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Filles de joie, espions, caisses pleines de dollars...


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Glen Owen
Dimanche 9 Septembre 2007

Comment BP et le gouvernement britannique ont dépensé 45 millions de livres pour gagner les droits pétroliers dans l'« Est Sauvage »


Signs Of The Times, par Glen Owen, le 15 mai 2007


​​​​Le compte-rendu suivant est apparu le dimanche 13 mai 2007 sur le site Internet du journal britannique Mail on Sunday. Il a été retiré depuis sans explication. Ce rapport est établi sur le témoignage d'un anciens employé de haut niveau de BP, Les Abrahams, et il détaille comment dans les années 90 la British Petroleum, de mèche avec le gouvernement britannique et le MI6, s'est servi de toute les tactiques ignobles et immorales imaginables, incluant l'orchestration de renversements du gouvernement démocratiquement élu de l'Azerbaïdjan, pour garantir la fourniture pétrolière de la région de Bakou et pour leurs énormes bénéfices.


​​​​L'image ci-dessous est la photo « officielle » de l'écran Google montrant que cette histoire a été en fait publiée par le journal Mail on Sunday, ne serait-ce que pendant quelques heures. Pendant ces quelques heures, nous avons eu le goût d'un reportage vrai et responsable, avant que la cabale du gouvernement britannique, de l'agence de renseignement et des grandes entreprises interviennent pour priver public de la Vérité sur la corruption et la psychopathie qui mènent le cœur du « leadership politique » dans le monde occidental « développé » d'aujourd'hui.



Cliquer ici pour l'article dans le cache de Google [l'article a été retiré du cache, NDT].


​​​​Les cadres de BP travaillant pour Lord Browne ont dépensé des millions de livres en soirées pourvues en champagne et en sexe pour aider à obtenir de lucratifs contrats pétrolier internationaux.


​​​​La compagnie a aussi travaillé avec le MI6 pour aider à provoquer des changements de gouvernements étrangers, selon un récit étonnant de la vie à l'intérieur du géant pétrolier.


​​​​Les Abrahams, qui a mené avec succès la proposition de BP pour une affaire de multiples millions de livres avec l'une des anciennes Républiques Soviétiques, affirme aujourd'hui que Browne -- qui a été forcé de démissionner de son poste de directeur le mois dernier après l'effondrement des poursuites judiciaires contre le Mail on Sunday -- présidait sur « quelque chose devenant » un système de débauche sexuelle, d'espionnage et de pots-de-vin financiers.


​​​​Il affirme aussi que le ministre de l'Intérieur, John Reid, a été arrêté sous la menace d'une arme lors d'un voyage à l'étranger financé par BP pour être sorti dans les rues après qu'un couvre-feu militaire ait été imposé.


​​​​M. Abrahams dit qu'il a dépensé 45 million de livres [soit 66.250.000 euros, une livre anglaise vallant 1,47 euro, NDT] de frais simplement pendant les quatre mois de négociations avec la compagnie pétrolière de l'État d'Azerbaïdjan.


​​​​Muni d'une carte de crédit illimitée de la compagnie, il a commandé des provisions de champagne et de caviar pour qu'elles soient envoyées sur les jets de la compagnie dans la capitale en plein boum, Bakou, pour être consommées dans les « sexe-parties ».


​​​​L'accueil se poursuivait à Londres, où des prostituées étaient embauchées avec la carte de crédit de BP pour divertir les azerbaïdjanais en visite.


​​​​M. Abrahams, un ingénieur de formation, a rejoint BP en 1991, juste au moment où la désintégration de l'Union Soviétique avait déclenché la « nouvelle ruée vers l'or » des multinationales pétrolières cherchant une part des 200 milliards de barils de réserves pétrolières sous la Mer Caspienne.


​​​​Bien qu'il était employé par BP, M. Abrahams dit avoir été persuadé de travailler pour le MI6 par John Scarlett, maintenant chef du service mais à cette époque-là son chef à la station de Moscou.


​​​​Il dit qu'il passait les informations à Scarlett par fax et lors des réunions en tête-à-tête dans la capitale Russe.


​​​​Il affirme aussi que BP travaillait étroitement avec le MI6 aux niveaux les plus hauts pour l'aider à remporter les affaires dans la région et pour influencer la situation politique des gouvernements.


