Politique Nationale/Internationale

FÜHRERPRINZIP ?

LES ÉDITORIAUX DE JACQUES CHEMINADE / 24 JANVIER 2006


La gravité de ce qui se produit aujourd’hui sur la scène politique française ne peut être mesurée qu’à la lumière de ce qui se passe à Washington.


Mercredi 25 Janvier 2006



Là se déroule un combat décisif pour le monde, entre d’une part les partisans d’une dictature oligarchique, qui visent à imposer la torture, les écoutes sans autorisation judiciaire et un Etat de non-droit, et d’autre part, les défenseurs de la Constitution américaine, avec son système de poids et contre-poids et son principe de séparation des pouvoirs. C’est un changement de régime que cherchent à imposer Dick Cheney et George Bush, en établissant un « exécutif unitaire », c’est-à-dire un monopole présidentiel qui n’aurait de comptes à rendre à personne. Vous avez dit « Führerprinzip » ? Eh bien, vous avez raison : les juristes de la Maison Blanche, comme le ministre de la justice Alberto Gonzales ou le directeur de cabinet de Cheney, David Addington, appartiennent à l’école de pensée de la Federalist Society, dont l’inspirateur est Carl Schmitt, le juriste qui justifia les pleins pouvoirs d’Adolf Hitler après l’incendie du Reichstag.

Voyons maintenant ce que propose Nicolas Sarkozy en France : « Plutôt qu’un Président qui préside, un Président-leader », qui « ne pourra être que différent de ceux qui l’ont précédé. » « Il devra donc s’engager non seulement sur les grandes options, mais aussi sur tout ce qui concerne la vie quotidienne des Français... » En bref, un homme s’occupant de tout, sans avoir de comptes à rendre à personne, car c’est son Premier ministre - devenu simple coordinateur - qui resterait responsable devant le Parlement ! Vous avez dit « Führerprinzip » ? Non, en français, cela s’appelle « bonapartisme ». Ajoutons que le ministre de l’Intérieur mobilise actuellement sans scrupules les fonds publics pour sonder son image, comme si le système inique qui sert l’argent aux partis en place ne lui suffisait pas.

En même temps, Jacques Chirac vient de justifier le recours à l’arme nucléaire contre des « puissances régionales » terroristes qui viseraient nos « intérêts vitaux », en étendant ceux-ci à nos « approvisionnements stratégiques » et à la « défense de nos alliés ».

Envisageons un instant le pire : Samuel Alito est « confirmé » à la Cour suprême américaine et les néo-conservateurs y disposent d’une majorité de cinq membres sur neuf. Cheney et Bush restent aux commandes de l’Amérique. Une provocation terroriste a lieu contre « nos intérêts vitaux » ou ceux des Etats-Unis, et il apparaît - preuves fabriquées ou non à l’appui - que l’Iran, dirigé par des illuminés sans scrupules, peut en être tenu responsable. Avec un Chirac affaibli ou un Sarkozy élu, jusqu’où irions-nous ? L’on ne conçoit guère comment un Villepin ou des socialistes pourraient nous garder sur le chemin de la raison.

Je vois dans cette évolution qui s’accélère, se conjuguant à des mesures d’austérité sociale de plus en plus iniques, une raison de plus d’être candidat à la présidence en 2007 et de vous demander de m’aider sans délai.


Solidarité et progrès


Mardi 24 Janvier 2006

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