Palestine occupée

Forces libanaises : l’arme en bandoulière


Y a-t-il une armée régulière au Liban ? Dans le conflit israélo-libanais qui boucle sa première semaine l’armée libanaise est totalement absente du terrain des opérations. Pas un coup de feu n’a été tiré par la défense anti-aérienne libanaise pour riposter aux chasseurs israéliens qui opèrent dans le ciel libanais en toute sécurité et impunité.


Farid@evhr.net
Mardi 18 Juillet 2006

Alors que l’armée israélienne ne fait pas de quartier ni de différence entre les milices du Hezbollah et les forces armées libanaises dont elle a pilonné plusieurs positions, ces dernières demeurent étrangement consignées dans leurs cantonnements. C’est à se demander qui est chargé de la défense de l’intégrité du territoire libanais et de la souveraineté nationale de ce pays violées au nez et à la barbe de l’armée libanaise qui n’a même pas tiré une salve d’honneur et dans l’indifférence des grandes puissances.

Ces dernières n’ont rien trouvé de mieux lors du sommet du G8 de Saint Pétersbourg qui vient de s’achever que de mettre dos à dos l’agresseur et l’agressé. Le Liban est de fait sous occupation israélienne. Ses infrastructures sont réduites en cendres. Les populations civiles sont poussées à l’exode. Les touristes et les étrangers présents sur le sol libanais sont contraints de quitter dans la précipitation le pays. Les frontières du pays sont redessinées au cordeau par les stratèges israéliens pour déloger le Hezbollah de la frontière israélo-libanaise.

Face à ces défis répétés et qui montent chaque jour un peu plus en cadence, le gouvernement libanais privilégie la voie diplomatique en multipliant les appels à l’adresse d’Israël pour cesser les hostilités et à la communauté internationale pour l’amener à faire pression sur les Israéliens en vue de rétablir la paix dans le pays. Devant la défection des forces armées libanaises qui se confinent dans une « neutralité » suspecte, ce sont les milices du Hezbollah qui tentent avec des moyens archaïques mais une détermination certaine de riposter à l’agression israélienne et de déjouer ses plans. « Nous avons pris l’engagement de défendre toute la ‘‘ouma libanaise’’ » avait déclaré à une chaîne de télévision arabe le leader du mouvement chiite Hassan Nasrallah. Une flèche décochée en direction du gouvernement libanais accusé implicitement de capitulation devant l’ennemi mais aussi pour répondre aux détracteurs du Hezbollah qui accusent ce mouvement de poursuivre des objectifs communautaires étroits. En fait, la réalité de l’armée libanaise est beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît. Sa structuration, son organisation sur des bases communautaires et confessionnelles, ses rapports avec l’exécutif, le poids de l’héritage de la guerre civile, sa reconfiguration à la fin de la guerre avec notamment la décision prise d’intégrer en son sein les milices armées, son sous-équipement, l’emprise des forces armées syriennes sur l’armée libanaise, tous ces facteurs conjugués font que l’armée libanaise peine à trouver son autonomie et à assumer les missions classiques d’une armée régulière.

La nouvelle donne géopolitique et géostratégique intervenue dans la région avec le retrait des forces palestiniennes et syriennes du Liban a beaucoup plus servi les Israéliens qui ont étêté le front libanais que les forces libanaises qui devraient gérer cette difficile transition en attendant de développer leurs capacités propres de défense.

O.B.
El Watan


Mardi 18 Juillet 2006

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