Politique Nationale/Internationale

FABIAN ESCALANTE, EX CHEF DU RENSEIGNEMENT CUBAIN: Posada en sait trop


«POSADA est un killer, un assassin comme en présentent les films nord-américains, qui tuent aussi bien leur mère que leur copain, sans aucune émotion, seulement pour de l’argent, par intérêt», commente Fabian Escalante, l’ancien chef des services cubains de renseignement, en se rappelant, en entretien avec GI, cette offensive terroriste déchaînée par des groupes terroristes cubano-américains créés par la CIA, au milieu de laquelle Orlando Bosch et Luis Posada Carriles ont provoqué l’explosion en plein vol d’un DC-10 de Cubana de Aviacion.

PAR JEAN-GUY ALLARD, de Granma international


JEAN-GUY ALLARD
Vendredi 15 Juin 2007

  FABIAN ESCALANTE, EX CHEF DU RENSEIGNEMENT CUBAIN: Posada en sait trop
Après avoir dirigé les services de contre-espionnage, Escalante est devenu chef de la Sécurité de l’État en janvier de cette fatidique année 1976 où Bosch et Posada ont exécuté la série d’attentats qui culminera avec l’assassinat à Washington de l’ex-ministre chilien des Affaires étrangères Orlando Letelier et le sabotage de l’avion qui fera 73 morts.

En abordant le sujet, Escalante raconte quelques faits inédits survenus au cours de cette période. «Par pur hasard, et cela n’a été su que plus tard, au moment même où Bosch et plusieurs de  ses complices arrivaient à Santiago, au mois de décembre 1974, pour se placer sous les ordres de Pinochet et devenir ses terroristes à gages, les services de sécurité cubains entamaient une importante opération contre la CIA dans plusieurs pays latino-américains, à la recherche d’information relative à ces activités dont on savait qu’elles étaient en marche.»

«Bosch va s’offrir à Pinochet avec ce groupe de terroristes d’origine cubaine qui deviendront les assassins de l’Opération Condor. Il se réunit avec le général Manuel Contreras, entre en contact avec l’agent nord-américain Michael Townley et organise quelques mois plus tard l’enlèvement de deux fonctionnaires cubains en Argentine qui ont été brutalement assassinés.»

«Les services de sécurité ont organisé une opération destinée à découvrir quels étaient les plans terroristes qui se préparaient.  Bien sûr, nous ne savions pas qu’existait l’Opération Condor, mais connaissions déjà ses instruments. Je répète  que l’on ne savait rien de ses dimensions mais que l’on connaissait ses dangers et les ressources dont disposaient ses principaux organisateurs

«En outre, nous avions des informations importantes par le biais de la pénétration que nous avions réussie dans les structures de la CIA, et nous savions qu’un mécanisme subversif avait été activé, un mécanisme qu’ils avaient auparavant appelé ‘opérations autonomes’».

LA GENÈSE DES ORGANISATIONS TERRORISTES

 Le concept d’organisation autonome a été conçu en 1963 et approuvé par le Procureur général Robert Kennedy, rappelle Escalante.

 «Ce concept, en gros, établissait que la CIA créait des organisations contre-révolutionnaires cubaines qui devaient agir hors du territoire nord-américain. La CIA leur assignait des officiers qui s’en occupaient, fixaient leurs objectifs pour l’action, les approvisionnaient en argent et en matériel de guerre et¼ apprenaient les résultats de leurs actions dans le journal.»

«Et, précisément en 1974, nous avons su qu’on avait de nouveau activé ce concept d’opération qui constitue la genèse des organisations terroristes.»

Comment avez-vous appris le séjour de Bosch au Chili?

«Nous ne savions pas qu’il était à Santiago du Chili. Nous ne savions pas cela. Mais nous savions, certes, que ces groupes où l’on trouvait Bosch,

Alvin Ross, les frères Guillermo et Ignacio Novo Sampoll, avec Luis Posada Carriles et Ricardo 'El Mono' Morales Navarrete au Venezuela, Antonio Veciana Blanch en Bolivie, s’étaient préparés pour déclencher une opération contre Cuba. Une opération que, Orlando Bosch nommera, en 1976, ‘La guerre sur les routes du monde’.»

