Conflits et guerres actuelles

États-Unis: La tyrannie israélienne sur les États-Unis


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Quel pays aurait des centaines d’espions, de taupes et decollaborateurs qui travailleraient aux États-Unis pour un gouvernement étranger impunément?

Selon d’anciens et d’actuels journalistes connaissant le sujet, et dont certains ont été récemment interrogés par le FBI (Bureau fédéral des investigations), les agents fédéraux pointent le Mossad, le service secret israélien, comme l’organisateur et le manipulateur.


Mardi 9 Mai 2006

États-Unis






par James Petras







L’année dernière, au cours de la plus grande enquête de

contre-espionnage jamais effectuée par le FBI – plus de 100 agents

des bureaux métropolitains à travers le pays – les enquêteurs ont

interrogé des milliers de témoins, informateurs et suspects

potentiels sur les activités d’espionnage d’Israël aux États-Unis.



Un ancien journaliste qui travaillait pour un hebdomadaire

britannique m’a dit qu’en douze mois il avait été interrogé à deux

reprises concernant la collaboration des mass media avec le Mossad

à propos de la propagation de «désinformation» et de «nouvelles»

favorables à Israël.







Expulsion massive?



À partir des conversations avec des journalistes interrogés par le

FBI, il ressort un canevas de pénétration profonde et de grande

envergure de la société étasunienne et de son gouvernement par

des espions israéliens et leurs collaborateurs. Selon mes sources, le

FBI enquêtait sur des réseaux espionnage israéliens depuis plus de

30 ans, mais les enquêtes étaient entravées par des politiciens des

deux partis à la solde des groupes de pression israéliens et de

riches financiers de campagnes pro-israéliennes. Même le FBI a été

infiltré selon un rédacteur de l’hebdomadaire britannique The

Economist: un témoignage enregistré par l’écrivain au début des

années 80, qui impliquait Richard Perle et Paul Wolfowitz dans la

communication de documents à des agents du Mossad, «a été retiré

des fichiers du FBI et a disparu.»



Au fur et à mesure des années les opérations des services secrets

israéliens aux États-Unis, sont devenues de plus en plus effrontées

et impertinentes. Les investigations ont porté sur des centaines

d’Israéliens, des Israélo-étasuniens (à double nationalité) et leurs

collaborateurs locaux (les «sayanin», sympathisants juifs des agents

israéliens situés en dehors d’Israël). Le lendemain du 11 septembre

2001 dans un coup de filet des centaines d’agents israéliens qui

avaient libre accès aux bureaux gouvernementaux, ont été

discrètement arrêtés et expulsés. Discrètement non pas parce qu’ils

ne commettaient pas de crimes sérieux, mais plutôt pour éviter de

donner le flanc à des attaques politiques aux principales

organisations pro-israéliennes et leurs clients au Congrès.



L’expulsion de masse des espions israéliens était la rétorsion contre

Israël, pour son manque de coopération, pour ne pas avoir aidé à

prévenir le massacre à New York de milliers de personnes, le 11

septembre 2001. Le FBI semble détenir les preuves que les services

de renseignement israéliens avaient des informations détaillées

concernant l’attaque terroriste du 11 septembre et qu’ils n’ont pas

fourni l’information aux autorités étasuniennes. Ils ajoutent

également que juste avant les attaques les Israéliens leur auraient

transmis des informations déroutantes. Selon les enquêteurs du FBI,

le Mossad possède le plus grand réseau d’espionnage et système

de soutien de tous les pays qui opèrent aux États-Unis, et intérêt

particulier, ses opérations pénètrent les plus hautes sphères du

gouvernement des États-Unis, y compris de bureau du vice-président

Cheney.



L’importance de l’enquête et la récente attribution massive de

ressources et d’agents pour l’affaire d’espionnage israélien, est

précisément due à l’épineuse question des suspects situés dans les

plus hautes sphères du gouvernement. Selon le FBI local de

Philadelphie, un seul mauvais pas pourrait faire que la haute

hiérarchie étouffe l’enquête. Ainsi donc les enquêteurs étendent

leurs entretiens, couvrent toutes sortes de sources, accumulent des

milliers de pages de transcriptions, de sommations, de déclarations

sous serment, d’écoutes téléphoniques, de vidéos de tous ceux qui

pourraient être impliqués de loin ou de près dans les opérations

d’espionnage israéliennes.



Malgré l’intensification des investigations, des douzaines et des

douzaines d’agents israéliens et de récentes recrues poursuivent

leurs opérations, et beaucoup d’entre eux bénéficiant d’une

«couverture de protection» de la part des évangélistes

philo-sionistes ainsi que des sayanin. Une cible privilégiée de

l’investigation du FBI, mais difficile à atteindre est le AL – une

unité

secrète de datsas (officiers du Mossad qui recrutent des agents

ennemis comme c’est décrit par un ancien du Mossad, Victor

Ostrovsky dans le livre By Way of déception (Au moyen de la

déception).



