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Gary Wilson : The Great Porn Experiment (la Grande Expérience du Porno)


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Gary Wilson est un professeur de biologie à la Southern Oregon University qui a contribué à ouvrir le débat sur le sujet. Il a mis à la portée du grand public une somme de recherche scientifique et expérimentale permettant de comprendre les mécanismes neuropsychologiques associés à la consommation régulière de pornographie Internet. À commencer par l’addiction, qui touchait déjà en 2014 un tiers des Américains entre 18 et 30 ans, avec son corollaire, l’accoutumance qui entraîne le consommateur vers des pornographies de plus en plus violentes et perverses. Pour une grande partie de ces jeunes et moins jeunes, l’addiction pornographique entraîne des « troubles érectiles » (erectile dysfunction, ED), c’est-à-dire une incapacité physique d’avoir une érection satisfaisante avec un partenaire réel. Ce symptôme affecterait aujourd’hui un tiers des 18-25 ans. Enfin, des milliers d’hommes parvenant à se libérer de cette addiction prennent soudain conscience qu’elle était aussi la cause de leur dépression ou de leur anxiété sociale, et non pas un symptôme comme le leur affirmait leur psychiatre. C’est l’une des bonnes nouvelles partagées par Gary Wilson, dont la mini-conférence TEDx totalise plus de 9 millions de vues sur Youtube.


#JeBoycotteYoutube
Jeudi 15 Février 2018

Qu’est devenu le vert paradis des amours enfantines, cet état de grâce où les garçons se découvrent une âme ? La pornographie sur Internet a farci leur esprit de lubricité, pour en faire des masturbateurs précoces et compulsifs.

Près de 70 % des garçons de 13 ans ont déjà été exposés à la pornographie internet ; ils n’étaient que 15 % en 2008. La première exposition a lieu à 12 ans en moyenne, soit à l’âge où le cerveau est dans un état de plasticité maximale. Pour près de 30 %, les premières scènes sexuelles sont vues avant 11 ans. Près de 40 % des garçons entre 14 et 17 ans disent regarder régulièrement de la pornographie en se masturbant (combien ne le disent pas ?). Beaucoup s’y adonnent plusieurs fois par jour. Loin d’être une habitude passagère, c’est pour la plupart d’entre eux le début d’une addiction durable qui aura des conséquences néfastes sur leurs capacités et leur orientation sexuelles, sur leur équilibre psychologique et sur leur vie affective.

En effet, dix ans après l’apparition de la vidéo porno en accès libre sur Internet, son impact devient mesurable chez les jeunes de plus de 20 ans. En 2014, une étude montrait chez les consommateurs endurcis de pornographie internet une quantité moindre de matière grise : y aurait-il un lien avec la baisse du QI constatée par d’autres études ? Le porno et la menace sur la virilité, titre un article du magazine Time, qui consacrait son numéro du 11 avril 2016 à l’émergence d’une prise de conscience chez des centaines de milliers de jeunes et de moins jeunes en souffrance, qui mettent leurs témoignages en commun sur des forums et élaborent des stratégies de guérison, en marge d’une profession psychiatrique qui a prouvé, une fois de plus, qu’elle faisait partie du problème et non de la solution. Une belle illustration de l’ambivalence d’Internet : moyen de conditionnement et d’émancipation à la fois.

Soyons clairs : lorsque l’on parle de « regarder de la pornographie sur Internet », c’est par euphémisme. La pratique dont il est question consiste à se masturber en visionnant des vidéos sur des sites porno, le conso-mateur type zappant compulsivement d’une vidéo à une autre. Les sites comme Pornhub (qui en 2015 déclarait 2,4 millions de visiteurs par heure, et un total de 4 392 486 580 heures de vidéo visionnées) sont comme des buffets all-you-can-eat offrant 24h/24 une infinité de plats plus exotiques les uns que les autres, servis gratuitement, instantanément et anonymement. Et contrairement à la nourriture, aucune limite n’existe à la quantité d’images pornographiques ingurgitable.

Dans ces conditions, la consommation de pornographie est tout autre chose que la consultation d’un magazine, ou même d’un film loué. La génération actuelle des 20-30 ans est celle qui a appris à se masturber de la main gauche, ironise Gary Wilson, créateur du site yourbrainonporn.com, et auteur du livre Your Brain on Porn : Internet Pornography and the Emerging Science of Addiction.

VIDEO :


 


Jeudi 15 Février 2018

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