Palestine occupée

Erreurs courantes de militants pro-palestiniens et quelques propositions pour les rectifier


Palestine Think Tank
Traduit par Sihem Belaidi . Édité par Fausto Giudice

Un éditorial de Palesine Think Tank écrit par
Yousef Abudayyeh, Mohamed Khodr, Mary Rizzo, Haitham Sabbah et Saja


Yousef Abudayyeh, Mohamed Khodr, Mary Rizzo, Haitham Sabbah
Mercredi 17 Février 2010

Erreurs courantes de militants pro-palestiniens et quelques propositions pour les rectifier

Jihad MansourLe militantisme et les militants œuvrant pour la Palestine ont reçu une certaine attention médiatique récemment, ce qui est une très bonne nouvelle. C’est une opportunité que l’on doit saisir, surtout si l’on considère que les Palestiniens eux-mêmes ne se voient pas accorder d’espace dans presque tous les médias de masse. Partant de là, nous à Palestine Think Thank, avons décidé d’exprimer certaines de nos observations, pensées et suggestions dans le but d’améliorer le travail de tous les militants y compris nous-mêmes. Ce texte est un résumé de ce que nous estimons être certaines erreurs courantes de la part des militants et nos propositions pour éviter que ces erreurs entraînent des dommages. Dans les prochaines semaines nous travaillerons sur chacun de ces points dans différents articles. Nous espérons que nos observations et nos propositions seront profitables autant à nous-mêmes qu’à tous ceux qui consacrent leur temps et leur énergie à la cause palestinienne.

1. Ne pas insister sur l’unité et nous diviser entre nous

L’enjeu probablement le plus important et à placer avant tous les autres, est l’unité. On la retrouve de deux sortes : l’une est fondamentale, et l’autre simplement bénéfique. L’unité entre les Palestiniens en tant que peuple représente l'unité fondamentale. Les Palestiniens ont un ennemi commun : l’occupant, l'adversaire sioniste - l’État hébreu; et un objectif commun qui devrait être partagé par tous : la reconnaissance de tous leurs droits et la mise en pratique de ceux-ci. Les divisions sectaires doivent être complètement surmontées, tout comme elles sont surmontées dans le camp sioniste.

Les Palestiniens sont éparpillés dans le monde entier, la plupart d’entre eux vivant en exil. La lutte des 62 dernières années fut continue, et le nom « Palestine » a survécu grâce aux sacrifices des Palestiniens du Liban, de Jordanie, de Syrie, des Pays du Golfe, d’Europe et de partout ailleurs. Leur lutte nationale est une, c’est celle pour la libération de leur terre natale, de leur mère patrie. C’est celle pour le retour vers leurs foyers et villages, et pour arriver à une vie de paix et de démocratie. Nous ne devrions pas laisser la lutte d’une nation être réduite au seul aspect du devenir du Hamas à Gaza et à un « État »  d’autogouvernement très limité dirigée par Abbas dans ce qui reste de la Cisjordanie. Le Hamas et le Fatah sont deux partis politiques, ils ne représentent pas la voix suprême de tous les Palestiniens de par le monde, ni ne peuvent se présenter comme tels. Tout comme n’importe quel pays du monde, le nationalisme et le patriotisme ne sont pas la propriété de partis politiques, mais ceux du peuple. Il est tragique que les affrontements entre ces partis aient fait perdre de vue les aspirations des Palestiniens, et que tout opposant à l’un de ces partis ait été muselé, mis en prison ou voire même tué. Ce n’est pas ce pour quoi les Palestiniens ont sacrifié leur vie. Rien ne peut se passer en Palestine tant que le Hamas et le Fatah, chacun soutenu par des partisans de l’extérieur, sont divisés. Il est dramatique et dommageable que la population palestinienne soit ainsi divisée par des lignes sectaires, et cette division est précisément ce qu’Israël espère qu'il restera, dans sa stratégie du « Diviser pour mieux régner ». Etre divisés sert les intérêts sionistes. Les Palestiniens se doivent de placer en première priorité la nécessité de surmonter ces différends sectaires. Si les dirigeants actuels ne soutiennent pas cela, d’autres dirigeants feront surface et gagneront un large soutien. D’ores et déjà, beaucoup de ces leaders sont conscients de l’opinion publique, et les proclamations qu’ils vont consacrer leurs efforts à une réconciliation doivent impérativement aller au-delà des simples promesses et se concrétiser ; les Palestiniens doivent les contraindre à ces objectifs.

Une Palestine unie qui reviendrait à son fond premier, son fond arabe, est la plus grande menace pour Israël ; il faut que des élections aient lieu car les Palestiniens, tout comme quiconque, ont le droit de choisir leurs propres dirigeants. Nous devons cependant établir une différence entre des élections sous occupation, dont le but premier serait de rendre la vie moins difficile pour les Palestiniens vivant sous la violente houlette sioniste ; et des élections qui devraient inclure tous les Palestiniens à travers le monde, créant ainsi leur propre direction politique, capable, volontaire et prêt à s’attaquer aux problèmes auxquels doivent faire face TOUS les Palestiniens : la libération de la Palestine et le retour des Palestiniens à leurs foyers et villages d’origine. Les intérêts politiques doivent être subordonnés aux intérêts nationaux, et tous les partis devraient conclure le pacte de travailler ensemble à la concrétisation des intérêts nationaux, tout en conservant leurs identités et propositions propres. Comment atteindre l’unité devrait occuper la plus grande part des discussions. C’est le problème le plus crucial.

