et rendant homogènes des politiques et lançant les mécanismes de mise au pas, la dialectique de la résistance des peuples va, elle, de la partie vers le tout.
Le bon vieux principe fondamental, l’internationalisme, se fonde sur et « se vérifie » avant tout ici par la volonté et la capacité de lutter contre « notre propre » capitalisme, « notre propre » bourgeoisie.
« Détermination » classiste des luttes, des mouvements et des résistances au niveau national - internationalisation des dynamiques qui se développent. Multiplication des « maillons faibles » et solidarité, coordination et collaboration internationaliste entre eux. Mobilisations internationales coordonnées des mouvements de résistance et de la Gauche. Voilà ce que doit être le projet de la Gauche !
Les occasions et les points de friction exacerbés pour la création des « maillons faibles » et l’ouverture des brèches au sein du système de la mondialisation néolibérale et de l’UE du capital peuvent varier.
Quand ils voulaient imposer aux peuples européens la « constitution européenne », la méthode pour la création des maillons faibles était de voter Non dans les pays où se tenaient des référendums.
Mais, même dans ces cas, la grande confrontation se déroulait à l’intérieur, dans ces pays eux-mêmes. Evidemment, nous avons aussi besoin d’un cadre de solidarité internationale des peuples dans cette lutte commune et d’une collaboration active entre ceux qui du point de vue mouvementiste constituent les « maillons faibles ».
Quel est alors notre « programme » international et européen ?
La Gauche et les mouvements devront élaborer des revendications, des mots d’ordre et des objectifs communs :
Face aux spéculateurs internationaux il faut mettre en avant la revendication pour la CESSATION DES PAYEMENTS et L’ANNULATION PARTIELLE DE LA DETTE ET LA RENEGOCIATION DU RESTE ! Des revendications de ce genre vont mûrir très vite en même temps que se multiplieront des nouveaux épisodes et de nouveaux « maillons faibles » face à la « crise de la dette » des pays développés.
Face à l’« union Européenne » il faut mettre en avant la revendication immédiate d’un FINANCEMENT PAR LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE de la dette grecque et de n’importe quel autre pays-membre de l’UE. Cette revendication constitue la meilleure « introduction » à la revendication plus globale qui est de déboulonner le néolibéralisme au niveau européen et d’abattre l’actuel édifice européen. Avec des revendications comme : ABROGATION DU TRAITE DE MAASTRICHT (c’est lui et non le Pacte de Stabilité qui interdit le financement des pays-membres par la Banque Centrale Européenne), ABROGATION DU PACTE DE STABILITE, CHANGEMENT RADICAL DES CRITERES DE LA CONSTRUCTION EUROPEENNE !
Si, au lieu d’avoir et d’appliquer une telle politique de classe et internationaliste, on se renferme, en dernière analyse, dans une position du genre « révolte populaire contre les despotes étrangers ». Si on succombe aux charmes de l’ethnocentrisme romantique, alors on est guetté par de multiples déformations qui se transformeront en autant de grandes erreurs stratégiques. Poser la ligne de démarcation entre les « soumis » et ceux qui « luttent » ou entre une « dignité nationale » et ceux qui « se lèvent » contre Bruxelles et les marchés.
Croire que la bourgeoisie grecque n’organise pas consciemment l’attaque contre les droits ouvriers et sociaux afin de défendre les acquis de son adhésion au « club » du capitalisme développé, parce qu’elle est –sans le vouloir- soumise a Bruxelles, serait le meilleur alibi pour le « sympathique » Mr. Papandreou, qui « fait des efforts, ne veut pas prendre de telles mesures », mais « ne peut pas faire autrement ».
Et serait aussi le meilleur plaidoyer pour les pleurnicheries gouvernementales du genre « afin que nous ne soyons pas totalement détruits » et pour que nous ne perdions pas « notre souveraineté nationale », nous devons accepter les mesures de régression sociale.
Et en plus nous devrions nous sentir…flattés parce qu’ « ils se vengent sur la Grèce pour la révolte de décembre 2008 » ou « parce qu’elle a un haut niveau de résistance sociale » (mais si c’était comme ca, alors pourquoi sont-ils à la recherche des troubles sociaux et risquent-ils d’avoir un nouveau décembre de révolte, lequel pourrait cette fois s’avérer contagieux et non plus étudiant mais…ouvrier ?).
Finalement, on serait exposé à des délires nationalistes du genre « le retour des Allemands » (l’Allemagne qui…continue la Deuxième Guerre Mondiale contre la Grèce », et bientôt la mythologie populaire sera nourrie de nouvelles versions de la haine gréco-allemande et de l’amitié gréco-française), « l’Europe ne respecte pas la Grèce » (laquelle pourra, dans un avenir pas si lointain, constituer la base d’un nouveau pro-américanisme ou d’une sympathie -bien pilotée- pour le FMI) ou l’inverse « avec tout ça les Américains veulent imposer à la Grèce des solutions antinationales aux questions de la Macédoine, de Chypre ou de la mer Egée », etc.
