Sciences et croyances

Est-il juste d'associer la conquête de Canaan par les hébreux en 1470 avant notre ère avec la création de l'état d'Israël en 1948 ?


Réponse au sincère coup de gueule de Tartufe et a tous ceux qui pensent comme lui...
Le titre de son article était : "Fiction à Méditer" que vous trouverez ici :
http://www.alterinfo.net/Fiction-a-Mediter_a17298.html
Ce dossier est classé dans la rubrique "Sciences et croyances" car le fil directeur de cet article reste l'archéologie (qui est une "science") et l’utilise pour dénoncer le point de vu erroné concernant la "croyance" en un génocide lors de l’invasion de Canaan vers 1470 avant notre ère englobant largement la Palestine d’aujourd’hui.


stefsuralter@free.fr
Mardi 4 Mars 2008

Est-il juste d'associer la conquête de Canaan par les hébreux en 1470 avant notre ère avec la création de l'état d'Israël en 1948 ?
L'analyse de Tartufe sonne juste lorsqu'on la lit sans posséder les éléments indispensables à la bonne compréhension de ces évènements du passé…
J'aimerais apporter quelques informations permettant à tous ceux qui le souhaitent de comprendre le contexte de l'invasion de Canaan par les Israélites pour démontrer que la transposition de Tartufe et sa descendance, faisant pérégrination du Maroc vers la Suisse puis en Belgique et retourner 400 ans plus tard en Suisse pour enfin, pratiquement 2000 ans après, permettre à sa descendance dispersée par toute la terre de revenir en Suisse et de s'en emparer en prétextant que c'est la volonté de Dieu, comporte de nombreuses failles dont une immense.

Pour pouvoir démontrer cela, il faut commencer par bien séparer la première conquête de Canaan qui a commencé entre 1473 et 1470 avant notre ère (selon la chronologie biblique) et celle du 20eme siècle où les territoires de Palestine ont été occupés par l'état juif suite à la Guerre des six jours le 10 juin 1967 et où la superficie de cet état initialement créé de toute pièce en 1948 par l'ONU a triplé en moins d'une semaine avec la prise de la vieille ville de Jérusalem. Les résultats de cette guerre, épisode du conflit israélo-arabe, influencent encore aujourd'hui la géopolitique de la région. En particulier, certains territoires sont encore occupés en 2008, et le processus de colonisation initié au lendemain de cette guerre est un obstacle majeur aux tentatives de traités de paix entre Israéliens et Palestiniens, et à la création d'un état palestinien.

La première conquête de Canaan (territoire recouvrant une superficie bien supérieure à la Palestine actuelle) a bel et bien été voulue par Dieu. Dans la Bible (ou Torah) Moïse dit au peuple d'Israël : “Ce n'est pas à cause de ta justice, ni à cause de la droiture de ton cœur, que tu entres, pour en prendre possession, dans leur pays; c'est vraiment à cause de la méchanceté de ces nations que YHWH, ton Dieu, les expulse de devant toi.” - Deutéronome 9:5.

C'est donc en raison de leur méchanceté que les Cananéens ont été détruit. Après avoir présenté Baal et sa femme Aschtoreth comme les principales divinités du panthéon cananéen, le Manuel biblique de Halley (angl.), édition révisée, déclare: “Les temples de Baal et d'Aschtoreth étaient généralement associés. Les prêtresses et les sodomites étaient des prostitués sacrés. Le culte de Baal, d'Aschtoreth et d'autres dieux cananéens consistait en des orgies sans nom; leurs temples étaient des centres de dépravation.” - Page 166.
Dans les ruines d'un de ces “hauts lieux” de la civilisation cananéenne, les archéologues “ont trouvé de nombreuses urnes contenant les restes d'enfants sacrifiés à Baal. Tout le périmètre alentour était un cimetière de nouveau-nés”. On a également mis au jour un “grand nombre incalculable de sculptures et de plaques gravées représentant Aschtoreth dotée d'organes génitaux hypertrophiés de façon obscène, tous objets destinés à exacerber la sensualité. Les Cananéens adoraient donc leurs dieux en pratiquant devant eux des actes immoraux qui avaient valeur de rite religieux, et en assassinant leurs premiers-nés, qu'ils offraient en sacrifice à ces mêmes dieux”. - Pages 166, 167.
L'ouvrage précité pose ensuite cette question: “Faut-il encore se demander pourquoi Dieu ordonna à Israël d'exterminer les Cananéens? Une civilisation aussi répugnante et barbare avait-elle le droit de subsister plus longtemps? - Page 167.