​​​​M. Abrahams travaillait pour l'unité XFI de BP -- Exploring Frontiers International -- qui se spécialise sur l'ouverture des marchés dans les régions souvent instables du monde.


​​​​Il a dit que Lord Browne, alors chef d'exploration de BP, avait affecté un budget de 45 millions de livres pour couvrir la première année de frais de l'opération de Bakou.


L'ordre est venu des aides de Browne pour « leur procurer quelque chose qu'ils veulent. »


Par « ils, » ils voulaient dire les fonctionnaires locaux en Azerbaïdjan.


Il y avait 20 ou 30 personnes travaillant sur cela au siège social de BP, et nous avons bientôt eu un flot régulier de cadres venant comme négociateurs. Nous avons obtenu l'argent en quatre mois seulement -- après quoi il était simplement augmenté sans demande.


​​​​Il décrivait un monde occidental dissolu dans lequel des cadres pétroliers avec des serviettes pleines de dollars côtoyaient des membres de la mafia, des prostituées et des combinards tranchant leurs affaires dans des antichambres enfumées.


Les responsables de BP partaient à Bakou en groupes de cinq ou six, chaque semaine.


Parfois j'affrétais un Boeing 757 entier pour porter seulement sept personnes. Leur point de chute principal était le hard currency bar (le bar de la devise forte) du vieil hôtel Intourist -- ainsi appelé parce qu'il n'acceptait que les dollars et était seulement ouvert aux étrangers.


Il était rempli de prostituées et bon nombre d'entre nous, moi y compris, les utilisions de façon régulière, bien que nous ayons rapidement établi qu'elles travaillaient pour le KGB.


Si nous remontions dans les chambres, non seulement elles y cachaient des micros, mais les filles nous questionnaient beaucoup sur ce que nous faisions et où nous allions, et rendaient compte directement à leurs contacts.


Tout était sur table d'écoute, et tous les téléphones étaient captés. L'un de nos cadres a été enregistré disant des choses peu flatteuses sur le président, et ses commentaires nous ont été passés lors d'une réunion avec les fonctionnaires de la compagnie pétrolière d'État locale.


Il nous a été alors dit clairement qu'il n'était plus le bienvenu dans le pays.


​​​​M. Abrahams a aidé à forger des liens avec les fonctionnaires locaux en organisant des réceptions somptueuses. Il a dit aux azerbaïdjanaises qui travaillaient au bureau de BP, qui occupaient un étage à l'hotel Sovietskaya, qu'elles seraient présentes aux parties et fourniraient systématiquement des « faveurs sexuelles. »


​​​​Elles étaient aussi supposées travailler pour le service de renseignement local.


Il y avait une fille, appelée Natasha, assignée à nous enseigner le russe, mais ça se terminait habituellement par beaucoup plus que ça. Elle se servait du moment d'intimité pour nous poser des questions sur ce que nous faisions.


Le caviar et le champagne étaient consommés aux parties, qui commençaient dans les bars mais finissaient inévitablement avec les filles dans les chambres.


Nous avions une carte American Express anonyme de la compagnie que nous pouvions utiliser pour retirer 10.000 dollars en une fois pour payer les réceptions sans jamais avoir à rendre compte.


Notre combinard local, qui s'appelait « Zulfie », aidait à trouver les filles, la boisson et de temps en temps le hachish. Nous avons toujours soupçonné qu'il travaillait pour le KGB, parce qu'il avait des relations.


Beaucoup de ménages des hommes de BP ont mal tourné. Soit les hommes finissaient avec les filles locales, soit les épouses se rendaient compte -- souvent parce que les filles téléphonaient à leurs numéro à la maison « par accident ».


Je ne crois pas que Browne savait tout ce qui se passait. Il est sorti à Bakou à cinq ou six occasions.


​​​​M. Abrahams, qui a quitté BP en 1994, a dit son premier ménage s'est rompu à cause de son travail à Bakou. Il s'est remarié depuis et habite dans l'ouest de Londres avec sa nouvelle épouse Lana et sa fille Anastasia âgée de six ans. Il travaille maintenant comme conseiller pour l'Union Européenne.


