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En 2000 en Israël, une grève des médecins semblait bonne pour la santé


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Judy Siegel-Itzkovich
Mercredi 15 Août 2007

BMJ, par Judy Siegel-Itzkovich, le 10 juin 2000


​​​​La mise en grève des médecins en Israël semble être bonne pour la santé de leurs patients. Le taux de mortalité ont chuté considérablement dans la majeure partie du pays depuis que les médecins des hôpitaux publics ont mis en application un programme de restrictions de soins il y a trois mois, selon une étude des pompes funèbres.


​​​​L'association médicale d'Israël a commencé le mouvement de revendication le 9 mars pour protester contre la proposition du trésor public d'imposer un nouveau contrat de quatre ans de gages pour les médecins. Depuis lors, des centaines de milliers de visites de patients dans les cliniques ont été décommandées ou remises à plus tard avec des dizaines de milliers d'opérations de confort. Les hôpitaux publics, qui fournissent la grande majorité des soins médicaux secondaires et tertiaires, ont maintenu en fonctionnement normal leurs salles de secours, unités de dialyse, services d'oncologie, départements obstétriques et néonatals, et les autres équipements essentiels pendant la grève.


​​​​En l'absence de chiffres officiels, le Jerusalem Post a sondé les sociétés d'enterrement juives sans but lucratif, qui exécutent les enterrements pour la grande majorité des Israéliens, pour savoir si la grève affectait les décès dans le pays.


​​​​« Le nombre d'enterrements que nous avons exécutés a chuté radicalement, » a dit Hananya Shahor, directeur de longue date de la société d'enterrement Kehilat Yerushalayim de Jérusalem. « Ce mois-ci, il y avait seulement 93 enterrements comparés aux 153 en mai 1999, aux 133 de ce même mois en 1998, et aux 139 en mai 1997, » a-t-il dit. La société s'occupe de 55% de tous les décès dans la zone métropolitaine de Jérusalem. En avril dernier, il y avait seulement 130 décès comparées aux 150 ou plus dans les mois d'avril précédents. « Je ne puis expliquer pourquoi, » a dit M. Shahor.


​​​​Meir Adler, directeur de l'entreprise de pompes funèbres de Shamgar, qui enterre la plupart des autres résidants de Jérusalem, a déclaré avec beaucoup plus de certitude : « Il y a certainement un lien entre les sanctions des médecins et le peu de décès. Nous avons vu la même chose en 1983 (quand l'Association Médicale d'Israël a appliqué des restrictions de soins pendant quatre mois et demi). »


​​​​Motti Yeshuvayov, la seule société d'enterrement de Tel Aviv a déclaré qu'elle avait noté la même tendance dans la zone métropolitaine de Tel Aviv dans les deux derniers mois. La région de Haïfa a été la seule exception à la tendance de décroissantes des décès.


​​​​La ville côtière de Netanya a seulement un hôpital, et cela lui a épargné l'action revendicative parce que le personnel doit signer une clause de non recours à la grève avec son contrat. La société d'enterrement de Netanya, dirigée par Shlomo Stieglitz, a signalé à 87 enterrements le mois dernier, le même nombre qu'en mai 1999. Elle en a signalé 97 en avril comparé aux 122 d'avril 1999, et aux 99 de mars par rapport aux 119 de mars 1999. M. Stieglitz a dit que sa société d'enterrement couvre non seulement Netanya mais aussi d'autres villes, dont Hadera et Kfar Sava, où les médecins de l'hôpital se sont joints à la grève.


​​​​Avi Yisraeli, directeur général de l'organisation médicale de Hadassah, qui possède deux hôpitaux universitaires dans la capitale, a proposé sa propre explication. « La mortalité n'est pas la seule mesure de nuisance à la santé. L'absence d'intervention médicale peut mener à l'incapacité, à la douleur, et au fonctionnement limité. La chirurgie de confort peut provoquer une grande amélioration de l'état d'un patient, mais elle peut aussi impliquer l'incapacité et la mort des patients les plus faibles. Et les patients qui ne subissent pas de diagnostic ou de chirurgie maintenant pourraient décliner ou mourir dans quelques mois à cause du report des soins. » [Cette explication devrait se vérifier, toujours chez les pompes funèbres, dans un pic d'augmentation du nombre d'enterrements après la fin de la grève, de manière à retrouver sur l'année AU MOINS la moyenne habituelle des enterrements. La moyenne de la mortalité devrait être un peu supérieure après la grève si les soins retardés n'entraînent pas plus de morts qu'ils n'en sauvent. Si la moyenne est égale ou inférieure, cela prouve que les soins de conforts sont manifestement dangereux, NDT]


​​​​Pendant les mois de grève, les patients « sont allés davantage chez leur médecin de famille et dans le salles de secours des hôpitaux, qui n'ont pas été affectées par les restrictions de la grève, » a dit le professeur Yisraeli.




http://www.bmj.com/cgi/content/full/320/7249/1561
Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info




Mercredi 15 Août 2007

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