L’unité des “non-Palestiniens” est différente. Elle doit être au service des objectifs palestiniens et soutenir les actions pouvant leur apporter justice et liberté. Présentement, son but premier devrait être de travailler à tout ce qui faciliterait l’unité palestinienne et à faire de leur ordre du jour national une priorité.

2. Nous laisser aller à suivre le cheminement du discours sioniste

En faisant cela, nous nous condamnons à être « réactifs » plutôt qu’ « actifs ». Cela implique de perdre notre cadrage particulier et de ne pas développer nos propres stratégies. Il existe des myriades de réponses individuelles, mais il en existe très peu qui ont une vraie coordination entre elles, et ce même à un niveau idéologique. Le résultat est que ces réponses peuvent facilement devenir contre-productives lorsqu’elles se contredisent les unes les autres. Elles ne sont pas interconnectées, contrairement à la stratégie sioniste. Les sionistes ont un « fil de narration », les Palestiniens eux ont leur histoire. Nous devons l’apprendre, la sortir de l’ombre et être à même de la défendre habilement.

Il a tant été écrit sur l’antisionisme, et les arguments ont été si épuisés qu’ils ne font que se répéter. Il convient à présent de se concentrer sur les priorités et stratégies des pro-Palestiniens, un sujet qui n’est pratiquement pas abordé et qui, lui ouvre des horizons « actifs ».
Les Palestiniens  subissent depuis longtemps  la pire des brutalités et nous devrions leur fournir une orientation et de l’espoir, en écoutant leurs idées.  Nous devrions proposer cette démarche « positive et active » aux militants de par le monde et continuer à propager cet aspect jusqu’à ce qu’il parvienne au peuple de Palestine.

3. Nous utilisons une terminologie sioniste

C’est une erreur que nous ne commettons que trop souvent. Nous devons créer notre propre terminologie, ou piocher dans notre propre catalogue linguistique afin de trouver le « meilleur»  lexique. Les sionistes l’ont fait, ils possèdent des manuels de hasbara et des formations à la propagande. Si notre langage est suffisamment répété, les gens commenceront à comprendre les informations de base. Un exemple : nous usons des termes tels que ‘Gaza’ et ‘Cisjordanie’ comme substituts pour ‘Palestine’, ne réalisant pas que la Palestine est bien plus que cela. En effet, même dire ‘les Territoires Palestiniens’ est erroné et a créé une impression dans les esprits que ‘Palestine’ ne correspond qu’aux territoires hors de la Ligne Verte. C’est une idée qui fut imposée mais qui doit être rejetée. Dans un tel cas, les termes convenant pour référer à Gaza sont «Gaza, Palestine Occupée », tout en nous rappelant aussi de dire « Ramallah, Palestine Occupée », « Jérusalem, Palestine Occupée » et même « Tel Al-Rabie, Palestine Occupée ». Oui, appeler Tel-Aviv par son nom d’origine est radical, mais peut-être nécessaire. Tout du moins, cela permettra d’ouvrir le débat là où il pourrait être efficace.

4. Nous laissons détourner nos énergies

Nos énergies sont bien trop souvent détournées hors du sujet, et aussi importants ou reliés les thèmes digressifs soient-ils, ils tendent par moments à servir de diversion et à devenir des pentes savonneuses, particulièrement quand nous les abordons de manière réactive. Quelques-uns de ces thèmes sont l’Holocauste européen, le Programme nucléaire iranien, la politique identitaire juive, la politique identitaire musulmane. De la même manière, nous sommes trop souvent inconscients d'une certaine interconnexion entre les événements mondiaux et la politique internationale et comment ils affectent les Palestiniens. Nous devons nous concentrer sur les événements, sur la réalité, et non pas sur ce qui est ressenti comme des menaces ou sur l’agression préventive, ou la ‘création d’une nation’ complètement impérialiste. Nous devons retirer nos œillères et ne pas vouer de culte du héros à qui que ce soit. Tout dirigeant se soucie avant tout de ses intérêts personnels, c’est ainsi qu’il en a toujours été, et rien n’indique que ce soit sur le point de changer. Il faut examiner quels intérêts coïncident avec la cause de la libération palestinienne et quels intérêts « utilisent » cette cause. Avoir un ennemi ou deux en commun ne signifie pas partager les mêmes causes, mais choisir ce qui convient le mieux. Ceci a toujours constitué un obstacle qui a fait trébucher la cause pour la libération de la Palestine.

Les questions régionales et internationales sont souvent interconnectées avec la Palestine, bien que parfois d’une manière qui n’apparait pas au premier coup d’œil. Il est important de reconnaître la rhétorique ‘vide’ pour ce qu’elle est, de reconnaître ce qui pourrait être de la propagande servant la désinformation, les "flag operations" (opérations sous faux pavillon) et les diversions par rapport à nos objectifs et principes. La propagande peut provenir d’amis comme d’ennemis, il faut donc examiner de manière critique les informations reçues et ne laisser filtrer que ce qui est utile et bénéfique à la cause. Il peut y avoir des désaccords sur ce qui est bénéfique et ce qui ne l’est pas, mais ce que nous savons tous est que plus un sujet est éloigné dans le temps et dans l’espace de la Palestine, plus il y a de chances que ce soit une diversion.