 «Nous avions de l’information et nous y travaillions.  Mais nous n’avions pas toute l’information et ses détails. Malheureusement, nous n’avons pas pu découvrir l’ensemble des plans. Il s’agissait de plans très secrets. Mais même ainsi, on a commencé à préparer et à activer tous les agents infiltrés dans les réseaux de la CIA pour rechercher cette information.»

«Paradoxalement, à la même date où Bosch commence ses activités à Santiago du Chili, en choisissant ses collaborateurs et ses maisons de sécurité pour les mettre au service des opérations de Condor, à ce même moment, très près d’eux, les services cubains commençaient leur opération de pénétration des réseaux de la CIA qui, à permettrait au bout du compte de démanteler certains complots »

«Je me rappelle qu’a été dénoncé et démasqué celui qui était alors chef de la station CIA à Lima, au Pérou, une importante base d’opération de l’Agence dans la région. Comme résultat de ces actions, la CIA n’a eu d’autre alternative que de le retirer et de le destiner à un autre pays.»

«En 1975, nous avions atteint un bon niveau de pénétration et je parle des réseaux de la CIA destinés au travail contre Cuba : plusieurs des groupes terroristes qui depuis Miami agissaient contre notre patrie et qui, jusqu’en 1969, y avaient trouvé une puissante base d’opérations.»

«Au cours de ces années, se sont produits d’intenses combats dans l’ombre. Les informations sont faites pour agir. Il y a un ensemble de plans qui sont alors désarticulés et d’autres qui, malheureusement, ne l’ont pas été. Je veux parler des bombes posées dans des avions, des attentats contre des fonctionnaires et des diplomates à l’étranger, des attaques terroristes contre des entreprises qui font du commerce avec Cuba dans divers pays de la région.»

Jusqu’à quel point arrivez-vous à localiser chacun des nombreux groupes actifs à ce moment-là ?

 «Nous cherchions de plusieurs côtés en même temps, dans beaucoup de pays. Ces gens-là bougeaient beaucoup, ils ont été au Mexique, en Amérique centrale, au Venezuela où Posada Carriles était pratiquement le chef en second de la DISIP et Ricardo Morales Navarrete était chef du département de contre-espionnage. Il avaient là une place forte.»

«Pareil en Bolivie, où se trouvait Antonio Vecina Blanch. Ils avaient créé des structures (avec l’assassinat du Che, c’est à dire à la fin des années 60, début des années 70) en plus du trafic de narcotiques, parce que le trait commun de ces gens-là, c’est qu’en plus de leur action contre Cuba, ils sont liés à toute la question du narcotrafic, de la contrebande. C’était la façon de faire plus d’argent, beaucoup d’argent.

 «Des informations apparues à la suite des enquêtes du Congrès des États-Unis sur les complots de la CIA pour assassiner Fidel montrent qu’Antonio Veciana a reçu en 1976, de la part de son officier de la CIA, un paiement de 360 000 dollars. Pourquoi ce paiement si on suppose que toutes les opérations auxquelles il a participé ont été financées régulièrement? Serait-ce que l’on souhaitait acheter son silence à propos d’une affaire trop délicate? Quelles autres sommes semblables ont-elles été payées à Bosch, Posada et leurs autres associés dans toutes ces années de terreur? Et la Fondation nationale cubano-américaine n’avait pas même été créée.

Et arrive l’année 1976, avec sa succession d’attentats. Comment fait-on face aux évènements?

 «L’année 1976 a été très dure pour nous. Nous nous sommes préparés et nous avons désarticulé bon nombre de ces projets terroristes. Ces faits qui ont été évités parce que détectés à l’avance par nos services ne sont généralement pas connus. Malheureusement, beaucoup d’autres, ceux qui sont connus, n’ont pu être démantelés et toutes ces actions terroristes de 1976 vont déboucher sur l’explosion de l’avion cubain

«Cette année-là se déchaîne la vague de terreur soigneusement planifiée par la CIA, alors dirigée par George Bush père. Pinochet ordonne les assassinats des généraux Prats, du Chili, et Juan José Torres, de Bolivie; l’ambassade cubaine de Lisbonne explose; on assassine plusieurs diplomates et fonctionnaires cubains dans des pays de la région; on fait sauter l’auto d’Orlando Letelier, l’ex ministre chilien, et finalement, on détruit avec deux bombes et en plein vol un avion commercial cubain. Ce sont des plans qu’exécutent ces gens, en fonction du plan Condor.