​​​​Il a dit que BP a mis en application le même comportement de laissez-faire dans l'accueil quand les fonctionnaires azerbaïdjanais sont venus au Royaume-Uni pendant les négociations.


Il m'a été fourni un numéro de hotline en liaison avec un bureau du Foreign Office. Cela signifiait que les visas pouvaient être accordés sur-le-champ aux azerbaïdjanais et être touchés à l'arrivée à l'aéroport, au lieu de prendre comme d'habitude plusieurs semaines.


Nous avions des liasses d'argent comptant à leur consacrer quand ils étaient reçus ici, et nous pouvions en outre utiliser sans limite la carte de l'entreprise.


Typiquement, nous avions un dîner auquel assistait Lord Browne, puis il rentrait chez lui et nous partions quelque part, comme au Gaslight Club à Piccadilly -- où des filles dansaient torse nu et où on vous payiez 250 livres de consommation.


Habituellement, nos invités voulaient ensuite que les filles rentrent avec eux. Parfois nous pouvions persuader les filles des clubs, mais le plus souvent nous téléphonions simplement à une agence d'hôtesses.


Nous pouvions les payer directement avec la carte Amex de BP. Mais ça devenait parfois problématique. Un groupe de fonctionnaires de Khazak Oil a dévalisé ses chambre d'hôtel à Aberdeen, y compris les draps et les taies d'oreiller, et ils vidaient habituellement les minibars partout où ils demeuraient.


​​​​Toutes les réceptions ont été remboursées en septembre 1992 quand BP a signé une affaire de 300 millions de livres pour exploiter les champs pétroliers de Shah Deniz.


​​​​M. Abrahams a dit qu'un facteur clef garantissant l'affaire était les 8 millions de livres d'un paiement que BP fait cette année à la SOCAR, la compagnie pétrolière d'État en Azerbaïdjan, pour avoir le droit d'utiliser un chantier de construction au bord de la Mer Caspienne.


​​​​« C'était en fait un pot-de-vin pour aider à obtenir l'affaire -- et cela a marché, » a-t-il dit.


​​​​Parmi les invités du dîner et de la cérémonie au Palais Gulistan à Bakou pour célébrer l'affaire de Shah Deniz, il y avait Lord Browne et la Baronne Thatcher.


​​​​M. Abrahams dit qu'il lui a été signifié de s'assurer que tout marche sans problèmes pour l'événement, incluant les exigences méticuleuses des réunions de Browne.


J'avais à l'avance sa marque d'eau favorite, Hildon, et de nourriture préférée pour partir en avion, et je me suis assuré que l'argent était payé pour les escortes de police et pour éviter des procédures d'immigration à l'aéroport pour Browne et son entourage.


Ce soir-là, il m'a remis en main propre une serviette contenant un chèque de 30 millions de dollars (15 millions de livres), pour clôturer l'affaire.


Il était si accro à porter une chemise particulière, qu'il avait laissée à l'aéroport, que j'ai persuadé le chef de la police de barrer les routes pour que son cortège puisse aller la récupérer à l'aéroport.


​​​​En 1993, M. Abrahams jouait le rôle d'animateur pour un groupe de députés qui visitait Bakou en tant qu'invités de BP, incluant Harold Elletson -- alors député conservateur mais maintenant conseiller des démocrates libéraux -- et le ministre de l'Intérieur John Reid, ministre du cabinet fantôme de la Défense à l'époque. M. Abrahams se souvient :


John est parti en avion sur un jet de BP Gulfstream.


Après dîner, nous sommes allés boire au hard currency bar. Il buvait beaucoup -- c'était une année avant qu'il abandonne pour de bon -- et mon inquiétude a grandi car on se rapprochait de la période du couvre-feu imposé à cause de la situation politique tendue à l'époque.


J'ai dit, « Allez John, nous rentrons à l'hôtel. » Mais comme nous partions, il vacillait par-ci par-là et était très bruyant.


Je lui ai recommandé de ne pas attirer l'attention sur nous parce que nous n'étions pas censés être encore dans les rues. Mais à ce moment une fourgonnette chargée de policiers armés de kalachnikovs s'est arrêtée et nous avons été interrogés sur ce que nous faisions.


