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Énième crise d’hystérie au Parti démocrate


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Daniel Lazare
Lundi 28 Octobre 2019




Autre semaine, autre dépression nerveuse au Parti démocrate. En fait, la semaine dernière, il y en a eu deux. L’une en réaction à ce qu’a dit le porte-parole de la Maison Blanche, Mick Mulvaney, et l’autre à cause des propos tenus par une Hillary Clinton toujours paranoïaque.


Commençons par les commentaires anodins sur l’Ukraine de Mick, qui ont déclenché la première canonnade d’hystérie. Sa conférence de presse de jeudi dernier a été plutôt réussie, étant donné qu’il a dû s’attaquer à la tâche impossible d’expliquer pourquoi Donald Trump pensait avoir une bonne idée en organisant la conférence du G7 de juin prochain, dans un club de golf qu’il possède à Miami.


Mais ce fut du gâteau. C’est quand il est passé à la raison pour laquelle le patron avait retardé près de 400 millions de dollars d’aide militaire pour l’Ukraine, que ça a vraiment dérapé.


La raison, a expliqué Mulvaney, c’est la corruption : « Le président Trump n’étant pas grand fan de l’aide étrangère, ne l’a jamais été, ne l'est toujours pas, n'aime pas dépenser l'argent à l'étranger, surtout quand il est mal dépensé. Et c'est précisément ce qui a motivé cette décision. »


Puis il a parlé de l'argent : « M'a-t-il fait également part, en passant, de la corruption se rapportant au serveur du Comité national démocrate ? Absolument. Aucun problème à ce sujet. Mais c’est le pompon. Et c’est pourquoi nous avons retenu l’argent [d’aide à l’Ukraine, pour qu’il ne revienne pas sous forme de rétrocommission au Parti démocrate]. »


Les organes de la presse système en sont tombés de concert en pâmoison. D’après CNN, les remarques de Mulvaney confirment que Trump essaye de pousser l'Ukraine « à enquêter sur les démocrates » ; d’après le Washington Post, ça prouve que la Maison Blanche cherche à valider « la théorie du complot détraquée que Trump préfère, » et d’après le New York Times, Washington est en plein ‘bouleversement’.


Sauf que la vraie détraquée est la presse système. Avec deux enquêtes distinctes, l’affaire ukrainienne est certes complexe. L’une est du rayon de Rudy Giuliani, l’avocat du président, qui étudie le job bien rémunéré de Hunter, le fils de Joe Biden, qui au moment où le vice-président Biden était censé lutter contre la corruption en Ukraine, a atterri dans une compagnie gazière ukrainienne appelée Burisma Holdings. L’autre est menée par le procureur général William Barr, chargé par Trump d’étudier les origines du RussiaGate.


L’une des enquêtes étant privée et non officielle, il est effectivement troublant que lors de son fameux coup de téléphone du 25 juillet, Trump ait demandé au président ukrainien Volodymyr Zelensky d'aider Giuliani. Mais l'autre enquête est parfaitement légitime. Considérant que le pseudo-scandale du RussiaGate a fait les manchettes de presse pendant deux ans et demi, tout le monde a le droit de savoir ses origines, et il n’y a rien de mal à ce que Trump compte sur Zelensky pour aider Barr à aller au fond des choses.


Mulvaney n'a laissé planer aucun doute quant à l'enquête. Il a dit : « Revenir sur ce qui s'est passé en 2016, fait certes partie de ce qui l'inquiète dans la corruption avec cette nation. Et c’est tout à fait approprié. » Le style est peut-être un peu gauche, mais le sens est clair. Ce qui préoccupe Trump, ce sont les allégations d’ingérence russe en 2016, pas la nomination, deux ans plus tôt, de Hunter chez Burisma Holdings.


Mais dans leur précipitation à édicter leur verdict, les journalistes n’ont pas tenu compte des nuances. Ils l’ont fait parce qu'ils sont incompétents ou, plus probablement, parce qu'ils ont l'intention d’embrouiller les choses en mélangeant les deux affaires. Ils sont terrifiés par le fait que l’enquête de Barr va ébranler le rapport publié au printemps dernier par leur héros, le procureur spécial Robert Mueller. C’est pourquoi, en prétendant que Barr est partial politiquement, avant même que son travail ne soit terminé, ils veulent l’écarter et jeter son enquête et celle de Giuliani dans la même corbeille.


Ce stratagème désespéré va finir par discréditer Mueller encore plus qu’il ne l’a fait lui-même, et elle va aussi finir par ébranler les démocrates.


L’autre épisode tendu concernait les remarques stupéfiantes d’Hillary Clinton, faites lors d’une interview avec David Plouffe, ancien directeur de campagne d’Obama (et lèche-bottes de Clinton), à propos du chef du Parti vert, Mme Jill Stein, et du principal candidat démocrate, Mme Tulsi Gabbard. « Oui, c’est un agent russe, » a décrété Clinton à propos de Mme Stein. « Je veux dire de la tête aux pieds. » À propos de Mme Gabbard, elle a ajouté : « Je pense qu'ils lorgnent sur quelqu’un qui participe actuellement à la primaire démocrate et qui se prépare à devenir la candidate du troisième parti. C’est la favorite des Russes. »


Ces commentaires ont déclenché de violentes réactions. Mme Gabbard a rétorqué que Clinton est « la reine des bellicistes, l’incarnation de la corruption et la personnification de la gangrène qui touche depuis si longtemps le Parti démocrate. » Tentant de lui résister, Nick Merrill, porte-parole de Clinton, a dit : « Langage de division plein de vitriol et de théories du complot ? Peut-on imaginer meilleure preuve. »


Or ce n’est la preuve de rien du tout. L’indignation de Gabbard était tout à fait justifiée, les commentaires de Clinton étant des aperçus de la paranoïa volcanique qui caractérise depuis le début la campagne anti-russe. Des preuve ? Les démocrates comme Clinton n’ont pas besoin de preuves puantes (pour paraphraser Le trésor de la Sierra Madre). Ils se figurent pouvoir lancer autant d'accusations de collusion que ça leur chante contre les réfractaires à leur politique étrangère, et s’imaginent que le public se fera avoir à chaque fois.


Sauf que ça ne marche plus. Les gens ouvrent les yeux et les crises d’indignation hebdomadaires ne font que faire paraître les démocrates encore plus ridicules qu’ils ne le sont déjà. Voilà pourquoi, à cause de Sanders ou grâce à Trump, l’impeachment va faire long feu, et pourquoi l'establishment démocrate va vers sa déconfiture. L’imposture des Hillary Clinton, Joe Biden et Adam Schiff est aussi éblouissante que le soleil de midi. Ils méritent donc de perdre et il est quasi certain qu’ils plongeront.



Strategic Culture Foundation, Daniel Lazare, 25 octobre 2019


Original : www.strategic-culture.org/news/2019/10/25/the-democratic-partys-umpteenth-nervous-breakdown/

Traduction Petrus Lombard






Lundi 28 Octobre 2019


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