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Samedi 04 Juillet 2009
22:13
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FRANCE 2: On A Tout Essayé et Les larmes de crocodile d'ElsaLa scène se déroule un jour de 21ème siècle en l'an de grâce 2006. J'étais assis sur mon lit à philosopher sur la vie et à lire quelques pages d'un livre tout à fait passionnant. Je lisais donc assis sur mon lit alors qu'il y avait à quelques pas de moi une télévision allumée. Nationaliste comme je suis et surtout rationaliste ne voulant pas dilapider mes impôts en regardant des chaînes privées, j'avais naturellement la TV branchée sur le canal 2. J'avais décidé ou plutôt on avait décidé pour moi, de vérifier ce que Laurent Ruquier faisait de ma redevance télé, outre le fait de rémunérer grassement des chroniqueurs autoproclamés et de recycler des candidats malheureux des émissions de Télé réalité.Dans la même rubrique:
Mardi 07 Novembre 2006
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Commentaire d'Equinox : Pardonnez moi cette digression mais j'en reviens au sujet initial. Donc une des invitées de ce « Best Of » de « On a Tout Essayé » était Rika Zarai. On ne se refait pas me direz vous. Mais cette fois-ci elle n'était pas venue nous casser les oreilles avec ses hurlements dignes de la Castafiore d'Hérgé ni avec un de ses nombreux livres de cuisine aussi indigeste que ses disques. Non, cette fois-ci, et comme souvent dans ces stands de vente que sont les émissions « débats », Madame était venue faire la promotion de son « livre ». C'était un livre amplement plus sérieux que ses exploits culinaires (qui, si on se base sur la ventripotence de l'auteur, sont loin d'être des exploits diététiques) : elle a commis une biographie ! Sur le coup, je me suis demandé qui une biographie de Rika Zarai pouvait bien intéresser, à part elle-même et ses enfants si tant est que ses derniers la lisent, ce dont je doute fortement. Mais comme Ruquier et son producteur Serge Khalfon avaient décidé que ce soir là, cette biographie devait intéresser les français et comme j'ai payé plus de 100 euros de redevance, je me suis contraint bien malgré moi à m'intéresser au sujet. Et puis, je me suis dit après tout, un tel sujet à une heure ou des millions de français regardent la TV, cela ne peut être qu'intéressant. Donc l'animateur, bon prince, commence à faire mine de s'intéresser à la biographie de cette bonne femme et se lance dans une série de questions, toutes moins intéressantes les unes que les autres. Mais c'est un bon comédien, il feint la passion aussi bien que l'admiration. Puis vient le temps des questions et des « critiques » des chroniqueurs car il faut bien justifier leurs salaires qui au passage engloutissent chaque année une partie de ma redevance, toujours elle. Pas franchement impatients de se confronter à la bête, on sent l'ambiance délétère sur le plateau. Chacun regarde son voisin, l'air de le pousser des yeux vers le grizzli mais nos chroniqueurs détournent invariablement les yeux vers le plafond, qui remarquant pour la première fois combien celui-ci était haut perché, qui s'amusant de constater la richesse du jeu de lumière. Bref, c'est à qui osera, tout pâle et géné, faire la première remarque. Les chroniqueurs sont d'habitude bons joueurs et ne refusent jamais d'aller au casse pipe mais il faut croire que la biographie de Rika, comme ses plats cuisinés, n'était vraiment pas ragoûtante. Mais c'est sous estimer la témérité de ces cascadeurs du PAF, en particulier de l'une d'elle, la bien nommée Elsa Fayer (prononcer « fire »). La bimbo de Ruquier (dont au passage, je n'ai toujours pas compris l'objet de la présence sur la plateau ni la valeur ajoutée à l'émission, même si j'ai ma petite idée), la bimbo de Ruquier donc prit son courage à deux mains et se lança. A ce stade, je dois vous avouer que je savais de longue que cette jeune fille, comme les ¾ des «chroniqueurs » du plateau, appartenait au peuple élu. Mais contrairement à d'autres, elle n'avait jamais mis en avant cet aspect de sa personnalité, aspect qui soit dit en passant, intéresse autant les téléspectateurs que la première chemise bariolée de Rika Zarai ou son premier amour. La seule chose du livre qui à marqué « Elsa » (mais c'est peut-être la seule chose