Voici également ce qu'on peut lire à la page 259 de l'Emphasized Bible, une version de la Bible traduite par J. Rotherham: “Qui dira que le Très-Haut n'était pas en droit d'anéantir de tels profanateurs de la terre et corrupteurs de l'humanité?”
Expliquant aux Israélites pourquoi il expulsait les Cananéens, Dieu leur déclara: “Ne vous rendez impurs par aucune de ces choses, car c'est par toutes ces choses que se sont rendues impures les nations que je chasse de devant vous. Aussi le pays est-il impur, et je ferai venir sur lui la punition pour sa faute, et le pays vomira ses habitants.” Par la suite, il leur donna cet avertissement sans ambiguïté: “Et vous devrez garder toutes mes ordonnances et toutes mes décisions judiciaires et les pratiquer, pour que ne vous vomisse pas le pays où je vous mène pour y habiter.” - Lévitique 18:24-26; 20:22.
Dieu leur fit aussi cette mise en garde : “Parmi les filles d'Israël aucune ne pourra devenir une prostituée sacrée, et parmi les fils d'Israël aucun ne pourra devenir un prostitué sacré (note en bas de page à propos du terme prostitué sacré : ou “ un mignon ”, c'est-à-dire un garçon que l'on entretenait à des fins de perversions sexuelles). Tu ne dois pas apporter dans la maison de YHWH ton Dieu, pour un vœu quelconque, le salaire d'une prostituée ou le prix d'un chien (note en bas de page à propos du terme “chien” : “Probablement un pédophile, individu qui pratique la copulation anale avec un garçon), car ils sont tous les deux quelque chose de détestable pour YHWH, ton Dieu.” - Deutéronome 23:17, 18.

Le message est clair. Les Cananéens ont été anéantis parce qu'ils souillaient le pays en se livrant à des actes d'une rebutante immoralité: l'adultère, l'homosexualité, la pédophilie et le meurtre d'enfants. Si les Israélites copiaient la religion cananéenne et se mettaient à adorer Baal, ils subiraient le même sort.

Maintenant que le décor est posé, rentrons un peu plus dans les détails en retraçant l'historique des Cananéens depuis l'époque d'Abraham :

À plusieurs reprises, Dieu promit à Abraham que sa semence (ses descendants) hériterait du pays, et il lui ordonna ceci : “ Parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur. ” (Genèse 12:7 ; 13:14-17 ; 15:7, 13-21 ; 17:8).
La facilité relative avec laquelle Abraham et plus tard Isaac et Jacob purent se déplacer dans le pays avec leurs grands troupeaux de gros et de petit bétail indique qu'à cette époque-là la région n'était pas encore très peuplée (voir Gn 34:21).
Des fouilles archéologiques apportent aussi la preuve qu'en ce temps-là la population était plutôt éparse, la plupart des villes étant situées le long de la côte, dans la région de la mer Morte, dans la vallée du Jourdain et dans la plaine de Yizréel. À propos de la Palestine dans la première partie du IIe millénaire avant notre ère, W. Albright dit que la région vallonnée était en grande partie encore vierge de population sédentaire ; la tradition biblique est donc tout à fait exacte quand elle fait errer les patriarches dans les collines du centre de la Palestine et les territoires arides du sud, où il y avait encore largement de la place pour eux (Archaeology of Palestine and the Bible, 1933, p. 131-133). En ce temps-là, Canaan était vraisemblablement soumis à quelque influence et à quelque domination élamites (donc sémites), comme cela ressort du récit biblique de Genèse 14:1-7.
Parmi les villes dans le voisinage desquelles campèrent Abraham, Isaac et Jacob, il y eut Shekèm (Gn 12:6), Béthel et Aï (Gn 12:8), Hébrôn (Gn 13:18), Guérar (Gn 20:1) et Béer-Shéba (Gn 22:19). Bien que les Cananéens ne semblent pas avoir manifesté une grande animosité à l'égard des patriarches hébreux, c'était principalement grâce à la protection divine que ces derniers n'étaient pas attaqués (Ps 105:12-15). Ainsi, quand les fils de Jacob eurent ravagé la ville hivite de Shekèm, c'est parce que “ la terreur de Dieu ” vint sur les villes d'alentour “ qu'on ne poursuivit pas les fils de Jacob ”. - Gn 33:18 ; 34:2 ; 35:5.