Il a dit, « Je suis politicien britannique... » Je lui ai conseillé de rester tranquille, mais il a dit ensuite à l'un des policiers, « Si vous n'enlevez pas cette p****n de kalachnikov de mon visage je vais la planter dans votre p****n de c**. »


Là-dessus, nous avons été arrêtés et poussés sous la menace des armes à l'arrière de la fourgonnette.


C'est seulement après que j'ai persuadé le conducteur d'aller à l'hôtel pour y parler à l'officier du renseignement afin qu'ils nous libèrent. John avait dormi seulement deux heures environ, quand il s'est levé à 5 heures 30 pour s'envoler vers la région en guerre du Nagorno Karabakh [que se disputent l'Arménie et l'Azerbaïdjan, NDT] tout près. Il était complètement planant.


​​​​Certaines des affirmations les plus intrigantes de M. Abrahams entourent la coopération présumée entre BP et les services de renseignement britanniques pour obtenir un régime pro-occidental en faveur des affaires dans le pays.


​​​​Il dit que l'opération, dirigée par Scarlett à Moscou, avait contribué au coup d'État en mai 1992 qui avait vu le président Ayaz Mutalibov renversé par Abulfaz Elchibey, et puis à un deuxième changement un an après qui voyait la prise de pouvoir de Haydar Aliyev.


​​​​Les mois justes après qu'Aliyev ait été mis en place, BP signait le soi-disant « contrat du siècle, » une affaire de 5 milliard de livres qui plaçait BP à la tête du consortium d'exportation pétrolier.


​​​​John Scarlett, dit M. Abrahams, « m'a approché très subtilement et m'a demandé de l'aider à rassembler des informations pour lui. »


​​​​


Puisque mon itinéraire quotidien pour le chantier de construction passait sur l'itinéraire d'approvisionnement du Nagorno Karabakh, il m'a demandé de rapporter les mouvements de troupes et d'armes. Et l'adjoint du représentant de BP en Russie semblait très proche de l'ambassade, aussi.


BP a soutenu les deux coups d'État, à travers des manœuvres de soutien politique discrètes et au grand jour. Nos progrès sur les contrats pétroliers se sont considérablement améliorés après les coups d'État.


​​​​Les documents secrets turcs libérés plus tard par le service secret affirmaient que BP avaient discuté d'une affaire « armes pour pétrole » avec l'assistance du MI6, chez qui la compagnie utilisait des intermédiaires pour fournir des armes aux partisans d'Aliyev en échange du contrat.


​​​​Quand les documents ont émergé en 2000, BP a démenti la fourniture d'armes -- bien que les sources aient admis que ses représentants en ont « discuté la possibilité. »


​​​​Un porte-parole de BP a dit la nuit dernière des affirmations de M. Abrahams: « Il y a dans son récit quelques faits exacts, mais nous n'en reconnaissons pas la plus grande partie. Nous considérons ça comme des extravagances. »


​​​​Une porte-parole de John Reid a dit qu'elle n'avait pas de commentaire et le Foreign Office a dit des affirmations de M. Abrahams : « Nous ne confirmons ni ne réfutons les allégations de personnes sur les affaires du renseignement. »



Original : http://www.signs-of-the-times.org/articles/show/132058-Hookers%2C+Spies+Cases+Full+Of+Dollars...How+BP+%5Band+the+British+government%5D+Spent+%C2%A345m+To+Win+%27Wild+East%27+Oil+Rights
Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info




Lundi 10 Septembre 2007


Commentaires

1.Posté par Gilles COUTURIER le 09/09/2007 18:17 | Alerter
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-----Il décrivait un monde occidental dissolu dans lequel des cadres pétroliers avec des serviettes pleines de dollars côtoyaient des membres de la mafia, des prostituées et des combinards tranchant leurs affaires dans des antichambres enfumées.-----

Elle est belle notre civilisation...La femme domine l'homme à genoux, derrière son dos, il y a un mafieux qui encaisse, et tue en cas de besoin...Si on n'en sait pas plus, c'est que les trop bavards ou les pas d'accord sont morts.

Et nous, petits bourgeois, allant nous confesser tous les Dimanches, nous soulageant la conscience de cette complicité navrante...


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