On le sait depuis Nermond, fondateur de l'empire de Babylone qu' à vouloir courir deux lièvres à la fois, on risque, au mieux de rater sa cible, au pire d'être atteint de cécité. Le Congrès américain qui se dit garant constitutionnel des libertés civiques vient de faire ainsi un choix qui renforce un peu plus l'état d'équivocité dans lequel il se meut depuis que sa majorité démocrate a décidé de faire table rase de ses promesses électorales et de jouer le jeu du Président finissant. Avec 239 voix pour et 129 contre, les congressistes ont récemment adopté une reforme des lois qui octroie, chose inouïe, l'immunité judiciaire à toute société s'impliquant dans les écoutes secrètes des conversations téléphoniques des citoyens, sur l'ordre du gouvernement. Mis à part la portée purement symbolique de cette décision qui illustre de manière flagrante à quel degré l'américain lambda est désormais dépouillé de son droit d'avoir une part de vie intime, l'affaire mérite d'être scrutée sous un autre angle, celui du "politiquement correct" : car politiquement correct a été, en effet, l'attitude des députés démocrates qui, au mépris de leurs propres réticences d'il y a un an, ont fini par rendre les derniers mois de la présidence Bush moins difficiles sur l'épineuse question de sécurité interne. Car si les messieurs les députés et dans leur sillage leur confrères du Sénat avaient refusé de donner blanc seing à la réforme en question, c'aurait été la catastrophe pour la Maison Blanche qui se serait vue alors dans la douloureuse obligation de revenir au dispositif réglementaire dit FISA, soit ce dispositif datant d'il y a 30 ans et qui est très stricte sur les libertés civiques et partant, trop contraignante pour le gouvernement. La démarche aurait alors signifié la privation du parti au pouvoir de l'un de ses principaux atouts à savoir la guerre anti-terroriste. Le vote des démocrates a donc tout pour ressembler à une faveur faite au camp présidentiel. Une faveur que d'aucuns qualifient, en ces temps pré-éloctoraux, d'incompréhensible "concession". Reste à savoir si cette faveur-concession sera payée de retour ou si les partisans d'Obama finiront dans un proche avenir par la regretter.
Edgar J Hoover est mort , non ?
Si le peuple us sacrifie sa liberté c'est qu'il ne la mérite pas.
2. Posté par
moi mm le 11/07/2008 13:38
1984 d'Orwell, c'est un dessin animé à coté de ce que font ces "gardiens de la démocratie mondiale"...
3. Posté par
Manu le 11/07/2008 15:17
Les Etats Unis d'Amérique n'ont jamais été une démocratie. C'est tout ce qu'on veut sauf ça.
4. Posté par
Edouard le 16/07/2008 03:23
À mon avis, les É-U avaient autant de liberté et maintenant ils la sacrifie pour plus de "sécurité". Si seulement tout les américains savaient ce qui se passe au congrès et au sénat, ils en seraient révolté et ça ne serait pas long avant que le gouvernement tombe avec tout ses hypocrisie contre son propre peuple.
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