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Gaz: l'Europe dans l'expectative


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Une nouvelle qui de prime abord semblait bonne a été annoncée dans la nuit du 10 au 11 janvier: l'Ukraine a signé le protocole portant sur le mécanisme de contrôle du transit du gaz russe par son territoire vers les pays européens. Cet événement aurait dû ouvrir la voie vers la reprise des livraisons de gaz russe vers l'Europe, suspendues le 7 janvier. Cependant, le 11 janvier, on ne savait pas encore clairement sous quelle forme le document avait été signe par Kiev et s'il serait approuve par la partie russe.


Mardi 13 Janvier 2009

Gaz: l'Europe dans l'expectative
Par Oleg Mitiaïev, RIA Novosti



Contrat pour 2009 avec l'Ukraine et transit vers l'Union européenne

Rappelons que quelques heures avant le Nouvel an, la délégation de la compagnie nationale Naftogaz Ukraine a interrompu les négociations portant sur les livraisons de gaz russe vers l'Ukraine en 2009, tenues à Moscou avec Gazprom, et a quitté la capitale russe. Gazprom, en l'absence de contrat pour 2009 avec l'Ukraine, a fermé les vannes le 1er janvier, tout en continuant de transporter via le territoire ukrainien le gaz destiné à ses partenaires européens. (80% du transit de gaz russe vers les pays de l'UE passent par le territoire de l'Ukraine).

Mais le 1er janvier même, Naftogaz Ukraine a commencé à siphonner le gaz russe. Selon Gazprom, le siphonnage a atteint le 7 janvier une telle ampleur que le gaz ne parvenait plus aux consommateurs européens. Dans ces conditions, la compagnie russe a arrêté le transit de gaz vers l'Union européenne via l'Ukraine.

La partie russe a proposé de reprendre les livraisons de gaz vers l'UE via le territoire ukrainien après la mise en place d'une commission internationale chargée de contrôler le transit du gaz russe via l'Ukraine aux points clés de ce transit (situés en Russie, en Ukraine et dans l'UE), qui serait composée de représentants européens, russes et ukrainiens. Ses membres devraient veiller à ce que Naftogaz arrête de siphonner le gaz russe destiné à l'Europe.

Le samedi 10 janvier, la partie russe et l'Union européenne ont signé un protocole sur la création d'un mécanisme de contrôle du transit. La position de l'Ukraine, qui refusait d'admettre les représentants de Gazprom dans ses stations de mesure, est restée la pierre d'achoppement dans les négociations.

Mais dans la nuit du 10 au 11 janvier, on a appris une nouvelle rassurante, annonçant que la partie ukrainienne avait signé le protocole approprié avec l'Union européenne. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a salué ce résultat. Dans sa déclaration conjointe avec le commissaire européen à l'Energie, Andris Piebalgs, il indiquait que les observateurs devraient commencer leur travail le plus vite possible. Selon les experts européens, une fois les vannes rouvertes, le gaz russe devrait mettre environ trois jours à parvenir jusqu'aux clients en Europe.

D'ailleurs, juste après la signature du protocole par l'Ukraine, la première ministre Ioulia Timochenko a déclaré que le document affirmait, entre autres, que son pays n'avait pas suspendu le transit de gaz russe vers l'Europe. En outre, selon elle, le protocole signé par Kiev indique que l'Ukraine n'avait pas siphonné de gaz russe et qu'elle n'avait pas de dettes envers le distributeur russe Gazprom pour le gaz fourni en 2008.

Cependant, ces affirmations contredisent la position du géant gazier. De son côté, Gazprom déclare que Kiev a détourné plus de 86 millions de mètres cubes de gaz russe depuis le début de l'année; les dettes de Naftogaz Ukraine envers Gazprom se chiffreraient à 614 millions de dollars.

La partie russe estime que les "Normes de contrôle" signées par l'Ukraine doivent être identiques à celles auparavant paraphées par la Russie, a expliqué dimanche un porte-parole de Gazprom.

Conséquences du conflit gazier russo-ukrainien

Ainsi, la date de la reprise des livraisons de gaz russe vers l'UE via l'Ukraine reste toujours inconnue. Personne ne sait non plus la date de la signature du contrat sur les livraisons de gaz vers l'Ukraine.

Le bilan actuel est le suivant: Gazprom est privé de la possibilité de transporter son gaz via le territoire ukrainien vers l'UE, ce qui lui fait perdre 120 millions de dollars par jour. L'Ukraine est privée du gaz qui devrait lui être fourni par la Russie, laquelle, en outre, ne lui paie pas pour le transit du gaz vers l'Europe. Ne disposant pas de réserves de gaz propres, les pays européens (et surtout les pays des Balkans) ont froid et le reprochent tant à l'Ukraine qu'à la Russie.

Les plus grands pays de l'UE et les dirigeants européens songent de plus en plus à disposer d'itinéraires alternatifs pour les livraisons de gaz. Dans une perspective à long terme, il pourra s'agir des gazoducs Nord Stream (reliant la Russie à l'Allemagne et passant sous la mer Baltique), South Stream (allant de la mer Noire en Russie jusqu'à l'Italie via les Balkans) et Nabucco (destiné à fournir du gaz centrasiatique à l'Europe via la Turquie).

En attendant, d'autres projets peuvent être mis en oeuvre dans un proche avenir, à savoir l'augmentation des volumes de gaz naturel liquéfié acheté par les pays européens, en premier lieu en Afrique, ainsi que la construction de nouvelles centrales nucléaires en Europe.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

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Mardi 13 Janvier 2009


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