Société

Entre volonté politique, contraintes économiques, pression sociale et réflexions éthiques, où va notre justice ?


Lundi 8 décembre

20h45 Salle de Réception du Stade de Balma

Invité : un Magistrat membre du Syndicat de la Magistrature.

Voir : http://lecafepolitique.free.fr/spip.php?rubrique74


fsp@lecafepolitique.fr
Samedi 29 Novembre 2008

Le concept de justice est depuis l’antiquité au centre de toutes les réflexions de philosophie politique. Au-delà des débats théoriques la justice dans notre République est une institution majeure. Dans le langage courant la justice est considérée comme un ensemble de procédures qui permettent de punir ceux qui ne respectent pas la loi. Mais il faut distinguer la partie chargée d’évaluer la culpabilité de choisir la peine et de contrôler son application avec des magistrats, des greffiers, des avocats et bien d’autres auxiliaires de justice, de la partie gestion des prisons. La première est en théorie largement indépendante du pouvoir exécutif, la deuxième est placée directement sous sa responsabilité.

La justice française a des défauts profonds, trop lente, débordée par le nombre d’affaires à traiter, au vingt troisième rang, en terme de moyens par habitant, du conseil de l’Europe elle est une des plus pauvres en Europe, trop chère pour le justiciable. Le citoyen lui reproche souvent son manque d’indépendance par rapport au pouvoir politique et d’être plus indulgente avec les riches qu’avec les pauvres. Depuis quelques années les dysfonctionnements semblent s’accentuer, l’affaire d’Outreau en est le prototype du côté du jugement, mais la surpopulation carcérale conduit à des alertes récurrentes sur le non respect de la dignité humaine dans les prisons. Paradoxalement, dans tous ces problèmes, notre justice ne semble plus à la hauteur des droits de l’homme, fondement de la loi démocratique quelle est censée défendre.

Face à ces problèmes, sous la pression de la société qui veut de plus en plus de sécurité et sous le regard des médias qui pensent que les procès doivent se transformer en spectacles thérapeutiques pour les victimes, le gouvernement, par l’intermédiaire de sa ministre Rachida Dati, a accentué les pressions sur les juges et s’est lancé dans une politique de réformes. Alourdissement des peines, création de peines planchers, sanctions pour une dangerosité potentielle, allègement de la protection accordée aux mineurs, suppressions de nombreux tribunaux, mise en place d’une politique du "chiffre et du rendement", en sont les axes principaux. Le commissaire aux Droits de l’homme du conseil de l’Europe critique fermement l’évolution de notre politique pénale et dénonce par ailleurs les conditions inacceptables de détention. Les professionnels de la justice réclament des moyens supplémentaires, dénoncent une volonté de contrôle de la magistrature par le pouvoir politique, critiquent des réformes qui pour eux ne font qu’exacerber les difficultés et s’inquiètent même sur l’abandon des grands principes qui ont guidé pendant de longues années le fonctionnement de notre justice. Ces manifestations de magistrats ou de surveillants de prisons, les protestations des avocats ou des experts psychiatriques, traduisent-elles la défense d’intérêts corporatistes ou le souci de l’intérêt général qui concerne tous les citoyens ? Notre justice doit s’adapter et s’améliorer, cela ne fait aucun doute, mais les réformes proposées doivent s’appuyer sur une réflexion de fond et ne pas correspondre à la simple exploitation de l’émotion populaire.

Nous vous invitons à venir débattre en compagnie d’un magistrat de ce sujet difficile, mais important pour nous tous qui sommes potentiellement des justiciables.


Vendredi 28 Novembre 2008


Commentaires

1.Posté par paralleles le 29/11/2008 00:35 | Alerter
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Que dire d'une justice qui va accepter de mettre en prison des enfants de douze ans, à défaut d'avoir oBtenu 10 ans !!!
Pour moi, une telle "justice" est à mettre à la pouBelle. Comment peut-on défendre la dignité humaine de cette manière. Là où l'éducation; là où la ré-éducation et les soins et les assistances sont ultra nécessaires, on préfère déliBérément placer au TROU...

On ne peut pas dire que c'est honteux, c'est totalement ignoBle et méprisaBle.

2.Posté par Verner02 le 29/11/2008 11:41 | Alerter
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La Magistrature est une vieille dame qui s'est assoupie sur les monceaux de lois qui l'ont régie depuis les différentes Républiques qui se sont succédées.
Elle n'a jamais su prendre réellement son autonomie, mariée qu'elle est avec le pouvoir politique qui l'a toujours manipulée ici et là, au grès de la ''nécessité'' ! Nous savons tous où cela l'a menée...
Les ''coteries'' internes, les guerres intestines ont toujours eu raison de sa volonté d'autonomie dont le pouvoir en place se réjouissait et se réjouit encore lui permettant toutes les facéties !...

Qu'elle nous demande aujourd'hui de l'entendre sous les prétextes qu'elle invoque, n'est-ce pas se cacher derrière une réalité actuelle qui l'effraie, derrière ''l'immédiateté'' d'une cause qu'elle est incapable de défendre seule puisque le vrai problème est ailleurs...La véritable cause, qu'elle connaît, lui montre ses propres lacunes : son laxisme envers le pouvoir dont elle dépend totalement et dont elle n'a jamais su se défendre ?...
Le ''Petit Peuple'' aujourd'hui aurait-il droit ''au Chapitre'' ...? Il devrait .... Mais l'inverse est-il possible ?...
Et si ce Petit Peuple demain avait besoin de SA JUSTICE ???...

3.Posté par ciborg le 29/11/2008 17:20 | Alerter
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La majistrature actuelle est largement en deçà des sollicitations du peuple , de ce fait
elle devient une justice de classe parceque elle ne va pas aux origines de l'injustice . Elle ne traite les phenomenes sociaux que d'une facon superficielle. De toute les facons quelque soit X la société actuelle ne peut produire que de la violence et du terrorisme de la misere et beaucoups de maladies. Une société foncierement injuste ne peut pas etre autre chose que criminogéne !! En effet la justice est largement en deçà des exigences de la notion republicaine et de democratie . Comme le remarque tout le monde, nous avons a faire a une justice de classe surtout quand il s'agit de questions economiques , bourse , actionnariat , monopole , secret banqaire , paradis fiscaux , société ecran , delocalisation, licenciement et surtout la la privatisation des services publiques ect....etc... la liste est longue et sur tous le long la justice est ABSENTE !!!! ET le plus grave ceux les premieres causes de cette crise de civilisation. Alors, de grace epargnez nous cette hipocrysie , ces faux problemes , vous pouvez faire n' importe quoi , vous n' arrreterez jamais le mouvement impetueux et les tendances de changements de société que manifeste cette jeunesse que vous tentez de presenter au grand publique et a des heures de fortes ecoutes comme des terroristes .Cà ne marche plus votre systeme , il faut comprendre qu' il est devenu caduc et obsolete , il faut par consequent aider au changements avant que l' on soit obliger de vous changer a vous messieurs les tenants de tous les pouvoirs

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