Palestine occupée

Gaza : les agriculteurs profitent de la trêve pour constater les dégâts


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Dimanche 22 Juin 2008

Gaza : les agriculteurs profitent de la trêve pour constater les dégâts
Mazen déblaie les restes blanchis et desséchés de dizaines d’oliviers détruits dans une incursion israélienne : dans la bande de Gaza, les agriculteurs constatent les dégâts sur leurs terres, au troisième jour de la trêve entre le Hamas et Israël.

Les deux parties "sont horribles. Mais les Israéliens sont les pires. La résistance (palestinienne) se contente de tirer des roquettes alors que les Israéliens viennent avec des chars et des bulldozers", estime Mazen Mouhanna.

Il montre de la main les sillons des chars mêlés aux branches brisées de ses arbres.

Son champ, situé à Al-Qarara, dans le sud du territoire, à quelques kilomètres de la frontière, a été dévasté il y a moins de deux semaines : "Mon père a planté ces arbres. Ils sont plus vieux que moi et j’ai 45 ans. Mais ils (les Israéliens) les ont détruits en moins d’une minute".

Fadi, un jeune de 17 ans qui travaille la même terre, explique qu’il ne veut pas des activistes. "Mais si on leur dit quoi que ce soit, ils nous traitent d’agents" d’Israël.

Comme Mazen, d’autres propriétaires de champs d’oliviers profitent du calme pour récupérer le bois des arbres détruits.

L’un d’eux, Ayman Smeri, 28 ans, traîne des branches derrière lui. "Nous pouvons utiliser les arbres comme combustible", dit-il. "Nous n’avons pas eu de gaz domestique ces trois dernières semaines à cause du blocus" israélien.

Après plusieurs mois de raids israéliens quasi quotidiens et de pénurie de denrées alimentaires et de carburant, l’accord de trêve, négocié par l’entremise de l’Egypte, a été accueilli avec soulagement par la population.

Mais dans les champs situés à proximité du territoire israélien, la tension reste palpable.

Siham Smeri n’a pas cultivé sa terre depuis deux ans. Elle explique que les soldats israéliens continuent de tirer en l’air quand les agriculteurs s’approchent de la frontière. "Au premier jour de la trêve, nous sommes montés sur une colline proche de la frontière (avec Israël). Un soldat arabe israélien a crié : "Partez d’ici ou nous allons vous tirer dessus et rompre la trêve", relate-t-elle. Depuis, Siham ne s’est plus aventurée sur sa terre.

Outre l’arrêt des tirs de roquettes palestiniennes contre Israël et des raids israéliens, l’accord de trêve prévoit aussi un allègement progressif du blocus imposé par l’Etat hébreu à la bande de Gaza, un territoire exigu de 362 km2 où s’entassent 1,5 million de Palestiniens.

Le blocus a ruiné l’économie du territoire palestinien, déjà fragile : environ 80% des Palestiniens de Gaza dépendent de l’aide alimentaire.

Le calendrier de la trêve prévoit la réouverture progressive, en principe à partir de dimanche, des terminaux routiers reliant Israël et la bande de Gaza, fermés quasiment en permanence depuis la prise de pouvoir par le Hamas en juin 2007.

Mais à Rafah, à la frontière égyptienne, les habitants sont sceptiques et continuent à acheter de l’essence de contrebande. "Si vous pensez que les Israéliens vont ouvrir la frontière et laisser entrer de l’essence, vous rêvez !", dit Abou Mohammad. Près de lui, ses enfants remplissent des bouteilles d’un carburant contenu dans un réservoir en plastique, au coeur d’un marché bondé.

Pour les commerçants de Rafah, la contrebande est le seul moyen de subsister : "Nous sommes pauvres et nous avons besoin des tunnels pour vivre", explique Nabil, 37 ans, faisant référence aux passages souterrains utilisés entre la bande de Gaza et l’Egypte.

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Dimanche 22 Juin 2008

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