Selon mes sources journalistiques, faire passer de la désinformation

israélienne, comme dans le cas de Judith Miller, était une pratique

courante tout le long des années 80 et 90. Beaucoup parmi les

journalistes et les éditorialistes consciemment acceptaient et

publiaient ou annonçaient à télévision et la radio, de la

désinformation israélienne disséminée par des agents du Mossad

agissant comme des officiers politiques de l’ambassade israélienne.



Pourquoi maintenant?



L’investigation des opérations d’espionnage israéliennes aux

États-Unis par le FBI, doit son départ à plusieurs éléments.



Premièrement, après des années d’étroite collaboration entre les

services secrets israéliens et le FBI, ce dernier a été accusé – de

même que la CIA – de «défaillance de renseignement concernant le

11 septembre 2001», sans toutefois mentionner l’absence de

coopération, ni les désinformations dont ils ont fait l’objet de la

part

des Israéliens.



Deuxièmement, l’invasion effrontée de grande envergure par des

opérateurs israéliens sur les plates-bandes du FBI (aux États-Unis)

qui a sapé ses activités, érodé sa position comme agence de

sécurité et tout particulièrement fragilisé ses opérations de

contre-espionnage.



Troisièmement, la montée de Wolfowitz, Feith et Perle aux plus

hauts échelons du Pentagone et de Elliot Abrams, Rubin et Libby au

National Security Council (Conseil national de sécurité, le

département d’état et le bureau du vice Président), a eu comme

conséquence la fuite massive de documents confidentiels et le

dévoiement de décisions délicates vers l’armée d’agents du Mossad

et les officiers israéliens de renseignement de haut niveau aussi bien

aux États-Unis qu’en Israël.



Le flux d’information des États-Unis en direction d’Israël s’est

transformé en torrent incontrôlable, et pour le FBI, ce qui a été pire

que tout fut de se trouvé marginalisé, même méprisé.



Mais le plus rageant pour le FBI a été d’avoir pas moins de cinq

témoins prêts à témoigner contre Wolfowitz et Feith dans un incident

d’espionnage antérieur, et à cause des hautes positions et du

soutien présidentiel (particulièrement après le 11 septembre) dont

bénéficiaient ces deux personnages hors portée. Le FBI était

certainement conscient de la profonde infiltration des structures de

l’état et du rôle clé joué par Israël en conseillant, en dirigeant et

en

faisant passer sa propagande et ses directives à ses agents, à ses

collaborateurs et aux principales organisations sionistes, juste avant

l’invasion de l’Iraq par les États-Unis.



Profitant de l’hystérie guerrière et de la propagande

«anti-terroriste» déversées par l’ensemble de l’appareil idéologique

israélien, les agents israéliens dans le gouvernement opéraient

ouvertement et impunément défiant aussi bien le FBI que la CIA en

mettant en place, de leur propre Bureau de plans spéciaux (Office of

Special Plans), «l’opération de renseignement» clé ayant pour tâche

d’alimenter directement la Maison Blanche de désinformations

israéliennes.



Le début de la guerre contre l’Iraq ainsi que son occupation ont été

le point culminant de la tyrannie israélienne sur Washington. Les

conseillers pro-Israël, les membres du gouvernement, les

idéologues, les porte-parole, les membres de l’AIPAC (Comité

d’action politique Amérique Israël) et leurs alliés à la CPJMO

(Conférence des présidents des principales organisations juives)

célébraient leur succès en aiguillant les États-Unis vers la

destruction

complète du principal adversaire d’Israël, l’Iraq, son armée, son

économie ses systèmes administratif et éducatif, ainsi que son

infrastructure.



La célébration de la victoire d’Israël sur le bon sens et l’intérêt

national étasunien fut de courte durée. Alors que la résistance

iraquienne gagnait en puissance, que les victimes étasuniennes

augmentaient, que le coût de la guerre enflait; le public étasunien

s’est détourné de la guerre, le soutien pour l’administration Bush

chutait de manière vertigineuse. Avec ces changements politiques,

les agents israéliens et leurs collaborateurs au gouvernement, les

auteurs et les architectes de la guerre, ont perdu une partie de leur

immunité face aux investigations.



Le FBI flairant le souffle politique favorable, augmenta sensiblement

ses investigations. Des interrogatoires suivirent, ceux de Feith, de

Wolfowitz, de Perle et d’autres siono-conservateurs identifiés

proches des services secrets israéliens.



La toujours précautionneuse agence fédérale, se méfiant des

attaques provenant des soutiens inconditionnels d’Israël au Congrès

et au gouvernement (sénateurs Clinton et Lieberman, secrétaire

d’état Condi Rice et Vice–président Cheney) s’est concentrée sur les

violations commises par trois cibles pro-israéliennes notoires – Irving

«Scooter» Libby du bureau du Vice président, pour avoir révélé

l’identité d’un agent secret de la CIA, Larry Franklin, un officiel de

second niveau du Pentagone lié à Feith et à Wolfowitz, pour

espionnage au profit d’Israël; et de deux dirigeants du principal

groupe de pression pro-israélien l’AIPAC, Rosen et Weissman pour

avoir fourni des documents confidentiels à des agents du Mossad à

l’ambassade israélienne et «de connaître» des journalistes de la

communauté de presse de Washington.