S'il a remarqué la faute des Cananéens aux jours d'Abraham, Dieu a fait preuve de patience envers eux pendant plusieurs siècles, leur laissant amplement le temps de changer. - Genèse 15:16.
Les Cananéens se rendaient-ils compte de la gravité de leur faute ?
Ils possédaient la faculté humaine qu'est la conscience, laquelle est reconnue par les juristes comme un fondement universel de la moralité et de la justice (Romains 2:12-15). Malgré cela, les Cananéens ont persisté dans leurs détestables sacrifices d'enfants et leurs pratiques sexuelles honteuses.
Manifestant une justice équilibrée, Dieu a décidé que le pays avait besoin d'être purifié. Il ne s'agissait pas d'un génocide. Les Cananéens, tant individuellement (comme Rahab et sa famille) que par groupes entiers (comme les Guibéonites), étaient épargnés s'ils acceptaient de plein gré les normes morales élevées de Dieu (Josué 6:25 ; 9:3-15). Rahab est devenue un maillon dans la généalogie royale menant au Christ, et des descendants des Guibéonites ont eu le privilège de servir Dieu au temple de Salomon à Jérusalem. - Josué 9:27 ; Ezra 8:20 ; Matthieu 1:1, 5-16.

L'histoire profane révèle aussi qu'avant d'être conquis par les Israélites Canaan avait été vassal de l'Égypte pendant quelque deux siècles. Au cours de cette période, des messages (connus sous le nom de Tablettes d'el-Amarna) envoyés par les rois vassaux de Syrie et de Palestine aux pharaons Aménophis III et Akhenaton révèlent les grands conflits qui opposaient les différentes villes et les intrigues politiques menées dans la région. Quand les Israélites arrivèrent à la frontière de Canaan (1473 avant notre ère), le pays était constitué de nombreuses cités-États, ou petits royaumes, qui présentaient néanmoins une certaine cohésion d'après les liens tribaux. Les espions chargés d'explorer Canaan environ 40 ans plus tôt avaient découvert un pays riche en fruits et des villes bien fortifiées. - Nb 13:21-29 ; voir aussi Dt 9:1 ; Ne 9:25.
Bien que de très nombreux Cananéens aient survécu à la grande conquête et résisté à l'assujettissement, il put être dit, néanmoins, que “ YHWH donna [...] à Israël tout le pays qu'il avait juré de donner à leurs ancêtres ”, qu'il leur avait procuré “ du repos de tous côtés ” et que “ pas une promesse ne faillit de toute la bonne promesse que YHWH avait faite à la maison d'Israël ; tout se réalisa ”. (Jos 21:43-45.) Tout autour des Israélites, les ennemis vivaient dans la crainte et ne constituaient pas une véritable menace pour leur sécurité. Quelque temps auparavant, Dieu avait déclaré qu'il chasserait les Cananéens “ peu à peu ”, de peur que les bêtes sauvages ne se multiplient dans un pays devenu soudainement une solitude désolée (Ex 23:29, 30 ; Dt 7:22). Quoique les Cananéens aient disposé d'un matériel de guerre supérieur, notamment des chars armés de faux, on ne peut pas reprocher à Dieu d'avoir failli à sa promesse si au bout du compte les Israélites ne réussirent pas à prendre certains territoires (Jos 17:16-18 ; Jg 4:13). Le récit biblique montre plutôt que les quelques défaites subies par les Israélites furent imputables à leur infidélité. - Nb 14:44, 45 ; Jos 7:1-12.