qui l'intéressait), c'était le grand attachement de Rika Zarai à l'état d'Israël, cet état qui comme vous le savez, est constamment menacé au point de se voir contraint d'utiliser des bombes à fragmentation et au phosphore ainsi que des armes à l'uranium contre des civils libanais. Mais soyons franc jeu, si Riza Zarai avait été Sénégalaise, nous n'aurions pas été étonnés que les chroniqueurs mettent en avant la partie de son livre ayant trait à ses origines. Mais quelle ne fut pas ma surprise en voyant Elsa Fayer éclater en sanglots à l'évocation du nom d'Israël. Bon, sur le coup - vous connaissez tous ma naïveté proverbiale - je me suis dit qu'elle sanglotait pour les enfants palestiniens et tout ce que leur faisait subir cette armée d'occupation. Si comme disait Victor Hugo, « La naïveté est le visage de la vérité », j'avais assurément à ce moment là le visage de la crédulité. Ce qui avait provoqué cette brusque activation des glandes lacrymales de la jeune sioniste, c'était l'injustice dont souffrait l'état d'Israël, victime de la propagande des objecteurs de conscience, des empêcheurs de tourner en rond et de ceux qui osent dénoncer les crimes de la « seule démocratie du Proche-Orient ». Je dois dire qu'Elsa Fayer est beaucoup plus compétente que le ministère israélien de la communication (ou de la propagande) et qu'elle à de l'audace. Ce torrent de larmes sur un plateau TV est vraiment une performance qui mérite d'être soulignée et applaudie car même dans un épisode des feux de l'amour, je n'ai jamais vu une fille feindre de pleurer aussi sincèrement. Charcutage au montage ? Larmes de crocodile ? Effet visible du réchauffement climatique ? Sitôt apparues les larmes, sitôt disparues ! Il ne faut pas en faire trop, rester dans la spontanéité, dans l'émotivité et surtout, laisser place aux explications. « Quand je vois comment ce petit état est montré du doigt...il ne faut pas oublier que les juifs ont été persécutés en Europe...ils sont arrivés en Palestine...Ils ont crées des kibboutz, qui sont des communautés magnifiques...il ne faut pas oublier qu'avant en Palestine, il y avait des Juifs et des Arabes, mais ça les gens ne le savent pas...Ils ont beaucoup souffert...quand je vois tout ce qui se dit sur cet état dans les médias...c'est trop injuste...snif... ». Le visage faussement outré face aux avanies des antisémites, Elsa continue sa comédie, sous le regard hagard du téléspectateur que je suis et qui se demande comment tant de me mensonges peuvent sortir de la bouche de cette personne, incarnation très télégénique de l'innocence même. Même Bénichou n'a pas dû goûter la plaisanterie, si tant est que ce fut réellement une plaisanterie. C'est un véritable coup d'éclat, que dis-je, un prodige. Une des plus grandes opérations de communication et si j'étais joueur, je miserais quelques copecks sur la probabilité que cette demoiselle finisse Docteur Honoris Causa de l'Université Hébraïque de Jérusalem, comme le fut un autre innocent, Bernard Kouchner, pour service rendu à la nation sioniste. Sonné par tant d'éclat et piqué au vif dans ma naïveté, je me résigne à changer de chaîne. J'ai des nausées et je me sens comme après avoir mangé un de ces plats du livre de recettes de Rika Zarai. Bon joueur et pas le moins rancunier du monde, je décide de rester sur le service public (pour tout vous dire, je voulais surtout amortir mes 107 euros de redevance télévisuelle) en passant sur France 5. Je pose mon livre et prend ma télécommande. Coup de chance, l'édition du journal de 19h45. Des palestiniens courent dans tous les sens, affolés, pris sous les feux des soldats sionistes. L'un d'eux est touché, il s'écroule. Il ne vit plus. D'autres palestiniens accourent pour le récupérer. Mais l'armée qui ne respecte même pas les vivants fait peu de cas des morts. Un autre palestinien est touché, il s'écroule dans le champ de la caméra. Les rafales retentissent dans l'artère de Beit Hanoun, les balles sifflent et les jeunes courent dans tous les sens. Le crépitement des balles se fait plus intense, tout ce qui bouge est une cible. Le bilan de la journée est de 6 morts. Comme chaque jour depuis quelques mois. La scène se déroule un jour de 21ème siècle en l'an de grâce 2006...
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