Que sait-on alors, à Cuba, de Luis Posada Carriles?

«En 76, nous n’avions que de l’information très fragmentée sur Posada. Orlando Bosch, Antonio Veciana, les frères Novo Sampol, Nazario Sargén, Jorge Mas Canosa et plusieurs autres dirigeants d’organisations, étaient ceux qui planifiaient et gardaient le contact avec la CIA, c’est pourquoi ils représentaient l’occasion de savoir directement quand et où ils se préparaient à agir et ils étaient donc nos priorités de l’époque.»

 «Posada n’a jamais été leader de rien. Posada est un tueur à gages, un terroriste à gages, c’est un killer, un assassin comme en présentent les films nord-américains qui tue aussi bien sa mère que son copain, sans aucune émotion, seulement pour de l’argent, par intérêt. Mais, oui, c’est un témoin très, très dangereux.»

«Je me rappelle qu’en 1971, des informations sont apparues relativement à un complot pour assassiner le Commandant (le président Fidel Castro) durant son voyage au Chili, dans lequel était impliqué Posada. Après, des années plus tard, on a connu les détails. Le complot était réellement diabolique. Sa première phase consistait à utiliser une caméra de cinéma pour cacher un revolver avec lequel deux hommes de Posada, accrédités comme journalistes vénézuéliens, devaient agir contre le leader cubain durant sa première conférence de presse à son arrivée à Santiago du Chili. Dans ce but, Antonio Veciana et son groupe Alpha 66 avaient introduit des armes et des explosifs pour disposer d’autres alternatives pour assassiner le Commandant en chef, au cas où la première échouerait.»

«Un plan B a été soigneusement planifié par Posada Carriles, alors chef des opérations de la police politique vénézuélienne. Un correspondant de l’agence soviétique TASS qui était aussi agent du KGB était à Caracas. Posada s’est arrangé pour photographier ses deux agents tandis qu’ils conversaient avec le Russe dans le but, après l’assassinat, de déclencher une campagne médiatique accusant les Soviétiques du crime, à cause des «contradictions politiques existantes». Posada et Veciana s’étaient mis d’accord avec le colonel des carabiniers chiliens Eduardo Sepulveda, responsable de la sécurité dans le local où Fidel donnerait la conférence de presse, pour qu’une fois arrêtés les assassins soient éliminés, ce qui éviterait toute indiscrétion

Où étiez-vous quand l’avion de Cubana a fait explosion?

«J’étais en visite officielle en URSS. Ce fut un jour terrible. Avec la différence d’heure, j’ai su la nouvelle très tard en soirée ce même jour ou aux premières heures du jour suivant. Nous étions deux ou trois Cubains ensemble là-bas¼ ce fut une nuit terrible parce que nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas fait tout ce que nous aurions dû. J’ai ressenti une grande douleur, un sentiment d’impuissance très grand. Je suis rentré sur le champ.

Notre gouvernement a immédiatement envoyé une équipe de techniciens et d’enquêteurs. En quelques jours, grâce aux recherches effectuées et aux déclarations de Hernan Ricardo et de Freddy Lugo, capturés à Trinidad, on a découvert presque tous les détails et les auteurs intellectuels, Orlando Bosch et Luis Posada.»

«Les documents récemment déclassifiés démontrent que la CIA, le FBI, l’ambassade des États-Unis le savaient ¼ Et personne n’a fait quoi que ce soit pour éviter un crime aussi monstrueux.»

Êtes-vous parvenus à pénétrer la CORU?

«La CORU, non, mais des organisations qui la composaient, oui. J’ai parfois songé que si les services cubains avaient disposé des équipements ultra-modernes dont disposait alors la CIA, plusieurs autres complots auraient alors pu être évités. À cette époque, ils utilisaient des équipements de communication appelés de tir rapide qui transmettaient des messages en 15, 16 secondes. La rapidité dans les communications était notre principal problème: recueillir l’information et la ramener pour l’utiliser. Parce que l’information vaut dans la mesure où elle peut être comparée avec d’autres informations, pour être analysée et traitée.»