Pourquoi Dieu décréta-t-il l'extermination des Cananéens ?

Bien que cela ait déjà été abordé plus haut, pour répondre à cette question, il est nécessaire de revenir plus en détail sur quelques points essentiels :
Le récit historique rapporte que les habitants des villes cananéennes conquises par les Israélites furent complètement anéantis (Nb 21:1-3, 34, 35 ; Jos 6:20, 21 ; 8:21-27 ; 10:26-40 ; 11:10-14). Des détracteurs de la Bible ont invoqué ce fait pour dire que les Écritures hébraïques, ou “ Ancien Testament ”, sont imprégnées de cruauté et truffées de massacres gratuits. Toutefois, la question en litige n'est autre que la reconnaissance ou non de la souveraineté de Dieu sur la terre et ses habitants. Dieu avait transféré le droit de posséder le pays de Canaan à la ‘ semence d'Abraham ', selon les termes d'une alliance appuyée par un serment (Gn 12:5-7 ; 15:17-21 ; voir aussi Dt 32:8 ; Ac 17:26). Mais Dieu n'entendait pas seulement expulser ou déposséder les habitants de ce pays. Son droit d'agir en qualité de “ Juge de toute la terre ” (Gn 18:25), de condamner à la peine capitale ceux qui la méritaient et de faire exécuter une telle sentence, était aussi en cause.
Dieu avait laissé s'écouler 400 ans depuis l'époque d'Abraham pour que ‘ la faute des Amorites soit complète '. (Gn 15:16.) Le fait que les femmes hittites d'Ésaü aient été “ un sujet d'amertume d'esprit pour Isaac et pour Rébecca ”, au point que celle-ci en vint à ‘ prendre sa vie en aversion à cause d'elles ', est certainement une indication de la méchanceté déjà manifeste chez les Cananéens (Gn 26:34, 35 ; 27:46). Au fil des siècles qui suivirent, le pays de Canaan finit par être saturé de pratiques détestables, tels l'idolâtrie, l'immoralité et le meurtre. La religion des Cananéens était extraordinairement vile et perverse, leurs “ poteaux sacrés ” étaient de toute évidence des symboles phalliques (c'est-à-dire des symboles représentants le pénis) et bon nombre de rites en usage sur leurs “ hauts lieux ” consistaient en immondes débordements sexuels et en perversion (Ex 23:24 ; 34:12, 13 ; Nb 33:52 ; Dt 7:5). L'inceste, la sodomie et la bestialité faisaient partie des ‘ agissements du pays de Canaan ' qui le rendaient impur, faute pour laquelle il devait ‘ vomir ses habitants '. (Lv 18:2-25.) Entre autres choses détestables, les Cananéens se livraient aussi à la magie et au spiritisme, ils liaient autrui par des sortilèges et faisaient passer leurs enfants par le feu. - Dt 18:9-12.
Baal était la plus éminente divinité adorée par les Cananéens (Jg 2:12, 13 ; voir aussi Jg 6:25-32 ; 1R 16:30-32). Les déesses cananéennes Ashtoreth (Jg 2:13 ; 10:6 ; 1S 7:3, 4), Ashéra et Anath sont présentées dans un texte égyptien à la fois comme des déesses-mères et comme des prostituées sacrées qui, paradoxalement, demeurent perpétuellement vierges (littéralement : “ les grandes déesses qui conçoivent, mais n'enfantent pas ”). Selon toute apparence, les services de prostituées sacrées faisaient invariablement partie de leur culte. Ces déesses personnifiaient la luxure, mais aussi la violence sadique et la guerre. Ainsi, dans un épisode du Cycle de Baal trouvé à Ougarit, la déesse Anath massacre des hommes, puis suspend des têtes autour d'elle en guise d'ornement et attache des mains d'hommes à sa ceinture tout en pataugeant joyeusement dans leur sang. Les figurines de la déesse Ashtoreth découvertes en Palestine sont celles d'une femme nue dont les organes génitaux sont grossièrement exagérés. Voici ce qu'a déclaré l'archéologue W. Albright à propos du culte phallique des Cananéens : “ Dans sa plus basse expression, [...] le caractère érotique de leur culte s'est forcément abîmé dans les profondeurs les plus sordides de la déchéance humaine. ” - Archaeology and the Religion of Israel, 1968, p. 76, 77 ;
Entre autres pratiques dégradantes, il y avait les sacrifices d'enfants. Selon Merrill Unger, “ des fouilles effectuées en Palestine ont mis au jour des monceaux de cendres et des restes de squelettes de petits enfants dans les cimetières entourant les autels païens, ce qui montre l'étendue de cette abomination cruelle ”. (Archaeology and the Old Testament, 1964, p. 279.) On lit dans Halley's Bible Handbook (1964, p. 161) : “ Les Cananéens adoraient leurs dieux en pratiquant devant eux des actes immoraux qui avaient valeur de rites religieux, et en assassinant leurs premiers-nés, qu'ils offraient en sacrifice à ces mêmes dieux. Il semble que le territoire cananéen soit, dans une grande mesure, devenu une sorte de Sodome et Gomorrhe à l'échelle nationale. [...] Une civilisation aussi répugnante et barbare avait-elle le droit de subsister plus longtemps ? [...] Les archéologues qui effectuent des fouilles dans les villes cananéennes s'étonnent que Dieu ne les ait pas détruites plus tôt. ”

