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Expert de l’OMS : Le glyphosate endommages l’ADN



GMWatch
Lundi 20 Juillet 2015

Expert de l’OMS : Le glyphosate endommages l’ADN
 

GMWatch, 15 juillet 2015
 

    Le glyphosate est « irrémédiablement génotoxique », d’après le professeur Chris Portier, coauteur du rapport de l'agence de cancérologie de l'Organisation mondiale de la Santé, qui a classé le glyphosate comme cancérogène probable.
 

    Le Prof Christopher Portier, l'un des coauteurs du dernier rapport du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'Organisation mondiale de la Santé, qui a déterminé la nature cancérogène probable du glyphosate, a déclaré aujourd'hui lors d'une conférence scientifique : « Le glyphosate est irrémédiablement génotoxique. Cela ne fait aucun doute dans mon esprit. »
 

    « Génotoxique » signifie dangereux pour l'ADN. Il est communément admis par les instances de réglementation que, pour les produits chimiques génotoxiques qui sont aussi cancérigènes, comme le glyphosate se montre l’être, il n’existe aucun seuil d'exposition sans danger.
 

    Le Prof Portier parlait aujourd'hui à une réunion d’information scientifique organisée à Londres par Soil Association.
 

    Soil Association exige l’interdiction au Royaume-Uni des pulvérisations de désherbant au glyphosate sur le blé avant récolte et pour faner les cultures afin de les faire mûrir plus vite. Analysées par Soil Association à partir des données gouvernementales, les nouvelles statistiques ont été rendues publiques à Londres, lors de la réunion d’information scientifique du 15 juillet 2015. Cette étude a révélé que le recours au glyphosate dans l’agriculture du Royaume-Uni s’est accru de 400% ces 20 dernières années, et que c’est l'un des trois pesticides régulièrement trouvés lors des contrôles routiniers du pain britannique – mis en évidence dans jusqu'à 30% des échantillons contrôlés par les tests de résidus de pesticides dans l’alimentation du comité Defra.
 

    À cette réunion, le Dr Robin Mesnage du Département de génétique médicale et moléculaire du Kings College de Londres, a présenté des données montrant que le Roundup est 1000 fois plus toxique que le glyphosate seul. Il a dit, « Le glyphosate est partout dans notre chaîne alimentaire – dans la nourriture et l'eau. Le manque de données sur la toxicité du glyphosate n’est pas une preuve de sa sécurité, et ces herbicides ne peuvent être considérés sûrs sans tests appropriés. Nous savons que le Roundup – nom commercial des herbicides à base de glyphosate – contient beaucoup d’autres ingrédients chimiques qui, mélangés ensemble, sont 1000 fois plus toxiques que le glyphosate seul. »
 

    Claire Robinson, chroniqueuse de GMWatch.org, a dit que la réaction internationale à la conclusion du CIRC avait été spectaculaire : « Certains détaillants en Suisse et Allemagne ont retiré les produits à base de glyphosate de leurs rayons ; la France s’est engagée à arrêter sa vente aux consommateurs via le libre-service en 2018. Les landers allemands demandent l’interdiction à l'échelle de l'UE. L’administration danoise chargée des conditions de travail a déclaré cancérogène le glyphosate. Le Salvador et le Sri Lanka l’ont interdit (rien à voir avec le rapport du CIRC, mais à cause d'autres études le reliant à la maladie de Dee) et le gouvernement colombien a interdit l'épandage aérien de l'herbicide sur les cultures de coca. »
 

    Il y a trois mois, le CIRC a conclu : « Le glyphosate est probablement cancérogène pour l'homme. » Les dangers nouvellement reconnus du glyphosate surviennent sur un fond d’utilisation accrue au Royaume-Uni. Le glyphosate est utilisé dans les parcs publics et d'autres lieux urbains pour éliminer les mauvaises herbes. Au Royaume-Uni, l’an dernier, pour lequel les chiffres du gouvernement sont disponibles, près d'un tiers des céréales, blé et orge, ont reçu des pulvérisations de glyphosate – un peu plus d'un million d'hectares au total.
 

    Peter Melchett, Directeur de la politique de Soil Association, a déclaré : « Si le glyphosate finit dans le pain, à moins de manger bio, personne ne peut y réchapper. D'autre part, les agriculteurs pourraient facilement choisir de ne pas vaporiser du glyphosate sur les cultures de blé – juste avant la récolte. C’est pourquoi Soil Association exige la fin immédiate des pulvérisations de glyphosate sur le blé destiné au pain. »
 

    Claire Robinson a déclaré à la réunion d’information que les gens ne peuvent pas se fier aux organismes de réglementation pour protéger leur santé : la bataille sera gagnée quand les consommateurs obligeront les détaillants à retirer le glyphosate de leurs rayons.
 

    Dans le cas du pain, s’adressant aux détaillants et fabricants, Soil Association a dit qu’ils devraient s’appesantir sur l’absence de glyphosate dans leurs produits. Bien que les quantités trouvées soient sous le seuil de sécurité officiel, cette limite a été convenue avant les dernières découvertes scientifiques sur les dangers du glyphosate. La saison des pulvérisations de glyphosate commence maintenant. Dans l'intérêt de la santé humaine et de la qualité du pain britannique, le gouvernement doit interdire les pulvérisations avant qu'elles ne commencent.
 

    Une étude européenne récente sur les citadins a constaté qu’au Royaume-Uni, 7 personnes sur 10 ont des traces de ce désherbant dans l’urine. L'industrie alimentaire nous raconte que les taux de glyphosate dans les aliments ne posent pas de risques pour les Britanniques. Mais les conclusions du CIRC, et le cocktail de produits chimiques trouvés dans le pain, remettent cela sérieusement en cause.
 

    Les taux de glyphosate trouvés dans le pain sont bien en dessous de la limite maximale résiduelle (LMR) fixée par l'UE. Or, la LMR a été établie bien avant la dernière résolution de l'OMS. En outre, la LMR de glyphosate a toujours été un sujet de controverse, car si le glyphosate est un perturbateur endocrinien, comme certains scientifiques l’évoquent, il ne peut y avoir aucun taux réduit sans danger pour la consommation humaine. Quelle que soit la LMR, la recherche sur l'opinion publique montre que pour le consommateur, la présence de produits chimiques dans les aliments est l'un des principaux problèmes de santé, en particulier chez les enfants.
 

Remarques

 

    1. Soil Association a écrit dernièrement au comité Defra du Ministère de l’agriculture, au député George Eustice, au président de l'Union nationale des agriculteurs, à Meurig Raymond, à l'Association nationale des moulins de meunerie britanniques et irlandais, à tous les grands supermarchés (ASDA, Co-op, M&S, Morrisons, Sainsbury’s, Tesco et Waitrose) et aux fabricants de pain (Hovis, Warburtons, Allied Bakery et Brace's), pour leur demander de s’assurer que le blé destiné à la fabrication de pain n’a pas été vaporisé au glyphosate avant la récolte de cette année, et que le pain qu'ils vendent ne contient pas d’herbicide au glyphosate.
 

    2. Le professeur Portier, le Dr Mesnage et Claire Robinson ont discuté avec Soil Association à la réunion d’information scientifique du 15 juillet à Westminster.
  Original : www.gmwatch.org/news/latest-news/16302-glyphosate-damages-dna-says-world-health-organisation-expert
Traduction Petrus Lombard



Lundi 20 Juillet 2015


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