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Et nous nous demanderons pourquoi ils nous haïssent


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Ce qui s’est passé n’est pas seulement honteux. C’est une infamie. Est-il excessif de le qualifier de crime de guerre ? C’est pourtant ainsi ce que nous nommerions cette atrocité si elle avait été commise par le Hamas.

Robert Fisk
The Independent


Vendredi 9 Janvier 2009

Et nous nous demanderons pourquoi ils nous haïssent

Une fois encore, Israël a ouvert les portes de l’enfer pour les Palestiniens. Quarante morts civils réfugiés dans une école des Nations unies, et trois encore dans une autre école. Pas mal pour une nuit de travail dans la bande de Gaza pour l’armée qui croit en la « pureté des armes ». Mais pourquoi devrions-nous être surpris ?

Avons-nous oublié les 17 500 morts - presque tous des civils, la plupart des enfants et des femmes - de l’invasion du Liban par Israël en 1982 ; les 1 700 civils palestiniens morts dans le massacre de Sabra et Chatila ; le massacre à Qana en 1996 dans une base des Nations unies de 106 civils réfugiés libanais, dont plus de la moitié étaient des enfants ; le massacre des réfugiés de Marwahin en 2006, à qui Israël avait ordonné de fuir et qui ont été tués par un hélicoptère israélien ; les 1 000 morts de 2006 durant les bombardements et l’invasion du Liban, dont la quasi-totalité étaient des civils ?

Ce qui est étonnant, c’est que de nombreux dirigeants occidentaux, de nombreux présidents et Premiers ministres et, je le crains, de nombreux rédacteurs en chefs et journalistes, ont cru à ce vieux mensonge qui dit que les Israéliens prennent grand soin d’éviter les pertes civiles. « Israël fait tous les efforts possibles pour éviter les pertes civiles », avait déclaré un ambassadeur d’Israël quelques heures seulement avant le massacre de Gaza. Et chaque président et Premier ministre qui a utilisé ce mensonge comme prétexte pour éviter un cessez-le-feu a désormais sur les mains le sang du massacre de la nuit dernière. Si George Bush avait eu le courage de demander un cessez-le-feu immédiat 48 heures plus tôt, ces 40 civils, personnes âgées, femmes et enfants, seraient en vie.

Ce qui s’est passé n’est pas seulement honteux. C’est une infamie. Est-il excessif de le qualifier de crime de guerre ? C’est pourtant ainsi ce que nous nommerions cette atrocité si elle avait été commise par le Hamas. C’est bien un crime de guerre, j’en ai peur. Après avoir rendu compte en tant que journaliste de tant de massacres perpétrés par les armées du Moyen-Orient - par les troupes syriennes, par les troupes irakiennes, par les troupes iraniennes, par des soldats israéliens - je suppose que ma réaction devrait être le cynisme. Mais Israël affirme qu’il mène notre guerre contre le « terrorisme international ». Les Israéliens prétendent qu’ils se battent dans la bande de Gaza pour nous, pour nos idéaux occidentaux, pour notre sécurité, pour nos valeurs. Et nous sommes également complices de cette barbarie qui s’est abattue sur Gaza.

J’ai déjà écrit que les excuses données par l’armée israélienne avaient déjà servi par le passé pour ces atrocités. Puisqu’elles pourraient bien resurgir dans les prochaines heures, en voici quelques-unes : ce sont les Palestiniens qui ont tué leur propre réfugiés ; les Palestiniens ont exhumé des corps de cimetières et les ont disposés dans les ruines ; en fin de compte ce sont les Palestiniens qui sont à blâmer car ils ont soutenu une faction armée ; les combattants palestiniens utilisent délibérément des réfugiés innocents comme couverture.

Le massacre de Sabra et Chatila a été commis par les alliés d’Israël, l’extrême-droite phalangiste libanaise, sous les yeux des troupes israéliennes qui n’ont pas réagi pendant 48 heures, comme la commission d’enquête israélienne l’a révélé. Quand Israël en a été blâmé, le gouvernement de Menachem Begin a accusé le monde entier de diffamation.

Quand l’artillerie israélienne a tiré des obus sur la base des Nations unies à Qana en 1996, les Israéliens ont affirmé que des hommes en armes du Hezbollah avaient également trouvé refuge dans la base. C’était un mensonge. La responsabilité des 1 000 victimes de la guerre de 2006 - qui a débuté lorsque le Hezbollah a capturé deux soldats israéliens à la frontière - a tout simplement été rejetée sur le Hezbollah. Israël a prétendu que les corps des enfants tués dans le deuxième massacre de Qana pouvaient avoir été exhumés d’un cimetière. Encore un mensonge. Le massacre de Marwahin n’a jamais fait l’objet d’excuse. Les gens du village ont reçu l’ordre de fuir, ont obéi aux ordres israéliens et ont ensuite été attaqués par un hélicoptère de combat Israélien. Les réfugiés ont pris leurs enfants et les ont installés autour du camion dans lequel ils voyageaient, pour que les pilotes israéliens puissent voir que c’étaient des civils innocents. Mais l’hélicoptère, volant très près, les a abattu. Seuls deux ont survécu, en simulant la mort. Israël ne s’est même pas excusé.

Douze ans plus tôt, un autre hélicoptère israélien a attaqué une ambulance transportant des civils d’un village voisin - de nouveau, après avoir reçu l’ordre par Israël de quitter les lieux - et a tué trois enfants et deux femmes. Les Israéliens ont affirmé qu’un combattant du Hezbollah se trouvait dans l’ambulance. C’est faux. J’ai couvert l’ensemble de ces atrocités, j’ai enquêté sur chacune d’entre elles et parlé aux survivants. De même qu’un certain nombre de mes collègues. Avec pour résultat, bien sûr, de se voir accusé du pire des crimes : l’antisémitisme.

Et j’écris ce qui suit sans éprouver le moindre doute : nous allons entendre une fois encore tous ces mensonges scandaleux. Nous blâmerons le Hamas - Dieu sait pourtant qu’il y a suffisamment de reproches à lui faire sans y ajouter ce crime. Nous entendrons peut-être aussi le mensonge des cadavres venant d’un cimetière. Nous aurons pratiquement à coup sûr le mensonge du Hamas qui était dans l’école de l’ONU. Et nous aurons très certainement le mensonge de l’accusation d’antisémitisme. Et les phrases creuses de nos dirigeants qui rappelleront au monde que c’est le Hamas qui à l’origine a rompu le cessez-le-feu. Ce n’est pas vrai. C’est Israël qui l’a rompu en premier le 4 novembre, lorsque ses bombardements ont tué six Palestiniens dans la bande de Gaza, puis de nouveau le 17 novembre quand un autre bombardement a tué quatre autres Palestiniens.

Oui, les Israéliens ont droit à la sécurité. Les vingt Israéliens qui sont morts en 10 ans à proximité de la bande de Gaza forment en effet une triste statistique. Mais 600 Palestiniens sont morts en un peu plus d’une semaine, des milliers au fil des ans depuis 1948 - lorsque le massacre israélien de Deir Yassin a contribué à mettre en branle l’exode des Palestiniens de cette partie de la Palestine qui est devenue Israël. Tout cela est d’une toute autre ampleur. Cela ne ressemble pas à un affrontement sanglant comme le Moyen Orient en est coutumier, mais à une atrocité de l’ampleur de celles des guerres des Balkans dans les années 1990.

Mais bien évidemment, lorsqu’un Arabe, en proie à une fureur totale, ressentira contre l’Occident une colère aveugle et incendiaire, nous dirons que cela n’a rien à voir avec nous. Pourquoi donc nous haïssent-ils, allons-nous nous demander ? Ne prétendons pas que nous ne connaissons pas la réponse.



7 janvier 2009 - The Independent - traduite par Contre Info

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5739




Vendredi 9 Janvier 2009


Commentaires

1.Posté par moi le 09/01/2009 12:17 | Alerter
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Il est temps que la vérité éclate !

2.Posté par bledmiki-99 le 09/01/2009 12:44 | Alerter
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La vérité a éclatée depuis longtemps, il s'agit de la croire...

3.Posté par SAMIR le 09/01/2009 14:57 | Alerter
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Oui la vérité a déjà éclatée il faut juste agir avant qu'il ne soit trop tard.
pour les sceptiques je les conseille de lire l'histoire des civilisations pas celle qu'on enseigne mais celle qu'on peut trouver ailleurs, car l'histoire depuis la révolution française est écrite par les gens qui sont aujourdh'ui au pouvoir et donc ne veulent pas qu'on sache qui ils sont réellement des alliés de Satan.
@bon entendeur

4.Posté par anna le 09/01/2009 15:05 | Alerter
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Monsieur Robert Fisk. Tout ce que vous avez ecrit je le sais depuis toujours.Merci

5.Posté par dootjeblauw le 09/01/2009 20:49 | Alerter
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Hitler is back..

6.Posté par Samy le 09/01/2009 21:14 | Alerter
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L'humanitaire à travers ses archives. DOCUMENT
En 1921, le CICR et la Ligue des sociétés de la Croix-Rouge prennent l'initiative de mobiliser la communauté internationale pour tenter de sauver 32 millions de personnes affamées en Russie, en Ukraine et en Géorgie. Article paru le 12 août 2003 dans le quotidien suisse "le Temps".
Un homme dirige cette première action de secours en temps de paix: le Norvégien Fridtjof Nansen.
Georges Dessonnaz, alors détaché en Yougoslavie, est choisi pour se rendre à Kharkov, en Ukraine. Il a l'avantage de parler le russe, le français et l'allemand, et son épouse, médecin, est d'origine russe. «Elle pourrait lui rendre de bons services», lit-on dans une note du siège. Sa mission essentielle est d'ouvrir des cuisines au profit des enfants affamés. Mais il doit fait face à un imprévu : CERTAINS CREDITS ALLOUES sont UNIQUEMENT DESTINES AUX ENFANTS JUIFS.. POUR EVITER D ' AMPLIFIER LE SENTIMENT ANTISEMITE DE LA POPULATION, IL PREND
L' INITIATIVE D' INTEGRER DES ENFANTS CHRETIENS DANS LES CUISINES JUIVES.. AVANT LES FETES DE PAQUES, LES AUTORITES DE KIEV ONT MEME MENACE DE BLOQUER UN CONVOI DE PAIN AZYME ENVOYE PAR LA CONFERENCE UNIVERSELLE JUIVE DE SECOURS ET DESTINE AUX SEULS ENFANTS DE CETTE COMMUNAUTE RELIGIEUSE.

Note : alors, messieurs de la LICRAsseuse, Georges Dessonnaz, le CICR antisémites ?!?! Les Ukrainiens de 1921 affamés et réduits à l' anthropophagie, des antisémites aussi ?!?!

7.Posté par lefty le 10/01/2009 09:38 | Alerter
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Le démentèlement d' Israel et la restitution de la Palestine au Palestinien est la seule alternative pour rétablir la paix dans la région. VIVE L' ISLAM, VIVE LA RESISTANCE, VIVE LA PALESTINE

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