Dieu avait usé de son droit souverain d'exécuter la sentence de mort sur les habitants méchants de la terre entière lors du déluge universel ; il avait agi de même vis-à-vis du District tout entier des villes de Sodome et de Gomorrhe, à cause du ‘ fort cri de plainte les concernant et de leur très lourd péché ' (Gn 18:20 ; 19:13) ; il avait exécuté une sentence de destruction contre les forces militaires de Pharaon à la mer Rouge ; il avait aussi exterminé les maisonnées de Qorah et d'autres rebelles israélites. Toutefois, dans ces cas, Dieu s'était servi des éléments naturels. En revanche, pour ce qui est de Canaan, Dieu chargea les Israélites du devoir sacré d'agir en tant qu'exécuteurs principaux de son décret guidés par son messager angélique et animés par sa force toute-puissante (Ex 23:20-23, 27, 28 ; Dt 9:3, 4 ; 20:15-18 ; Jos 10:42).
En se servant de ces instruments humains, qu'il opposa à “ sept nations plus populeuses et plus fortes ” qu'eux, YHWH exalta sa puissance et confirma sa Divinité. - Dt 7:1 ; Lv 25:38.
Les manifestations puissantes attestant qu'Israël était le peuple choisi par Dieu et son instrument n'avaient pas échappé aux Cananéens (Jos 2:9-21, 24 ; 9:24-27). Toutefois, à l'exception de Rahab, de sa famille et des villes des Guibéonites, ceux qui étaient promis à la destruction ne recherchèrent pas la miséricorde ni ne saisirent l'occasion de fuir ; ils préférèrent s'endurcir dans leur rébellion contre Dieu. Celui-ci ne les obligea pas à se plier et à céder à sa volonté explicite, mais il ‘ laissa s'obstiner leur cœur pour déclarer la guerre à Israël, afin qu'il les voue à la destruction, et qu'on ne les considère pas avec faveur, mais afin qu'il les anéantisse ', conformément au jugement qu'il avait prononcé contre eux. - Jos 11:19, 20.
Avec sagesse, Josué “ n'ôta pas une parole de tout ce que YHWH avait ordonné à Moïse ” au sujet de la destruction des Cananéens (Jos 11:15). Mais la nation d'Israël ne suivit pas son bel exemple et n'élimina pas complètement la cause des souillures du pays. La présence continuelle de Cananéens parmi les Israélites les contamina et, avec le temps, elle fit certainement plus de morts (sans parler des crimes, de l'immoralité et de l'idolâtrie) que le décret d'extermination de tous les Cananéens n'en aurait fait s'il avait été fidèlement exécuté (Nb 33:55, 56 ; Jg 2:1-3, 11-23 ; Ps 106:34-43). Dieu avait averti les Israélites que sa justice et ses jugements ne seraient pas partiaux et que, s'ils nouaient des relations avec les Cananéens, se mariaient avec eux, pratiquaient l'œcuménisme et adoptaient leurs coutumes religieuses et leurs mœurs dépravées, ils s'exposeraient inévitablement au même décret d'extermination et seraient, eux aussi, ‘ vomis par le pays '. - Ex 23:32, 33 ; 34:12-17 ; Lv 18:26-30 ; Dt 7:2-5, 25, 26.

