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«Finis-en avec cette semence avant qu’elle naisse…!»


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«Finis-en avec cette semence avant qu’elle naisse…!» a lancé Luis Posada Carriles, alias Commissaire Baslio, à l’un de ses hommes qui interrogeait le Vénézuélienne Brenda Esquivel, en juillet 1972, dans les locaux de la police politique (DISIP) de Maracay, au Venezuela. Posada venait d’apprendre que la jeune détenue était enceinte de huit mois.
NDLR : Posada Carriles est ce terroriste aujourd'hui protégé par G.W. Bush
(voir : http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-05-18%2015:22:08&log=invites )


Christian.mac1@free.fr
Jeudi 9 Mars 2006

Granma International

Le témoignage pathétique de cette femme courageuse, enregistré en vidéo, fait partie de l’important dossier qu’ont constitué, au Venezuela, des victimes de tortures et des parents de personnes assassinées par Posada. A la fin des années 60, ce terroriste s’est installé au Venezuela, sur l’ordre de l’Agence centrale de renseignement, et à partir de 1967, il a occupé un poste à la direction du renseignement de la DISIP.

Une transcription du témoignage de Brenda Esquivel a été offerte à Granma International.

Dans sa narration des évènements, Brenda Esquivel explique comment le fait est survenu au cours d’un interrogatoire qu’elle a subi après son arrestation dramatique, dans une maison de La Victoria, à quelques 50 kilomètres de Caracas.

« Je me rappelle comment, le jour précédent — le 2 juin 1972 — ils ont tué, à El Paraiso, Botini Marin avec Ramon Antonio Alvarez qui, à l’époque était mon compagnon. Ils ont fait un simulacre pour faire croire que ceux-ci étaient impliqués dans l’enlèvement de l’industriel Dominguez. Ils les avaient fait prisonniers quelques jours auparavant. Alors qu’ils avaient été déjà torturés et endormis avec des sédatifs, ils les ont portés jusqu’à cet endroit et les y ont tués… »

Brenda vit alors à La Victoria dans la maison familiale. «Le jour suivant, ma sœur et moi, nous sommes sorties pour acheter la presse… et nous avons constaté la présence d’inconnus… Nous sommes entrées dans la maison et nous leur avons dit qu’ils se passait quelque chose d’étrange… ».

«Je me rappelle que des fonctionnaires se faisaient passer pour des travailleurs de l’électricité. Alors nous nous sommes rendus compte que c’étaient des fonctionnaires de police. D’autres sont arrivés. Ils ont frappé à la porte et ils ont dit : «Ouvrez ça!» Et immédiatement ils ont commencé à tirer à l’intérieur…»

L’opération policière, dirigée par Luis Posada Carriles, s’est convertie en massacre.

«Je me rappelle que la police en uniforme est arrivée, puis l’armée, la PTJ, la DISIP, un hélicoptère de l’armée qui tirait en bas, vers la cour de la maison. Je me rappelle quand nos camarades sont tombés… Le premier était un camarade, un garçon tout jeune, qu’on surnommait Freddy… »

«Puis le mari de ma sœur qui va mourir, lui aussi, dit: ‘Nous allons faire une pause pour sauver les enfants’. Parce qu’il y avait deux enfants d’Edmundo : Edmundito et ‘Nene’ et ma sœur venait d’avoir le sien. Il y avait donc trois enfants. Et moi qui était enceinte… Et lui d’une voix forte, pour qu’ils cessent de tirer, crie que deux femmes et trois enfants vont sortir. Alors, de l’extérieur, ils ont dit que oui et les tirs se sont arrêtés. Mais au moment où nous sortons, ils ont commencé à tirer sur nous et nous avons dû nous lancer au sol…Leur intention était de nous tuer aussi…»

Soudainement, les tirs s’interrompent et un officier crie : «Que sortent les femmes et les enfant, nous ne vous ferons rien…»

«COMMISAIRE, QUE FAISONS-NOUS AVEC LES FEMMES ET LES ENFANTS… »

Brenda Esquivel continue: «Quand nous allons sortir, un des garçons, le plus jeune, un espagnol que nous appelions Fidel, s’accroche à ma sœur et à moi pour sortir avec nous et sauver sa vie. Mais quand nous arrivons à l’extérieur, la première chose qu’ils ont fait a été de nous mettre contre le mur. Et ils lui ont tiré une balle dans la tête… devant les enfants, devant nous !»

Un fonctionnaire a alors crié à Posada: «Commissaire, que faisons-nous avec les femmes et les enfants?» Le sbire a alors immédiatement répondu : « Tuez-les aussi !»

«Quand il a dit cela, tous les gens, les gens qui étaient là autour, ont commencé à crier : ‘Assassins, ne tuez pas les femmes et les enfants !’ Si ce n’était de ces personnes et de la communauté, nous serions mortes. Les gens nous ont sauvé la vie.»

«Ils ont sorti Edmundo Hernández blessé. Il avait des blessures sur toutes les parties du corps mais il était encore vivant. Ils le sortent, le traînent sur le sol et devant ses deux enfants, ils ont commencé à lui donner des coups de pied au visage, ils l’ont tous frappé».