5. Nous ne traitons pas les médias de masse hébreux - israéliens comme la hasbara qu’ils sont

Nos sources sont bien trop souvent des organes de hasbara. Il y a certes de très bons journalistes là-bas dédiés au peuple palestinien, et tout écrit publié dans un journal israélien n’est pas de la propagande, mais les journaux eux-mêmes le SONT. Les meilleurs d’entre eux tiennent en quelque sorte lieu de feuilles de vigne. Quel est le but de la plupart des journaux israéliens ? C’est de créer une mentalité parmi les israéliens se résumant à « Nous sommes sous attaque » pour justifier leurs “craintes” préfabriquées et les actions à l’encontre des Palestiniens pour apaiser ces peurs. S’il fallait le prouver, un seul coup d’œil jeté sur un journal israélien, même le plus "progressiste", suffirait pour constater la présence constante de publicités en page d'accueil pour Birthright [organisation de voyages en Israël pour jeunes juifs, NdE], Ahava [entreprise de kibboutz fabriquant des produits cosmétiques à partir de boues et de minéraux de la Mer Morte, NdE], plusieurs espaces pour Gilad Shalit, des terrains de golf en Palestine et autres appâts pour recruter de nouveaux colons.

Ceci dit, le fait est que nous n’accordons pas le même intérêt ni la même attention à des auteurs arabes et palestiniens qui le méritent sans conteste. Les journaux arabes ne sont pas cités comme sources. Les Occidentaux et bon nombre de militants ignorent même ce que des écrivains ou des universitaires palestiniens pensent, car ils ne sont pas diffusés à grande échelle pour des raisons qui ne peuvent être que considérées comme discriminatoires. Cela devient apparent si l’on regarde tout simplement la plupart des sites, où ce sont les Européens, les Usaméricains et les Israéliens dirigent le discours, quelle que soit leur position politique.

Un exemple flagrant de la surdité à l’encontre de la voix arabe se manifesta au moment où le crime des trafics d’organe fut mis à jour. Pendant des années, les Palestiniens ont parlé de ce crime qui n’était un secret pour personne. Une sorte de « gêne » accompagnait ce sujet, en ce que les gens ajoutaient communément en fin de compte-rendu : « Je sais, mais je n’ai aucune preuve ». Lorsqu’un Occidental se contenta non seulement de répéter ce qu’il avait déjà publié dans un livre, mais aussi ce que les Palestiniens avaient établi auparavant, tout à coup le sujet devint digne d’intérêt. Mais ce qui est le plus curieux est que la source soulevant le sujet n’était pas palestinienne, mais était en fait un journal sioniste, le Jerusalem Post. Ils ne publièrent pas l’article (c’est Tlaxcala, en coopération avec l’auteur, qui le traduisit en anglais quelques heures plus tard) mais la propagande israélienne en fit mention comme la preuve la plus criante de diffamation, et ce arrivant à point nommé pour la conférence israélienne ayant lieu à ce moment-là sur les « Dangers de l’antisémitisme européen ». Ce sujet important perça enfin à la lumière du jour, mais il faut œuvrer pour être ceux qui dirigent le discours, pour nos propres buts et d’une manière qui ne soit pas réactive. Les problèmes ne devraient pas être mis en lumière ou laissés dans l’ombre selon le bon vouloir des Israéliens / sionistes, ni ne devraient servir leurs intérêts.

Les médias de masse sont cruciaux dans la domination. Israël a la part du lion dans les médias dominants et les Occidentaux ont la part du lion dans les médias alternatifs. Notre but devrait être d’accroître la médiatisation de la cause des Palestiniens par les Palestiniens, tout en restant très vigilants par rapport aux sources dont nous usons et à l’information que nous propageons. Avec la nouvelle rapidité des outils de communication, on fait face à une grande hâte et à peu de vérifications des faits. Nous devons éviter à tout prix de faire circuler de l’information qui pourrait être des opérations clandestines, de la guerre psychologique ou de la désinformation touchant au Moyen Orient.

6. Nous délaissons la pensée critique au profit de la pensée émotionnelle

Les émotions font certes partie intégrante de l’expérience humaine, mais elles n’ont aucun poids devant les tribunaux et ne figurent dans aucun document légal ou législation. Nous menons un combat pour la justice, et nos références sont les lois et les documents contenant des réglementations procédurales, diplomatiques et légales. Si l’on fait entrer dans les consciences les concepts de justice et de légalité, il faut aussi s’y conformer. Le droit international, quoiqu'ayant ses défauts, est du côté des Palestiniens. Il leur garantit le droit de résister face à l'occupation, le droit au retour, le droit à la protection et d'autres droits encore. C'est ainsi que nous pouvons, en tant que défenseurs de la cause, être d'un grand secours. Nous ne pouvons pas faire appel aux émotions (cela ne marche pas) ni agir en étant portés seulement par elles (car cela exclurait toute planification stratégique). Quel est le mantra d'Israël? "Israël a le droit à l'existence". Ainsi, si les droits sont leur terrain de bataille, alors qu'il est clair qu'ils n'ont pas le droit légitime qu’ils proclament, il apparaît clairement qu'ils sont en train de gagner la guerre de propagande en usant de notre meilleur atout. Il nous faut renverser cette situation, point final.