Alors que l’investigation du FBI sur la connexion israélienne

augmentait et atteignait des niveaux encore plus élevés dans la

hiérarchie de l’état, Wolfowitz, dont l’ambition dans la vie était de

devenir le numéro un du département de la défense, a soudain

démissionné, puis été nommé à la tête de la Banque mondiale, Feith

a aussi démissionné et rejoint une société d’avocats

américano-israélienne, alors que l’enquête sur Franklin, un des ses

principaux canaux de transmission d’informations vers Israël,

progressait.



Le FBI a étendu son coup de filet national contre le vaste réseau

d’espionnage israélien et ses collaborateurs à l’AIPAC, à la CPMJO,

aux évangélistes christiano-sionistes et à bien d’autres

organisations confessionnelles.



Nouvelle tâche



Entre-temps les planificateurs israéliens, les opérateurs du Mossad

et les officiels gouvernementaux, ont intensifier leurs campagnes

pour impliquer les États-Unis dans une nouvelle guerre contre l’Iran.

Chacune des principales organisations pro-israéliennes, chaque

idéologue et chaque officiel dans l’administration Bush, se sont fait

l’écho de la ligne belliciste. Les sénateurs Clinton et Lieberman ont

déclaré publiquement que les intérêts israéliens étaient le facteur

déterminant dans la politique étasunienne moyen-orientale de

«Bombarder l’Iran».



Malgré les investigations du FBI, AIPAC a lancé une de ses plus

virulentes et agressives campagnes de propagande de diabolisation

de l’Iran, en faisant circuler des désinformations israéliennes

concernant la menace de l’arme nucléaire iranienne – qui n’existe

même pas – et poussé avec succès le Congrès à aboyer en

obéissance à la voix de son maître. Malgré l’épouvantable débâcle

qui a succédé l’invasion de l’Iraq - dans laquelle les collaborateurs

israéliens ont joué un rôle décisif - ils poursuivent la même mise

scène pour provoquer une guerre contre l’Iran, inventant des armes

de destruction massive et des menaces à la sécurité des États-Unis.



AIPAC a fait circuler des photos aériennes de laboratoires

expérimentaux iraniens qui sont bien connus et déjà inspectés,

comme des «sites nucléaires secrets» à tous les membres du

Congrès. Tous les grands idéologues siono-conservateurs ont débité

des articles où ils répétaient comme des perroquets la ligne du parti

israélien au pouvoir évoquant la «menace iranienne» et la nécessité

urgente de sanctions ou d’une frappe militaire.



Aujourd’hui l’appareil pro-israélien - contrairement à l’attitude des

plus grandes compagnies de pétrole aux États-Unis et à l’extérieur -

est la force politique la plus influente à pousser pour une

confrontation militaire avec l’Iran.



Selon un journaliste qui travaillait pour l’éditorialiste Jack

Anderson,

et qui a subi un interrogatoire de six heures avec le FBI, l’agence

fédérale avait obtenu la coopération de Lawrence Franklin – ancien

officiel du Pentagone condamné pour espionnage en faveur d’Israël

– pour qu’il témoigne au prochain procès des anciens dirigeants

d’AIPAC, Rosen et Weissman. Le FBI est maintenant entrain de

négocier un arrangement avec ces derniers pour atteindre les plus

hauts échelons du pouvoir d’AIPAC et du gouvernement fédéral.

Toutefois le processus d’investigation des activités d’espionnage

israéliens est lent et fastidieux précisément parce qu’il plonge

profondément dans les plus importantes affaires de gouvernement

et se prolonge sur un large réseau d’organisations de la sociétés

civile. Étant donné la forte poussée des Israéliens pour une attaque

militaire imminente contre l’Iran, il est fort improbable que les

investigations seront en mesure d’affaiblir cette poussée vers la

guerre.



La tyrannie



Il est toutefois plus probable, que les conséquences politiques,

économiques et militaires, déplorables d’une guerre contre l’Iran –

ajoutées aux pertes en Iraq et en Afghanistan – soulèveront encore

plus d’animosité contre l’administration Bush et l’appareil

pro-israélien. Un retour de bâton du public pourrait fournir une plus

grande impulsion pour arrêter et inculper des fonctionnaires

occupant des postes élevés, ainsi que parmi les millionnaires et

opérateurs pro-guerre des réseaux israéliens.



Des guerres désastreuses au service d’Israël pourraient amener les

citoyens étasuniens à réfléchir et réagir à la tyrannie d’Israël sur la

politique étrangère étasunienne. Éventuellement nous pourrions

peut-être même voir la refondation de la République étasunienne -

et citant George Washington - «libre d’embrouilles avec l’étranger»

et des «Benedict Arnolds» qui paradent comme des sénateurs des

États-Unis



Note



*Le nom de «Benedict Arnold» est synonyme aux États-Unis de

«traître» [NdlR].







[Source: PalestineChronicle.com]



[Traduit par Alexandre MOUMBARIS]


Mardi 9 Mai 2006

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