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Enquête sur le scrutin donnant la victoire à Ahmadinejad


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Lundi 22 Juin 2009

Enquête sur le scrutin donnant la victoire à Ahmadinejad

Il existe plusieurs formules d'estimation de la taille d'un échantillonnage pour extrapoler les tendances sur la population mère. A titre d'exemple la loi statistique de Bernoulli pour une probabilité de confiance de 95%. C'est la formule par excellence pour déterminer la taille d'un l'échantillon dans les études de marché. Cette formule 3 paramètres: sa représentativité, son homogénéité et sa précision.

Moussawi l'ingénieur urbaniste et Karoubi le docteur universitaire savent que les sciences statistiques arrivent à calculer avec précision le hasard et les phénomènes entropiques. Il est douteux, sur le plan logique et politique, de refuser de se rendre au conseil constitutionnel pour déterminer avec lui les modalités de choix de la formule pour que la proposition de procéder à un comptage sur un échantillon aléatoire respecte le caractère aléatoire, fasse l'unanimité et soit représentative de la sociologie et de la démographie iranienne.

Le recours à la rue aurait été plus légitime si les contestataires avaient déjà épuisé les recours juridiques et si le sondage post électoral sur un échantillon aléatoire des urnes aurait donné un résultat mettant en cause la validité des résultats proclamés par le ministre de l'intérieur. Le refus des perdants qui veulent annuler le résultat sans apporter des preuves et en prenant la rue comme otage met en équation leurs intentions réelles démocratiques et réformistes. Des observateurs neutres iraniens et étrangers se posent la question sur la validité des 12 millions de voix remportées par Moussawi entrant dans une complétion acquise par Ahmadinejad soutenu par la majorité écrasante des classes populaires.

Sur le plan purement statistique la taille de l'échantillon va dépendre essentiellement de la valeur de la précision (l) voulue. En général l=6 c'est à dire un résultat final avec une marge d'erreur de + ou - 3% est acceptable dans les sondages de population, dans les évaluations des stocks halieutiques des mers et océans, dans les opérations de recette ou de rebut dans la petite et moyenne mécanique (visserie par exemple). Sur ces paramètres et vu l'écart des voix la loi de Bernoulli nous donne la taille de l'échantillon égale à environ 17,6% de la population globale sur lequel toutes les tendances estimées vont refléter les tendances réelles à grandeur nature avec une marge d'erreur de 3%. Le conseil constitutionnel iranien a fait preuve d-objectivité et de professionnalisme en décidant du caractère aléatoire de l'échantillon et en le fixant à 20%.

Il existe d'autres formules et d'autres méthodes pour construire au plus près des besoins des formules pour déterminer avec précision la taille et la représentativité d'un échantillon. En France Il existe une autre formule qui permet de calculer n (taille de l’échantillon) à partir de e (erreur d’estimation) et de p (probabilité de confiance) qui ne tient pas compte de la grandeur de la population mère


n = ( p x 1-p ) / ( e / 1,96 ) ²

Si on fixe p à 0,5 alors la formule devient donc :

n = 0,25 / ( e / 1,96 ) ²


Si je souhaite mettre en place un sondage politique sur un échantillon de français pour des prévisions sur . l’élection présidentielle à venir qui s’annonce particulièrement serrée et indécise, je peux déterminer le nombre de personnes à interroger :

n = 0,25 / ( e / 1,96 ) ² = 0,25 / ( 0,01 / 1,96 ) ² = 9 604 personnes (pour une précision de 1%)

Moussawi et le groupe hétéroclite qui le soutient aussi bien dans le clan des réformateurs que des conservateurs n'avait aucune raison objective de se dérober à l'arbitrage des institutions. Il est faux de dire que le jeu institutionnel est fermé. L'Iran est une République islamique qui est à sa seconde constitution. Moussawi a gouverné dans la première République en occupant deux fois le poste de premier ministre. Ce poste a disparu dans la seconde république nait de la révision constitutionnelle de 1989 qui a transféré les prérogatives du premier ministre au Président de la République et les prérogatives de ce dernier au guide suprême de la révolution.

On assiste à un déni de droit constitutionnel qui prend la forme d'une émeute par un groupement hétéroclite qui manifeste davantage l'expression des privilèges et de la rente religieuse, politique et commercial (import-export) que les intérêts stratégiques. Ce groupement hétéroclite ratisse dans les sphères des perdants des réformateurs qui ont échoué dans leurs réformes (libéralisme économique, ouverture à l'Occident) mais aussi dans les perdants des conservateurs à qui Khaminei a ravi le poste de guide suprême de la révolution. Dans ce groupe on retrouve des autorités religieuses qui ont été écarté de postes de responsabilités du temps de Khomeiny ou bien laminé dans les élections démocratiques dans les différentes assemblées.

