Politique Nationale/Internationale

George W. Bush nomme un 'faucon' ambassadeur auprès des Nations unies

Ou comment péricliter l'ONU...


lors que les Etats-Unis n'ont plus d'ambassadeur aux Nations unies depuis six mois, le président américain, George W. Bush a annoncé, lundi 1er août, qu'il nommait par décret John Bolto, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'ONU, en raison de sa "vaste expérience" et parce qu'il est "l'homme qu'il faut pour ce poste".


anonyme
Mardi 2 Août 2005

Cette nomination par décret intervient alors que l'opposition démocrate est parvenue à bloquer à plusieurs reprises un vote de confirmation au Sénat. "Une majorité de sénateurs sont d'accord avec le fait qu'il est l'homme qu'il faut pour ce poste. Mais, en raison des tactiques dilatoires partisanes utilisées par une poignée de sénateurs, John n'a pas pu obtenir le vote qu'il mérite", a souligné M. Bush. Selon le président américain, la désignation de John Bolton "va donner une direction claire à la position américaine dans le cadre de la réforme des Nations unies. J'ai dit qu'il insisterait pour obtenir des résultats concrets".


John Bolton, 56 ans, considéré comme l'un des chefs de file des "faucons" unilatéralistes au sein du gouvernement américain, est un homme à la personnalité rugueuse qui ne s'embarrasse pas de finesses diplomatiques. Sous-secrétaire d'Etat, chargé des questions de désarmement depuis mai 2001, ce farouche partisan de la guerre en Irak a été choisi pour le poste de l'ONU "car il sait faire. C'est un diplomate coriace", avait dit de lui la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, en annonçant sa nomination en mars. Tellement coriace, voire colérique, que le démocrate Joseph Biden a comparé son arrivée à l'ONU à celle d'un "taureau dans un magasin de porcelaine".

UN "FAUCON" CONTROVERSÉ

Les démocrates lui reprochent notamment une série de prises de position dans le passé particulièrement hostiles ou méprisantes envers l'ONU. Il s'était ainsi montré peu sensible à la question des arriérés que Washington doit à l'organisation internationale. En septembre 2002, ce moustachu, portant de fines lunettes et une épaisse frange, avait également défendu l'idée d'une attaque préventive contre l'Irak. "Le fait de savoir si le président (George W. Bush) cherche à obtenir une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU est une question de décision politique, certainement pas une nécessité légale", avait-il alors déclaré.

John Bolton avait aussi signé la lettre adressée en mai 2002 au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, indiquant que les Etats-Unis renonçaient à toute participation à la Cour pénale internationale (CPI). Un ancien responsable du renseignement au département d'Etat, Carl Ford, a dressé de lui un tableau particulièrement peu flatteur. "C'est le genre de type qui fait de la lèche aux supérieurs, et qui envoie des coups de pied aux subordonnés", a-t-il dit, lui reprochant d'avoir menacé puis tenté de faire renvoyer un analyste, pour la seule raison qu'il était en désaccord avec lui au sujet de l'arsenal cubain.

Dernièrement, M. Bolton s'est particulièrement occupé du dossier du programme nucléaire iranien. Prônant une ligne dure envers l'Iran comme la Corée du Nord, il a été l'un des principaux avocats au sein du gouvernement Bush d'un renvoi du dossier du nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l'ONU, en vue de sanctions.







Avec AFP et Reuters



Mardi 2 Août 2005


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