D'un autre côté, Israël a peaufiné et investi sur sa hasbara. Il en est de même pour les partisans d'Israël, qui influencent le public par le biais d'un chantage émotionnel intense qui est exécuté au moyen de la juxtaposition des souffrances juives passées et de l’identité israélienne actuelle (une combinaison de la mentalité de « la victime ayant survécu » et de l’image d’un pays démocratique au bord de l’extermination au milieu d’une région hostile). Tous les aspects de cette image sont mis à leur avantage de façon très professionnelle. L’appel aux sentiments est constant, mais il faut bien voir que ces déclencheurs d’émotions sont préfabriqués, manipulés et conçus pour résonner auprès d’un public occidental qui ne gratte pas sous la surface pour former ses propres opinions. Le bombardement d’images et de messages venant de Hollywood en particulier, suscite en réponse des émotions viscérales qui n’admettent que la culpabilité ou la sympathie. Il n’existe pas de parangon dans le monde palestinien à ce genre de campagnes. Peut-être avons-nous besoin de canaliser l’appel aux émotions vers des instruments éducatifs réellement efficaces, plutôt que de nous lamenter entre nous et de nous demander pourquoi le monde nous tourne le dos. Si nous comptons faire appel aux émotions, alors nous devons calculer comment le faire. Tout comme les sionistes l’ont fait avec succès.

7. Nous ne comprenons pas ce qui intéresse le public

De nos jours, on ne s’adresse pas tant à des “populations” qu’à un “public” qui est à sa manière réceptif à un message. Les massacres de Gaza de l’an dernier, et ceux au Liban il y a 3 ans et demi, ont non seulement resserré l’étau sur Gaza et renforcé le contrôle (pour le compte d’Israël) de la FINUL sur le Liban, mais cela montre aussi très nettement que rien ne peut perturber le public. Nous sommes en train d’essayer de le convaincre de choses dont il ne se soucie pas, ou qu’il est incapable de saisir. Il se peut bien qu’il y ait eu tant de lavage de cerveau, que le massacre d’innocents en plein jour n’apporte aucune compassion ni pitié et ne suscite pas plus l’indignation. Jusqu’à quel point l’opinion publique compte-t-elle ? Cette opinion sert justement à apporter le consensus nécessaire aux dirigeants pour qu’ils restent au pouvoir. Le consensus favorable aux dirigeants soutenant Israël devrait alors être miné par d’autres moyens, surtout quand on sait que les intérêts nationaux ne coïncident pas avec ce soutien. Aux USA par exemple, l’accent devrait être porté sur le fait que l’implication des USA dans plus de guerres à l'étranger coûte cher et que la politique interventionniste est dommageable pour les Usaméricains. Si l’intervention est de moins en moins soutenue, le pouvoir devra changer de politique pour se maintenir en place Cela se traduira par conséquence par la réduction des fonds détournés vers Israël et vers la « Guerre contre le terrorisme ».

Nous avons la responsabilité d’éduquer et d’informer les personnes avec qui nous sommes en contact. Toutes sortes d’associations, en Palestine et au-delà, des groupes étudiants, des organisations religieuses et culturelles peuvent influencer la communauté et offrir l’opportunité de s'engager dans des actions qui peuvent avoir un impact sur l'opinion publique et, par la suite, sur la politique. Les organisations arabes sont notamment dans l’obligation d’assumer leurs responsabilités, de sensibiliser et de prendre part au débat public par la publication d'éditoriaux, de lettres, de protestations et par l'éducation pour que le monde voie que cette question a de l’importance pour les Arabes, et que les temps où l’on attendait que le monde résolve les problèmes via  l’ONU ou la Maison Blanche sont révolus.

8. Nous attendons des leaders qu’ils fassent le tri  (ou la "bombe démographique")

Il est vain d’attendre que les dirigeants résolvent les problèmes même s’ils se considèrent comme les princes de la paix et croient pouvoir sauver le monde. Ils se trouvent là où ils sont pour la seule préservation de leur pouvoir. Qui plus est, leur déléguer cette tâche ne renforce pas la résistance, qui, si elle est organisée de façon stratégique de par le monde palestinien en entier, PEUT être EFFICACE. Y compris parce que les ‘résistants’ ne sont pas les seules factions organisées, ou n’ont pas une base idéologique unique. Chaque parti, faction ou mouvement palestinien, chaque Palestinien où qu’il réside dans le monde, est ‘résistant’. Soutenir le contraire est du mensonge sioniste. Il existe toute une masse de personnes impliquées, la résistance n’est en aucun cas limitée à un certain type de résistance ou de résistants. Les rejoindre dans leur lutte engendrera d’autres sympathisants à leur cause, les populations arabes incluses, ainsi que le public international non arabe, les mouvements de libération et de droits de l’homme autour du monde. Les actes en coordination de solidarité, de commémoration, de protestation, les choix tels que le boycott, le sabotage d’infrastructures israéliennes illégales, les événements médiatiques et les campagnes existent déjà, et représentent un travail remarquable, mais on peut leur donner plus de poids et plus d’attention s’ils partagent les mêmes idées fondatrices. Ceux promouvant à tout prix les négociations, recherchant des solutions de compromis, de collaboration ou de coexistence avec le sionisme, ont une base qui n’est pas le cœur de cible. Les solutions à long terme devront être envisagées à un moment donné, mais les Palestiniens ont attendu assez longtemps comme ça. Attendre l’explosion de la ‘bombe démographique’ n’est pas non plus une solution. Le pouvoir est dans les mains du peuple.