L'ignorance et le sentimentalisme présentent l'Iran comme un totalitarisme théocratique alors que c'est un pays qui en 30 ans a construit une des meilleures démocraties dans le monde et des institutions qui rendent difficile la prise de décision d'une manière bureaucratique ou clanique : tous les organes et hauts responsables sont élus démocratiquement et ceux qui ne le sont pas sont désignés par les conseils et entités élus démocratiquement. Le refus de recourir aux institutions témoignent de l'opportunité de faire front contre la ligne dure de Khaminei et Ahmadinedjad qui annonce une relance de l'esprit de la révolution islamique.

Pour ceux qui ont un doute il faut rappeler que ces jeunes qu'on voit manifester dans les écrans des télévisions arabes et occidentales sont une minorité bruyante. Cette minorité descendants des arrièrres gardes embourgeoisés de la révolution islamique, des quartiers branchés et occidentalisé, des nostagiques de la monarchie. Cette minorité bruyante n'est pas la majorité mais elle possède les privilèges de la richesse et du savoir qui lui permet de disposer de portables, de sites internet et communiquer avec le monde occidental qui alimente leur haine et leur mouvement insurrectionnel. La majorité est silencieuse car elle ne posède pas les moyens de communications moderne pour des raisons sociales et économiques.

L'Iran est une république démocratique ce qui la distingue dans son ontologie et son essence de l'Occident est l'idéologie. L'Occident libérale communique et exerce le pouvoir réel sur le peuple par le monothéisme du marché, la consommation, la publicité, les médias, le spectacle, la fabrication du rêve et l'individualisme. L'Iran république islamique a pour idéologie l'islam en tant que mode de vie, système de représentation du monde, morale sociale et individuelle. La communication sociale en terres d'islam se fait dans la mosquée et autour des références religieuses (textes, sermons et personnalités savantes). La référence religieuse oriente la vie politique et sociale (voir la constitution iranienne) d'une part et la vie politique demande référence et validation morale et religieuse à ses propositions et à ses choix d'autre part. Dans cette idéologie totale qui donne au religieux le rôle de l'amont, de l'aval et de l'accompagnateur il n'y a pas de théocratie au sens clérical ou ecclésiastique du terme mais au sens de OUMMA musulmane. La conscience politique du fait doctrinal et historique étant plus aiguë chez nos frères chiites que chez nos frères sunnites la personnalité religieuse est archi présente dans le politique, l'institutionnel, le social, le culturel, le militaire, la vie partisane (pouvoir et opposition). L'islam est Dine(religion) et Dawla (Etat nation société). Même la société civile connait la situation fusionnelle avec le religieux (personnalité et références doctrinales et idéiques).

L'Occident ethnocentriste et les élites arabes laicisants soient ils voient une théocratie soient un bicéphalisme contradictoire et obstructif. Ils oublient de voir la spécificité de la constitution islamique. Ils oublient de voir par exemple le bicéphalisme de l'argent et des médias dans les démocraties libérales où le pouvoir n'appartient plus au peuple et où la démocratie en tant que fonctionnement et objectif est absente en dehors du caractère festif des élections déjà tranchées par la mise en scène médiatique et le soutien des lobbies et de l'argent. Le modèle marxiste se présentait comme bicéphale dans le rôle de l'infrastructure (économie) et superstructure (idéologie) : " En dernière instance l'économique est déterminant... Le primat est au politique".

L'Iran fait peur à l'Occident pour ses références à l'islam et à la Chariâa. Il fait peur aussi à l'Occident car sa démocratie, même si elle est perfectible, est un modèle qui peut être suivi par le monde arabe et musulman privé de démocratie et de personnalité islamique à l'opposé de l'iranien. L'Occident est favorable à un islam cultuel et vestimentaire mais opposé à un islam politique, idéologique, social car l'islam réel pose le problème de fond : la rivalité civilisationnelle entre deux modèles : un modèle matérialiste et libertin en achèvement historique et un modèle spirituel et démocratique en renaissance. L'Occident dans sa lutte idéologique contre le monde musulman, qu'il connaît car il l'a colonisé, sait par ses statisticiens, philosophes, politologues, orientalistes, islamologues, herméneutes, militaires et autres experts que dans une révolution il y a toujours les germes de la contre révolution, au sein du pays indépendant il y a toujours sa cinquième colonne qui agit selon ses instructions, dans le monde musulman il y a toujours des stupides inconscients qui n'ont rien compris à la lutte idéologique et civilisationnelle.