De là, les deux femmes et les enfants sont transportés, dans un Jeep, à différents commissariats de police jusqu’à finir dans les bureaux de la DISIP de Maracay.

«Ça été là, comme on dit, notre chemin de croix… Nous avons été torturées, tant physiquement que mentalement, psychologiquement… Et nous avons vu comment ils torturaient psychologiquement des enfants, en leur offrant de la nourriture s’ils disaient où était leur maman, où étaient les autres amis de papa…»

Brenda se rappelle avec émotion de sa nièce de 20 jours.

«Ma sœur, sous l’impact de toute la situation, ne donnait pas de lait ; la petite était complètement déshydratée… et cela leur importait peu».

«IL SE RETOURNE ET ME DONNE UN COUP DE PIED AU VENTRE…»

Le récit de ce moment où on annonce à Luis Posada Carriles, le Commissaire Basilio, que l’une des deux prisonnières est enceinte donne la mesure du cynisme du personnage, aujourd’hui détenu dans les cellules de l’immigration de El Paso, au Texas, sous la protection de la Maison Blanche.

«Ils m’ont fait monter au premier étage et c’est alors que j’ai entendu qu’ils lui ont dit : ‘ Commissaire Basilio… elle est enceinte !’ Et alors le fonctionnaire m’a demandé : ‘Tu es enceinte de combien de mois ?’ Je lui ai dit : ‘Huit’. Il a alors demandé à Posada: ‘Que fait-on avec elle, commissaire ?’ Posada lui a alors dit: ‘Finis-en avec cette semence avant qu’elle naisse…!’

«Le fonctionnaire s’est retourné et m’a donné un coup de pied dans le ventre… C’est là où j’ai senti… Ce coup de pied a été ce qui a tué mon bébé… »

La femme commence alors à saigner abondamment. «Tout ce qu’ils faisaient, c’était rire, rien d’autre. Je marchais, je saignais et je perdais des eaux et eux riaient…».

«Cet ordre, c’est le Commissaire Basilio qui l’a donné. Plus tard, avec les années, j’ai su qui était le Commissaire Basilio, c’était Posada Carriles. Pour moi, c’était lui qui dirigeait l’opération».

Mais la torture continue: «Après qu’on m’ait donné le coup de pied, ils m’ont conduit à une baignoire. Ils tentaient de m’y mettre la tête et n’en finissaient plus de le faire : ‘Tu vas parler!’. Et ils me mettaient la tête dedans et ils me la relevaient… »

SAUVÉE PAR JOSE VICENTE RANGEL

L’enfer de Brenda Esquivel, torturée avec son bébé mort dans son ventre, a été interminable.

«Je ne sais pas, je ne me souviens pas combien de jours nous sommes demeurés là…J’ai calculé, approximativement, dix, douze jours, quelque chose comme ça. Jusqu’à ce que ma mère communique avec le Comité des droits de l’homme».

L’actuel vice-président du gouvernement bolivarien du Venezuela, José Vicente Rangel, se consacrait alors à défendre des victimes des violations des droits de l’homme. Celui-ci est intervenu immédiatement.

«Ma mère a communiqué avec lui, en entrevue, et lui a appris tout ce qui s’était passé. Ils sont arrivés à la DISIP. Ma sœur a dit à José Vicente Rangel dans quelle condition je me trouvais… La première chose qu’il a fait, c’est de donner l’ordre qu’ils me transportent à un poste de police et qu’ils me fassent voir un médecin. Il a aussi exigé qu’un médecin voit ma sœur parce qu’elle était aussi dans une mauvaise condition».

— Tu avais l’enfant mort dans ton ventre?, demande-t-on à Brenda dans le vidéo.

— Mort, oui, répond la femme. Je sentais de la fièvre. Je ne me coordonnais pas bien. C’était, voyons… c’était une douleur…

Brenda Esquivel continue son récit. «Au moment où on me sort de la DISP, José Vicente Rangel donne l’ordre qu’on ne mette pas de menottes. Et ils ne m’ont pas sorti menottée. Mais quand j’étais dans la voiture, ils m’ont immédiatement passé les menottes. Et ils m’ont amené à la Maternité Concepción Palacios menottée.»

«Je me souviens qu’ils m’ont fait passer à un cabinet pour m’examiner et le médecin m’a dit de m’étendre. ‘Non, non, non, je n’ai pas besoin de t’examiner, juste l’odeur je sais ce que tu as…’ Et il a alors dit : ‘Conduisez-la à la salle de chirurgie. Et ils m’y ’ont conduit immédiatement».

Ce terrible témoignage continue avec d’autres descriptions de situations d’une incroyable cruauté, survenues durant la détention qui s’est poursuivie durant plus de quatre mois.

Le groupe des victimes de Luis Posada Carriles au Venezuela dispose déjà de plus de 80 témoignages enregistrés en vidéo qui documentent de façon implacable les activités criminelles du terroriste et agent de la cIA au Venezuela. Ils ont aussi en leur possession des documents des archives de la police qui démontrent la responsabilité criminelle de ce protégé l’administration nord-américaine.

http://www.granma.cu/frances/2006/marzo/lun6/11brenda.html


Jeudi 9 Mars 2006

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