9. Nous n’abandonnons pas ce qui ne marche pas en nous renouvelant

Nous sommes des êtres d’habitudes et nous nous tournons le plus souvent vers une “zone de confort”, pour y rester. Si les votes et les élections « ne marchent pas », une stratégie différente s’impose. Si notre soutien économique est éparpillé dans le maintien de structures coûteuses, sans aller directement aux gens, il faut alors trouver le moyen de s’engager dans de nombreux microprojets ou de financer des communautés de façon indépendante. La sponsorisation et les efforts de jumelage, comme par exemple celui que Bristol a mené à bien, sont de fantastiques solutions alternatives, plutôt que ceux des grandes organisations qui parfois ont des frais généraux si élevés ou une comptabilité si défectueuse que tout ce qui finit par filtrer est loin d’être assez pour affecter du changement concret ou apporter du secours. Les actions entreprises par les bénévoles de Nahr El Bared sont un autre bel exemple à suivre. Ils construisent non seulement la communauté, mais sont aussi une aide tangible à ceux qui sont exclus de la chaîne alimentaire de l’Autorité palestinienne. La créativité de nos actions et la recherche de solutions alternatives sont des choses qui ont besoin d’être renforcées. Il existe déjà tellement d’organisations, à nous de les garder fixées sur un objectif et efficaces, et si elles échouent dans leurs résultats, de faire un bilan honnête. Le temps est venu de se concentrer sur des stratégies positives et réalisables. En fin de compte, c’est ça qui fera la différence, et non pas la rhétorique sioniste.

10. À chaque situation sa solution

Nous devons bien comprendre dans quel milieu nous opérons. Des milieux sociaux différents peuvent signifier une stratégie complètement différente. Par exemple si l’on se trouve en Turquie, il est aisé d’attirer l’attention sur une position antisioniste. Ce n’est pas ce qui pose problème là-bas. En Allemagne par contre, l’héritage du nazisme laisse encore sa trace dans l’identité nationale et dans les relations qu’a le pays avec Israël. Aux USA, les dépenses militaires et le soutien institutionnel à Israël pèsent lourd dans le budget. Dans presque tout l’Occident, ‘terrorisme’ est associé à ‘islam’. Ce ne sont que quelques exemples parmi les dizaines de point sensibles qui affectent les relations internationales avec la Palestine.

Déconstruire les mensonges, tout en gardant un œil sur la loi, sur la justice et aussi sur ce qui conviendra à chaque public est un travail nécessaire, et qui risque de varier selon le milieu dans lequel on se trouve. Un autre aspect capital est de connaître les lois et coutumes du lieu dans lequel on opère. Si nous savons que nous allons être filmés / photographiés / observés, nous devons nous rappeler que nos panneaux, la présence de drapeaux, et même la profanation de drapeaux, les masques ou tout autre chose couvrant le visage, etc., serviront à la propagande israélienne, dès lors qu’ils violent la loi ou coutume ou qu’ils sont considérés comme antisémites. Dans nombre de pays, des lois rigides encadrent les rassemblements publics, où les participants sont identifiés ; même une violation des plus mineures peut s’avérer fatale à l’action menée. En Italie par exemple, il y a une loi absurde qui dit que les enfants ne sont pas « autorisés » à manifester ! Même des rassemblements autorisés peuvent faire plus de mal que de bien. Une prière commune par des musulmans à Milan s’est tenue face à sa cathédrale, faisant de l’évènement un fiasco en ce qui concerne les relations publiques. L’endroit était certes la place la plus importante du nord de l’Italie, mais en se mettant en face du Duomo de Milan on pouvait être sûrs de se faire attaquer  par la presse et les politiciens locaux qui, partant d’une forte tendance islamophobe, considérèrent l’action comme une offense aux chrétiens. Dans le contexte tendu de Milan, cela a en effet été le résultat et n’importe qui aurait pu le prédire. Les choix doivent être pensés stratégiquement, avec une prévision même de l'échec.

En Amérique du Nord et dans beaucoup de pays européens, des partis politiques tout ce qu’il y a de plus légitime sont mis sur liste noire. Cela signifie qu’il est illégal de leur faire des dons ou de s’engager avec eux dans des transactions financières. Quiconque collecterait des fonds pour ces groupes-là au lieu de se servir d’autres ONG ou d’ONG ad hoc, porterait par la même un coup fatal aux donateurs. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres illustrant le besoin de connaître le contexte de l’action, du début à la fin.

11. Nous tombons dans bien trop de pièges de la hasbara

Nous « dialoguons » à leurs conditions. Nous acceptons qu’ils gardent le contrôle oar un cadrage permanent de leurs arguments qui excluent les nôtres. Nous utilisons leur langage et leurs médias. Nous ne suivons pas notre propre calendrier. Le dialogue est important, mais s’il n’est pas fondé sur des règles équitables ou qu’il perd de vue que le but n'est pas de communiquer pour communiquer, mais de susciter le changement, alors c'est une perte de temps. Ceci est un objectif majeur de la hasbara: nous faire perdre notre temps.

12. Ce n’est pas une question religieuse

Nous oublions trop souvent qu'il ne s’agit pas d’une question religieuse. Il s’agit d’une population arabe expulsée de sa propre terre pour faire place à une colonisation européenne de terres arabes. C’est une question de droits de l’homme et de justice. Bien souvent, la religion ‘colore’ le conflit. Les sionistes utilisent la Bible pour justifier le vol des terres palestiniennes, et le Hamas répond en utilisant le Coran. Pourtant, ce n’est ni n’a jamais été un problème lié à la religion. Nous nous opposons à Israël parce qu’il a volé des terres arabes et dépossédé son peuple, pas parce qu’il est juif.

