Politique Nationale/Internationale

Faith Whittlesey, ex-ambassadrice des USA en Suisse, juge sévèrement Obama



Jeudi 19 Mars 2009

Faith Whittlesey, ex-ambassadrice des USA en Suisse, juge sévèrement Obama
D’après l’ex-ambassadrice Faith Whittlesey, le nouveau président américain Barack Obama serait favorable à un Etat fort hautement taxé. Aussi le différend avec la Suisse serait-il de nature philosophique.

Pourquoi l’affaire UBS a-t-elle déclenché un vrai différend entre la Suisse et les Etats-Unis?

Faith Whittlesey: Le ministère des Finances et le ministère de la Justice des Etats-Unis ont décidé unilatéralement d’ignorer deux accords bilatéraux conclus avec la Suisse. Apparemment, la procédure d’entraide judiciaire qui permet de donner des informations sur des comptes bancaires de présumés fraudeurs n’a pas été assez rapide pour les Américains.

Comment expliquer un procédé aussi agressif de la part des Etats-Unis?

Nous sommes en pleine crise financière. Le ministère des Finances subit une forte pression : il doit engranger davantage de re­cettes. Comme Barack Obama avait promis de respecter la diplomatie et la souveraineté des Etats, il est surprenant qu’il ne tienne pas cette promesse électorale en ce qui concerne la Suisse. Il a été élu président parce qu’il critiquait l’unilatéralisme de George W. Bush qui, par exemple, avait déclenché une guerre préventive en Irak. Obama avait juré qu’il respecterait l’Etat de droit et la sphère privée. Dans le cas de la Suisse ces promesses électorales n’ont pas été tenues. […]

Donc Obama n’aime pas la Suisse?

Il n’est pas particulièrement anti-Suisse. Mais la Suisse représente beaucoup de choses dont le gouvernement Obama ne voudrait pas. En Suisse, la fiscalité est modérée. Les Suisses se méfient d’un gouvernement centralisé. En Suisse, la législation du travail est souple et on peut choisir sa caisse maladie. On attribue beaucoup d’importance à l’économie de marché, ce qui fait de la Suisse un pays prospère. Obama, en revanche, suit plutôt le modèle de l’Union européenne, donc celui d’un pouvoir centralisé, d’un pays à la fiscalité lourde où l’Etat s’impose fortement. La Suisse a des principes qu’Obama n’aime pas. Le différend est donc de nature plus philosophique que personnelle.

A votre avis, qu’est-ce que la Suisse devrait faire maintenant?

Je ne me permettrais jamais de dire à la Suisse ce qu’elle doit faire. Mais il faut repenser la façon dont on peut faire comprendre ces principes suisses à la classe intellectuelle américaine. Il faut en parler à des gens qui ont une certaine influence sur la politique étrangère et sur la vie intellectuelle des USA. Le différend actuel risque de nuire à la place bancaire suisse. Par conséquent, il est important de savoir comment se défendre et qui s’en chargera.

Quel devrait être le message de la Suisse?

Il faut expliquer pourquoi elle respecte la sphère privée financière. Il faut montrer que la pression actuelle sur la Suisse nuit à la place bancaire suisse et par contrecoup aux USA. La Suisse est un partenaire écono­mique important des Etats-Unis. Les USA dépendent aussi d’investissements suisses. Bien que le président Obama ait promis de se faire de nouveaux amis, l’anti-américanisme risque d’augmenter car de telles imprudences font croître le nombre des ennemis de l’Amérique.

Aux USA, il y a aussi des paradis fiscaux, par exemple au Delaware ou au Nevada. N’est-ce pas hypocrite d’attaquer seulement Suisse?

Il est plus facile d’attaquer un autre pays que de déclencher une guerre civile, mais attaquer la Suisse est irrationnel.

Le ministère américain de la Justice veut entamer une procédure pénale pour réclamer les noms de 52 000 ressortissants américains qui seraient détenteurs d’un compte en Suisse. L’UBS dit qu’il faut trouver une solution diplomatique. Qui a raison?

S’il s’agit de deux Etats souverains qui entretiennent de bonnes relations, la question relève de la Maison-Blanche et non du ministère de la Justice. S’il s’agit d’une affaire judiciaire, cela risque de déraper. La diplo­matie ne pourra plus jouer. C’est pourquoi il vaut mieux recourir à la voie diplomatique.
A votre avis, où en sont actuellement les relations entre la Suisse et les USA?
Mis à part ce différend fiscal qui pourrait dégénérer en une vraie guerre, elle sont excellentes. La coopération est excellente dans la plupart des cas. Il n’y a jamais eu tant d’entreprises américaines en Suisse.    •

Source: Mittelland-Zeitung du 9/3/09
(Traduction Horizons et débats)

http://www.horizons-et-debats.ch http://www.horizons-et-debats.ch



Jeudi 19 Mars 2009


Commentaires

1.Posté par souad le 19/03/2009 12:40 | Alerter
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Madame a surement un compte en Suisse. Dire que la suisse est prospère ok, mais avec quel matière première ? le gruyère peut-être ? Arrêtez de prendre les gens pour des imbéciles finis.

2.Posté par djamel le 20/03/2009 14:21 | Alerter
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Elle est prospère la suisse et sa principale ressource c'est la haute technologie de pointe puisque ses laboratoires produisent des pièces pour la Nasa et Boeing pour ne citer que ces deux monstres.
La richesse suisse vient aussi de ses produits financiers, les placements et bien sûr toutes les richesses des dictateurs qui ne trouvent pas meilleur endroit comme paradis fiscal. Une bonne partie des riches cherchent la sécurité et payent le prix qu'il faut et les experts suisses de la finance savent comment et où placer cette richesse en en tirant un maximum de profit.

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