Conflits et guerres actuelles

Encore une dernière chance pour l'Iran


L'Iran se voit offrir une nouvelle chance d'éviter les sanctions: on lui proposera de limiter volontairement le développement de ses programmes nucléaires contre une série de mesures compensatoires. Reste à savoir comment ces initiatives seront accueillies à Téhéran...


Vendredi 12 Mai 2006



Par Piotr Gontcharov, RIA Novosti



Les consultations ministérielles à six - cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Russie, USA, Chine, Grande-Bretagne et France) plus l'Allemagne (membre de la "troïka" européenne aux côtés de la Grande-Bretagne et de la France) - n'ont toujours pas débouché sur une résolution du Conseil de sécurité sur l'Iran. Le vote programmé pour mardi dernier n'a pas eu lieu. La Russie et la Chine, toutes deux membres permanents du Conseil de sécurité et qui disposent du droit de veto, ont une nouvelle fois confirmé à New York leur opposition catégorique aux sanctions.

A la suite des dernières consultations, on commence à évoquer une panoplie de nouvelles propositions à l'Iran: si Téhéran se plie aux exigences de la communauté internationale et renoue avec son programme nucléaire civil, il pourra bénéficier de plusieurs avantages compensatoires sur les plans politique et économique, mais aussi, probablement, de garanties pour la sécurité.

Les "six" poursuivent la concertation du projet de résolution. Le Conseil de sécurité a déjà confié à la "troïka" européenne la préparation des mesures incitatives. Selon la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, ces mesures se baseront sur des propositions russes et européennes. Quant aux détails, les experts de la "troïka" évitent de les dévoiler.

Toutefois, arrivant mercredi à Djakarta pour une visite d'Etat, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est empressé de déclarer "l'indignation" du peuple iranien par la "décision erronée" de la communauté internationale et que Téhéran ne céderait "absolument" pas aux pressions visant à le faire renoncer aux nouvelles technologies. En qualifiant de "grand mensonge" les préoccupations persistant autour du programme nucléaire iranien, M. Ahmadinejad a réitéré que le programme revêtait un caractère "exclusivement" civil. En d'autres termes, le leader iranien n'a aucune intention de sortir de l'impasse le processus de règlement. Quelle sera donc la réponse du Conseil de sécurité?

On murmure dans les couloirs de l'ONU que les cinq grands du Conseil de sécurité seraient parvenus à un compromis consistant à proposer à Téhéran une série de mesures avantageuses et à introduire, en cas de refus, des sanctions internationales. La préparation des sanctions aurait également été confiée à la "troïka" européenne.

Dans ses commentaires, Moscou fait preuve de prudence. Selon le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU se basera sur le rapport du directeur général de l'AIEA et visera à convaincre l'Iran de la nécessité de répondre aux préoccupations de la communauté internationale. Ces préoccupations sont dues au fait que l'Iran ne réagit pas aux décisions du Conseil des gouverneurs de l'AIEA appelant à suspendre l'enrichissement de l'uranium et à répondre aux questions concernant la réalisation antérieure du programme nucléaire. Les débats "portant sur la forme de la résolution" se poursuivent, confirme M. Lavrov.

Bien sûr, la Russie et la Chine ont des arguments à présenter en faveur d'une solution diplomatique du dossier iranien, car tous les recours ne sont pas encore épuisés. Seulement, Téhéran doit comprendre que "pas encore" ne veut pas dire "jamais" et que le compte à rebours a commencé.


Vendredi 12 Mai 2006

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