Toutefois, puisque le fait est que la religion domine le discours, à tort ou à raison, nous devons rechercher les moyens de rendre cette connexion bénéfique. Nous devrions travailler avec des groupes interreligieux s'ils partagent nos objectifs, en particulier ceux des groupes juifs qui investissent beaucoup d'efforts pour éduquer leurs coreligionnaires. La majorité des juifs ne font pas partie du lobby israélien, et faire un pas vers eux permet de construire amitié, solidarité, stratégies communes, et de briser les idées reçues dans les médias juifs et les synagogues, qui pour la plupart ont un drapeau israélien sur leur bimah [ou tebah : estrade sur laquelle se lit la Torah, NdE].

De même, les chrétiens du monde entier devraient savoir que nombre de Palestiniens partagent la même foi, et que beaucoup d’Arabes, dont des Palestiniens, ont préservé le christianisme en Terre Sainte. Ils devraient être informés du sort de ces chrétiens qui souffrent d’exclusion et de racisme, engendré par les pratiques et les lois israéliennes, alors que bien trop souvent ils ne connaissent que les mythes et les mensonges présentant les Arabes comme les ennemis du christianisme.

13. Notre discours n’est pas sur mesure

Nous n’arrivons parfois pas à nous adresser au “public” correctement. Nous devons apprendre à adapter notre discours à l’auditeur. Cela signifie qu’il faut savoir à qui nous nous adressons et à quelles fins. Bien que le refus d’employer le terme « Israël » ne soit pas un problème parmi les Palestiniens et les défenseurs de la Palestine en privé, nous devons prendre conscience que cette entité existe pour le reste du monde réel. S’y référer différemment dans une lettre que l’on espère voir publiée dans le Washington Post peut prêter à confusion. Il faut expliquer ce qu’Israël fait, son histoire, mais il faut aussi réaliser que c’est quelque chose de présent pour l’auditeur. Nous devons faire preuve de suffisamment de bon sens concernant les médias pour savoir comment nos propos seront considérés, ou s’ils seront rejetés par les éditeurs, et comment leur donner la bonne forme, de manière à exprimer ce que l’on veut faire comprendre. D’un autre côté, il ne faut pas non plus avoir peur du mot « juif ». C’est en effet le « trait national » d’Israël, qui n’est pas un État démocratique mais plutôt un État d’exclusion, de racisme et de suprématie, qui étend ses droits et de nombreux privilèges aux juifs seuls. Ce fait ne peut être enjolivé d’aucune manière, c'est la réalité. En outre, l'armée israélienne est une armée juive. Ce n’est pas une armée « démocratique » qui représente toute la population, puisque de nombreux juifs pratiquants en sont exclus, et fait encore plus révélateur, un cinquième de la population enregistrée est composé de Palestiniens et il ya  beaucoup d'autres immigrants qui ne sont pas représentés. Ils sont autorisés à les « rejoindre » seulement après conversion, ou par l’intermédiaire d’une unité spécifique qui permet un programme accéléré de conversion et d accès à tous les droits de citoyen israélien. Les Druzes sont une exception limitée, faisant leur service militaire afin d’obtenir les droits qui leurs sont niés en tant que citoyens ordinaires de l’État juif. Les Palestiniens et d’ autres ont le droit d’user du terme ‘juif’ sans avoir à être vilipendés pour autant. Si des actes atroces sont commis par Tsahal (Armée de défense d'Israël), il n'est pas inapproprié de s'y référer par le terme ‘juifs’ opérant comme la branche militaire et de contrôle de l'État juif.

14. Il nous faut être accueillants

Nous aurons toujours besoin de plus de personnes pour cette cause, et nous rencontrons constamment de nouvelles personnes. Nous devons construire des réseaux, partager nos connaissances et nos expériences, diverger de manière civile, écouter, apprendre, sensibiliser, être impliqués dans d'autres combats par amour sincère de la liberté. Par conséquent, la pratique de l'exclusion de personnes fondée sur leur religion, leurs idées politiques, leurs préférences sexuelles ou leurs modes de vie est en voie de disparition. Nous ne pouvons pas être d’accord avec tout le monde sur tout, et il se peut tout à fait que nous aussi soyons considérés comme étant « dans l’erreur » pour nos convictions, que nous avons le droit d'avoir en tant qu’êtres humains. Nous n'avons aucun droit de juger les autres sur qui ils sont et nous devrions travailler tous ensemble pour servir la cause commune. Ceux qui usent de leurs connexions pour quelque chose de différent se servent du peuple palestinien. Il n’est pas immoral de recevoir de l'argent pour le militantisme, mais les honoraires devraient couvrir les frais ou être confiés à des réfugiés palestiniens. La solidarité ne doit pas devenir une industrie.

15. Nous posons des conditions à notre solidarité

Les Palestiniens ne cherchent pas à ramasser des miettes de pitié et ils n’ont pas besoin qu’on leur dise quel type de résistance adopter ou qui d’entre eux a le droit d’exprimer leurs besoins. Les Palestiniens savent très bien que leur lutte n’est pas une lutte pour arriver à l’égalité des droits, mais vraiment une lutte pour leur libération, et cela nécessite une large gamme d’actions, pour pouvoir survivre et pour garder l’espoir d’être un jour libre. Le fait que leur résistance ait été non-violente devrait être clairement reconnu par les militants qui les appellent à se trouver un « Gandhi palestinien » ou à abandonner une forme de résistance ou l’autre, ou qui déclarent même qu’il n’existe qu’une seule bonne ‘manière’. Toutes ces conditions, jugements et demandes sont injustes envers les Palestiniens et irréalistes.

