Géopolitique et stratégie

Fin de l'unilatéralisme américain, le pouvoir se déplace de l'occident vers l'orient



Samedi 20 Décembre 2008

Fin de l'unilatéralisme américain, le pouvoir se déplace de l'occident vers l'orient
Ce n'est pas la Russie ou la Chine qui contrediraient ‘ Science Monitor' : l'unilatéralisme américain a fait son temps et les Etats Unis d'Amérique ne monopolisent plus le droit des prises de décision importante en matière économique ; c'est le bloc de l'ouest qui en a désormais le dernier, ce qui devra convaincre Washington d'éviter de recourir aux solutions militaires pour résoudre les crises internationales » .

Selon le journal, une majorité d'Américains a assisté de près à cette période transitoire et sent une certaine accélération de ce processus depuis quelques semaines. Le monde dominé par l'Amérique de la fin de 1989 marche vers un monde où le pouvoir est plus dispersé, plus partagé, plus enclin à être dans les mains des Asiatiques.

Ce grand changement, selon Helena Kouban, auteure de l'article, influera profondément la présidence de Barak Obama. L'un des signes de ce changement est la visite le 4 décembre dernier du secrétaire aux trésors, Henri Paulson à Pékin où il a demandé l'aide des autorités chinoises pour stabiliser l'économie américaine. La tendance s'est bien inversée : on se rappelle en effet l'époque où tous les grands de l'économie mondiale allaient en Amérique quémander assistance pour traverser les zones de turbulences économiques. Or Bush n'a pas hésité à reconnaitre l'état de fragilité dans lequel se trouve l'économie outre atlantique et il s'est même réjoui de ce qu'il avait réussi à orienter les capitaux étrangers vers son pays.

Ces 60 dernières années, tous les présidents américains ont tenté d'exploiter l'économie comme levier de pression pour provoquer des changements économiques conformes aux intérêts de Washington. Or aujourd'hui, la nature des relations entre Washington et Pékin est infiniment plus compliquée que par le passé de sorte que les analystes parlent de l'équilibre de « la terreur financier ». Pour l'auteure de l'article, voici les atouts par lesquels la Chine, incontournable puissance émergente, pourrait influencer la présidence d'Obama :
1) Moins d'unilatéralisme : jusqu'au nouvel ordre, aucun président américain ne pourrait se comporter comme l'ont fait à leur époque Bush ou Clinton sans tenir compte des desiderata de la communauté internationale. Obama n'a d'autre choix que de consulter d'autres grandes puissances pour planifier dans l'ordre le retrait de ses troupes de l'Irak, pour résoudre les différends avec l'Iran ou encore pour établir une paix durable entre Israël et les Palestiniens.

2) Régulation du marché international : en élargissant le G7 au G20, groupe incluant la Chine, le Brésil, la Russie, Bush a conduit les Etats-Unis dans une bonne direction. Les Chinois ont affirmé la nécessité pour Washington d'amorcer des réformes structurelles au sein de son économie s'il désire vraiment la sauver d'une crise d'usure. Par ailleurs, les pays asiatiques ont évoqué ensemble les voies susceptibles de métamorphoser le FMI, ce qui laisse présager que désormais c'est l'orient qui aura le dernier mot dans le domaine de l'économie.

3) De possibles changements tactiques en Afghanistan et au Pakistan : jusqu'à cette heure, le projet américain en Afghanistan a été de nature purement militaire. Or la crise afghane ne connait pas de solution armée et il n'est pas du seul ressort des armées occidentales de la résoudre. La Chine, la Russie et d'autres puissances devront être impliquées dans le processus de stabilisation de l'Afghanistan.
4) Un nouveau regard sur les droits de l'homme : la plupart des habitants de la planète jugent les droits civils et politiques aussi importants sinon plus que les droits économiques et sociaux. Or les Etats Unis n'ont jamais intégré les normes économiques, sociales et culturelles internationales. il est grand temps qu'ils le fassent.

5) Eviter toute action militaire : les expériences irakienne, afghane, somalienne, libanaise ont prouvé que l'action militaire ne présente pas une solution aux crises internationales. C'est par les voies diplomatiques qu'il convient de relever les défis.

Science Monitor évoque en conclusion d'autres scénarios qui pourront dominer les politiques étrangères des Etats-Unis pour les années à venir. « Mais ces scénarios ne prêtent pas à l'optimisme Or c'est avec la promesse de changement et d'optimisme qu'Obama a réussi à séduire l'électorat américain ».

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Samedi 20 Décembre 2008


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