La Terre promise ne leur était que confiée.
Même aux Israélites, à qui il avait donné le pays pour qu'ils en jouissent en tant que propriétaires terriens, Dieu dit qu'ils n'en étaient pas réellement les “propriétaires”, mais qu'il le leur avait seulement confié. Concernant la vente d'un bien foncier de famille, il déclara : “ Ainsi la terre ne se vendra pas à perpétuité, car la terre est à moi. Car vous êtes, à mon point de vue, des résidents étrangers et des immigrants. ” (Lv 25:23). Dieu avait expulsé les Cananéens du pays parce qu'ils pratiquaient des choses immondes. Il avertit les Israélites qu'il leur supprimerait tout titre de propriété et qu'il les chasserait du pays s'ils adoptaient ces pratiques, et, lorsque plus tard ils le firent, il les envoya en exil (Lv 18:24-30 ; 25:18, 19 ; 26:27-33 ; Jr 52:27). Après 70 ans de désolation de leur pays, de 607 à 537 avant notre ère, Dieu, miséricordieusement, les y réinstalla, mais cette fois sous la domination des nations non israélites. Enfin, en 70 de notre ère, les Romains détruisirent complètement Jérusalem et dispersèrent ses habitants…

Maintenant que la raison de la destruction des Cananéens a bien été développée, il convient de montrer toute la différence entre cette première conquête voulue par Dieu et celle qui a eu lieu en 1948 pour s'aggraver lors de la Guerre des 6 jours en 1967 et continuer jusqu'en 2008.

