ALTER INFO

Grandes manœuvres autour du Venezuela


Dans la même rubrique:
< >

Mardi 19 Septembre 2017 - 13:35 NOUVEAU PARADIGME: La mère Peinarde au populo…



Manlio Dinucci
Mercredi 23 Août 2017

Le président Donald Trump a évoqué, le 11 août 2017, une possible option militaire contre le Venezuela. Comme détaille ici Manlio Dinucci, il ne s’agit pas de paroles en l’air. L’exercice Mobility Guardian, qui vient de se tenir aux États-Unis avec la participation des armées de 25 États et sous l’observation de 12 autres États, était une répétition du transport rapide sur zone des forces de l’Otan élargi.

Les projecteurs politico-médiatiques, focalisés sur ce qui se passe à l’intérieur du Venezuela, laissent dans l’ombre ce qui se passe autour du Venezuela. Dans la géographie du Pentagone, celui-ci entre dans l’aire du U.S. Southern Command (Southcom), un des six « commandements combattants unifiés » entre lesquels les USA divisent le monde.

Le Southcom, qui couvre 31 pays et 16 territoires de l’Amérique latine et des Caraïbes, dispose de forces terrestres, navales et aériennes et du corps des Marines (infanterie de marine), à quoi s’ajoutent des forces spéciales et trois unités spécifiques : la Joint Task Force Bravo, basée dans la base aérienne de Soto Cano au Honduras, qui organise des exercices multilatéraux et autres opérations ; la Joint Task Force Guantanamo, basée dans la base navale homonyme à Cuba, qui effectue des « opérations de détention et des interrogatoires dans le cadre de la guerre au terrorisme » ; la Joint Interagency Task Force South, basée à Key West en Floride, dont la mission officielle est de coordonner les « opérations anti-drogue » dans toute la région. L’activité croissante du Southcorn indique que ce qu’a déclaré le président Trump le 11 août —« Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible action militaire »— n’est pas une simple menace verbale.

Une force spéciale des Marines, dotée d’hélicoptères de guerre, a été déployée en juin dernier au Honduras pour des opérations régionales avec une durée prévue de six mois. Dans le cadre toujours du Southcom s’est déroulé en juin à Trinidad et Tobago l’exercice Tradewinds, avec la participation de forces de 20 pays des Amériques et des Caraïbes. En juillet s’est déroulé au Pérou l’exercice naval Unitas, avec la participation de 18 pays, et, au Paraguay, la compétition-exercice de forces spéciales de 20 pays. Du 25 juillet au 4 août, des centaines d’officiers de 20 pays ont pris part à la Panamax, exercice officiellement destiné à la « défense du canal de Panama ». Du 31 juillet au 12 août s’est déroulé à la Joint Base Lewis-McChord (Washington) le Mobility Guardian, « le plus grand et réaliste exercice de mobilité aérienne » avec la participation de 3 000 hommes et de 25 partenaires internationaux, en particulier des forces aériennes colombiennes et brésiliennes qui se sont exercées dans des missions diurnes et nocturnes avec des forces états-uniennes, françaises et britanniques. Le « scénario réaliste » est celui d’une grande opération aérienne, pour transporter rapidement des forces et de l’armement dans la zone d’intervention. En d’autres termes, la répétition de l’intervention militaire au Venezuela menacée par Trump.

La base principale serait la Colombie voisine, reliée à l’Otan en 2013 par un accord de partenariat. « Du personnel militaire colombien —documente l’Otan— a pris part à de nombreux cours à l’Académie de Oberammergau (Allemagne) et au Nato Defense College à Rome, en participant aussi à de nombreuses conférences militaires de haut niveau ».

Qu’un plan d’intervention militaire au Venezuela existe déjà est confirmé par l’amiral Kurt Tidd, commandant du Southcom : dans une audition au sénat, le 6 avril 2017, il déclarait que « la crise humanitaire croissante au Venezuela pourrait rendre nécessaire une riposte régionale ». Pour réaliser la menace de l’« option militaire » de Trump, pourrait être adoptée, même dans un contexte différent, la même stratégie que celle mise en acte en Libye et Syrie : infiltration de forces spéciales et de mercenaires qui jettent de l’huile sur les foyers intérieurs de tension, en provoquant des affrontements armés ; accusation contre le gouvernement de massacrer son propre peuple et l’ « intervention humanitaire » qui en résulte par une coalition armée conduite par les USA.


Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article197568.html http://www.voltairenet.org/article197568.html



Mercredi 23 Août 2017


Nouveau commentaire :

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires