David Petraeus, commandant en chef des forces armées américaines en Irak, dans son deuxième rapport au Congrès américain, a qualifié l'Irak de pays qui connaît encore de sérieuses difficultés pour assurer sa propre sécurité. Rayan Crocker, ambassadeur US à Bagdad a pour sa part estimé que les progrès faits en Irak étaient encore faibles et infimes, prétendant que le retrait des forces américaines aurait pour conséquence la recrudescence des violences confessionnelles dans le pays.
Le rapport Petraeus-Crocker au Congrès trace une perspective sombre et en grisaille de l'Irak et met l'accent sur le maintien du contingent américain dans le pays. Ce rapport défend, comme prévu, la politique de George Bush et son bilan en Irak. Il semble donc que ce dernier, dans ses prochains discours et prises de décision s'y référera et soulignera encore la nécessité de la présence des troupes US sur le terrain. Et ce d'autant plus que Petraeus-Crocker ainsi que les autres autorités américaines évoquent les récents affrontements entre les forces gouvernementales irakiennes et les miliciens de Moqtada Sadr. Les autorités et les médias américains qui par tous les moyens cherchent à attiser le feu de la discorde et de la division entre les groupes et les factions politiques de l'Irak qualifient ce genre d'affrontements de risques de guerre interconfessionnelle. En tout cas, le rapport Petraeus-Crocker sur l'Irak a suscité des réactions aux Etats-Unis et en Irak. Les démocrates cherchent à exploiter l'échec de Bush en Irak pour la prochaine présidentielle américaine. Pour cette raison, les personnalités de haut rang du parti démocrate parlent de la nécessité de fixer un calendrier précis pour le retrait des troupes Us de l'Irak. A l'intérieur de l'Irak, le rapport Petraeus-Crocker a provoqué des critiques de la population et des partis politiques. Ce rapport montre bien la stratégie de l'administration américaine pour stabiliser la situation en Irak et préparer une présence militaire de longue durée dans ce pays, ce qui pourrait avoir pour conséquence l'intensification de la résistance populaire aux forces d'occupation. Par ailleurs, les mécontentements parmi les soldats et les militaires US enregistrent une augmentation croissante. De l'avis des analystes politiques, le rapport Petraeus-Crocker n'a pu répondre aux attentes du peuple et du gouvernement irakiens ni à celles des militaires US basés en Irak et il n'a été rédigé que sous un regard purement politico-sécuritaire, celui qui a le gouvernement Bush au sujet de l'Irak.