Pour cela, il faut prendre le texte biblique de référence où Dieu s'adresse à Abraham par le moyen d'un ange: “ ‘ Oui, je jure par moi-même ', c'est là ce que déclare YHWH, ‘ que, puisque tu as fait cette chose et que tu n'as pas refusé ton fils, ton unique, je te bénirai à coup sûr et je multiplierai à coup sûr ta semence comme les étoiles des cieux et comme les grains de sable qui sont sur le bord de la mer ; et ta semence prendra possession de la porte de ses ennemis. Et par le moyen de ta semence se béniront à coup sûr toutes les nations de la terre. ' ” - Genèse 22:16-18.
Lorsqu'il est question de la descendance d'Abraham ou d'autres hommes, les termes hébreux et grecs employés sont au singulier et désignent habituellement cette descendance dans un sens collectif. Il semble y avoir une raison essentielle pour que le collectif "zèra", “ semence ”, soit employé aussi souvent en rapport avec la postérité d'Abraham plutôt que banim, “ [des] fils ” (singulier : bén), un mot strictement pluriel. L'apôtre Paul fait ressortir ce fait en expliquant que, lorsqu'il parlait des bénédictions qui viendraient par la semence d'Abraham, Dieu faisait essentiellement référence à une seule personne, à savoir Christ. Paul dit : “ Or les promesses ont été énoncées à l'adresse d'Abraham et de sa semence. On [ou : Il] ne dit pas : ‘ Et aux semences [gr. : spérmasin] ', comme pour beaucoup, mais comme pour une seule : ‘ Et à ta semence [gr. : spérmati] ', qui est Christ. ” - Ga 3:16.
Certains spécialistes contestent la déclaration de Paul à propos de l'emploi de “ semence ” au singulier et au pluriel. Ils font remarquer qu'en hébreu le mot pour “ semence ” (zèra), lorsqu'il est employé pour postérité, ne change jamais de forme. Par ailleurs, les adjectifs et les verbes qui l'accompagnent n'indiquent pas en eux-mêmes si le mot pour “ semence ” sous-entend un singulier ou un pluriel.
Cela dit, il est un autre élément qui démontre que l'explication de Paul était exacte, tant du point de vue de la grammaire que de la doctrine. Expliquant cet élément, la Cyclopædia de J. M'Clintock et J. Strong (1894, vol. IX, p. 506) déclare : “ En ce qui concerne les pronoms, la construction est entièrement différente des deux cas précédents [c'est-à-dire celui des verbes et celui des adjectifs employés avec le mot “ semence ”]. Un pronom singulier [employé avec zèra] désigne une personne seule, un individu isolé ou un parmi beaucoup ; tandis qu'un pronom pluriel représente tous les descendants. La Sept[ante] suit invariablement cette règle. [...] Pierre comprenait cette construction, car nous le voyons déduire une semence au singulier de Genèse XXII, 17, 18, lorsqu'il s'adresse aux Juifs de naissance de la ville de Jérusalem avant la conversion de Paul (Actes III, 26), conformément au précédent laissé mille ans auparavant par David (Psaumes lXXII, 17). ”
Cet ouvrage de référence ajoute : “ Paul n'établit pas une distinction entre une semence et une autre, mais entre la semence unique et les semences nombreuses ; si on considère par ailleurs qu'il cite le même passage que Pierre [mentionné précédemment], son argument est pleinement soutenu par le pronom ‘ ses [non pas leurs] ennemis '. Semence avec un pronom singulier est exactement équivalent à fils [au singulier]. ”
À titre d'exemple en français, l'expression “ ma progéniture ” peut désigner un seul ou de nombreux individus. Mais si on parle ensuite de la progéniture concernée en disant “ il ” ou “ elle ”, il apparaît que le mot désigne un enfant ou un descendant unique.
La promesse faite à Abraham que toutes les familles de la terre se béniraient en sa “ semence ” ne pouvait pas signifier que tous les descendants d'Abraham seraient sa “ semence ”, puisque les descendants de son fils Yishmaël et ceux des fils qu'il eut de Qetoura ne furent pas utilisés pour la bénédiction du genre humain. La semence apportant la bénédiction vint par Isaac.
Dieu déclara : “ C'est par le moyen d'Isaac que viendra ce qui sera appelé ta semence. ” (Gn 21:12 ; Hé 11:18). Cette promesse se précisa encore par la suite lorsque, des deux fils d'Isaac, Jacob et Ésaü, Jacob reçut une bénédiction spéciale (Gn 25:23, 31-34 ; 27:18-29, 37 ; 28:14). Plus tard, Jacob réduisit les possibilités en montrant que le rassemblement du peuple reviendrait à Shilo (qui signifie “ Celui à qui il est, Celui à qui il appartient ”) de la tribu de Juda (Gn 49:10). Puis, de tout Juda, la semence à venir fut circonscrite à la lignée de David (2S 7:12-16). Cette précision progressive n'avait pas échappé aux Juifs du Ier siècle de notre ère, qui attendaient effectivement qu'une seule personne vienne comme Messie ou Christ, comme libérateur (Jn 1:25 ; 7:41, 42), en pensant aussi, toutefois, qu'eux-mêmes, la descendance (ou semence) d'Abraham, seraient le peuple favorisé sauf qu'une partie d'entre eux a joué un rôle dans la mise à mort de cette même semence - Jn 8:39-41.
La “semence ” arrive.
Jésus, comme l'a établi ce qui précède, est la “ semence ” principale par sa mère Marie, de la semence d'Abraham ; il était de la tribu de Juda ; il était de la lignée de David, que ce soit de naissance, par Marie, ou légalement, par son père adoptif Joseph (Mt 1:1, 16 ; Lc 3:23, 31, 33, 34). Jésus remplissait donc les conditions requises selon les promesses prophétiques.
Mais ce n'est qu'en l'an 29 de notre ère, lorsqu'il fut baptisé par Jean dans le Jourdain, que l'esprit saint, venant sur Jésus, se manifesta à Jean sous la forme d'une colombe, et Dieu lui-même reconnut à ce moment-là Jésus comme étant celui qu'il agréait laissant entendre que la semence d'Abraham était enfin apparue. - Mt 3:13-17 ; Lc 3:21-23 ; Jn 3:3.

