Les hauts fonctionnaires des Etats-Unis, de France et de Russie ont déclaré Lundi que de sérieuses mesures devraient être prises contre l'Iran après que le pays a informé l'agence nucléaire de l'ONU de ses plans pour enrichir l'uranium à 20% pour le réacteur médical de recherche scientifique de Téhéran.
Les pays espéraient garder en vie la proposition soutenue par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), et prendre l'uranium légèrement enrichi de l'Iran pour l’enrichir en le transformant en barres métalliques de combustible, et puis le renvoyer au pays dans un long processus au prix lourd.
L'Iran a fait des contre-propositions pour faciliter un accord mais l'autre parti a manqué de flexibilité et l'administration Obama a menacé que des sanctions attendraient le gouvernement de Téhéran si le deal venait à échouer.
La République Islamique, qui en tant que signataire du Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP) a le droit d'enrichir son uranium - une partie importante du cycle du combustible nucléaire dans lequel la concentration des atomes d’uranium fissiles 235 dans l'uranium est élevée jusqu'au niveau exigé – à des fins civiles, a ignoré les menaces et a indiqué qu’en tant qu'acheteur, il avait le libre choix de négocier et d’arriver éventuellement à une bonne affaire.
Après des mois de retard, le Président de l'Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a décidé Dimanche de produire lui-même son uranium enrichi à 20%, tandis que les négociations demeurent ouvertes pour la deuxième partie de la proposition
- dans laquelle le matériau nucléaire est transformé en tiges spéciales de métal pour le réacteur de recherche scientifique.
Lundi, le délégué du pays auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a informé l'agence de la décision.
Cependant, la décision a mis les officiels Occidentaux dans une frénésie et a provoqué un flôt de critiques à la demande d'Israël, qui est miraculeusement parvenu à contenir ses ardeurs bellicistes depuis la fin de l'invasion de Gaza début 2009, appelant à « une campagne déterminée de sanctions décisives et permanentes contre l'Iran. »
Israël, dont on dit largement qu’il possède des centaines d'armes nucléaires dans la région la plus volatile du monde, a pendant des années menacé de frapper militairement les infrastructures nucléaires Iraniennes sous prétexte que Téhéran constitue « une menace existentielle » et que la nation est gouverné par un régime qui s’acharne à commencer une guerre nucléaire.
L'administration Obama a forcé le régime à modérer sa rhétorique de guerre et de suivre la feuille de route de la Maison Blanche, qui favorise la « diplomatie » avec Téhéran - une diplomatie qui est soutenue par des incitations attrayantes et des sanctions sévères.
Le Secrétaire à la Défense US, Robert Gates, après avoir rencontré son homologue Français Lundi, a réagi à la décision de l'Iran et a indiqué qu’il ne reste plus que la solution de l’imposition de nouvelles sanctions pour traiter le cas de l’Iran.
« Nous devons encore essayer de trouver une voie pacifique à la résolution de ce problème. La seule voie qui nous est laissée pour le moment, il me semble, est la voie de la pression mais cela exigera que toute la communauté internationale travaille ensemble », a déclaré Gates dans une conférence de presse commune avec Herve Morin, qui a confirmé qu’il n’y a pas d’autre choix mais aussi « travailler sur d'autres mesures », a rapporté Reuters.
En attendant, la Russie, qui était restée impassible aux pressions US sur l'Iran, semble avoir quitté le navire. Un influent parlementaire a dit que le monde doit « immédiatement » informer Téhéran qu'il risque de nouvelles sanctions s'il n'acceptait pas l'accord d'échange de carburant.
Konstantin Kosachev, le Président du puissant Comité des Affaires Etrangères à la Douma, a dit à l'agence de presse Interfax qu’on devrait envoyer à Téhéran « un signal frais » que les puissances mondiales « sont préparées à répondre à cette étape avec des mesures sérieuses, jusqu'à durcir les sanctions économiques ».
« Ce signal doit être fort et clair, » a insisté M. Kosachev, dont le pays a retardé la construction de la première centrale nucléaire de l'Iran de Bushehr de plus d'une décennie.
Moscou jouit de liens diplomatiques et économiques étroits avec Téhéran.
Cependant, elle n'a jamais hésité à soutenir les initiatives occidentales contre le gouvernement Iranien à chaque fois qu’elle y trouvait son intérêt.
Hassan Beheshtipour, un top expert de l'Iran ayant connaissance des capacités nucléaires du pays, a dit que le pays peut facilement enrichir l'uranium à 20%, à mesure que les centrifugeuses nouvellement installées de l'usine de Natanz augmente rapidement leur rendement.
Mais l'Iran ne possède pas la technologie pour le convertir en barres métalliques. Par conséquent, il y a une possibilité, comme le Président Ahmadinejad l’a proposé, que l'Iran cherche à négocier la deuxième partie de la proposition initiale soutenue par l'ONU d'échange de carburant, a déclaré M. Beheshtipour.
Et cela priverait effectivement la Russie d'une affaire potentielle ; voila la réaction russe.
La riposte à l'annonce de l'Iran de son intention d'exercer ses droits nucléaires est de lancer la Chine pour promouvoir davantage la diplomatie et de pousser à plus de négociations avec Téhéran.
Pékin est un membre détenant le droit de veto au Conseil de Sécurité des Nations Unies et a des relations étroites avec Téhéran. Il a également profondément investi dans le secteur de l'énergie de l'Iran.
Les Etats-Unis retiennent leur souffle quand à savoir si la Chine décidera de punir son principal exportateur de pétrole pour avoir cherché à développer son programme nucléaire. Mais l'Iran avancera néanmoins selon ses propres plans.
M. Soltanieh, le délégué nucléaire Iranien, a dit sur Press TV qu'il a demandé à l'agence nucléaire de l'ONU d'expédier ses inspecteurs en Iran pour surveiller le processus des activités d'enrichissement à 20%.
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http://www.presstv.ir/detail.aspx?id=118199§ionid=3510303