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F-35 Lightning : Il y a comme un défaut


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Dimanche 14 Octobre 2018 - 01:44 France-Croatie et le scandale des matchs truqués



Seraphim Hanisch
Mardi 13 Mars 2018






    Il va toujours de soi que les États-Unis ont été leaders dans les techniques innovantes du matériel militaire. La Fédération de Russie les a récemment devancés dans le très important domaine de l’armement hypersonique, mais depuis de nombreuses années maintenant, les États-Unis font voler dans les cieux les meilleurs avions les plus perfectionnés.



    Sauf qu'il y a comme un problème.



    Le F-22 est si coûteux que ça touche au burlesque et le F-35, le standard de référence des forces étasuniennes, est lui aussi colossalement cher, et la moitié de la flotte présente n’est même pas en état de voler. D’après un article de Breakingdefense.com, Robert Behler, le nouveau directeur des tests opérationnels et de l'évaluation, en parle dans son dernier rapport annuel sur l'avion d'attaque interarmées F-35 :


  • La capacité opérationnelle de la flotte de F-35 reste inférieure aux besoins et dépend de palliatifs ne répondant pas aux attentes du Service en situation de combat. Au cours de l'année précédente, la plupart des mesures de fiabilité sont restées à peu près les mêmes ou n'ont évolué que dans d’étroites limites, insuffisantes pour caractériser une évolution dans les performances.

  • Le taux mensuel global d’avions disponibles dans l’ensemble de la flotte demeure autour de 50%, situation n'ayant connu aucune amélioration significative depuis octobre 2014, malgré le nombre de plus en plus grand de nouveaux avions. D’après le rapport sur le nombre d’avions incapables de partir en mission à cause de la cadence d’arrivée des pièces de rechange, la tendance notable est la montée du pourcentage d’avions incapables de voler, en attente de pièces de rechange.

  • L’amélioration de la fiabilité a stagné. Il est peu probable que pour la majorité des mesures de fiabilité, le programme puisse atteindre à échéance le seuil des exigences requises en opération. Notamment, il est peu probable que le programme atteigne le seuil des heures de vol moyen entre les défaillances critiques, sans redéfinir les composants de l'aéronef.

    Ce problème est préoccupant, d'autant plus que ce chasseur devrait peu à peu constituer le gros des forces de la défense aérienne des États-Unis, avec environ 2400 avions achetés par eux et 3100 au total par les neuf principaux pays partenaires. Le projet s’est élevé aux États-Unis à 163 milliards de dollars sur le budget de 2014 ! Mais le programme a aussi été qualifié de « trop gros pour passer à la trappe », de sorte que les pays membres continuent d'acheter ces avions.


    Les plus gros problèmes sont actuellement ceux-ci :


  • Les systèmes informatiques embarqués sont vulnérables aux attaques sur le réseau informatique, si bien que le programme F-35 doit réaliser les opérations de test des avions sans leur Système d'information logistique autonome (ALIS), qui a pour le F-35 essentiellement la même fonction que l'ordinateur des nouvelles voitures, indiquant les besoins d'entretien.

  • Les pneus de la variante F-35B sont problématiques. À l'heure actuelle, leur durée de vie moyenne est inférieure à 10 atterrissages, bien en deçà du besoin conventionnel de 25 atterrissages avec arrêt complet. Le problème consiste à trouver un pneu qui supporte le poids plus lourd de cette variante, mais qui puisse résister à des atterrissages verticaux et être encore assez léger pour la structure actuelle de l'avion.

  • Les embouts de la perche de ravitaillement en vol se cassent trop souvent, ce qui limite cette opération pour ces escadrilles d’avions.

  • Le canon du F-35A rate systématiquement ses cibles au sol lors des tests de sécurité, et le programme planche toujours pour résoudre ce problème (les versions B et C sont meilleures que la A, mais montrent toujours la même tendance de visée, trop longue et à droite).

  • Le F-35B est supposé pouvoir tenir 8000 heures de vol. L'avion servant à tester l’endurance s’est détérioré et doit être remplacé.

    Dans les principales bases étasuniennes, les avions disponibles varient entre 35% de la flotte pour le F-35B (7 avions) à la base aérienne Edwards en Californie, et 70% de la flotte pour le F-35A de la base aérienne Hill (27 avions).



    Les problèmes ont un effet sur la production et la vente de cet avion. L'Allemagne a donné la priorité à l'Eurofighter Typhoon, et a relégué le F-35 comme option secondaire. Sur place, dans le Bureau du programme, on perd patience à cause de l'incapacité de Lockheed Martin à réduire les coûts de l'avion, malgré ses promesses (chaque avion coûte actuellement entre 94 et 110 millions de dollars. Le Su-35 russe, au nom similaire, coûte entre 40 et 65 millions de dollars ; il est encore cher, mais tous ces avions sont au point).



    Ce pourquoi ce chasseur F-35 est conçu est vraiment très intéressant. L'avion étant furtif, il est très difficile de le repérer par radar, et comme il dispose d’un détecteur capable de voir au-delà du champ de visibilité, il n'a théoriquement pas besoin d’affronter les avions ennemis à courte portée, car il peut les voir à plus de 320 kilomètres. La conception de l'avion s’est focalisée sur l'évitement de l’affrontement direct, et vu dans ce contexte, certaines de ses carences (faible vitesse de pointe, faible rayon d’action, faible agilité) sont compensées par sa capacité à rester invisible.



    La plus grande critique sur pourquoi le programme s’en sort si mal, semble être que Lockheed a été autorisé à concevoir, tester et produire cet avion en même temps, sans mettre en œuvre la méthode habituelle de test, consistant à identifier les défaut et à les réparer avant de lancer la chaîne de production.



    En revanche, le Su-35 (comparé ici au F-35 simplement parce qu’ils ont le même indice 35 de version) coûte bien moins, est très fiable, est beaucoup plus rapide et à un rayon d’action plus grand. La vidéo ci-dessous donne une comparaison directe entre ces deux incroyables avions.




The Duran, Seraphim Hanisch, 12 mars 2018


Original : theduran.com/f-35-lightning-half-dont-fly-cost-way-much-us-ordered-whole-lot/

Traduction Petrus Lombard







Mardi 13 Mars 2018


Commentaires

1.Posté par Van de Graaff le 16/06/2018 17:01 | Alerter
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F-35, eurofighter, rafale, les pric, F-35 sont comparables. De toute manières le F-35 écrase techniquement la concurrence quoiqu’en dise la (très fatiguée) contre propagande au F-35. Il est particulièrement révélateur de constater que les nouveaux chasseurs qui vont sortir de l’URSS ou de la Chine vont prendre pour modèle le F-35 et le F-22 et surement pas le rafale. La presse à la botte de la Russie se fatigue pour rien. Le F-35 a gagné sur tous les tableaux.

2.Posté par Dominique le 12/10/2018 11:06 | Alerter
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le problème n'est pas de savoir quel avion est meilleur que l'autre, cette question n'a aucun sens, cela dépend de la mission à réaliser.
Quelle serait la mission réelle d'armée de l'air belge ? Est ce que cela nécessite un F-35 ? voilà la vraie question.
Quant au Rafale, cet avion est extraordinaire, il a été éprouvé au combat (pas le F-35) mais il a 20 ans...
Et les coûts, contrairement au post précédent, ne sont pas les mêmes, désolé...
La dernière et vraie question est celle de la défense de l'Europe, ou pas... Si on achète des avions aux Etats-Unis, il faut être cohérent et supprimer l'Agence Europeénne de Défense, car les concepts opérationnels resteront ceux des USA, qui ne sont pas les notres.

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