«Ces année- là, l’information tardait parfois plusieurs jours à arriver. Je me rappelle du cas d’un informateur qui, avec une importante information en main, avait dû voler un yacht à Miami pour venir ici, l’apporter à Cuba. La correspondance d’alors, autant pour sortir de Cuba que pour y entrer, devait passer par un centre que la CIA avait installé à Mexico où tout était soigneusement révisé.»

«À partir de la fin 76, en 77 et en 78, ces actions terroristes vont disparaître grâce au travail des services de renseignement et de contre-espionnage cubains et grâce aux mesures politiques importantes, je dirais décisives, qui sont alors prises au sujet de l’émigration cubaine et qui vont se traduire en un élément neutralisateur de premier ordre.»

Que s’est-il passé avec  la CIA et ses opérations autonomes?

 «À la fin, je pense qu’ils ont perdu le contrôle. Le cas de Ben Laden est un exemple. Il y a un livre intéressant écrit par le Nord-Américain David Wise, Le gouvernement invisible, qui explique cela. Des organisations comme la CIA et le Mossad israélien, ou d’autres dans certaines régions du monde, acquièrent un pouvoir illimité parce qu’elles ont de l’information qu’elles peuvent manipuler ou cacher à leur propres présidents et qu’elles possèdent de plus la capacité d’agir sans contrôle pour obtenir des résultats secrets. Il faut se rappeler le scandale appelé Iran-Contra où le Conseil de sécurité des États-Unis s’est impliqué dans une immense opération de contrebande de drogues, pour soutenir la guerre sale contre le Nicaragua sandiniste.»

«Imaginez, l’Agence centrale  de renseignement, dans les années 60, avec des bases disséminées dans le monde entier, gérant des opérations aussi délicates que les vols des avions espions U-2, avec des radars ultra-modernes, avec une grande base d’opération à Miami dotée d’un budget de 100 millions de dollars (équivalent à un milliard d’aujourd’hui), avec 55 entreprises fantômes qui produisent des revenus incontrôlés. Où aura fini tout cet argent qu’a produit la guerre contre Cuba?»

 «Il y a un film américain des années 70 qui est fabuleux et qui s’appelle précisément Les jours du Condor, qu’interprète Robert Redford. Ili raconte comment une unité de la CIA qui se consacrait à étudier les romans policiers avait dévoilé, à cause d’une erreur ou d’une mauvaise interprétation, une opération ultra-secrète en marche. La décision que prennent les chefs est de liquider tous les employés, qui ne sont rien d’autres que des lecteurs de roman, et plusieurs agents attaquent la maison où ils se trouvent et les liquident tous, sauf Redford, qui était sorti chercher le repas. Et le film commence alors avec la fuite de Redford poursuivi par tous ses chefs. L’anecdote reflète jusqu’où on peut arriver dans cet obscur et ténébreux monde souterrain.»

Ce ne serait pas cela qui serait arrivé à Posada au Guatemala?

 «Je crois que le sujet du narcotrafic est présent là-dedans. Parce que rappelez-vous que Posada s’échappe, entre guillemets, en 85, d’une prison du Venezuela et que Félix Rodriguez Mendigutia le reçoit au Salvador, le nomme chef des opérations de la CIA à l’aéroport d’Ilopango et responsable des vols d’approvisionnement de la Contra nicaraguayenne.

«À ce moment, au Honduras, il y a un personnage, Mario Delamico, d’origine cubaine, très lié à la CIA et à l’armée hondurienne, en contact avec d’autres mercenaires, y compris d’origine cubaine, qui vivent au Costa Rica et qui possèdent plusieurs entreprises. Ce sont eux qui vont s’occuper de la réception et de la distribution des vols chargés d’armes qu’envoie Posada et lui renvoyer, dans les mêmes avions, la drogue provenant de Colombie pour son transfert aux États-Unis.»

«C’était là l’affaire que gérait Luis Posada Carriles, subordonné directement à Félix Rodriguez, l’assassin du Commandant Ernesto Guevara.»

