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FICHAGE ADN : LA FRANCE EST CONDAMNÉE PAR LA COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L'HOMME


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Jeudi 27 Avril 2017 - 11:20 La France et sa Justice



Lundi 9 Octobre 2017

FICHAGE ADN : LA FRANCE EST CONDAMNÉE PAR LA COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L'HOMME
FICHAGE ADN : LA FRANCE EST CONDAMNÉE
PAR LA COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L'HOMME

 
 
Par un arrêt rendu le 22 juin 2017 (n°8806/12) et devenu définitif le 22 septembre 2017, la Cour européenne a condamné́ la France en raison d'un prélèvement ADN pour alimenter le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Ce dernier a été créé en 1998 et devait, à l'origine, être constitué des empreintes génétiques pour des infractions criminelles ou à caractère sexuel. Progressivement, le périmètre de ce fichier a été considérablement élargi, jusqu'à comprendre les infractions les moins graves, tel le vol simple.
 
Le requérant, syndicaliste, avait été condamné pour des violences commises à l'occasion d'une manifestation, à savoir des coups de parapluie contre un gendarme dont l'identité n'a pu être déterminée. À la suite de cette condamnation, sur le fondement des articles 706-55 et 706-56 du code de procédure pénale, il devait se soumettre à un prélèvement d'ADN, afin d'être fiché au FNAEG. Son refus a entrainé une nouvelle condamnation à une amende correctionnelle de cinq cents euros. Après épuisement des voies de recours internes, la Cour européenne des droits de l'Homme a été saisie, pour violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme, qui protège le droit à une vie privée.
 
La Cour européenne des droits de l'Homme rappelle que « La protection des données à caractère personnel joue un rôle fondamental dans l'exercice du droit au respect de la vie privée consacré par l'article 8 de la Convention. La législation interne doit donc ménager des garanties appropriées pour empêcher toute utilisation de données à caractère personnel qui ne serait pas conforme aux garanties prévues par cet article. (...) Le droit interne doit aussi contenir des garanties aptes à protéger efficacement les données à caractère personnel enregistrées contre les usages impropres et abusifs (...), tout en offrant une possibilité concrète de présenter une requête en effacement des données mémorisées ».
 
La Cour de Strasbourg retient que la législation française n'offre pas de possibilité de solliciter l'effacement d'un fichage au FNAEG et que les données collectées sont conservées pendant quarante ans. Ces modalités sont disproportionnées, de telle sorte que l'article 8 de la Convention n'est pas respecté par la France, qui est condamnée.
 
Cette décision aurait dû entrainer un abandon de la plupart des poursuites pénales pour refus de prélèvement ADN. Or, le Ministère public français ne semble pas avoir pris toute la mesure de l'arrêt du 22 juin 2017, puisque des convocations en justice, pour répondre de cette infraction, ont été émises en août et en septembre 2017. Il appartiendra aux personnes concernées de faire valoir la primauté du droit de la Convention européenne des droits de l'Homme.
 
 
Contact :
SAF : 01 42 82 01 26
Syndicat des avocats de France
34 rue Saint-Lazare
75009 Paris


Lundi 9 Octobre 2017


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