On peut imaginer facilement qu’alors la rhétorique d’extrême droite ne sera pas très loin, et dans ce cas on pourra apprendre que tout ça n’est rien de plus qu’une conspiration universelle des Juifs contre l’hellénisme. D’ailleurs, c’est le porte-parole du groupe parlementaire du LAOS qui, commentant les réactions des alliés européens il y a pas si longtemps, a déclaré qu’ « ils vont bombarder la Grèce pour la deuxième fois »…
Une opposition structurelle - Une gauche socialiste !
On est au début d’événements qui conduisent à un grand affrontement social et de classe d’importance historique. Pour le capitalisme grec et ses gouvernements, l’équation est simple, car ils n’ont pas l’habitude de commettre des erreurs quand il s’agit de leurs intérêts de classe : ils doivent écraser les résistances ouvrières et sociales, soumettre leur « propre » classe ouvrière afin d’éviter des grandes pertes dans le processus de réévaluation des rapports de force au sein du club des pays développés.
La classe ouvrière, les mouvements sociaux et la Gauche se trouvent aux antipodes : ils ne doivent pas permettre un recul de dimension historique de leurs droits, lequel va « financer » les intérêts du capital grec. La confrontation sociale et de classe sera dure. La probabilité que cèdent les « digues », que se brise le « consensus de la peur », qu’on puisse avoir une grande mobilisation ouvrière et sociale ainsi que des secousses politiques à grande échelle, est tout à fait plausible.
Devant les irrésistibles nécessités d’un affrontement social de classe, face à de telles dimensions et de tels enjeux, au beau milieu d’une « sanglante » conjoncture économique et sociale, le discours et l’action de la Gauche doit être subversif, pertinent et socialiste.
L’organisateur actuel des attaques contre les droits ouvriers et sociaux, G. Papandreou, avait posé avant les élections, tout à fait prophétiquement, le dilemme « Socialisme ou barbarie » !
La Gauche, qui se sent tellement défaite au point qu’elle n’a pas le courage de poser elle-même ce dilemme, est indigne des circonstances historiques !
Mais, le discours oppositionnel doit aussi s’élever à la hauteur des circonstances historiques. La Gauche, porteuse de « solution alternative à la crise », d’une solution qui, même en paroles, n’est pas porteuse de subversions à caractère socialiste, est condamnée d’ajouter des notes en bas de page et des astérisques tandis que la bourgeoisie écrira des nouvelles pages de victoires contre la classe ouvrière, la jeunesse, les immigrés et les résistances sociales.
Les « grands oui » de la Gauche, ses propres objectifs programmatiques contradictoires, n’ont pas pour objectif de sortir le système de la crise, ni ne peuvent réussir une telle chose ! Ces « grands oui » combattent les grands « non » au système et la perspective subversive pour le dépassement du système. Tout ça renvoie à une opposition anticapitaliste-socialiste, structurée et subversive qui s’appuiera sur l’intervention sociale de masse, pour que soient déclenchées des résistances sociales de grande envergure.
Les revendications politiques et programmatiques centrales doivent aussi s’élever à la hauteur des circonstances :
• NATIONALISATION DE TOUTES LES BANQUES SANS INDEMNITE ! • RENATIONALISATION DE TOUTES LES ENTREPRISES PRIVATISEES ! • ANNULATION DES PARADES MILITAIRES ! • IMPOSITION DE LA FORTUNE DE L’EGLISE AU TAUX LE PLUS ELEVE ! • AUGMENTATION DE 45% DU TAUX D’IMPOSITION FISCALE DES PROFITS ! • ABROGATION DES LOIS ANTI-SECURITE SOCIALE ET DE TOUTES LES FORMES DE TRAVAIL PRECAIRE ! AUGMENTATION DES SALAIRES ET DES PENSIONS ! AUGMENTATION DES DEPENSES SOCIALES !
Enfin, la gravité de la situation exige un appel public clair en faveur de la mobilisation unitaire de toutes les forces de la Gauche sur la base de l’objectif central de l’abrogation du Programme de Stabilité et pour l’action commune autour de plusieurs revendications programmatiques et politiques de pointe.
Ceux qui ne répondront pas à cet appel public, assumeront toute la responsabilité de leur refus –les travailleurs et la jeunesse les jugeront très sévèrement !
Au moment où le capital grec s’est assuré le consensus de la « grande coalition » Pasok, N.D., LAOS, pour pourfendre les droits ouvriers et sociaux, les travailleurs ont besoin d’un soutien politique, d’un accord politique au moins équivalent de la Gauche pour la défense de leurs intérêts !

P.-S.

Panos Kosmas est dirigeant de l’organisation « Kokkino » (Rouge), composante de la Coalition de la Gauche Radicale (SYRIZA). La traduction en français est due à Georges Mitralias et a été entièrement revue par Pascal Franchet et Claude Quémar.

http://www.cadtm.org/ http://www.cadtm.org/



Lundi 1 Mars 2010


Commentaires

1.Posté par Roca le 02/03/2010 18:50 | Alerter
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en france aussi l'ennemie est intra muros, on lui a meme filé les clé du pont levis tellement on est sympa

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