En attendant de voir comment le régime iranien va composer à l'intérieur pour faire un front uni regroupant les réformateurs et les conservateurs favorables à la continuité de la révolution iranienne et à la réalisation de ses principes de base (islamité de la république, développement scientifique et technologique, progrès social des masses populaires, lutte contre l'oppression et défense des opprimés, modernisation des institutions) pour faire face aux privilégiés et aux rentiers réformateurs et conservateurs et à l'impérialisme, la première bataille se livre dans les institutions et non dans les rues.

Je reprends ici intégralement le communiqué d'al manar l'organe médiatique du Hezbollah :


Le porte-parole du Conseil des Gardiens, chargé d'examiner les plaintes pour irrégularités de la présidentielle du 12 juin, a révélé le résultat de l'enquête préliminaire sur ce sujet.

"Une plainte commune des candidats est qu'il y a eu plus de bulletins de vote exprimés que d'électeurs potentiels dans certains districts. Mais notre enquête préliminaire montre que le chiffre annoncé (170 districts) n'est as correct et que cela concerne 50 districts", a déclaré Abbas Ali Kadkhodaie.

M. Kadkhodaie a précisé que le cas des 50 districts "peut s'expliquer par le fait que certaines villes accueillent des migrants, sont touristiques, etc...". Théoriquement chaque électeur peut voter où il veut.

"De toute façon, il a été convenu que des inspecteurs soient envoyés sur place pour examiner les statistiques", a ajouté M. Kadkhodaie.

"Mais l'ensemble des voix de ces districts est de 3 millions de votes et cela n'aura pas une influence importante sur les résultats de l'élection",
a-t-il conclu.

L'Iran compte 366 districts, qui sont une subdivision administrative des 30 provinces que compte le pays.

M. Kadkhodaie a également rejeté les autres points évoqués par les candidats, notamment l'absence de bulletins de vote dans certains bureaux.
"Nos examens montrent qu'à l'exception d'un ou deux cas, où il y a eu un retard de 40 minutes pour fournir des bulletins, par exemple à Ispahan ou Yazd, il n'y a pas eu de problème particulier" ailleurs, a-t-il affirmé.

Il a précisé que le conseil des Gardiens annoncera les résultats, ce mercredi, conformément à la loi.

Omar Mazri

http://liberation-opprimes.net/

 



Lundi 22 Juin 2009


Commentaires

1.Posté par Omar Mazri le 22/06/2009 21:24 | Alerter
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J'apporte juste la précision sur la formule de Bernoulli qui n'est pas apparue en début d'article et dont la visée est de montrer la stupidité voulue par le clan hétéroclite derrière Moussawi de préférer l'arbitrage de la rue à celui de la raison et des institutions :

n = (p+1)^2 x N / (p+1) + L^2 x (N-1)
où n est la taille de l'échantillon, N la grandeur de la population mère, L la fourchette de précision et p la probabilité de confiance (en générale entre 94 à 96%).

Il y a plusieurs formules mais c'est la plus utilisée.

2.Posté par Madame Marie Adelaïde DUGLAN le 13/07/2009 20:36 | Alerter
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L'IRAN ET LA FRANCE PROFONDE.

L'INTERET DU PEUPLE DE FRANCE N'EST PLUS AUJOURD'HUI DANS L'OBSERVATION INCREDULE DE SA POLITIQUE D'AVILISSEMENT SIONISANTE DE L'ENSEMBLE DE LA CLASSE POLITIQUE POLITICIENNE, MAIS DANS L'ATTACHEMENT A NOS AMITIES HISTORIQUES AVEC LA PERSE !

LE PEUPLE DE FRANCE NE PEUT QUE SE REJOUIR D'UNE UNITE NATIONALE DERRIERE SON PRESIDENT MONSIEUR MAHMOUD AHMADINEJAD !

SEULS LES INTERÊTS DE LA NATION PREVALENT !

L'IRAN DOIT PRENDRE AU PLUS VITE UNE PLACE PREPONDERANTE DANS LE CONCERT DES NATIONS !

JE RESTE PERSUADEE QUE LES SERVICES SECRETS IRANIENS ONT LA CAPACITE ET LA COMPETENCE POUR COMBATTRE TOUTE TENTATIVE DE COMPLOT ET DE DESTABILISATION DU REGIME IRANIEN QU'IL SOIT DEPUIS L'INTERIEUR OU DEPUIS L'EXTERIEUR.

NOTRE FRANCE CHRETIENNE PRIE DIEU POUR QUE CETTE OSMOSE PERSANNE REUSSISSE AU PLUS VITE ET A L'AVANTAGE DE SON PEUPLE !

Madame Marie Adelaïde DUGLAN
marie.adelaide.duglan@hotmail.fr



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