Une combinaison de tous les types de résistance ainsi que de tous les actes de soutien venant de l'extérieur, tels que le boycott, doivent être soutenus sans condition. Alors que certains militants, dotés des meilleures intentions, comparent l’apartheid sud-africain à la cause palestinienne, la réalité est tout autre. Les Palestiniens vivent sous une occupation militaire brutale et assistent au génocide de leur peuple. Ils n'ont obtenu le soutien d’aucune organisation internationale, et sont poussés à se sortir de là par des négociations pour obtenir des droits, quand ils savent quels sont leurs droits et qu’ils savent à quoi la carte de la Palestine ressemble. Ils sont invités à faire des concessions, à céder encore plus, alors que ce qu'ils essaient de faire est de retrouver leur terre perdue, leurs droits et leur liberté.

Cela va au-delà de la simple obtention de l'égalité des droits. C’est une lutte pour se débarrasser des chaînes de l'occupation et pour créer une société palestinienne et la gouvernance d’un peuple qui a été dispersé à travers le monde. Les Palestiniens n'ont pas d'État, ils n'ont pas d'armée, et ils se battent pour leur survie même. Ils méritent notre solidarité pleine et entière pour se défendre et créer leur nation. Nous demander comment nous pouvons les servir, et non pas comment ils peuvent mériter notre solidarité, est la question cruciale à se poser encore et encore, pour chaque fois trouver une réponse différente. Avec les objectifs de leur libération à l'esprit, servons cette cause.

Pour que le mouvement soit un allié sincère et un vrai partisan de la Palestine, des Palestiniens et de leur lutte pour la liberté, il est nécessaire d’écouter les Palestiniens raconter leur propre histoire, ainsi que de faire valoir leur narration et leur définition de la lutte avec leurs propres mots. Il a été très dur pour les pro-Palestiniens d'expliquer que la question de la Palestine n’a pas commencé en 1967 aux dirigeants de nombreux mouvements de solidarité aux USA et en Europe. Ainsi, la question du retour est devenue un sujet épineux avec beaucoup de ces dirigeants, provoquant une scission au sein du mouvement en deux parts presque égales. Nous avons pu nous assurer que nos vrais alliés comprennent que toutes les luttes sont connectées. Nous luttons pour la dignité humaine et les droits fondamentaux, et ceci est le lien entre la Palestine, le Liban et l’Irak. Nous ne pouvons pas non plus tourner le dos à d'autres luttes telles que les luttes des citoyens usaméricains de la Nouvelle-Orléans, le peuple d'Haïti et d'autres. Il est important de faire les liens et de comprendre comment notre combat rejoint tous les combats des peuples opprimés, et aussi, en quoi il en diffère.



Source : Palestine Think Tank- Common Activist Errors and Some Proposals to Rectify Them


Source de cette traduction : http://soutien-palestine.blogspot.com/2010/01/erreurs-courantes-de-militants-et.html

Article original publié le 22/1/2010

Sur l’auteur

Sihem Belaidi appartient au Collectif Cheikh Yassine, Mary Rizzo, Saja et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10028&lg=fr



Mercredi 17 Février 2010


Commentaires

1.Posté par Muhibeefalasteen le 18/02/2010 09:19 | Alerter
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Il est évidemment regrettable que ce texte introduit avec modestie, ce qui accroît sa crédibilité, n’ait pas été conçu il y a quelques années déjà, car effectivement on communique généralement très mal sur le drame palestinien aux dépens de sa fin pendant que les non-tués sont pour beaucoup peu à peu détruits psychiquement .

Mais tout aussi modestement, « partageant connaissances et expériences » (comme il est dit dans le texte), on peut penser qu’il pèche sur au moins cinq points

Il n’invite pas les militants palestiniens ou non, après avoir souligné le manque, à mieux connaître et faire connaître les contextes et les textes historiques sur lesquels s’appuie l’ « entité sioniste israélienne », formulation que tout le monde comprendra sans utiliser l’ appellation suggérée certes plus classique mais de plus en plus exécrable et vomitive (votée à la hâte le 12 mai 1948 au soir par 5 voix contre 4 pour Sion)

Il ne souligne pas pour le moins, dans un souci rassembleur peut-être excessif, tout en mettant en doute la légitimité des chefs en termes diplomatiques, la non homogénéité du Fatah (qui existe aussi au Hamas) qui doit amener à l’indispensable distinction au sein de ce parti entre les « collabos » indéfendables qui méritent la prison à vie et les patriotes partisans cartés.

Il n’attire pas l’attention sur le fait que , pour la plupart, les « bons » Juif israéliens évoqués souhaitent illogiquement soit un état israélien post-sioniste ou désionisé (« deuxième république israélienne » !!!) jusqu’au Jourdain incluant tous les Palestiniens qui le voudront, soit deux états de surfaces très inégales (n’ayant plus rien à voir avec la déjà injuste et illégitime résolution 181, avec une partie de ses votes non libres) dont l’un sera alors écologiquement et économiquement inviable durablement, gaz du sous-sol maritime palestinien ou pas ; surtout que les « Israéliens arabes seront alors indubitablement « invités » à ne plus habiter « l’état des Juifs », puisqu’un traité forcément injuste et inadmissible éthiquement aura créé leur état palestinien sur des terres en grande partie non arables avec la mortelle dépendance alimentaire induite.