Le rôle principal du peuple d'Israël était donc de produire cette semence qui devait sauver l'humanité comme l'indique la promesse de Dieu faite à Abraham : “Et par le moyen de ta semence se béniront à coup sûr toutes les nations de la terre.” - Gn 22:18.
Il fallait donc donner un territoire à la descendance d'Abraham pour qu'elle puisse produire cette semence qui doit sauver le monde des hommes et l'emplacement choisi fût le territoire de Canaan…

Voilà 2000 ans que la semence tant attendue est apparue !
Depuis cet évènement, Dieu n'a aucune raison de persister à donner cette partie géographique du monde à la descendance d'Abraham.
Toutes les guerres et massacres qui ont eu lieu après cela, ont pour origine la folie humaine…
En d'autres termes, ce qui se passe là-bas depuis la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 de notre ère n'est certainement pas la volonté de Dieu mais plutôt celle du Diable !

La Bible (et même la tradition musulmane) montre que c'est le Christ qui viendra en tant qu'exécuteur du jugement de Dieu sur les hommes afin d'accomplir pleinement cette promesse faite à Abraham : “Et par le moyen de ta semence se béniront à coup sûr toutes les nations de la terre.” - Gn 22:18.

En effet, la Bible montre que Dieu (YHWH) va détruire le système de domination des hommes pour éviter à la race humaine de s'autodestruire d'elle même en utilisant Jésus en tant que roi intronisé dans les cieux pour exercer le pouvoir politique sur toute la terre (depuis les cieux) en vu de la transformer en paradis avec des humains respectueux et reconnaissants pour toutes ces merveilleuses bénédictions. Mathieu 6 : 9 et 10 ; Daniel 2 : 44 ; Révélation (ou Apocalypse) 11 : 15 et 18.

ANNEXE – Le Coran :

La Sourate 19 de Marie (Maryam) des versets 49 aux versets 58 dit ceci :

[49] Puis, quand il se fut séparé d'eux et de ce qu'ils adoraient en dehors de Dieu, Nous lui fîmes don d'Isaac et de Jacob, et Nous élevâmes chacun d'eux au rang de prophète. [50] Nous les reçûmes en Notre grâce et Nous les dotâmes d'un franc et sublime parler.
[51] Rappelle également l'histoire de Moïse, telle qu'elle est citée dans le Coran. C'était un véritable élu de Dieu, un messager et un prophète.
[52] Nous l'appelâmes du versant droit du Sinaï et Nous en fîmes un confident. [53] Et par un effet de Notre grâce, Nous lui donnâmes son frère Aaron comme prophète. [54] Rappelle aussi l'histoire d'Ismaël, telle qu'elle est citée dans le Coran. Il était fidèle à ses promesses et il était un messager et un prophète. [55] Il recommandait à sa famille la prière et la zakât, et il était agréé auprès de son Seigneur. [56] Rappelle aussi l'histoire d'Idrîs, telle qu'elle est citée dans le Coran. C'était un homme véridique et un prophète [57] et Nous l'avons promu à un rang élevé.
[58] Tels sont ceux que Dieu a gratifiés de Ses bienfaits parmi les prophètes qui descendent directement d'Adam, ou qui sont issus des rescapés de l'arche de Noé, ou de la POSTERITE d'Abraham et d'Israël, ou de ceux que Nous avons mis sur la bonne voie et que Nous avons ELUS.

Le mot “postérité” dans le Coran est égal à “semence” dans la Bible.
Il est intéressant de noter que les mots “postérité d'Abraham et d'Israël” et “élus” apparaissent tous deux dans un même verset…

Le temps de l'absence de connaissance étendue sur un sujet donné tout en disant qu'il faut y méditer dessus est révolu.

$tef


Jeudi 10 Avril 2008


Commentaires

1.Posté par vincent le 19/11/2008 10:47 | Alerter
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comment appelle-t-on les hommes a qui dieu s' adresse pour transmettre sa parole?


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