«Ce qui s’est passé au Guatemala, je n’en sais rien. Mais après la capture en territoire nicaraguayen du pilote nord-américain Eugene Hassenfus, Posada doit démanteler son campement au Salvador.»

«Que fait-il après? Il faudrait le lui demander. Moi, en tout cas, je ne le sais pas. On dit que lorsqu’il est parti à Ciudad Guatemala, des tueurs, probablement liés à la drogue, ont essayé de le liquider. L’information connue ne va pas plus loin. Mais je me demande alors¼ Quel argent aura-t-il gardé pour lui? Qu’aura-t-il fait? Qui aura-t-il tenté d’éliminer? Cela reste à savoir.»

Quelles réflexions vous ont inspiré les procédures judiciaires contre Posada Carriles depuis son arrivée aux États-Unis? Où va tout cela?

 «Au pardon officiel. Il n’y a pas le moindre doute. Il y a quelque chose de sous-jacent, non seulement dans l’affaire Posada mais dans toute la politique nord-américaine actuelle et c’est sa brutalité et son arrogance.»

«Auparavant, ils étaient plus professionnels, plus adroits. Avant, il y avait des gens plus intelligents. Ceux qui sont maintenant là, ce dont je suis sûr, c’est qu’ils ne sont pas intelligents.» «On a connu auparavant un Robert Kennedy et un Richard Helms qui ont imaginé  les opérations autonomes pour sortir le problème du territoire nord-américain et faire valoir la doctrine nord-américaine de la négation plausible. C’est à dire, avoir toujours des éléments pour nier la participation des États-Unis à un fait spécifique». «Maintenant, ces gens là sont vulgaires comme le président nord-américain. Il était évident que les États-Unis ne pouvaient permettre que Posada soit jugé.»

«Tout d’abord est survenue la situation de Panama où ils n’ont eu d’autre alternative que de le juger parce qu’il avait été pris la main dans le sac. Et il semblait évident que lorsque Mireya Moscoso quitterait le pouvoir, elle allait le gracier parce qu’il faisait partie d’un tout : il était agent des États-Unis».

«Après, il s’est perdu au Salvador, il a été au Yucatan et est entré aux États-Unis, exécutant les ordres de ses chefs. Posada n’aurait pas fait cela sans en avoir reçu l’ordre. Ses officiers lui ont dit: viens ici et nous allons faire avec toi la même chose qu’avec Bosch.»

«Mais c’était sans compter sur l’action des personnes solidaires, du journalisme indépendant. La dénonciation est alors survenue et tout a été mis en évidence. La pression de Cuba a été décisive. Si décisive qu’ils n’auraient sans doute jamais fait ce qu’ils ont fait sans la dénonciation cubaine, les marches combattantes, les tables rondes, les tribunes ouvertes, la solidarité internationale qui sont, à mon avis, les mécanismes de pression qui ont été essentiels pour que les États-Unis se voient obligés de faire tout ce qu’ils ont fait, en tentant de le juger pour immigration illégale».

Mais ils assurent qu’ils continuent à enquêter¼ Thomas Shannon, le sous-secrétaire d’État vient de l’affirmer¼ Rien de cela ne serait vrai?

«Tout cela est faux. Un pieux mensonge pour satisfaire certains démocrates, entre guillemets, qui n’ont eu d’autre choix que de condamner la libération de Posada et qui ont besoin d’un argument pour dire: vous voyez, les États-Unis vont faire quelque chose. Non, les États-Unis ne vont absolument rien faire.»

 «Luis Posada peut mourir n’importe quand. Je te le répète: c’est toujours un témoin très, très dangereux. Et qui en sait trop.».

Fabián Escalante Font est né à La Havane le 24 de novembre 1940 . Très jeune, il a rejoint le département de la Sécurité de l’État alors naissant, où il a réalisé diverses tâches avant d’en occuper la direction en 1976. En 1996, il a pris sa retraite avec le grade de général de division. Il a publié plusieurs livres au sujet de la guerre secrète des États-Unis contre Cuba: La gran conjura, Proyecto Cuba, Operacion Mangosta, Accion Ejecutiva, 1963: el complot (Ocean Press).



Vendredi 15 Juin 2007

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