Il ne précise pas que les Palestiniens qui ne sont pas en guerre, mais en résistance, vu la disproportion des armements, n’ont pas besoin que la mythique « communauté internationale » impose, si c’est encore possible, la Paix, mais bien ont le droit absolu, au nom de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, depuis bien plus de 62 ans, à la Justice dont découlera la Paix par la disparition logique de l’entité sioniste israélienne.

Il n’a pas été possible aux auteurs de se départir totalement de leurs idéologie internationaliste d’extrême-gauche, en particulier dans le paragraphe de conclusion, ce qui va certainement altérer un peu l’impact de cette très utile analyse didactique. enfin arrivée.

Espérons que les développements annoncés, aidés par des réactions même imparfaites se voulant modestement constructives comme celle-ci, seront encore de meilleure qualité

JMG


2.Posté par Ginette le 18/02/2010 09:52 | Alerter
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Pour les fidèles de ce précieux site ou non

Extrait de l'article "JUIF, JUIVE n." dans la 9e édition (en cours) du Dictionnaire de l'Académie française: "1. Personne descendant de l'ancien peuple d'Israël ; personne qui professe le judaïsme (dans les emplois où ce deuxième sens est prédominant, on ne met pas la majuscule). Les Juifs de Pologne, d'Allemagne, de France. Juif ashkénaze, sépharade. Un juif pratiquant. Le Juif errant.

Personne ne connaissant son ascendance sur environ cent-cinquante générations, pas évident de démontrer qu’on est par les femmes (la mère de la mère de la mère …) descendant d’une sujette du roitelet David pratiquant le proto-judaïsme.

Seuls certains Juifs prétendent effrontément pouvoir l’affirmer et en recueillir et (ré ?)-occuper l’héritage territorial.

Alors que même le célèbre « Nos ancêtres les Gaulois » est historiquement infondé pour parler des Français dits « de très vieille souche ».

3.Posté par L17 le 18/02/2010 10:51 | Alerter
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@ Ginette
Évidemment ! vous avez raison au sujet de la descendance du petit roi David - tant est qu'il ait existé - comme de celle de nos Ancêtres les Gaulais ! La vérité est que nous sommes tous des sangs- mêlés et je trouve que c'est très bien ainsi ! Cela devrait nous ouvrir à plus de tolérance et de fraternité....
Par ailleurs le texte proposé ici par Un éditorial de Palesine Think Tank écrit par
Yousef Abudayyeh, Mohamed Khodr, Mary Rizzo, Haitham Sabbah et Saja est d'une extrême importance et les points abordés d'une grande pertinence : je vais en faire une large publicité dans mon entourage et tous mes amis en but à la vindicte des internautes sionistes postant pour la Brigade du Net.
Cordialement - L17
http://salam-akwaba.over-blog.com

4.Posté par Gaby le 18/02/2010 11:46 | Alerter
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@ L17
"La vérité est que nous sommes tous des sangs- mêlés et je trouve que c'est très bien ainsi ! Cela devrait nous ouvrir à plus de tolérance et de fraternité....
C'est Une vérité , un fait indiscutable , sauf pour les tenants d'ideologies RACISTES comme le judaisme.
Politiquement , il est impossible d'obtenir, la nationalité israélienne si le demandeur n'est pas juif et religieusement la conversion est tout aussi impossible.
Alors que tout un chacun peut devenir chrétien, ou musulmans, ou bouddhiste ou ce qu'il voudra...
Il y a quand même quelque chose qui m'interpelle très fortement : il y a actuellement de nombreuses apparitions mariales en particulier dans une église copte en Égypte. On ne compte plus les apparitions mariales et même christiques.
Alors que dans le talmud les juifs se répandent en injures sur le Christ et Marie et pourtant pas une seule apparition de Moïse...
À leur place je serais plutôt inquiet. D'autant qu'il paraît que même génétiquement les juifs ashkénazes ne seraient pas des sémites et donc n'auraient aucune espèce de revendications bibliques dans l'attribution de la terre d'Israël !
Si tant est que la Bible soit assimilable à un cadastre.

5.Posté par L17 le 18/02/2010 12:53 | Alerter
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@ Gaby
Pour les Juifs (Lévites scribes et Pharisiens) de son époque, Jésus était un hérétique et un agitateur pouvant attirer sur eux lees fougres des occupants romains de la Palestine. Ils l'ont donc rejeté... Du reste les Chrétiens ont été considérés pendant longtemps dans l'Empire romain comme une secte juive.
Lorsque le christianisme s'est répandu dans tout l'Empire Romain puis l'Occident, une lecture trop littérale, et mon sens fort éloignée de l'esprit des Évangiles a entraîné la persécution inique des Juifs, l'aventure (pré)coloniale des Croisades - lorsque je pense que (Saint) Bernard et le pape Urbain V (corrigez le numéro en cas d'erreur s.v.p.) ont pu prêcher la Croisade ce qui revient à dire : allez tuer tous les "I Infidèles" !!!!

Il semble en effet que les juifs ashkénazes ne descendent pas de la petite tribu Apirou ( devenue celle les Hébreux par la grâce de la Bible, qui aurait errè dans le désert...) : lisez Schlomo Sand : "Comment le peuple juif fut inventé"....

Cordialement - L17.

6.Posté par L17 le 18/02/2010 13:38 | Alerter
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@ Gaby
Petit additif à mon dernier commentaire : Les Musulmans vénèrent Marie et croient à la naissance miraculeuse de Jésus. Jésus est pour eux un Prophète.
Les Bouddhistes sont adeptes de la non violence et respectent les autres religions.

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