Palestine occupée

Fascism… le parfum d’Israël



Ali Abunimah
Mardi 26 Mars 2019

Ayelet Shaked, ministre israélienne de la Justice, a posté cette vidéo pour son parti New Right(Nouvelle Droite), dans laquelle elle se vante de son fascisme.

La publicité est ostensiblement ironique, se moquant des inquiétudes de la gauche face aux attaques de A. Shaked contre ce qui reste d’indépendance judiciaire en Israël.

Cette vidéo de 44 secondes présente A. Shaked comme un mannequin élégant dans une publicité pour un parfum raffiné appelé « Fascisme ».

Une voix off déclame : « Une révolution judiciaire, réduire l’activisme des juges, nomination des juges, gouvernance, séparation des pouvoirs, restrictions contre la Cour suprême » – des politiques qui sont censées être portées par A Shaked.

Attaques contre les juges

En réalité, A. Shaked mène une guerre systématique contre le système judiciaire israélien, en particulier contre la Cour suprême, clamant régulièrement et à tort que les juges restreignent la possibilité pour l’armée israélienne d’occupation de tuer des Palestiniens en toute impunité.

Après un échange de coups de feu en Cisjordanie qui a tué un soldat et un colon israélien dimanche, A. Shaked a affirmé que « les contraintes légales imposées aux forces de défense israéliennes empêchent une dissuasion efficace », et que les soldats ont peur de tuer les Palestiniens à Gaza qui lancent des ballons incendiaires par-dessus la barrière.

En fait, les forces israéliennes agissent en quasi-totale impunité ; ils ont tué près de 200 manifestants non armés à Gaza au cours de l’année passée, et en ont tué des milliers d’autres.

Israël n’a ouvert d’enquête que sur 11 incidents cette dernière année, selon une procédure d’enquête militaire que le groupe de défense des droits B’Tselem a qualifié de « simulacre organisé ».

Alors que la Cour suprême israélienne est souvent présentée à l’étranger comme le porte-étendard des valeurs démocratiques et du libéralisme, elle a totalement échoué à contrôler l’occupation israélienne depuis des décennies, ouvrant régulièrement la voie aux violations des droits de la personne et des crimes de guerre contre les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza. Elle a donné sa bénédiction à des dizaines de lois racistes et à des politiques ouvertement racistes contre les citoyens palestiniens d’Israël.

Shaked prend maintenant des mesures pour restreindre encore la soi-disant indépendance du judiciaire, promettant une « révolution » contre les juges.

Dans ce que le Times of Israela défini comme un « plan global et en profondeur », A. Shaked promet maintenant de démanteler le pouvoir de contrôle judiciaire de la Cour suprême sur le parlement israélien, la Knesset, et de donner aux législateurs parlementaires – dominés par l’extrême-droite – tout pouvoir pour nommer les juges.

L’un des slogans de son parti aux élections est : « Shaked vaincra la Cour suprême de justice ».

En 2014, A. Shaked a acquis une notoriété internationale en postant sur Facebook un appel génocidaire à massacrer les Palestiniens, y compris les femmes, que son post décrivait comme donnant naissance à « des petits serpents ».

Un tel langage, la comparaison des personnes à des animaux, est la marque des fascistes et des génocidaires partout.

Une « feuille de vigne » pour le fascisme

La publicité « Fascisme » de A. Shaked arrive juste après l’arrêt de la Cour suprême qui confirme une décision du comité des élections de la Knesset visant à interdire à Michael Ben-Ari de se présenter aux élections générales du 9 avril.

La Cour a également rejeté la décision du comité des élections d’interdire le parti de la Balad-United Arab List.

Le Procureur général israélien avait indiqué à la Cour qu’il était en faveur d’une confirmation de l’interdiction faite à Ben-Ari de se présenter, du fait, comme l’exprime Haaretz, de ses « incessantes incitations contre les Arabes ».

La dépossession des Palestiniens et le racisme à leur encontre a toujours été l’une des fondations de l’État israélien – avec la bénédiction de la Cour.

L’interdiction de Ben-Ari n’est qu’une « feuille de vigne » dissimulant mal que la Cour continue à légitimer la dérive continue vers l’extrême-droite ouvertement raciste – de fait, fasciste – de la politique israélienne.

Alors qu’elle interdisait Ben-Ari en tant qu’individu à se présenter, la Cour autorisait le parti ultra-raciste Otzma Yehudit, ou Pouvoir juif, à rester sur les listes électorales.

Maintenant, le parti Kahanist réclame des postes centraux dans le futur gouvernement.

Au nombre de ses candidats – et possible futurs ministres en coalition avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu – on trouve Baruch Marzel, un colon d’Hebron célèbre pour sa violence contre les Palestiniens. Marzel milite ouvertement pour le nettoyage ethnique de millions de Palestiniens.

« La seule manière d’avoir la paix est de les chasser d’Israël », affirme-t-il.

Un autre candidat est Itamar Ben Gvir, un avocat qui fait ouvertement la louange de Baruch Goldstein, le colon américain qui, il y a 25 ans, avait massacré 29 hommes et garçons palestiniens alors qu’ils priaient à la mosquée Ibrahimi à Hebron.

Que la Cour suprême israélienne ait donné sa bénédiction à des candidats tels que Marzel et Ben Gvir, et qu’Ayelet Shaked considère que la Cour est trop libérale résume tout ce qu’on a besoin de savoir sur la scène politique israélienne actuelle et sur la santé de sa soi-disant démocratie.



Traduction : MUV pour la Campagne BDS France Montpellier

Source : The Electronic Intifada


Lundi 25 Mars 2019


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